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Industries de la connaissance, régulations, démocratie

The industries of knowledge, regulations and democracy

The social construction of digital democracy

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Publié le lundi 08 février 2010 par Karim Hammou

Résumé

Le vivre ensemble comporte désormais une composante numérique importante qu’il convient de mieux connaître. Depuis plusieurs années, cette question a été explorée dans le cadre du Pôle normalisation et mondialisation et dans le groupe de travail « Culture informationnelle, culture scientifique » de l’ISCC. Cette année nous examinerons le rôle de la communication dans la construction sociale de la démocratie technique. Aussi est-il urgent de réfléchir aux régulations qui se mettent en place pour les outils et dispositifs informatiques, dans un paysage où se démultiplient les interactions numériques dans la société. Se focaliser exclusivement sur les usages des ordinateurs et des télécommunications conduirait en effet à découper le champ des pratiques sociales en fonction de ceux-ci, ce qui apparaît comme un biais.

Annonce

Institut des sciences de la communication du CNRS (Dir. D. Wolton)

Séminaire : Normes, réflexivité sociale, industrie de la connaissance.

Le rôle de la communication dans la construction sociale de la démocratie numérique

Eric Delamotte (Lille 3, ISCC), Jacques Perriault (Université Ouest parisien, ISCC)

Le vivre ensemble comporte désormais une composante numérique importante qu’il convient de mieux connaître. Depuis plusieurs années, cette question a été explorée dans le cadre du Pôle Normalisation et Mondialisation et dans le groupe de travail « Culture informationnelle, Culture scientifique » de l’ISCC. Cette année nous examinerons le rôle de la communication dans la construction sociale de la démocratie technique. Aussi est-il urgent de réfléchir aux régulations qui se mettent en place pour les outils et dispositifs informatiques, dans un paysage où se démultiplient les interactions numériques dans la société. Se focaliser exclusivement sur les usages des ordinateurs et des télécommunications conduirait en effet à découper le champ des pratiques sociales en fonction de ceux-ci, ce qui apparaît comme un biais. 

Le champ de pratiques dont il sera question partage plusieurs caractéristiques. La première est d’organiser la communication au sein de la société à propos d’activités techniques : seront retenues à cet égard, par exemple, l’industrie de la connaissance, la normalisation, l’évaluation des politiques publiques. La seconde caractéristique commune est le caractère à la fois collectif, délibératif et remontant de la construction de ces champs de pratiques, ce qui justifie un rapprochement que nous explorerons avec la notion de démocratie technique, proposée naguère par Michel Callon. La troisième caractéristique commune est une formalisation des pratiques, érigées en protocoles, normes, formats, etc. qui suppose la mise en œuvre d’une réflexivité sociale importante et la production de procédures, la « procéduralisation », pour reprendre le terme utilisé par Jacques Lenoble. La quatrième caractéristique commune résulte des précédentes : ce sont des investissements de forme (Thévenot, Favereau) dont se dote la société. La cinquième et dernière caractéristique est une condition de la démocratie technique et concerne les utilisateurs, leurs modèles de connaissance, leurs pratiques d’ordre culturels de relations aux savoirs, à l’information et à la communication et leurs profils d’apprentissage (Serres, Stiegler). 

L’hypothèse est que la société organise – tout au moins en partie, mais de plus en plus, la mondialisation aidant – le devenir de sa communication technique selon des processus collectifs et délibératifs sous forme de normes, de procédures et de protocoles d’évaluation. De telles pratiques relèvent-elles de ce que Pierre Rosanvallon appelle « contre démocratie » ? 

Le programme comporte les trois premières journées d’études suivantes : 

16 Novembre (10h-17h) : Modèles économiques, bien commun et industrie de la connaissance.

Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Salle du Conseil)
391 bis rue de Vaugirard, 75015 Paris  

Dans la science moderne et plus encore dans les techno-sciences, les tensions entre libre circulation des savoirs et propriété intellectuelle sont inextricables. On reste perplexe lorsqu’il s’agit de démontrer la pertinence de la notion de bien public tout comme celle de circulation restreinte des savoirs ou de rentes.

