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Archéologie et politique

Archaeology and Politics

Collusion ou conflit entre l'archéologie et la politique

Collusion or conflict: the relationship between archaeology and politics

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Publié le mardi 02 février 2010 par Karim Hammou

Résumé

Compte tenu de leur importance et de leurs conséquences sur notre culture et l'histoire de nos civilisations, les liens entre l’archéologie et la politique sont d'une actualité brûlante et bien qu’ils soient traités dans les médias ils suscitent souvent des commentaires peu éclairés. Ce sujet aujourd’hui très commun peut être abordé selon deux approches. D’un côté on voit dans l’histoire, ancienne ou récente, voire très actuelle, que, parfois sans hésiter à recourir aux faux les plus grossiers, les pouvoirs politiques ou les nationalismes ont cherché et cherchent encore dans l’archéologie la justification des idéologies ou des revendications les plus contestables. D’un autre côté, on voit bien aussi que la recherche et le sauvetage légitimes des vestiges du passé ainsi que la conservation attendue de ce qui en est mis au jour sont devenus des enjeux politiques, au sens noble du terme, c’est-à-dire qu’ils sont l’affaire de tous, qu’ils font partie, au même titre que la protection de l’environnement, par exemple, des grands dossiers (notamment ceux de l’aménagement du territoire) que doivent désormais prendre en compte les responsables publics, à quelque niveau de décision ou d’exécution, national, international ou même mondial, qu’ils se situent.

Annonce

(English version below)

Organisé par les Associations Icronos et Kineon

CE COLLOQUE SE DEROULERA EN PRELUDE AU XIIE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ARCHEOLOGIQUE DE BORDEAUX. PLUSIEURS DOCUMENTAIRES AYANT TRAIT A CE THEME FERONT PARTIE DE LA PROGRAMMATION.

INTRODUCTION

Depuis son émergence comme science au début du XIXe siècle, l'archéologie a été utilisée et parfois même s'est dévoyée, au service de constructions identitaires locales, régionales, nationales, coloniales, voire "raciales".
D’un côté on constate dans l’Histoire, ancienne ou récente, voire très actuelle, que les pouvoirs politiques ou les nationalismes ont cherché et cherchent encore dans l’archéologie la justification des idéologies ou des revendications les plus contestables, à l’occasion avec le soutien d’archéologues « engagés » ou au moins peu clairvoyants.
D’un autre côté, on constate bien aussi que la recherche et le sauvetage légitimes des vestiges du passé ainsi que la conservation attendue de ce qui en est mis au jour sont devenus des enjeux politiques. Non pas au sens des rivalités et des querelles partisanes qu’ils soulèvent de temps en temps, mais au sens noble du terme, c’est-à-dire qu’ils sont l’affaire de tous, qu’ils font partie, au même titre que la protection de l’environnement, par exemple, des grands dossiers (notamment ceux de l’aménagement du territoire) que doivent désormais prendre en compte les responsables publics, à quelque niveau de décision ou d’exécution, national, international ou même mondial, qu’ils se situent.

Compte tenu de leur importance et de leurs conséquences sur notre culture et l'histoire de nos civilisations, les liens entre l’archéologie et la politique sont d'une actualité brûlante. Deux axes seront principalement traités lors de cette journée.

A. L’intervention du politique dans la recherche archéologique

On pense bien évidemment à l’utilisation par le régime nazi des données archéologiques pour valider ses prises de positions idéologiques, mais il existe des exemples plus récents et qui concernent l’ensemble de l’archéologie mondiale – et qui se déroulent souvent dans le cadre de démocraties occidentales. Citons à titre d’exemple, la polémique suscitée par la découverte d’un squelette de type caucasien à Kennewick aux Etats-Unis d’Amérique et qui remettrait en cause la présence première des Amérindiens sur ce continent. Un autre exemple porterait sur l'archéologie en Israël et en Palestine, où à des questions intéressant les trois religions monothéistes se surajoutent des enjeux de légitimation géopolitique et idéologique évidentes. Enfin, au-delà d'interprétations divergentes, seront aussi envisagés des cas d'interventions matérielles sur les vestiges du passé, tels la destruction des bouddhas de Bamiyan.

B. Les enjeux politiques de la gestion et de la conservation du patrimoine archéologique

L’archéologie permet aussi de mettre au jour un patrimoine qui peut devenir représentatif d’une culture, du passé d’un pays et, à ce titre, devenir un enjeu politique, mobilisant des acteurs sociaux, économiques, culturels et scientifiques. Emergent alors des conflits ou des contradictions qu'il s'agit de résoudre entre  besoins de la protection et la valorisation du patrimoine et ceux du développement économique et infrastructurel. Ainsi, les sites à gravures rupestres de la vallée du Côa au Portugal devaient être noyés par les eaux d’un barrage, mais c’est la communauté scientifique portugaise puis internationale qui a empêché cette destruction et fait tomber le gouvernement en place. La décision d’ouvrir certaines fouilles ou de préserver certains vestiges relève souvent de choix politiques au niveau régional, national ou international selon les niveaux d’intérêt. Une ville peut décider de préserver les premières traces de sa fondation, un pays peut valoriser des monuments prestigieux au niveau d’une identité nationale ou essayer de les inscrire sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO, faisant de ces monuments des ambassadeurs culturels.
Quel est le rôle des institutions internationales, nationales, régionales, que celles-ci soient étatiques, officielles, non-gouvernementales ou issues de la société civile? Quels sont ces choix, quel est l’intérêt de l'inscription de vestiges archéologiques sur des listes de protection et de valorisation, avec quelles incidences financières, gestionnaires et culturelles ?
Autant de questions qui méritent d'être débattues, et qui nous permettront de mieux mettre en lumière la diversité et la complexité des rapports unissant archéologie et politique.

