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L'espace dans les Amériques

Space in Americas

Une approche pluridisciplinaire

A pluridisciplinary approach

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Publié le jeudi 25 février 2010 par Marie Pellen

Résumé

Dans le vaste répertoire des objets d’études, l’espace est certainement celui dont l’usage est le plus fréquent et la paternité revendiquée par plusieurs sciences, qu’elles soient humaines, de la terre ou maritimes et ce dans de nombreuses aires culturelles. L’espace associé aux sociétés qui s’y développent, qui entretiennent des relations entre elles, qui en subissent plus ou moins les contraintes, peut être abordé de manière historique, géographique, par son caractère social, symbolique, politique ou physique. Enfin, il peut être étudié par les temporalités qui s’y déploient au travers des concepts de mobilité, d’échelle, de conservation, de planification ou encore de protection. Sous le vocable « Amériques », se recoupent des réalités géographiques (le continent, les ensembles géomorphologiques), politiques (les états et leurs subdivisions, les alliances de divers ordres), économiques, culturelles, linguistiques et, bien entendu, sociales. S’y retrouvent aussi les Amériques, en tant que terres de rêves, de voyages et de mythes. Ainsi, comme le montre ce rapide survol, les approches sont multiples et c’est dans ce contexte de transdisciplinarité mais aussi de transnationalité que s’inscrit le colloque international « L’espace dans les Amériques ». Celui-ci est proposé par l’IDA, Pôle Ouest, Université de Brest, dans l’optique de croiser les recherches et orientations sur le thème de l’espace. Il est prioritairement ouvert aux chercheurs en sciences humaines et sociales, œuvrant dans les mondes latino américain et nord américain.

Annonce

Pour cet appel à communications, nous  définissons l’espace comme  « support, cadre et volume d’activités humaines ». Il est la conjonction de trois caractéristiques qui sont une réalité physique (géomorphologique et géo climatique), culturelle (civilisations et leurs cultures comme la manière dont elles se positionnent et se diffusent aux autres) et enfin relativiste (par le jeu des forces en présence dans un système régit par les deux caractéristiques précédentes mais aussi par les stratégies individuelles et collectives). Compte tenu de ces  remarques, nous pouvons dire que l’espace n’est pas étudiable en soit et s’instaure comme une dimension d’appréhension des sociétés. Suite à cette définition, nous posons les principes suivants. L’espace est réel dans ses dimensions historiques et économiques, (toutes deux ayant des conséquences sur l’activité des sociétés). Il est aussi relationnel dans la mesure où les notions d’échange, de distance, d’interactions, de mobilités prédominent aujourd’hui à celle de prédisposition ou de prédéfini qui commandaient  auparavant à sa définition. Enfin, il ne peut être compris aujourd’hui qu’en tenant compte de ses dimensions matérielles (caractéristiques physiques), idéelles (représentations, conceptions, idéologies) et immatérielles (réseaux et flux). Lors de ce colloque, il s’agira de caractériser en quoi l’espace, dans toutes ses dimensions, est singulier dans les Amériques.

Développement :

Une telle thématique invite aux approches relevant de plusieurs champs scientifiques et disciplinaires. Il convoquera la géographie pour l’étude des « relations qui caractérisent la vie des groupes humains » et la compréhension des logiques d'organisation territoriale, en s'appuyant sur un certain nombre de concepts : situation, structuration, réseau... Cette analyse suppose la prise en compte d'un ensemble complexe de données physiques et humaines, et de leurs interactions, afin d'en proposer une lecture pertinente. La connaissance de l'organisation de l'espace s'appuie désormais sur des outils très élaborés, notamment les SIG (Système d'Information Géographique), dont les applications multiples prolongent l'analyse spatiale et dont on pourra présenter les derniers développements en Amérique.

L’urbanisme et l’architecture chercheront à montrer en quoi la conception et la réalisation d’édifices tout comme l’intervention volontaire et organisée de l’homme pour l’aménager font de l’espace dans les Amériques, à travers les âges, une et des réalités singulières.