Dernièrement, le rapport de la commission Stiglitz-Sen, évoquait l’existence de modèles alternatifs à la propriété intellectuelle au moment où s’affirme la financiarisation de l’économie immatérielle.

Les brevets et les Creative Commons deviennent en effet l’objet même de modélisations économiques raffinées. Décoder les risques et les atouts de l'économie des savoirs, tel est l'objet de cette journée d’études. Faut-il un système pour inciter à la création du savoir ? Les « producteurs » de savoirs doivent-ils eux-mêmes produire les données de répartition de l’usage des savoirs ? La reconnaissance du droit au partage est-elle nécessaire ? Telles sont quelques-unes des questions qui seront abordées. » 

Intervenants :

  • Denis ETTIGHOFER, Directeur de Eurotechnopolis Institut
  • Danièle BOURCIER, CNRS CERSA Université Paris 2
  • Nicolas JULLIEN, Université Européenne de Bretagne, France Télécom
  • Bruno SALGUES Institut Nationale des Télécommunications

Organisateurs : Eric Delamotte, Jacques Perriault 

17 Décembre (10h-17h) : Évaluation, communication et réflexivité sociale.

En collaboration avec la Société Française d’Évaluation

Maison des Sciences de la Communication,
20 rue Berbier du Mets 75013 Paris 

De même que la normalisation numérique, l’évaluation des politiques publiques est un champ de pratiques sociales délibératives qui élaborent des procédures. Dans les deux cas, la communication et la réflexivité sociale jouent un rôle incontournable. La présente séance du séminaire porte plus spécialement sur l’évaluation des politiques publiques. Deux conceptions de l’évaluation des politiques publiques s’opposent : l’une relève de la modélisation économique, l’autre, empiriste, tient compte des ajustements sociaux, notamment par la participation de tous les acteurs concernés au processus d’évaluation. Cette seconde conception, à laquelle s’attachera cette séance du séminaire, suggère un rapprochement avec les sciences de la communication, car elle comporte de multiples échanges et interactions.

Nous examinerons les rapports entre processus d’évaluation et processus de communication d’un triple point de vue : applicatif, stratégique et épistémologique 

Intervenants :

  • Bernard PERRET, Conseiller, Ministère du développement durable
  • Christilla DAMBRICOURT-COMPARIN, Directrice adjointe en charge du contrôle de gestion et de l'évaluation des politiques, Conseil Régional Rhône-Alpes
  • Annie FOUQUET, IGAS, Présidente de la Société Française d’Évaluation
  • Dieter SCHÜRCH, Université de Lugano.

Organisateurs : Bernard Perret, Jacques Perriault 

11 Mars (10h-18h) : Industries de la connaissance, profils d’apprentissage et normalisation

Maison des Sciences de la Communication,
20 rue Berbier du Mets 75013 Paris (Métro Gobelins) 

Les destinataires des industries du savoir se servent de celles-ci pour s’informer et pour apprendre. Cette considération d’évidence a encore été peu traitée. Elle a notamment une conséquence importante : tous ces utilisateurs acquièrent des savoirs et construisent des connaissances de façons très diverses. Il importe donc pour ceux qui gèrent ces industries, pour les intéressés – et pour la recherche – d’identifier ces façons d’apprendre dans leur hétérogénéité. Deux diversités se trouvent ainsi en regard : celle des finalités propres aux industries du savoir, la finalité marketing n’est pas la même que celle de la formation à distance, et celle des utilisateurs, qui fonctionnent selon des styles cognitifs et des modes d’apprentissage variés, que l’on regroupera ici sous le terme générique de « profils d’apprentissage ». A cette confrontation s’en ajoute une troisième : avec celle des dispositifs qu’organisent ces industries, dans lesquels s’insèrent les utilisateurs. Se posent alors des problèmes très peu traités encore d’ergonomie, d’adaptation à la diversité, de régulation de la pression exercée par les normes, les formats et les règles en vigueur dans ces dispositifs. 

