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Discours et sémiotisation de l'espace social

Discours and semiotization of social environment

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Publié le mardi 02 mars 2010 par Marie Pellen

Résumé

Le pôle LaSCoD (pôle de recherche interdisciplinaire en sciences du langage et sciences de l´information et de la communication) du centre de recherche textes et francophonies de l’ université de Cergy-Pontoise, organise une journée d’étude sur « Discours et sémiologisation de l’espace social ». Cette journée a pour objet de réfléchir, dans une approche pluridisciplinaire, sur le rapport entre le discours et l’espace social dans lequel il s’insère et qui le constitue. La matinée, plus générale, sera consacrée à l’apprentissage et à l’évaluation, l’après-midi au discours en tant que composant de cet espace social.

Annonce

Programme

– De 9h 30 à 12h 30 – APPRENTISSAGE, CONTEXTE ET MODALITES D’EVALUATION

Coordination : Isabelle BOYER
Maître de Conférences en Communication. Chercheur au CRTF

9h 30 : accueil des participants

9h 45 – 10h 45 : Blandine BRIL, directeur d’études EHESS

« Apprentissage et contextes »

Prenant comme point de départ des activités ayant une composante motrice importante, je discuterai la notion d’apprentissage en considérant que l’objectif de l’apprentissage est de parvenir à résoudre un problème de manière adaptée quelque soit le contexte dans lequel se présente le problème.
Ceci conduit à distinguer clairement le but poursuivi des moyens utilisés pour parvenir au but. Ainsi le comportement observable est interprété comme une solution permettant d’atteindre le but (avec ou sans succès) qui va évoluer au cours du processus d’apprentissage. Je montrerai comment le comportement observable peut être interprété comme émergeant de l’interaction entre trois ensembles de contraintes, celles de la tâche, de l’individu et de l’environnement. Ainsi les caractéristiques de l’environnement et de l’individu structurent l’aspect opérationnel de l’action, c’est-à-dire les moyens mis en œuvre et la manière dont le but est atteint. Dans cette perspective, l'apprentissage ne renvoie pas à l’acquisition d’un répertoire d’actions, mais à la maîtrise des conditions d’émergence de l’action permettant la réalisation du but.
Je conclurai en montrant comment l'organisation du contexte de l'apprentissage (espace d’actions encouragées) va spécifier les conditions d'exercices et donc orienter le processus d’apprentissage. Les spécificités du contexte en effet interviennent doublement : lors de l'action (contexte immédiat) d'une part, et d'autre part tout au long du processus d'apprentissage (contexte général)

10h 45 – 11h 45 : Rémi GOASDOUE, Université Paris Descartes – Laboratoire EDA

« Activité évaluative et inférences »

La présentation de ce jour portera sur l’étude de l’activité évaluative de quelques professeurs de sciences économiques et sociales, recherche menée en partenariat avec Marc Vantourout (Université Paris Descartes – Laboratoire EDA), Xavière Lanéelle (Université de Nantes – Laboratoire CREN) et Daniel Martins (Université Paris Ouest, La Défense).
Résumé : Si l’emploi de l’expression activité évaluative tend à se généraliser, peu de travaux s’intéressent précisément à l’analyse de l’activité des évaluateurs notamment lors de la correction de copies. Le travail exploratoire présenté propose une analyse des processus qui conduisent à l’attribution de la note en considérant la correction comme un cas particulier de lecture-compréhension de texte. Nous avons ainsi demandé à des professeurs de corriger une même dissertation de sciences économiques et sociales en verbalisant de manière concomitante à leur lecture leurs remarques, interrogations ou commentaires. Une première analyse des vidéos de ces entretiens-observations montre la valeur heuristique des concepts issus des modèles de compréhension de texte pour analyser leur activité et pour dépasser le constat classique des divergences entre évaluateurs. L’analyse des inférences permet en effet de montrer notamment le rôle des connaissances et des attentes de l’évaluateur lors de sa lecture d’une copie. Ce travail devrait contribuer à renouveler les travaux sur la correction de copies relativement délaissés depuis les travaux pionniers des docimologues expérimentaux, alors que la dissertation reste une épreuve centrale notamment dans le système d’enseignement français.

11h 45 – 12h 30 : discussion

– De 14h à 17h – DISCOURS ET SEMIOTISATION DE L’ESPACE SOCIAL

Coordination : Béatrice TURPIN
Maître de Conférences en Sciences du langage. Chercheur au CRTF

L'activité discursive s'insère dans un espace qui contribue à son sens, espace d’interactions hétérogènes chargé d’histoire(s), qu’il nous faut penser selon une épistémologie de la complexité (E. Morin). Les communications proposées ont pour but de faire dialoguer différentes disciplines ayant trait au langage autour de cette question de l’espace social, qui peut être celui de la ville, de l’école ou de l’entreprise, un espace tissé de signes au sein duquel se manifestent préconstruits et médiations. .
Ce séminaire s’insère dans un projet du LaSCoD labellisé MSH sur « construction d'une mythologie urbaine: le jeune de banlieue. Étude d'un processus social de mise en altérité à travers une analyse des représentations et des discours ». Il sera prolongé par une journée d’étude prévue fin 2010.

