AccueilÉchos des sociétés géorgiennes et victoriennes dans les arts contemporains britanniques

Échos des sociétés géorgiennes et victoriennes dans les arts contemporains britanniques

Echoes of the Georgian and Victorian societies in contemporary British arts

Journée d’étude de l’association One Piece at a A Time (GEIAB) en partenariat avec l’université Paris-Diderot

Conference organised by the association One Piece at a Time (GEIAB) and the université Paris-Diderot (English studies)

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Publié le mardi 26 janvier 2010 par Marie Pellen

Résumé

La deuxième journée d'étude de l'association One Piece at A Time sur les arts britanniques est réalisée en partenariat avec l'université Paris-Diderot et aura lieu le 5 juin 2010. Elle sera consacrée aux échos des sociétés géorgiennes et victoriennes dans les arts contemporains britanniques. Comment se manifestent ses résurgences et que disent-elles du moment postmoderne dans lequel elles s'inscrivent ? Comment les différentes disciplines, d'histoire de l'art, de littérature et de civilisations anglophones ou encore d'esthétique ou d'histoire répondent ces cette problématique commune ?

Annonce

Depuis les années 1980, le monde de l’art britannique observe une résurgence des thématiques, de la pensée critique et des outils plastiques issus des XVIIIe et XIXe siècles. Yinka Shonibare aime citer Fragonard (The swing, After Fragonard, 2004), tandis que Sutapa Biswas mime George Stubbs dans la vidéo Birdsongs de 2004. Ingrid Pollard marche sur les traces de William Wordsworth et de sa sœur dans les alentours de Grasmere . Damien Hirst en appelle aux sciences et à l’empirisme pour redéfinir les liens entre nature et culture. Qu’ils soient perçus comme young British artists ou aux black artists, ou encore qu’ils s’inscrivent dans la tradition picturale moderniste à l’instar de Lucian Freud (Large interiors 11 (After Watteau), ou qu’ils s’orientent vers des pratiques engagées politiquement ou socialement, tel Conrad Atkinson avec Excavated Mutilations, 2003 ou For Emily, 1992, les artistes plagient, renvoient, parodient à l’envie les arts de l’époque géorgienne et de l’ère victorienne. Or, ces deux périodes coïncident avec la colonisation de l’Inde, avec la signature de l’Acte d’Union du Royaume-Uni avec l’Ecosse, ou encore avec l’apogée de l’industrialisation, et le développement des liens de communications, ainsi que des innovations dans les arts visuels, de la photographie au cinéma.

Ces liens vont au-delà du seul champ des arts plastiques pour puiser dans la philosophie, la littérature, l’économie, la politique de la période. Les historiens de l’art et les spécialistes anglicistes des départements de littérature et d’art britanniques s’accordent sur ce constat, comme le suggère l’exposition William Hogarth au musée du Louvre en 2006-2007 qui se clôturait sur la série Diary of a Vicorian Dandy de Yinka Shonibare. En 2008, le congrès de la SAES organisait son colloque annuel autour de la notion de résurgence en termes de polarités enfouissement/surgissement, perte/restitution, mais séparait les ateliers selon les périodes et les disciplines des études anglophones.

Nous nous proposons de poursuivre le questionnement visant à relire la « postmodernité » en lien avec la question de la résurgence de la tradition, de la création du canon, ou de l’« invention de la tradition » (Hobsbawm 2006). En effet, le retour, ou l’écho prend sa source tantôt dans une reconstruction du passé, ou bien par l’emprunt de ses attributs, de ses référents, de ses caractéristiques culturelles, ou d’éléments (motifs, œuvres, courants artistiques, courant philosophique, politiques et économiques) devenus significatifs du fait des interprétations contemporaines, des constructions imaginaires ou des mythes qui résultent de la création d’un héritage ou d’un patrimoine culturel. Le retour est autorisé par la citation (Antoine Compagnon 1979), ou la littérarité (Rifaterre 1979) appliquées au domaine des arts visuels ; il est reprise, plagiat, copie, emprunt, référent des œuvres d’art, évaluées tout autant à l’aune des mondes de l’art dans lesquels elles sont prises (Becker, 1984).
Il serait particulièrement intéressant de déconstruire et de reformuler les échanges culturels entre les disciplines et les périodes historiques elles-mêmes, au cœur d’une actualité scientifique internationale dans laquelle les « transferts culturels » occupent une place centrale dans le vocabulaire critique. La journée d’étude que le groupe d’études interdisciplinaires One Piece at a Time se propose de tenir en juin 2010 aura pour objectif non seulement d’interroger les formes mais également les causes des résurgences de caractéristiques plastiques au sein des arts visuels contemporains britanniques à partir des années 1980. Elle sera également l’occasion d’interroger les méthodologies communes et les outils d’analyses des différentes disciplines universitaires, qu’elles soient des départements d’histoire de l’art, d’arts britanniques, ou d’histoire.