Modalités pratiques :

Où : Athénée Municipal de Bordeaux
Quand ?  mercredi 27 octobre 2010

Les propositions de communication (200 mots) sont à envoyer avant le 30 juin 2010 à l’association  Icronos : icronos@wanadoo.fr ou Kineon : info@kineon.be

Texte complet : pour le 1er septembre 2010
Durée de la communication : 30 minutes
Langues : français ou anglais 


Organised by Icronos and Kineon Associations

THIS CONFERENCE WILL OPEN THE XIITH INTERNATIONAL ARCHAEOLOGICAL FILM FESTIVAL OF BORDEAUX. SEVERAL DOCUMENTARIES ON THIS THEME WILL BE SHOWN AT THE FESTIVAL

Introduction

From its earliest days as a scientific discipline at the beginning of the 19th c., archaeology has been used, and sometimes badly misused, to build identities whether local, regional, national, colonial, or even “racial”. 
On the one hand, in ancient, recent, even current history, political powers and nationalist movements have searched and continue to look for justifications to their ideologies or claims in archaeology, sometimes with the support of committed or short-sighted archaeologists. On the other hand, the search for and salvation of traces of the past, as well as the conservation of what is discovered have become political issues. Not because they are the object of rivalries or partisan quarrels, although this happens, but because they have become a concern for all. Just like environmental issues, they now belong to the important files (such as those dealing with town and country planning) which answerable public officers must take into account, whatever their level of responsibility, be it regional, national, international or even worldwide.
Considering their importance and their consequences for our culture and the history of our civilisations, the relations between archaeology and politics are a burning issue. Two themes will be broached during this day.

A. The intervention / interference of the political in archaeological research

An example of this that immediately springs to mind is the use by the nazi regime of archaeological data to validate its ideological positions. But there are more recent examples which pertain to all world archaeology and which often take place in western democracies. The controversy born from the discovery of a Caucasian type skeleton at Kennewick, in the USA, which could cast doubt on the idea that American Indians were the earliest inhabitants of the continent, is one example of this phenomenon. One could also mention archaeology in Israel and Palestine, where obvious issues of geopolitical and ideological legitimization are superimposed on questions relating to the three monotheistic religions. Finally, beyond diverging interpretations, cases of material intervention on remains of the past will be looked at, such as the destruction of the Buddhas of Bamiyan.

B. Political issues relating to the management and conservation of archaeological heritage sites

Archaeology brings to light a patrimony which can become representative of a culture, of the past of a country and, for this reason, become a political issue, rallying social, economical, cultural and scientific actors. Conflicts and contradictions between protection and valorisation of a cultural heritage and the needs for economical and infrastructural development then come to light and must be solved. For instance, the sites of rock engravings of the Côa valley in Portugal were going to be submerged under the waters of a dam, but the Portuguese then international scientific community stopped the destruction and made the government fall. The decision to start this excavation or to protect those archaeological remains often depends on political choices at various levels (regional, national, international) according to the interests at stake. A town can decide to preserve the earliest traces of its foundation, a country can promote prestigious monuments relevant to its national identity or try to have them inscribed on the Unesco World heritage list, transforming these monuments into cultural ambassadors. 
What is the role of international, national, regional institutions whether they are state, official, governmental or civil society institutions? What are the choices, what is the interest of inscribing archaeological remains on protection and valorisation lists and what are the financial, administrative and cultural consequences of such a decision?
All these questions deserve to be discussed and should help us highlight the diversity and complexity of the relations between archaeology and politics.

Practical aspects :

Where : Athénée Municipal de Bordeaux
When : Weednesday, October 27, 2010

Paper proposals (200 words) should be sent before June 30, 2010 to Icronos (icronos@wanadoo.fr) and/or Kineon (info@kineon.be)

The authors will be informed of the decision of the organisers by July 15, 2010
If accepted, their definitive text should be handed in by September 1, 2010
Length of papers: 30 min
Languages: French or English

Lieux

  • Athénée Municipal de Bordeaux
    Bordeaux, France

Dates

  • mercredi 30 juin 2010

Mots-clés

  • archéologie, politique, droit, aménagement du territoire

Contacts

  • Serge Lemaitre
    courriel : s [dot] lemaitre [at] mrah [dot] be
  • Laetitia Dion
    courriel : laetitiadion [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Serge Lemaitre
    courriel : s [dot] lemaitre [at] mrah [dot] be

Pour citer cette annonce

« Archéologie et politique », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 02 février 2010, http://calenda.org/200119