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Rupture(s) en révolution

Rupture(s) in Revolution

Perceptions et gestions de la rupture durant la période révolutionnaire

Perceiving and managing ruptures in revolutionary times

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Publié le jeudi 18 février 2010 par Karim Hammou

Résumé

Cette journée s’offre de revenir sur une notion qui a suscité d’importants débats historiographiques et de croiser ces interprétations de la rupture en Révolution avec la perception et la gestion qui en a été faite par les acteurs de l’époque. Il s’agira ainsi d’entamer une discussion qui pourra contribuer à mieux comprendre en quoi la notion de rupture a pu être l’objet d’usages politiques qui ont laissé des traces et dont il est possible de faire l’histoire. La journée d’étude entend cibler plus particulièrement la période de la Révolution française mais pourrait s’enrichir des réflexions des sciences politiques autour des thèmes de rupture et de révolution afin de mesurer les apports entre une approche théorique et une approche centrée sur les pratiques des contemporains.

Annonce

Organisateurs

Institut d’Histoire de la Révolution française (IHRF-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Université de Fribourg (Suisse)
Centre of Excellence in Political Thought and Conceptual (University of Jyväskylä - Finland)

Argumentaire

Associer la notion de rupture à la Révolution française peut passer pour un lieu commun, tant il est d’usage de considérer que cette dernière constitue un moment de transition entre l’Ancien régime et la modernité. Toutefois, l’historiographie qui consacre une réflexion spécifique à cette notion est assez pauvre, sans doute parce que celle-ci n’est pas évidente à saisir. Si Jean Bæchler se propose dès 1974, dans un article publié dans les Archives européennes de sociologie, de réfléchir à la notion de rupture révolutionnaire, c’est néanmoins dans la perspective de revenir sur la question des origines de la Révolution française. Ce faisant, il fait de la période révolutionnaire l’un des symptômes de la crise du système monarchique ce qui le conduit à appréhender, tout comme Tocqueville, la rupture révolutionnaire en terme de continuité.

Cette approche de la rupture sous l’angle des « causes », tout comme la capacité d’envisager la rupture sous l’angle de la continuité, sont révélatrices des enjeux idéologiques, voire téléologiques, qui lui sont associés. La rupture peut en effet receler un contenu positif dès lors qu’on considère qu’elle rompt avec un monde perçu comme archaïque pour préparer l’avènement d’une ère nouvelle de libération de l’homme. Elle peut être interprétée de manière négative dès lors que la Révolution est d’abord considérée comme une période de déstabilisation politique, sociale et religieuse profonde et violente. Elle peut aussi, comme on l’a évoqué, être saisie dans une perspective de continuité dès lors qu’on entend gommer la radicalité de la rupture pour proposer une réintégration du phénomène révolutionnaire dans la longue durée de l’histoire nationale. Hors de France, et notamment dans les Républiques sœurs, la rupture révolutionnaire apparaît beaucoup plus nettement dans les historiographies traditionnelles en raison de l’influence française qui vient rompre la continuité de la destinée nationale. L’entreprise historiographique consiste alors à évacuer la période d’ingérence étrangère si bien que la rupture prend le sens d’une véritable déstabilisation sur laquelle il convient de ne pas s’attarder. Dans tous les cas, la notion de rupture n’est jamais formellement analysée mais est présente en filigrane et sert de prétexte à l’élaboration de diverses stratégies interprétatives.

Dans le but d’approfondir et de questionner différemment ces schémas, la journée d’étude voudrait proposer une amorce de réflexion autour de la notion de rupture, tant à l’échelle des pratiques qu’à celle des discours et récits produits par les contemporains en vue de légitimer leur action ou de délégitimer celle de leurs adversaires. Quelques piste de réflexion peuvent notamment être suivies : dans quelle mesure la notion de rupture a-t-elle pu être instrumentalisée à des fins politiques ? comment la rupture révolutionnaire est-elle perçue et gérée en France et/où à l’étranger ? en quoi la perception et la gestion de la rupture favorise-t-elle l’innovation ou au contraire suscite-t-elle un besoin de continuité ?

La journée d’étude entend cibler plus particulièrement la période de la Révolution française mais pourrait s’enrichir des réflexions des sciences politiques autour des thèmes de rupture et de révolution afin de mesurer les apports entre une approche théorique et une approche centrée sur les pratiques des contemporains. On pourra ainsi s’efforcer de mesurer les écarts entre leur perception et leur gestion de la rupture ou encore la distance possible entre les interprétations et usages politiques forgés immédiatement et sur le plus long terme.

Toutes les contributions susceptibles de répondre aux problèmes envisagés sont les bienvenues. Les propositions de communication (maximum une page) sont à transmettre, en anglais, langue de la journée d’étude,

pour le 22 mars 2010 au plus tard.

Afin de favoriser la discussion lors de la rencontre, les articles définitifs sont à envoyer à la fin du mois de septembre 2010 pour transmission aux participants.

Please find an English version attached.

Catégories

Lieux

  • Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
    Paris, France

Dates

  • lundi 22 mars 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Révolution française, histoire, histoire politique et sociale, sciences politiques

Contacts

  • Antoine Broussy
    courriel : antoine [dot] broussy [at] malix [dot] univ-paris1 [dot] fr

Source de l'information

  • Antoine Broussy
    courriel : antoine [dot] broussy [at] malix [dot] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Rupture(s) en révolution », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 18 février 2010, http://calenda.org/200285