AccueilLes artistes face à l’institution muséale (fin des années 1960 – années 1970)

*  *  *

Publié le mardi 26 janvier 2010 par Marie Pellen

Résumé

Journée d’étude organisée par le laboratoire « Interactions, transferts, ruptures artistiques et culturels » (InTRu – JE 25 27), université François Rabelais de Tours, début avril 2010 (date à préciser).

Annonce

   « Il devient évident que limiter le discours de l’art à un seul des éléments de celui-ci […] c’est continuer l’art dans son habitude, les uns s’attaquant au problème du matériau, les autres à celui de la forme, les autres à celui de la couleur, les autres encore à celui de la figuration, etc., c’est encore et toujours considérer l’œuvre comme un champ clos préservé de toutes contingences. Ceux qui considèrent comme seule question importante l’œuvre elle-même, et ce qui s’y inscrit ou ce qui s’y cache, oubliant par exemple l’endroit où elle est montrée, se confinent dans les questions partielles qui toujours aboutissent à des solutions acceptables (soit l’histoire de l’art). »[1].

     Par ce réquisitoire, Daniel Buren participe au mouvement de la fin des années 1960 et des années 1970 qui entérine la fin de l’autonomie de l’œuvre moderniste. Désormais, l’œuvre ne peut plus se penser comme une entité globale déliée de tout rapport avec ce qui excède son support matériel, sans pouvoir pour autant se satisfaire d’un simple retour à la représentation du réel. De la même façon, l’histoire de l’art ne peut plus s’écrire hors de tout contexte social, économique ou politique. En effet, le musée, support privilégié de l’élaboration de ce discours historique, est lui-même devenu l’objet sur lequel se focalise la majeure partie des questionnements et des critiques des jeunes artistes. Longtemps considéré comme un sanctuaire supposé neutre pour l’œuvre d’art, son fonctionnement est analysé et remis en cause par certaines pratiques artistiques, ainsi que dans de nombreux textes. On pense d’emblée à Fonction du musée[2] de Daniel Buren et aux articles de Brian O’Doherty regroupés dans Inside the White Cube: The Ideology of the Gallery Space[3] qui constituent sans doute les jalons théoriques les plus importants. On pense aussi aux séries d’actions et performances du Guerrilla Art Action group de Jean Toche et Jon Hendricks ou aux manifestations de Carl Andre à New York tendant à mettre en valeur les rigidités d’un système dépassé. Ainsi, alors que certains artistes décident de quitter l’enceinte du musée, tel que le font majoritairement ceux qu’on identifie au Land art, d’autres tentent de créer leurs propres espaces d’exposition, espaces alternatifs, galeries co-ops ou ateliers collectifs. La floraison de ces nouveaux espaces atteste, à partir de la fin des années soixante, d’un désir croissant de la part des artistes de se réapproprier les modalités d’exposition et de diffusion de leurs œuvres, ainsi que le discours critique adjacent. Pour autant, si le musée s’inscrit dans un réseau plus large de lieux comprenant galeries, espaces alternatifs et territoires du dehors, il reste un cadre d’action majeur pour des artistes qui défient son hermétisme aux questions économiques, sociales et politiques qui traversent la société ; des événements comme ceux qui accompagnent l’exposition 72-72 en France, l’engagement des artistes contre la guerre du Vietnam, la création de l’Art Workers Coalition,  et les actions de l’Art Strike menées par Robert Morris aux Etats-Unis en témoignent notamment.

      La journée d’étude organisée par le laboratoire d’histoire de l’art contemporain INteractions, Transferts, RUptures (INTRU) de l’Université François Rabelais de Tours, qui aura lieu début avril 2010, se propose donc de réunir des contributions traitant de la façon dont les artistes se confrontent à l’institution muséale à la fin des années 1960 et pendant les années 1970. Suivant les axes de recherche du laboratoire (INTRU) plusieurs questions privilégiées permettent d’orienter les contributions à venir sans toutefois exclure de fait d’autres sujets qui concerneraient le thème abordé lors de cette journée d’étude : 

  • La nouvelle porosité du musée aux questions de société.
  • Le musée comme nouveau territoire des luttes politiques et sociales.
  • L’analyse du musée comme institution et/ou matrice de l’histoire de l’art, voire comme instrument de légitimation de la valeur de l’œuvre.
  • Les phénomènes de transferts et d’interactions de l’institution muséale vers d’autres espaces de création (stratégies d’externalisation du musée) et inversement.
  • Intermédialités : l’irruption de nouvelles pratiques ou disciplines artistiques au sein du musée.
  • Atelier, forum : les nouveaux modèles d’un idéal muséal.

Date limite pour le dépôt des propositions : 21 février 2010

 

Conditions de soumission :

Les propositions (titre et résumé de 3000 signes maximum), accompagnées d'une brève présentation des recherches de l'auteur (préciser l’université ou l’organisme de rattachement), doivent être envoyées à Pauline Chevalier (chevalier.pauline@gmail.com) et à Frédéric Herbin (frederic.herbin@ecranbleu.org), doctorants et chargés de cours en histoire de l’art contemporain à l’Université François Rabelais de Tours. Les réponses seront données fin février. Les frais de déplacement pourront être pris en charge par le laboratoire InTRu.

Informations du laboratoire InTRu : http://www.intru.univ-tours.fr/



[1] Daniel Buren, « Limites critiques », dans Les écrits (1965-1990), T. 1, Bordeaux, Capc - Musée d’art contemporain, 1991, p. 189.

[2] Idem, p. 169-173.

[3] Brian O’Doherty, Inside the White Cube: The Ideology of the Gallery Space, Santa Monica, The Lapis Press, 1986.

Lieux

  • Tours, France

Dates

  • dimanche 21 février 2010

Mots-clés

  • musée, 1970, artiste

Source de l'information

  • Frédéric Herbin
    courriel : frederic [dot] herbin [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les artistes face à l’institution muséale (fin des années 1960 – années 1970) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 26 janvier 2010, http://calenda.org/200082