Des approches plus culturelles, portées par des recherches en langue, littérature et civilisation, tenteront elles de révéler les dimensions symboliques d’espaces particuliers comme la forêt, la montagne, le désert ; celles de régions particulières comme la Patagonie, l’Ouest américain, le Grand Nord ou encore des notions plus mythiques et fondatrices telle la Frontière pour les Etats-Unis. Pour des littéraires, l'Amérique était texte avant même d'être découverte, et elle était espace, texte et espace du Paradis terrestre, Eden perdu autant que Terre Promise. Explorer l'Amérique, c'est lire le texte de cette perte et de cette promesse, et écrire l'Amérique, que cela soit sous la forme du poème lapidaire ou du « Grand Roman Américain », c'est arpenter cette terre, ou y chercher des lignes de fuite. Thomas Jefferson, d'ailleurs arpenteur à ses heures, a à la fois écrit la déclaration d’indépendance américaine, traçant sur la feuille blanche la ligne de partage entre le passé et l'avenir d'une nation, et inscrit physiquement sur le corps d' l'Amérique les carrés matérialisant son idéal agraire et démocratique. Les écrivains américains ont tous senti que la figure de l'utopie, espace sans lieu dont on ne sait s'il est irrémédiablement perdu ou toujours encore à venir, hantait à la fois leur texte et leur nation. S'interroger sur l'espace en Amérique ce sera tenter de montrer en quoi chacune de ces deux traces, celle de la ligne qui court sur le papier ou celle, « Grand-route » ou piste du trappeur, qui marque le territoire, n'est que le double fantomatique de l'autre, ou son ange annonciateur.

La sociologie tentera de montrer comment se traduisent les appartenances à un groupe, les cycles de vie, les pratiques quotidiennes dans les Amériques et comment ce même espace y est perçu, conçu et vécu, toutes trois dimensions de la production sociale de l’espace liées au jeu des rapports sociaux, y compris de sexe. Enfin, d’autres caractériseront les espaces ruraux, urbains ou littoraux ou encore la construction et le fonctionnement des configurations politiques et administratives propres aux Amériques.

Quoi qu’il en soit, toutes ces approches convergent vers la caractérisation de la manière dont est habité l’espace dans les Amériques. D’un point de vue conceptuel, “habiter” se réfère aux pratiques des espaces dont la composition, l’organisation et l’évolution résultent d’un ensemble d’actions individuelles et collectives, organisées ou non, coordonnées ou non. L’espace habité est un objet complexe, par le jeu des multiples interactions qui président à sa production, interactions entre ses composants matériels, immatériels et humains, par l’incertitude qui préside à son évolution, comme celle qui caractérise la connaissance ou la reconnaissance de ce qui a pu se passer, engagé sa fabrication. Ce potentiel d’effervescence intellectuelle et ce caractère pluridisciplinaire révèlent l’intérêt d’un tel échange dans le cadre de l’IDA, pôle Ouest

Conclusion :

Ce colloque traitera donc de l’espace dans les  Amériques en tant que dimension de l’appréhension des sociétés. L’espace y sera abordé par le prisme des sciences de l’homme et de la mer sous les angles des pratiques sociales, de son organisation, de ses représentations ainsi que des interactions entre eux. Les communications devront rendre compte de manière individuelle ou collective (les communications transnationales sont souhaitées) de l’appropriation, de  la lecture et de la symbolique de l’espace, toutes trois  appliquées à l’un, ou plusieurs, des trois domaines d’études : l’Amérique du Nord, l’Amérique Latine et la Mer et l’Environnement.

Calendrier.

Envoyer des propositions de 1500 à 3000 signes présentant les problématiques, le terrain, les méthodologies, les résultats à Nathalie.Coulon@univ-brest.fr jusqu’au le 31 mars 2010.

Notification aux auteurs des communications acceptées: le 31 mai.

Fin de remise des textes : le 30 septembre 2010. Les textes feront 7 pages double interligne, en caractère new times roman 12. Les exposés durant le colloque seront de 20 minutes avec 10 minutes de débat.

Frais d’inscription. 40 euros sauf pour les étudiants et les chômeurs avec justificatif.

Comité d’organisation :

  • Arlette Gautier (Atelier de Recherche Sociologique),
  • Nicolas Bernard (Géomer),
  • Gilles Chamerois (HCTI-CEIMA),
  • Georges-Henry Laffont (Institut de géoarchitecture),
  • Gérard Thouzeau (IUEM-LAMAR)

Comité scientifique :

  • Marie-Christine Agosto (HCTI-CEIMA),
  • René-Paul Desse (Institut de géoarchitecture),
  • Elsa Carrillo-Blouin (CRBC),
  • Dalila Aranda Aldana (CINVESTAV, Mexique),
  • José Maria Coccaro (Université de la Plata, Argentine),
  • Miguel Avendano (Université d’Antofagasta, Chili)

Lieux

  • Faculté Victor Segalen, 20 rue Duquesne
    Brest, France

Dates

  • mercredi 31 mars 2010

Mots-clés

  • espace, Amériques

Contacts

  • Nathalie Coulon
    courriel : nathalie [dot] coulon [at] univ-brest [dot] fr

Source de l'information

  • Arlette Gautier
    courriel : Arlette [dot] Gautier [at] univ-brest [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'espace dans les Amériques », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 25 février 2010, http://calenda.org/200408