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Les nouvelles orientations de l’urbanisme et de l’aménagement

New directions in city and regional planning

Résurgence du scientisme ou nouveaux modèles ?

A resurgence of scientism or new models?

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Publié le jeudi 04 février 2010 par Karim Hammou

Résumé

La montée en puissance des préoccupations environnementales a récemment redonné vigueur à des doctrines qui s’étaient estompées et avaient même connu le discrédit. Aujourd’hui, une certaine pensée de la ville prétend soumettre l’aménagement et l’urbanisme à des postulats posés comme incontestables. Ce nouveau scientisme n’est-il pas un subterfuge pour parvenir à de nouveaux modèles normatifs et à des fins doctrinales qu’on n’étayerait qu’à grand-peine ? Le XXIe siècle, sous de nouveaux costumes, verrait-il se jouer un acte supplémentaire de l’opposition entre modèles rationaliste et culturaliste subtilement reconfigurés ?

Annonce

La montée en puissance des préoccupations environnementales a récemment redonné vigueur à des doctrines qui s’étaient estompées et avaient même connu le discrédit. Aujourd’hui, une certaine pensée de la ville prétend soumettre l’aménagement et l’urbanisme à des postulats posés comme incontestables, dont elle tire des principes opératoires irréfutables. Ce nouveau scientisme encourt parfois le soupçon de n’être qu’un subterfuge pour parvenir à des fins doctrinales qu’on n’étayerait qu’à grand-peine : la condamnation généralisée et sans nuance de toutes les formes de périurbanisation — pourtant très diverses et inégalement critiquables — en porte la marque.

On peut faire le parallèle avec le planisme, qui s’était constitué durant l’entre-deux-guerres et avait donné sa pleine mesure dans les grandes politiques de modernisation des années 1950 et 1960. Cette conception élevait l’aménagement et l’urbanisme à un niveau quasi scientifique et prétendait donc les abstraire de tout débat, rendu inutile par la mise en avant de la rationalité présumée des analyses et des préconisations induites. L’instrumentalisation d’une certaine biologie lui permettait en outre de déduire les pratiques acceptables de la notion de besoin, évidemment très réductrice mais considérée alors comme universelle. Aujourd’hui, une certaine expertise célèbre à nouveau des édifices posés comme modèles et soigneusement estampillés de labels (HQE, BBC, etc.), qui les préservent de la critique. Ils s’élèvent dans des parcs édéniques, dont la gestion différenciée garantirait la participation à un projet de développement durable.

Dès lors, ne peut-on pas déceler, dans la promotion sans réserve de principes posés hâtivement comme seuls capables de sauvegarder l’environnement, une tentative de la pensée aménagiste de rétablir sa légitimité durement ébranlée durant les trois dernières décennies ?  La ville durable déclinée en éco-quartiers et éco-cités ne serait-elle pas le denier avatar d’une vision apriorique de « la bonne forme urbaine » ?  Ne verrait-on pas ainsi se mettre en place de nouvelles circulations de modèles normatifs au niveau international ?

Simultanément, le paysagisme, parvenu au meilleur de sa renommée, s’impose comme une composante essentielle de l’urbanisme auquel il offre une réputation de quiétude et de familiarité qu’on lui réfutait généralement. Il s’installe à toutes les échelles de l’aménagement, de l’élaboration des documents d’urbanisme à la conception des projets urbains, et bien sûr à la gestion généralisée des territoires, qui englobe la mise en valeur des patrimoines, la préservation des milieux fragiles, les trames bleues et vertes, l’installation des parcs d’éoliennes, etc. Ce qui place sous le signe de la sensibilité le regain de la planification, qui avait reflué ces dernières décennies devant la vague libérale et la concurrence ouverte entre les territoires. Un système de gouvernance semblait avoir pris la relève, qui se faisait fort de rétablir des équilibres par l’association et la négociation. En outre, la concertation et l’éventuel recours à l’arbitrage devaient préserver les droits et les intérêts des individus comme des groupes librement constitués. Pouvait-on y voir une alternative au nouveau scientisme environnementaliste ?  En d’autres termes, le xxie siècle, sous de nouveaux costumes, verrait-il se jouer un acte supplémentaire de l’opposition entre modèles rationaliste et culturaliste subtilement reconfigurés ?

Les communications confirmeront ou réfuteront le sentiment ainsi exprimé en se situant soit sur le terrain doctrinal, soit sur celui de l’expérimentation et de ses résultats. Elles pourraient se décliner dans les rubriques suivantes :

  • La « nouvelle objectivité » : agendas 21, certifications, labels…
  • Les nouveaux horizons : l’environnement, le paysage, la ville durable…
  • Les nouvelles instances et procédures : dispositifs participatifs, gestion intégrée des territoires…
  • Les nouvelles formes urbaines : new urbanism, villes et lotissements denses, quartiers durables…

Le colloque se déroulera les 6 et 7 mai ; il sera précédé d'une journée des doctorants qui fait l'objet d'un appel spécifique, et des assemblées générales et bureaux des différentes sections de l'Association.

Les propositions, sous la forme d'un résumé de 2000 signes environ, accompagné d'une orientation bibliographique et d'un CV résumé des dernières années, doivent être adressées

avant le 25 mars 2010

à l’Institut de Géoarchitecture, à l’adresse du colloque : aperau2010@geoarchi.net
Adresse postale :
UBO – Géoarchitecture
Colloque APERAU
CS 93837
29238 Brest cedex 3
tél. +33 298 016 124 fax/rép. +33 298 016 721

Comité scientifique  

  • Sabine Barles, professeur des Universités, Membre de l'Institut Universitaire de France, Institut Français d'Urbanisme, Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés, LATTS UMR CNRS 8134
  • Francis Beaucire, professeur à l'université Paris1 Panthéon-Sorbonne
  • Naïma Chabbi-Chemrouk, Naima Chabbi-Chemrouk, professeur à l'ENSA d'Alger
  • Bernard Declève, professeur à l'université catholique de Louvain, Unité d'urbanisme et de développement territorial
  • Jérôme Dubois, professeur à l'université Paul-Cézanne (Aix-Marseille III), institut d'Aménagement régional
  • Jocelyne Dubois-Maury, directrice de l'institut d'urbanisme de Paris (université de Paris 12)
  • Corinne Larrue, professeur à l'université François-Rabelais (Tours), UMR CITERES
  • Daniel Le Couédic, professeur à l'université de Bretagne occidentale (Brest), directeur du laboratoire de l'institut de Géoarchitecture
  • Sylvie Paré, professeure à l'UQAM (Montréal) , directrice de l'unité des programmes de 1er cycle en urbanisme, école des Sciences de la Gestion
  • Emmanuelle Hellier, maître de conférence à l'université de Rennes 2, Laboratoire ESO

Lieux

  • Brest (29200)
    Brest, France

Dates

  • jeudi 25 mars 2010

Mots-clés

  • aménagement, urbanisme, environnement, modèles, doctrines, développement durable

Contacts

  • Patrick Dieudonné
    courriel : patrick_dieudonne [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Patrick Dieudonné
    courriel : patrick_dieudonne [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les nouvelles orientations de l’urbanisme et de l’aménagement », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 04 février 2010, http://calenda.org/200085