Nous accueillons des interventions en priorité sur les thèmes suivants :

  • motifs plastiques et citations issues de l’histoire de l’art dans les œuvres d’art contemporaines britanniques : traitement du paysage, du portrait, références aux canons des sociétés géorgiennes et victoriennes
  • motifs culturels et civilisationnels dans les œuvres d’art contemporaines britanniques : colonialisme, industrialisation etc.
  • renvois et retour à des références philosophiques, littéraires,
La journée se tiendra le 5 juin à l’institut Charles V ou à l’INHA,

Les propositions de 250 mots environ sont à envoyer à Sophie Orlando (so.orlando@gmail.com) et Gabriel Gee (gabrielneilg@hotmail.com) avant le 15 mars 2010 ; les réponses seront obtenues la semaine du 15 avril.


Since the 1980s the British art world has witnessed a resurgence of themes, critical thought, and aesthetic materials associated with the 18th and 19th centuries. Yinka Shonibare quotes Fragonard (The swing, After Fragonard, 2004), while Sutapa Biswas mimes George Stubbs in the video Birdsongs (2004). Ingrid Pollard follows William Wordsworth and his sister around Grasmere (Wordsworth Heritage, 1992). Damien Hirst resorts to science and empirical approaches to redefine the relation between nature and culture. Whether associated with the young British artists or the Black Artists, perceived as belonging to the modernist painting tradition like Lucian Freud (Large interiors 11 - After Watteau), or working towards politically and socially engaged practices, such as Conrad Atkinson in Excavated Mutilations (2003) or For Emily (1992), artists copy, invoke, and parody with increased alacrity the arts from the Georgian and Victorian period. And significantly, these two periods encompass the colonisation of India, the sealing of the Union Act between the United Kingdom and Scotland, the rise and peak of the industrialisation process, the development of communication networks, and epochal innovations in the visual arts with the impact of the birth of both photography and cinema.

The links go beyond the sole field of artistic production in their extraction of elements borrowed from the philosophy, literature, economy and politics of the Georgian and Victorian past. Art historians and scholars in British Studies in literature and art departments agree on this judgement, as the exhibition on William Hogarth at the Musée du Louvre in 2006-07 suggested : the show ended with the series Diary of a Victorian Dandy by Yinka Shonibare. In 2008, the ‘société des anglicistes de l’enseignement supérieur’ organised its annual conference on the notion of resurgence, seen as polarised in binary oppositions such as burying/emergence, loss/restitution. However, it also divided the sessions in the different periods and disciplines of British Studies.

It is our intention to pursue this research which aims to read over postmodernity in relation to the revival of tradition, the creation of the canon, and the invention of tradition (Hobsbawm 2006). Indeed, the reminiscence can ground itself in the reconstruction of the past, or in the use of attributes, referents, cultural characteristics, and various elements such as a motif, an art work, artistic, philosophical, social, political and economic materials, which become significant through their contemporary interpretation, and the imaginary constructions and myths that result from the creation of a cultural heritage. The resurgence is enabled by the use of quotation (Antoine Compagnon 1979), and literalness (Rifaterre 1979) applied to the visual arts; it is a re-enactment, a plagiarism, a borrowing or a reference to art works, assessed in relation with the specific art worlds from which they are taken.
It would seem particularly prolific to deconstruct and to reword the cultural exchanges between disciplines and historical periods in the context of the current international scientific interest in “cultural transfers”, and their use in critical terminology. The conference the study group One Piece at a Time will organise in June 2010 aims to question the forms but also the causes of the resurgences of aesthetic characteristics within the contemporary British visual arts from the 1980s to the present. It will be an opportunity to compare the shared methodologies and analytical tools in different university disciplines, from practices in use in art history departments, as well as British studies and history.

We welcome papers in particular on the following perspectives:

  • aesthetic motifs and quotations from the history of art in contemporary British art works: the use of landscape, portrait, the reference to conventions from the Georgian and Victorian period.
  • Cultural and social motifs in contemporary British art works: colonialism, industrialisation, etc…
  • Use of historical philosophical, scientific, literary references.

Lieux

  • 10 rue Charles V
    Paris, France

Dates

  • lundi 15 mars 2010

Mots-clés

  • arts britanniques, histoire de l'art, représentations

Contacts

  • Sophie Orlando
    courriel : so [dot] orlando [at] gmail [dot] com
  • Gabriel Gee
    courriel : gabrielneilg [at] hotmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Sophie Orlando
    courriel : so [dot] orlando [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Échos des sociétés géorgiennes et victoriennes dans les arts contemporains britanniques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 26 janvier 2010, http://calenda.org/200081