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Les droites et l'économie en France au XXe siècle

Rights and the economy in France in the 20th century

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Publié le mercredi 10 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Si l’histoire des droites a connu ces dernières années un incontestable renouvellement marqué notamment par la production de nombreuses monographies d’acteurs, de mouvements, d’études régionales ainsi que de nouvelles synthèses, cette historiographie souffre cependant d’une forte carence : pour l’essentiel elle fait l’impasse ou quasiment sur un domaine essentiel, l’économie. Pour trouver à cet égard des informations et des pistes de recherches, il convient davantage de se tourner vers certains travaux issus d’une collaboration entre historiens du politique et historiens de l’économie, sur la relation entre État et économie, industrie et politique, sur les PME, les milieux patronaux, l’histoire monétaire et bancaire, sans pour autant négliger la dimension sulfureuse de l’objet autour de la question des scandales et autres « affaires », et de différentes mythologies politiques.

Annonce

Présentation du colloque organisé les 15, 16 et 17 mars prochains à l'université de Metz par Olivier Dard (Centre régional universitaire lorrain d'histoire) et Gilles Richard (Centre de recherches sur l'action politique en Europe).

Argumentaire

LES DROITES ET L’ÉCONOMIE EN FRANCE AU VINGTIÈME SIÈCLE

Si l’histoire des droites a connu ces dernières années un incontestable renouvellement marqué notamment par la production de nombreuses monographies d’acteurs, de mouvements, d’études régionales ainsi que de nouvelles synthèses, cette historiographie souffre cependant d’une forte carence : pour l’essentiel elle fait l’impasse ou quasiment sur un domaine essentiel, l’économie. Pour trouver à cet égard des informations et des pistes de recherches, il convient davantage de se tourner vers certains travaux issus d’une collaboration entre historiens du politique et historiens de l’économie, sur la relation entre État et économie, industrie et politique, sur les PME, les milieux patronaux, l’histoire monétaire et bancaire, sans pour autant négliger la dimension sulfureuse de l’objet autour de la question des scandales et autres « affaires », et de différentes mythologies politiques. 

Cinq entrées seront privilégiées.  

La première invite à s’interroger sur le point de savoir comment les droites appréhendent et pensent l’économie ce qui pose la question des doctrines et des idéologies à l’œuvre. Il s’agira non seulement de s’interroger sur la place revêtue par l’économie mais de revisiter les principaux courants à l’œuvre (libéralisme, corporatisme) en menant beaucoup moins une étude internaliste des principaux penseurs qu’en abordant de front la question du rôle et du poids des vulgarisateurs et des passeurs (en particulier des essayistes grand publics ou journalistes économiques), des réceptions et réappropriations, et  posant la question des transferts culturels et politiques à l’œuvre entre les droites françaises et l’étranger.  

La deuxième entrée portera sur les milieux avec lesquels se nouent des relations entre les droites françaises et l’économie. L’objectif de cette recherche est de les aborder dans leur diversité en étudiant aussi bien ceux qui peuvent être considérés comme a priori proches que ceux qui sont réputés hostiles mais dont justement l’hostilité est significative des analyses et regards qu’ils portent sur les droites quant à leurs relations à l’économie. On se propose donc d’aborder les hauts fonctionnaires (en particulier le milieu des financiers publics), les syndicats patronaux, les cadres, les syndicats agricoles et les syndicats ouvriers.  

Une troisième entrée concernera les forces politiques. Là encore, il importera d’aborder les droites dans leur diversité (des modérés aux nationalistes en passant par les gaullistes) afin de saisir ce qui les distingue voire les oppose, mais aussi de poser la question des porosités. Porosités au sein des droites elles-mêmes mais aussi de leurs périphéries. Le problème du radicalisme (René Mayer, Edgar Faure, etc.) et du « centrisme » ressurgit bien entendu ici. Lorsqu’à gauche, on parle de « la droite », quelle est la valeur opératoire d’une telle labellisation, bien évidemment péjorative ? Il sera donc instructif d’analyser comment les forces de gauche voient « la » droite sur le plan économique. Aux forces de gauche institutionnalisées, il faudra ajouter des mouvements beaucoup plus contemporains regroupés, commodément, sous l’étiquette « altermondialiste ».  

