AccueilRéflexivité en contextes de diversité : un carrefour des sciences humaines ?

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Publié le mardi 16 février 2010 par Marie Pellen

Résumé

Un objectif majeur de ce colloque est la rencontre de différentes disciplines scientifiques et pratiques professionnelles autour des conceptions, modalités de mise en œuvre et d’évaluation de la réflexivité, mais aussi sur les questions politiques et éthiques que posent ces pratiques, les déplacements, retournements, voire les paradoxes, que suscitent les postures réflexives, tant dans les recherches que dans les pratiques professionnelles. L’ambition du colloque est d’engager le dialogue interdisciplinaire nécessaire à l’exploration de l’interaction entre recherche/pratique dans une perspective d’ouverture interculturelle et internationale. L’enjeu est de rendre visibles, de confronter, et de soutenir des démarches dont la rigueur propre ne relève pas d’un modèle positiviste, du fait des exigences d’intelligibilité de leurs objets propres. Peut-on penser la réflexivité comme un concept commun ? Y a-t-il des lieux de rencontre et des lignes de divergence ? C’est en réalité en allant sur chaque terrain d’étude que l’on propose de travailler, à partir des expériences singulières et concrètes où l’on nomme une réflexivité : ainsi les communications pourront-elles aussi bien interroger les expériences diverses, que les méthodes et les épistémologies élaborées pour en rendre compte, ou les variations d’interprétation du concept même.

Annonce

Ce colloque invite à confronter les conceptions, regards et pratiques autour de la notion de réflexivité : réflexivité comme posture, paradigme de recherche, vecteur de création, ou encore comme moyen d’action ; réflexivité du chercheur, du décideur, de l’acteur social... ; réflexivité et pratiques connexes : introspection, auto(socio)analyse, exploration du rapport à l’autre, herméneutique, interprétation... ; conséquences épistémologiques des pratiques de recherche réflexives...

Selon qu’elle est utilisée par Giddens, Schön, Bourdieu, Gadamer, Kaufmann, Ricoeur, Garfinkel, Genette ou Bakhtine, pour ne citer qu’eux, la notion de « réflexivité » connaît une gamme sémantique large et renvoie à des approches diverses : constructivistes, herméneutiques, compréhensives, ethno-méthodologiques, cliniques, expérientielles, socio-analytiques... entre autres.

Tour à tour travaillée au départ de l’anthropologie, de la sociologie, de la psychologie, de la linguistique, des sciences de l’éducation et de la formation, de la didactique, de la littérature, de la philosophie, ou encore de l’histoire, elle peut être envisagée comme constituant une notion carrefour des sciences humaines et sociales, interrogeant, en particulier dans une perspective qualitative, l’interprétation, la compréhension, l’écriture, le rapport construit au monde, à l’expérience, à l’histoire, aux normes, à la diversité, et plus globalement les processus d’interaction entre la pensée et l’action.

Un objectif majeur du colloque est la rencontre de différentes disciplines scientifiques et pratiques professionnelles autour des conceptions, modalités de mise en œuvre et d’évaluation de la réflexivité, mais aussi sur les questions politiques et éthiques que posent ces pratiques, les déplacements, retournements, voire les paradoxes, que suscitent les postures réflexives, tant dans les recherches que dans les pratiques professionnelles. L’ambition du colloque est d’engager le dialogue interdisciplinaire nécessaire à l’exploration de l’interaction entre recherche/pratique dans une perspective d’ouverture interculturelle et internationale.

L’enjeu est de rendre visibles, de confronter, et de soutenir des démarches dont la rigueur propre ne relève pas d’un modèle positiviste, du fait des exigences d’intelligibilité de leurs objets propres. Peut-on penser la réflexivité comme un concept commun ? Y a-t-il des lieux de rencontre et des lignes de divergence ? C’est en réalité en allant sur chaque terrain d’étude que l’on propose de travailler, à partir des expériences singulières et concrètes où l’on nomme une réflexivité : ainsi les communications pourront-elles aussi bien interroger les expériences diverses, que les méthodes et les épistémologies élaborées pour en rendre compte, ou les variations d’interprétation du concept même.

C’est pourquoi l’appel à communication s’ouvre sur les axes suivants :

1 – Postures et interprétations
2 – Altérité et diversité
3 – Évaluation et éthique
4 – Histoire et identités
5 – Distance et formation

Avec le soutien des universités et des acteurs régionaux de Touraine et du Limousin, le colloque s’articulera, de façon originale, autour d’une pluralité de lieux et de temps (journée d’étude à Tours en juillet et colloque à Limoges en décembre), alternant sessions plénières, ateliers et tables rondes.

Présentation des axes thématiques du colloque

1 – Postures et interprétations

Cet axe visera une exploration de différentes conceptions de la notion de réflexivité, ce que peut être une posture réflexive de recherche et/ou d’intervention (formative, ou autre), dans différents champs des sciences humaines et sociales. Il pourra aussi s’agir de s’interroger sur la nature de ce travail d’analyse et d’interprétation de soi/de l’autre. Qu’entend-on par « comprendre », « interpréter » ? Que sous-tendent ces processus, comment les agit-on ? Comment construit-on son répertoire de ressources interprétatives ? Comment décrire, et agir, une « posture réflexive » ? Quelles en sont les limites, les dérives éventuelles ? Comment gère-t-on la subjectivité dans l’acte scientifique d’interprétation ?

