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La diplomatie picturale

Pictural Diplomacy

L'usage des images en relations internationales

The use of images in international relations

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Publié le vendredi 12 février 2010 par Karim Hammou

Résumé

Appel à contribution pour participer à un workshop sur l'usage des images (caricatures, photographie, cinéma, mais aussi métaphores, stéréotypes, etc.) en relations internationales. Les articles acceptés seront discutés durant un séminaire de deux jours et ensuite soumis à publication.

Annonce

Workshop sur la Diplomatie Picturale

Université de Namur, 5-6 mai 2010
Workshop organisé avec le soutien des Fonds Spéciaux de Recherche

Les récits portant sur la « crise iconoclaste » qui secoua l’Empire byzantin entre 730 et 843, témoignent du terrible inconfort que peut déchaîner le statut des images, bien qu’il subsiste, comme le montre Auzépy (2002), des divergences, parfois radicales, sur leur interprétation. L’image reste, en effet, en fonction des conjonctures politiques et sociales, un point de fixation, engendrant à la fois adhésion et cristallisation conflictuelle. Les politiques prétendent ne leur accorder qu’une importance marginale, mais en usent fréquemment pour légitimer ou décrédibiliser une action. Au plan académique, contrairement à la philosophie qui, à certains moments de son histoire, déserta de façon plus ou moins permanente l’étude des images (Wittgenstein 1953 : I, 115 ; Rorty 1979), la science politique n’a jamais fait des images, en tant que telles, une cible scientifique prioritaire. La mise en garde de Bachelard (1971 : 38), contre les images, semble avoir laissé des traces, plus ou moins conscientes : une « science qui accepte les images est », souligne-t-il, « plus que tout autre victime de métaphores. Aussi l’esprit scientifique doit-il sans cesse lutter contre les images, contre les analogies, contre les métaphores ». De fait, les rares travaux de Relations internationales se sont essentiellement consacrés, d’une part, à l’étude des modalités de la perception et à ce qui en constitue l’un des réceptacles/régulateurs fondamentaux, la mémoire collective (cf. Jervis 1970, 1976; Balzacq et Jervis 2004 ; Rosoux 2001 ; Ramel 2009) et, d’autre part, à l'analyse des conceptions diplomatiques par le biais des représentations picturales (en particulier, la peinture des Ambassadeurs d'Holbein, datée de 1533, suscita l'intérêt des historiens). Il s’agit donc, en première instance, d’enrichir et de mieux contextualiser ces travaux.

Sous ce rapport, le workshop vise à rassembler des contributions qui examinent les images en tant que site d’action politique avec, toutefois, une préférence analytique – non exclusive certes – pour les questions ayant une tonalité ou une déclinaison internationale. Plus spécifiquement : qu’est-ce qu’une image politique ? Peut-on en délimiter les familles-types ? Quels sens véhiculent-elles ? En quoi leur histoire est-elle particulière, voire singulière ? Quels liens entretient l’image politique avec le langage ? Quelles sont les spécificités des contestations picturales (politiques, juridiques, médiatiques…) ? En quoi la diplomatie culturelle des Etats s'appuie-t-elle sur les oeuvres artistiques et les musées (cf. la restitution, par la France, d’un fragment de tombe d’un prince de la XVIIIe dynastie égyptienne à Moubarak en décembre 2009)? Comment la diplomatie informelle menée par les musées ou par les acteurs sociétaux peut-elle se déployer de façon autonome par rapport à la diplomatie officielle des Etats ?

Il s’agit de favoriser, dans un second temps, la création de réseaux pluridisciplinaires autour de ce que l’on peut qualifier de « diplomatie picturale », c’est-à-dire, à larges traits, « l’usage – moins que le poids – des images dans les rapports internationaux ». En d’autres termes, le workshop tente d’élargir le spectre des préoccupations des politistes et des internationalistes à l’étude d’autres expressions picturales, notamment les films, les documentaires, les caricatures, la photographie, ce qui, du coup, ouvre des champs de dialogue négligés avec des disciplines telles que les sciences de la communication, la sociologie, l’anthropologie et l’histoire (en ce compris l’histoire de l’art).

Deux axes de discussion seront privilégiés, théorique et pratique.

  • Niveau théorique : on examinera les différentes images, notamment graphiques (statues, photographies, caricatures, films, peintures, fresques et tout autre représentation artistique…), mentales (mémoires, idées, rôles internationaux…) et verbales (métaphores, analogies…)
  • Niveau empirique : on accordera la priorité à l’analyse d’un cas précis des mécanismes politiques d’une image donnée en tant que pièce constitutive d’un répertoire d’action (marketing politique, diplomatie, propagande). Ces études s’inscrivent, évidemment, dans l’aire culturelle de prédilection du chercheur.

L’appel à communications s’adresse aux chercheurs (débutants et confirmés) des disciplines suivantes : sciences politiques, relations internationales, information et communication, sociologie, histoire, philosophie et droit.

Les abstracts d’environ 300-500 mots doivent être envoyés à : Marjorie LEGENDRE (marjorie.legendre@fundp.ac.be) avant le 25 mars 2010.  

Langues de travail : anglais et français 

Délai de notification : le 3 avril 2010

Comité scientifique : Thierry Balzacq et Frédéric Ramel.

Lieux

  • Université de Namur
    Namur, Belgique

Dates

  • samedi 03 avril 2010

Mots-clés

  • relations internationales, images, caricatures, diplomatie, photographie, représentations

Contacts

  • Marjorie Legendre
    courriel : marjorie [dot] legendre [at] fundp [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Stéphane Baele
    courriel : stephane [dot] baele [at] fundp [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« La diplomatie picturale », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 12 février 2010, http://calenda.org/200240