AccueilMax Jacob épistolier : la correspondance à l'œuvre

*  *  *

Publié le jeudi 21 janvier 2010

Résumé

La correspondance de Max Jacob est un domaine éditorial important, mais elle a encore été peu balisée par des études critiques approfondies qui la détailleraient sur divers plans. Il semble nécessaire aujourd’hui d’aller vers une exploration plurielle et commune de cet ensemble en conjuguant les méthodes et les questionnements. Le colloque international se déroulera à Orléans les 26 et 27 novembre 2010 à l'université d'Orléans.

Annonce

Université d’Orléans
U.F.R. de Lettres, langues et sciences humaines
26 & 27 novembre 2010

De 1895, année de la première lettre retrouvée, aux derniers appels du 28 février 1944 avant l’internement à Drancy, Max Jacob a eu une production épistolaire intense. Par son ampleur, le statut prestigieux de ses correspondants, la tension constante de son écriture et son actualité éditoriale, ce vaste ensemble fait de Max Jacob un des épistoliers majeurs du XXe siècle. Plutôt que de considérer sa correspondance comme de simples documents en lien avec sa vie ou ses écrits littéraires, ce colloque vise à interroger désormais le genre épistolaire comme une part entière de l’œuvre. Comment la correspondance s’est-elle bâtie du vivant de l’auteur et de manière posthume ? Quels enjeux énonciatifs, pragmatiques, rhétoriques mobilise-t-elle ? Quelles ont été les stratégies éditoriales choisies ? Quel a été son statut par rapport aux études des textes et aux biographies ? Engage-t-elle un plaisir esthétique singulier ? Peut-elle être considérée comme littéraire ?

L’auteur qualifiait sa pratique par le mot-valise d’« épistolat », en ayant pour mission d’œuvrer sur la conscience de ses destinataires. Cette abondante production est sous-tendue par des motivations aussi profondes que multiples : que cela soit par le maintien d’un lien amical, amoureux, commercial, artistique ou par une manière d’agir directement sur le champ littéraire. Des fonctions différentes peuvent être observées selon les destinataires, dans l’adresse à ses pairs (Picasso, Apollinaire, Salmon, Cocteau, Maritain, Paulhan...) ou aux jeunes artistes, peintres ou poètes (Leiris, Jabès, Cadou, Sachs, Lascaux…). De même, Max Jacob, certainement conscient d’éventuelles publications posthumes, utilise intentionnellement le genre épistolaire pour livrer des « lettres-manifestes » et poursuivre son esthétique (le « style » et la « situation », les effets de surprise, les postures ironiques, le recyclage des genres institués, l’intertextualité).

La correspondance de Max Jacob est un domaine éditorial important, mais elle a encore été peu balisée par des études critiques approfondies qui la détailleraient sur divers plans. Il semble nécessaire aujourd’hui d’aller vers une exploration plurielle et commune de cet ensemble en conjuguant les méthodes et les questionnements. Ce colloque propose une exploration selon cinq axes principaux :

  1. les stratégies textuelles : questions énonciatives, rhétoriques et stylistiques, les observations micro-textuelles (métaphores, calembours, effets rythmiques), ironie ;
  2. les structurations discursives : les organisations syntagmatiques de certaines correspondances, la disposition, les types de localisation, d’adresses, de salutations, les récits, le post-scriptum, l’usage des citations et de l’intertextualité, les déterminations macro-textuelles ;
  3. les variations selon les destinataires : liens entre les œuvres et les vies, les spécificités de certaines correspondances, les comparaisons d’événements relatés, d’enjeux esthétiques et religieux entre destinataires ;
  4. les cadres pragmatiques : les situations de communication diverses, les visées discursives, les sous-genres de la correspondance, les orientations éditoriales des publications, les correspondances illustrées, le rapport avec les lettres fictionnelles dans les oeuvres, les annexes (poèmes, méditations), la réception de la correspondance, la parodie ;
  5. l’inscription de Max Jacob dans l’histoire du genre épistolaire : la formation intellectuelle de Max Jacob, les mentions à d’autres correspondances, les modèles de référence, les transformations de sa propre correspondance.

Ce colloque conduira à une publication des Actes en parallèle à l’édition de plusieurs correspondances inédites.

Comité scientifique :

Michèle Coïc (conservateur, Médiathèque des Ursulines, Quimper), Brigitte Diaz (Université de Caen), Geneviève Haroche-Bouzinac (Université d’Orléans), Anne Kimball (éditrice scientifique de correspondances de Max Jacob, Paris), Anne Mary (conservateur à la B.N.F.), Antonio Rodriguez (Université de Lausanne), Patricia Sustrac (présidente de l’Association des Amis de Max Jacob, Orléans). 

ORGANISATION :

L’Association des Amis de Max Jacob en partenariat avec l’Université d’Orléans (unité de recherche M.E.T.A.), l’Association interdisciplinaire de recherches sur l’épistolaire (A.I.R.E.), la section de Français de l’Université de Lausanne, Les Cahiers Max Jacob.

PROPOSITION DE CONTRIBUTION

En langue française, 2 000 signes, accompagnée d’une notice bio-bibliographique, à envoyer avant le 15 mars 2010. 

CONTACT : colloque@cahiersmaxjacob.org

Catégories

Lieux

  • Université d'Orléans
    Orléans, France (45)

Dates

  • lundi 15 mars 2010

Mots-clés

  • Max Jacob, épistolaire, correspondance

Contacts

  • Patricia Sustrac
    courriel : facehistoire [at] max-jacob [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Patricia Sustrac
    courriel : facehistoire [at] max-jacob [dot] com

Pour citer cette annonce

« Max Jacob épistolier : la correspondance à l'œuvre », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 21 janvier 2010, http://calenda.org/200022