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La réforme agraire, au passé et au futur

Agrarian reform, from the past to the future

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Publié le vendredi 12 février 2010 par Karim Hammou

Résumé

La section histoire du Congrès Marx international VI, « Crise, révoltes, utopies », qui aura lieu à Paris – du 22 au 25 septembre 2010 –, propose la réunion d’un atelier de travail consacré à la discussion de cette problématique transversale du monde contemporain, ouvert aux spécialistes de l’étude de la réforme agraire de par le monde. Mais il voudrait aussi amorcer une réflexion sur la réalité des mondes ruraux actuels et des désastres provoqués dans les campagnes par plusieurs décennies d’un néolibéralisme mondialisé et impitoyable. Il voudrait également s’interroger sur le futur d’une revendication qui semble désormais plus actuelle que jamais.

Annonce

La réforme de la possession des terres est une aspiration moderne. Après les projets des philosophes, des théologiens et des penseurs, les hommes politiques réformateurs ont essayé de la mettre en pratique avec toutefois des objectifs différents, que ce soit dans le monde britannique ou en Europe continentale (les pays germaniques et nordiques, la France, la Péninsule ibérique, la Péninsule italienne). A la fin du 18e siècle, la Révolution française a eu, tel que nous le savons, une forte composante agraire et paysanne. La nationalisation et la vente des biens du clergé et de la noblesse, pour s’attaquer aux forces hostiles au processus révolutionnaire, a pu ouvrir la voie à un important transfert de terres dans le court et dans le moyen terme, qui a également favorisé certains segments sociaux du monde paysan.

Sous des formes diverses, tout le 19e siècle a été marqué ici et là, y compris en Russie et en Amérique, par la question agraire et par celle de la possession de la terre. Ces deux ambitions ont été en même temps des revendications socioéconomiques et politiques, rattachées souvent, dans le cadre des empires, à la reconnaissance des peuples et des nations sans Etat et à la lutte contre l’oppression nationale, pour la liberté. La paysannerie et sa lutte pour la terre et contre les propriétaires fonciers et les hobereaux, étrangers ou autochtones, se sont ainsi régulièrement situées au cœur du mouvement national.

Mais il a fallu attendre 1910 — il y a tout juste un siècle —, pour voir vraiment apparaître le mot « réforme agraire » dans sa signification contemporaine. Et avec le mot son contenu et avec le contenu son application politique concrète, dans le contexte d’un mouvement populaire victorieux. C’est au Mexique, — où se produit la première révolution du 20e siècle — et dans la pratique des mouvements paysans puis des gouvernements révolutionnaires, que la réforme agraire a pris tout son sens de lutte pour le changement de la propriété de la terre, pour la réforme du régime de travail, pour la transformation du système de production et de distribution de la richesse, et aussi pour le pouvoir politique de l’Etat. Le mot d’ordre Terre et liberté qui synthétisait alors, et durant plusieurs décennies, les aspirations des Indiens et des paysans mexicains est devenu depuis la pierre de touche des projets de réforme agraire formulés et mis en pratique.

Le 20e siècle a connu des réformes agraires, au pluriel, les unes plus radicales que les autres, proposées soit par la lutte paysanne et ouvrière révolutionnaire, soit par des Etats réformateurs (parfois militaires et/ou nationalistes), et même par des projets politiques qui ont voulu préserver la société et le système en vigueur et contrecarrer des mouvements révolutionnaires en perspective. Cette tendance, mondialement transversale, n’a pratiquement épargnée aucune région du monde : l’ancienne Russie devenu URSS, la Chine populaire, l’Europe centrale, orientale et méridionale, l’Inde, l’Indochine, l’Amérique latine, et même l’Afrique d’avant et d’après les décolonisations.

La Section histoire du Congrès Marx International VI, Crise, révoltes, utopies (http://netx.u-paris10.fr/actuelmarx/cm6/index6.htm), qui aura lieu à Paris — du 22 au 25 septembre 2010 —, propose la réunion d’un Atelier de travail consacré a la discussion, dans une perspective historienne et marxiste, de cette problématique du monde contemporain. Il est ouvert aux spécialistes de l’étude de la réforme agraire de par le monde. Mais il voudrait aussi amorcer une réflexion sur la réalité des mondes ruraux actuels et des désastres humains et naturels provoqués dans les campagnes par plusieurs décennies d’un néolibéralisme mondialisé et impitoyable. Il voudrait également s’interroger sur le futur d’une lutte pour la réforme agraire, dans son sens originel, qui semble désormais plus actuelle que jamais. 

Les propositions d’intervention doivent être envoyées au responsable de l’Atelier avant le 30 juin 2010 :

Pablo F. Luna (Université Paris Sorbonne) : pablo-fernando.luna@paris-sorbonne.fr

Catégories

Lieux

  • Université de Nanterre
    Nanterre, France

Dates

  • mercredi 30 juin 2010

Mots-clés

  • réforme agraire, XXe siècle, terre, paysans, propriété, monde rural, campagnes, néoliberalisme

Contacts

  • Pablo F. Luna
    courriel : pfluna [at] yahoo [dot] com

Source de l'information

  • Pablo F. Luna
    courriel : pfluna [at] yahoo [dot] com

Pour citer cette annonce

« La réforme agraire, au passé et au futur », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 12 février 2010, http://calenda.org/200220