Intervenants :

  • Renaud FABRE (Cour des Comptes)
  • Béatrice GALINON-MELENEC, (Université du Havre)
  • Philippe CARRE (Université Ouest Parisien)
  • Elen RIOT (HEC, Rennes)
  • Loly SAMB (Université Ouest Parisien)
  • Jacques PERRIAULT (Ouest parisien, ISCC)

Organisateurs : Renaud Fabre, Jacques Perriault

Avril (10h-17h) : Industries de la connaissance, normes et investissements de forme.

Interroger les Industries de la connaissance à la lumière des questions de normes et d'investissement de formes renvoie, de fait, aux conventions et aux dynamiques sociales qu'elles sous-tendent. 

Les effets de réputation ou les questions de légitimité - et à travers eux, la question de la confiance sont donc à prendre en compte pour analyser les délibérations qui participent à l’agencement de consensus (par exemple la controverse Google vs Bibliothèques numériques) portant sur les formats, les contenus ou les modalités d’échange. Dans quel mesure les normes et investissements de forme, concourent-ils à une certaine forme d’uniformisation ou participent-ils, au contraire, à une logique de multiplication des formats, dans un espace toujours plus mondialisé et mouvant du fait, notamment, des techniques et de leurs perpétuelles évolutions ?

Lors du séminaire sera discutée la portée heuristique d'une réflexion sur cette dualité entre stabilité, unité et standardisation d'une part et mouvement, hétérogénéité et innovation, d'autre part. Pour penser cette tension, est-il pertinent de distinguer, dans les investissements de forme, contenu, communication et technique ? Ce point de vue particulier oblige-t-il également à concilier plusieurs niveaux d'analyse et échelles de grandeurs ? Enfin, quelle place accorder dans l’analyse aux échelles de temps et d'espace dont on peut supposer qu’elles seront centrales ? 

Intervenants pressentis :

  • François EYMARD DUVERNAY (Paris Ouest)
  • Laurent THEVENOT (EHESS, CEE)
  • Alain DESROSIERES (Insee)
  • Louis QUERE, (EHESS)
  • Stéphanie PROUTHEAU (ISSC)

Organisateurs : Johann Chaulet, Eric Delamotte 

Avril (10h-17h) : Modèles de connaissance et attention profonde.

Pressentis :

  • Bernard STIEGLER
  • Michel SERRES
  • Brigitte JUANALS
  • Alexandre SERRES
  • Alain GIFFARD.

Organisateurs : Eric Delamotte, Geneviève Jacquinot 

Mai (10h-17h) : Culture informationnelle comparée.

Pressentis :

  • Sylvestre OUDRAOGO
  • Thierry De SMEDT
  • Olivier LE DEUFF
  • Hervé LE CROSNIER
  • Michel BERRY.

Organisateur : Eric Delamotte,  

Juin (10h-17h) : La construction sociale du numérique dans la démocratie.

Pressentis :

  • Pierre ROSANVALLON
  •  Jacques LENOBLE
  • Dominique WOLTON.

Organisateurs : Eric Delamotte, Jacques Perriault

Lieux

  • ISCC Maison des Sciences de la Communication, 20 rue Berbier du Mets, métro Gobelins
    Paris, France

Dates

  • jeudi 17 décembre 2009
  • jeudi 11 mars 2010
  • lundi 16 novembre 2009

Mots-clés

  • sciences de l'information et de la communication, industries de la connaissance, digital humanities

Contacts

  • Eric Delamotte
    courriel : eric [dot] delamotte [at] iscc [dot] cnrs [dot] fr

Source de l'information

  • Eric Delamotte
    courriel : eric [dot] delamotte [at] iscc [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Industries de la connaissance, régulations, démocratie », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 08 février 2010, http://calenda.org/200183