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Lire les sciences sociales

Reading social sciences

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Publié le lundi 08 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Les rencontres « Lire les sciences sociales » sont organisées par Gérard Mauger et Louis Pinto.

Annonce

Vendredi 22 janvier 2010

10 h 00 - 13 h 00, - salle 159 -

Benoît de L’Estoile, Le goût des Autres. De l’Exposition coloniale aux Arts premiers, Paris, Flammarion, 2007

Présenté par Alain Maillot

La diversité culturelle est aujourd’hui proclamée « patrimoine mondial de l’humanité ». C’est aussi pour célébrer sur le mode esthétique la diversité des cultures qu’un musée consacré aux « Arts et civilisations d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie », a été ouvert en 2006 à Paris, quai Branly. S’il rencontre le goût contemporain pour l’exotisme, le choix de bâtir un palais aux Arts premiers pour remplacer le musée de l’Homme ne va pas de soi. Par-delà les polémiques opposant art et ethnologie, quel sens a un « musée des Autres » dans un monde post-colonial où se redéfinissent les frontières entre Nous et les Autres ? Par ce qu’il choisit de montrer, un musée réalise une mise en ordre du monde où nous vivons. Analyser les façons dont leurs objets ont été exposés au cours de l’histoire permet d’interroger les transformations de notre regard sur les hommes et les femmes des autres continents. Le goût des Autres s’affirme en France dans l’entredeux-guerres, entre « Art nègre » et ethnologie. L’Exposition coloniale de 1931 célèbre la variété des civilisations de l’empire, tandis que le musée de l’Homme, pour réaliser l’inventaire de la diversité humaine, envoie ses ethnographes sur des terrains lointains dont ils rapportent une moisson d’objets. Aujourd’hui célébrés comme autant d’oeuvres d’art, ces objets sont aussi, de plus en plus, réclamés par ceux qui s’en disent les héritiers pour affirmer leur identité. Que faire devant de telles remises en question ? Peut-on tourner la page coloniale comme on oublie un mauvais souvenir ? Interrogeant à la fois les discours savants et les mythes qui orientent notre regard sur les Autres, tel celui de « peuples premiers » qui seraient en harmonie avec la nature, cet ouvrage propose un regard anthropologique sur la façon dont les Occidentaux conçoivent leur propre place dans le monde. En comparant le cas français à d’autres, de l’Italie aux États-Unis en passant par la Grande-Bretagne ou le Mexique, il explore de nouvelles façons de présenter aux visiteurs des mondes différents du nôtre, mais en relation avec lui.

Mardi 23 mars 2010

14 h 00 - 18 h 00
Salle de conférences
CNRS/Site Pouchet
59-61, rue Pouchet, 75017 Paris
Métro ligne 13 (Guy Moquet/Brochant), Bus 66 (La Jonquière)

Les auteurs suivants viendront présenter et discuter leurs ouvrages:  

  • Vincent DUBOIS, Jean-Matthieu MÉON, Emmanuel PIERRU Les mondes de l’harmonie. Enquête sur une pratique musicale amateur. Paris : la Dispute, 2009.  

Présenté par Philippe COULANGEON.  

On annonce depuis près d'un siècle la disparition des orchestres d'harmonie. Ces ensembles d'instruments à vent, héritage du mouvement orphéonique dont l'origine remonte au dix-neuvième siècle, sont principalement ancrés dans un monde rural et populaire aujourd'hui largement révolu. Si elle a décliné, cette pratique n'en demeure pas moins importante. Plusieurs milliers d'orchestres constituent le cadre de la formation et de l'activité musicales d'amateurs de tous âges. Comment se maintient une forme culturelle quand les bases sociales qui en ont favorisé le développement se délitent? Comment est vécue une pratique socialement dévalorisée et référée négativement au modèle culturel légitime? Ces deux questions guident l'exploration d'un univers musical qui n'avait jusqu'ici jamais fait l'objet d'une enquête sociologique. Vincent Dubois. Jean-Matthieu Méon et Emmanuel Pierru ont enquêté en Alsace, où les harmonies sont nombreuses. Grâce à l'usage combiné de l'analyse statistique et de l'enquête ethnographique, ils fournissent une vision vivante et nuancée des configurations sociales dans lesquelles évoluent ces orchestres: les mondes de l'harmonie. Ils ouvrent ce faisant de nouvelles pistes pour comprendre plus généralement les relations entre hiérarchies culturelles et transformations sociales. 

  • Claude POLIAK. Aux frontières du champ littéraire. Sociologie des écrivains amateurs. Paris : Economica (coll. « Études sociologiques »), 2006. 

Présenté par Sylvie DUCAS 

A partir d'une enquête sur les participants à un concours de nouvelles, Claude F. Poliak rend compte du monde de ceux que l'on désigne souvent comme « écrivains amateurs ». En retenant cette appellation, il ne s'agit pas d'entériner une coupure irréductible entre amateurs et professionnels comme si elle allait de soi. Il s'agit plutôt de prendre au sérieux les aspirations exprimées, les pratiques mises en œuvre, les stratégies déployées par ceux qui s'adonnent à l'écriture dans l'espoir d'être un jour édités. Chacun à leur manière, ils expriment le « rêve » d'être écrivain, dont le réalisme ou l'irréalisme dépendent de leurs chances objectives d'être publiés. Si certain(e)s, qui évaluent mal leur capital culturel, ne voient dans leurs échecs qu'un effet de l'arbitraire, la plupart « jouent à être écrivains » en sachant qu'ils jouent. Ils jouent sans se prendre au sérieux, lorsqu'ils envoient, sans illusion, des manuscrits chez des éditeurs reconnus. Ils jouent, sérieusement, lorsqu'ils cherchent une forme de consécration « à leur mesure » en se confrontant à des alter egos. Les chances d'accès des profanes au champ littéraire sont infimes, mais, avec le développement des politiques culturelles, des « simili-champs littéraires » ont ainsi pu se constituer et satisfaire les besoins de reconnaissance des amateurs dans des espaces « faits pour eux », qui les « appellent » et qu'ils contribuent, pour certains, à construire et à perpétuer. Comme les écrivains « vrais », les prétendants au titre d'écrivains s'orientent dans ces espaces, et « adaptent » leur production en fonction de la perception qu'ils ont des possibilités qui s'offrent à eux. 

Contact : lirelessciencessociales@gmail.com

Catégories

Lieux

  • Salle de conférences, CNRS/Site Pouchet, 59-61, rue Pouchet, 75017 Paris
    Paris, France

Dates

  • vendredi 22 janvier 2010
  • mardi 23 mars 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • sociologie, musique, littérature, amateurs, pratiques culturelles, culture

Contacts

  • Lire les Sciences Sociales
    courriel : lirelessciencessociales [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Lire les Sciences Sociales
    courriel : lirelessciencessociales [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Lire les sciences sociales », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 08 mars 2010, http://calenda.org/200414