2 – Altérité et diversité

Ce second axe invite à explorer les relations entre réflexivité et diversité et/ou altérité. On pourra par exemple s’interroger sur la manière dont la confrontation avec le divers, l’alter, le différent, qui fait nécessairement émerger une divergence éventuellement conflictuelle d’interprétations, favorise ou au contraire d’inhibe la réflexivité du chercheur, du formateur, de l’apprenant, de l’écrivain, du lecteur, de l’individu social… On pourra aussi s’interroger sur la récursivité impliquée par la réflexivité : Se donner le projet de susciter la réflexivité implique-t-il de développer soi-même une posture réflexive, et inversement, la réflexivité d’un chercheur, écrivain, formateur, favorise-t-elle la réflexivité chez l’autre ? On pourra encore se demander dans quelle mesure la réflexivité peut être envisagée comme facilitant la possibilité d’assumer la diversité, l’altérité, la pluralité, le décalage à la norme instituée.

3 – Évaluation et éthique

L’idée de favoriser la réflexivité implique la formation d’une attitude relevant d’une forme de « faire / agir avec » légitimant et autonomisant, qui pose des questions importantes, notamment en termes de modalités relationnelles / interactionnelles, d’effets de ces pratiques, de gestion de ces effets. Comment se construit-on comme favorisant la réflexivité et la légitimation d’autrui ? Quel rôle et quel pouvoir s’attribue-t-on ainsi ? La question du pouvoir se retrouve encore dans l’idée d’une réflexivité envisagée comme forcément « bénéfique ». Quel est l’enjeu de « bien » à devenir plus « acteur » de sa vie, et qui décide de cela ? Comment échapper aux pièges de l’injonction de réflexivité ? Aux illusions d’une maîtrise consciente de toute action ? Quels moyens se donne-t-on pour apprécier ces expressions réflexives ? Dans une perspective formative, comment concevons-nous d’évaluer ce qui relèverait d’une compétence réflexive, selon quels critères, à travers quelles pratiques, etc. ?
L’ensemble de ces questions, qui n’ont ici que valeur d’exemple, soulignent l’importance de s’interroger sur les dimensions éthiques des pratiques de recherche et/ou d’intervention sociale qui s’inscrivent dans un paradigme de la réflexivité.

4 – Histoire et identités

On s’interrogera ici sur les différentes manières dont l’expérience effective de l’individu, mais aussi l’Histoire, influencent les prises de position, les inhibitions ou les stratégies créatives adoptées par les écrivains, les historiens, les sociologues, les anthropologues. On pourra ainsi dégager l’apport de la réflexivité dans la constitution d’un rapport de l’individu créateur à soi-même, aux autres, au monde et à sa propre création (discours politique, sociétal, historique, littéraire…).

5 – Distance et formation

Cet axe prendra en charge les questions liées au développement des TIC (technologies de l’information et de la communication) dans tous les champs d’activités humaines, principalement sous l’angle des relations d’éducation, de formation, de transmission. La qualification ambiguë de « virtuel » pour désigner ce qui relève de l’usage du numérique renvoi à de vraies pratiques, de vrais comportements, de vraies interactions, de vraies conséquences. Quelle est cette part d’humanité que nous projetons dans ces espaces où les corps sont à distance ? Que vit-on, de soi, de l’autre, dans ces interactions où le contact est techniquement préformé ? 

Dépôt des propositions de communication

Date limite de dépôt des propositions de communication : 30 avril 2010

Adresse d’envoi : colloqdynadiv@unilim.fr

- Retour aux auteurs : juillet 2010

- Pour les communications retenues : octobre 2010, envoi de 4 pages de communication pour la production d’un cahier-débat avant le colloque

- 1 et 2 décembre 2010 : Colloque

- Janvier 2011 : date limite d’envoi des textes définitifs

- 2011 : publication des actes

Format des soumissions :

1 à 2 pages (police Times 12 / interligne 1,5 / marges 2,5)

Les propositions devront mettre en perspective la dimension recherche de la communication, et comporter une bibliographie.

Chaque proposition doit comporter un titre, le(s) nom(s) de(s) auteur(s), le(s) courriel(s), la(les) positions de(s) auteur(s).
Ce colloque fera l’objet d’une publication d’actes.

Lieux

  • Faculté des Lettres et de Sciences Humaines. 39E rue Camille Guérin
    Limoges, France

Dates

  • vendredi 30 avril 2010

Mots-clés

  • réflexivité, diversité, altérité, sciences humaines, recherche, terrains

Contacts

  • jacques.beziat #
    courriel : jacques [dot] beziat [at] unilim [dot] fr

Source de l'information

  • Jacques Béziat
    courriel : jacques [dot] beziat [at] unilim [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Réflexivité en contextes de diversité : un carrefour des sciences humaines ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 16 février 2010, http://calenda.org/200298