Une quatrième entrée renvoie aux expériences gouvernementales entreprises sous la conduite des droites ou auxquelles certaines de leurs composantes ou figures sont associées (les trois Républiques, mais aussi l’État français, qui ne peut être exclu de l’analyse quelles que soient les difficultés posées ; idem pour le GPRF). Il s’agira de réfléchir ici à ce qui peut être défini comme une politique de droite, cela en tenant compte à la fois des déterminants du clivage droite gauche dans la vie politique française au XXe siècle,  de la complexité à articuler « modernisation » et « archaïsme » (la modernisation peut se faire sous l’égide des droites) et de la relation particulière des droites françaises avec le libéralisme (qui rend instructive mais délicate une comparaison avec l’étranger, notamment le monde anglo-saxon pour peu qu’on ne tombe pas dans une homologie simplificatrice).  

Une dernière étape invitera à s’interroger sur les représentations véhiculées sur les droites et l’économie. Il s’agira bien sûr de donner leur place aux mythologies connues (les « 200 familles ») et à la presse satirique, de gauche comme d’ultra droite (du Canard Enchaîné à Minute). Pourront être aussi abordés des domaines comme la chanson, la littérature ou le cinéma.

Programme 

LUNDI 15 MARS : DOCTRINES ET IDEOLOGIES (14h – 18 h) 

  • François Denord (CNRS) : Les droites et le libéralisme économique durant les années 80  
  • Régis Boulat (université de Grenoble) : Les think tank patronaux, lieux d’élaboration et de diffusion d’une pensée patronale  
  • Romain Huret (université de Lyon) : Le consensus fiscal et sa remise en cause aux Etats-Unis (1940-1960)  
  • Philippe Chassaigne (université de Tours) : Les conservateurs britanniques et l’économie depuis 1945 
  • Olivier Dard (UPVM) : La Nouvelle Droite, le libéralisme et la décroissance  

MARDI 16 MARS : LES DROITES, LES ENTREPRISES ET LES PATRONS (9 h – 12 h 30) 

  • Sylvie Guillaume (Université de Bordeaux 3) : L’instrumentalisation des PME par les droites en France de 1944 à nos jours
  • Cédric Perrin (université de Paris-Ouest / IDHE) : Les droites et l’artisanat de l’entre-deux-guerres aux années 70  
  • Fabrice Grenard (IEP de Paris) : Les droites et les milieux du  petit commerce du Front populaire au milieu des années 1950 
  • Danièle Fraboulet (université de Paris XIII) : L’UIMM et les droites  
  • Florent Le Bot (CNRS / IDHE) : Les droites au miroir du patronat. Le CJP/CJD, la réforme de l’organisation patronale et le libéralisme économiques (années 1960-années 1970)  

MARDI 16 MARS : FORCES POLITIQUES ET SOCIALES (14h – 18 h) 

  • Christine Bouneau (université de Bordeaux 3) : La SFIO, les droites et l’économie durant l’entre-deux-guerres 
  • Sylvain Schirmann (IEP de Strasbourg) : Les Cahiers Reconstruction et les droites  
  • David Bensoussan (lycée Chateaubriand, Rennes) : Les droites et le syndicalisme paysan au vingtième siècle  
  • Bernard Lachaise (université de Bordeaux) : Le RPR et l’économie (1976-1981) 

MERCREDI 17 MARS : MILIEUX ET EXPERIENCES GOUVERNEMENTALES (9 h- 12 h 30) 

  • Alain Chatriot (CNRS CRH-AHMOC) : Les politiques agricoles sont-elles de droite ou de gauche ? 
  • Michel Margairaz (université de Paris I) : Les droites et les politiques économiques et financières dans l’après 68 (les années 70)  
  • Laurence Badel (Université de Strasbourg -IHEE-, Institut universitaire de France) : Les hauts fonctionnaires giscardiens, les affaires économiques extérieures et le libéralisme  
  • Gilles Richard (IEP de Rennes) : le barrisme  
  • Olivier Feiertag (université de Rouen) : Les droites en France face à l’unification monétaire européenne : le tournant de la mondialisation (1978-1993)  

MERCREDI 17 MARS : REPRESENTATIONS (14 h 17h) : 

  • Jean Garrigues (université d’Orléans) : Les 200 familles  
  • Mathias Bernard (université de Clermont-Ferrand) : Les représentations du patronat et de l’entreprise dans la chanson française de l’après 68 »

Lieux

  • Salle Ferrari - Présidence de l'Université Paul Verlaine
    Metz, France

Dates

  • lundi 15 mars 2010
  • mardi 16 mars 2010
  • mercredi 17 mars 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • droites, économie

Contacts

  • Christelle Creusat
    courriel : creusat [at] univ-metz [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Christelle Creusat
    courriel : creusat [at] univ-metz [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les droites et l'économie en France au XXe siècle », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 10 mars 2010, http://calenda.org/200488