AccueilDurkheim et Lévi-Strauss. Le goût de la césure ou le prix de la filiation ?

Durkheim et Lévi-Strauss. Le goût de la césure ou le prix de la filiation ?

Durkheim and Lévi-Strauss. A taste for caesuras or the price of filiation?

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Publié le jeudi 28 janvier 2010 par Karim Hammou

Résumé

Cette journée d'étude, organisée dans le cadre de l'équipe de recherche en Linguistique anthropologique et sociolinguistique de l'Institut Marcel Mauss (CNRS/EHESS, UMR 8178) se propose de confronter deux figures tutélaires des sciences sociales contemporaines : celle de Durkheim d'une part et, de l'autre, celle de Lévi-Strauss. Les interventions de chercheurs, d'horizons disciplinaires différents, permettront d'ouvrir et de poursuivre le débat sur les points de rupture mais aussi de filiation entre Durkheim et Lévi-Strauss.

Annonce

Argumentaire de la journée 

Ce qui frappe lorsqu’on lit Claude Lévi-Strauss sur Durkheim, c’est, en général, la sévérité du ton. On perçoit à travers toute l’œuvre du refondateur de l’anthropologie française une sorte de dédain global envers celle de du sociologue. Ce rejet fait problème, ne serait-ce que d’une point de logique en quelque sorte dans la mesure où la filiation entre Durkheim et Mauss, d’un côté, et celle entre Mauss et Lévi-Strauss, de l’autre côté, apparaissent toutes les deux comme plutôt sereines et empreintes de respect. Par ailleurs, une sorte de sens commun des sciences sociales contemporaines assimile désormais volontiers Durkheim et Lévi-Strauss, tels les deux dieux tutélaires d’un humanisme sociocentré puissamment imprégné de morale kantienne, marque de fabrique, si l’on peut dire, de la pensée française du dernier tiers du XIXe et de tout le XXe siècle. Autrement dit, ce commun sens, surinterprétant alors la figure de Mauss, minimisant la différence entre sociologie et anthropologie et se méprenant peut-être sur le sens de l’apport jakobsonien, réconcilie deux pensées dont l’une, du moins à la lecture des textes, se veut très éloignée de l’autre. Nul doute qu’il y ait là une situation assez paradoxale et digne d’examen.

C’est cette situation que nous aimerions débrouiller au cours de cette journée du 12 mars. Nous la concevons tel un atelier-séminaire largement ouvert aux étudiants. Elle comportera un nombre d'intervenants relativement restreint (8) mais qui représentent diverses branches de nos disciplines (sociologie, philosophie, linguistique, anthropologie) ainsi que diverses classes d'âge. Les angles d’approche seront multiples, des détails biographiques aux grandes pesanteurs de l’épistémologie ou aux derniers acquis de l’exégèse. Les interventions dureront environ 40 minutes afin de laisser une large part à la discussion informelle. On peut ainsi imaginer dans la foulée de cette journée une publication qui reprenne non seulement les interventions mais également les débats subséquents.  

Programme de la journée d'étude

Salle 215, MSH, 2e étage

9h00 -18h30

54 boulevard Raspail 75006 Paris

9h00- 9h20

Introduction Emmanuel Désveaux & Michel de Fornel (LIAS/IMM)

9h20- 10h00

Tanja Bogusz (Assistant Prof. Humboldt Universität zu Berlin) « L'expérience en tant que catégorie sociale chez Durkheim et Lévi-Strauss»

10h00-10h40

Salmon Gildas (ATER Université de Besançon) « La logique des classifications totémiques : forme sociale de la pensée ou structure symbolique du monde ? »

************ Pause (15 mn) *********

10h55-11h35

Michel de Fornel (Dir. d’études EHESS, LIAS/IMM) « Théorie sociale du symbolique ou théorie symbolique de la société ? »

11h35-12h15

Bruno Karsenti (Dir. d’études EHESS, IMM) «  Le totémisme revisité »

12h15-13h00 Questions et Débat

13h00-14h00 ********* Pause déjeuner (libre) ********

14h00/14h15 Reprise

14h15-14h55

Camille Tarot (Prof. de sociologie Université de Caen, CERReV) « Lévi-Strauss et Durkheim : pertes et profits sociologiques d'une rupture fondatrice »

14h55-15h35

Philippe Lacour (Attaché de recherche Université Libre de Bruxelles) «Objet et méthode d’une science sociale. Gilles-Gaston Granger entre Durkheim et Lévi-Strauss »

************ Pause (15 mn) *********

15h35-16h15

Laurent Berger (Chargé de la recherche au musée du quai Branly, LAS) « Durkheim et Lévi-Strauss, ou le fait religieux à l’interface des sciences sociales et cognitives»

16h15- 16h55

Emmanuel Désveaux (Dir. d’études EHESS, LIAS) « Durkheim et de quelques autres fantômes lévi-straussiens »

17h00-18h00 Questions et Débat

Journée organisée par Emmanuel Désveaux et Michel de Fornel, LIAS/Institut Marcel-Mauss.

Le 12 mars 2010, EHESS/Maison des Sciences de l’Homme, 54, bd Raspail, salle 215 de 9h à 18h30.

Contacts organisation: Irina Olariu et Mickaële Lantin Mallet (LIAS (EHESS)), bureau 234, 54, boulevard Raspail 75006 Paris tel : 01 49 54 20 71 mail : mlantin@ehess.fr et olariu.irina@ehess.fr

Site du LIAS: http://ehess.anthropologielinguistique.fr/ethnopragmatique/ethnopragmatique.html

Lieux

  • Maison des Sciences de l'Homme (MSH), 54 boulevard Raspail , 2e étage, salle 215
    Paris, France

Dates

  • vendredi 12 mars 2010

Mots-clés

  • Lévi-Strauss, Durkheim, Désveaux, de Fornel, LIAS, EHESS

Contacts

  • Mickaël Lantin Mallet
    courriel : mlantin [at] ehess [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Mickaël Lantin Mallet
    courriel : mlantin [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Durkheim et Lévi-Strauss. Le goût de la césure ou le prix de la filiation ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 28 janvier 2010, http://calenda.org/200116