14h – 15h : Jean-Paul BRONCKART, Professeur de psychologie et sciences de l’éducation, Université de Genève

« L'activité de langage dans l'espace des préconstruits praxéologiques et gnoséologiques »

Résumé : Dans le cadre du paradigme de l’interactionnisme socio-discursif (ci-après ISD), centré sur la problématique du rôle que jouent les activités langagières dans le développement psychologique humain, nous avons entrepris, depuis trois décennies, de conceptualiser les rapports d’interdépendance existant entre les textes et les diverses dimensions de leur “entour”.

En guise d’introduction, nous évoquerons les principes généraux de l’ISD, ainsi que quelques approches actuelles de l’entour discursif (celles de J.-M Adam et de F. Rastier en particulier). Nous présenterons alors la conceptualisation à laquelle nous avons abouti après divers “essais et erreurs”, et ce en trois temps.

Nous décrirons d’abord le “modèle” que nous avons stabilisé dès 1997. Celui-ci pose à un premier niveau l’existence de préconstruits praxéologiques et gnoséologiques issus de l’histoire sociale : dans l’ordre de la praxis, d’une part les activités collectives dans leurs rapports complexes au social et à l’infrastructure, d’autre part les genres de textes plus ou moins organisés dans l’architexte d’une communauté ; dans l’ordre du savoir, les trois types de « mondes formels » proposés par Habermas (1987). Ce modèle pose à un second niveau le contexte de l’action langagière, tel qu’il se construit chez une personne lors de la production/réception d’un texte empirique ; contexte comportant des composantes physiques et psycho-sociales.

En son état actuel, ce modèle doit encore intégrer les dimensions de langue, qu’il s’agisse de la langue interne des interactants ou de la langue externe (telle que pensée par la communauté), et nous examinerons, dans un deuxième temps, quelques pistes pour cette ré-articulation, en nous fondant sur une relecture des manuscrits de Saussure.

Enfin, en combinant l’approche du statut des textes comme « milieu intermédiaire » élaborée par Voloshinov, et notre propre approche des « types de discours », nous complèterons ce tableau en tentant de démontrer que les genres de texte, et surtout les types de discours, constituent des composants centraux de l’espace social et sémiologique dans lequel se déploient les vies humaines.

Références

Bronckart J.-P. et al. (1985). Le fonctionnement des discours. Un modèle psychologique et une méthode d'analyse, Paris, Delachaux et Niestlé, 175 pp. 2ème édition, 1994 ;

Bronckart J.-P. (1997). Activité langagière, textes et discours. Pour un interactionisme socio-discursif. Paris : Delachaux et Niestlé.

Bronckart J.-P. (2008). Genres de textes, types de discours et “degrés” de langue. Hommage à François Rastier. Texto ! [En ligne], Dialogues et débats, mis à jour le : 19/06/2008, URL : http://www.revue-texto.net/index.php?id=86.

15h – 16h : Bernard LAMIZET, Professeur en communication, IEP Lyon

« Sémiologie de l’espace social »

Résumé : Le symbolique institue l’espace social, en le fondant, sur des logiques de signification et de représentation, au lieu de ne le fonder que sur des actions, des comportements ou des logiques de causalité. L’espace social est, dans ces conditions, structuré par le langage et par les relations entre sujets qui fondent les institutions et les cultures. Il existe deux lieux de l’espace social. L’espace du miroir et l’espace politique. Il est essentiel de comprendre l’aménagement du domicile et de l’espace quotidien pour comprendre l’identité du sujet, de même qu’à l’inverse, c’est le sens de l’expérience du voyage, expérience d’un espace autre. Sur le plan politique des confrontations et des antagonismes constitutifs de la dimension collective de l’identité, la problématique du territoire et celle des espaces de pouvoir, mais aussi la problématique de la frontière ou celle de la politique de l’aménagement de l’espace, permettent de penser la signification de l’espace comme expression de l’identité des acteurs politiques. C’est aussi le sens de la dimension culturelle de l’espace, de la répartition spatiale des langues et de la diffusion dans l’espace des médias et des œuvres de la représentation et de l’information. La sémiologie des parcours permet de penser l’appropriation de l’espace par les acteurs, et, en particulier, elle permet de penser l’articulation de la pratique de l’espace à la temporalité singulière du sujet. La sémiologie des sites permet de penser l’expression de l’identité dans l’espace. L’inscription des représentations dans l’espace se fonde sur une distanciation esthétique. La dimension sociale et langagière de l’espace s’exprime, enfin, par l’élaboration d’un savoir et d’une culture sur l’espace. La géographie est une science fondamentalement sémiologique et politique.

Bibliographie

Lamizet B. (2002). Le sens de la ville, Paris, L'Harmattan, 242 p., bibl., ind. (Coll. "Villes et entreprises")

Lamizet B. , M Roncayolo M. et P Sanson éds. (1997). Les langages de la ville, Marseille, Parenthèses.

16h – 17h : discussion générale

 

Catégories

Lieux

  • UFR de Lettres et Sciences humaines - Les Chênes II, salle 230 (Ananzie) - RER Cergy Préfecture
    Cergy, France

Dates

  • vendredi 12 mars 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • langage, discours, société, apprentissage

Contacts

  • Beatrice Turpin
    courriel : beatrice [dot] turpin [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Beatrice Turpin
    courriel : beatrice [dot] turpin [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Discours et sémiotisation de l'espace social », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 02 mars 2010, http://calenda.org/200433