AccueilLes Églises « africaines » en Europe. Le travail des imaginaires

Les Églises « africaines » en Europe. Le travail des imaginaires

"African Churches" in Europe. Mediating Imaginations

Colloque international à l’Université libre de Bruxelles

International Conference at the Université libre de Bruxelles

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Publié le vendredi 12 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Des Églises « africaines » sont présentes en Europe depuis quelques décennies à présent, mais leurs développements ont pris une nouvelle dimension avec l’intensification des migrations africaines vers l’Europe dans les années 1980 et 1990. Selon les perspectives, ces Églises peuvent aujourd’hui être considérées comme une contribution africaine globalisée et particulièrement dynamique à l’édification des christianismes contemporains, ou comme les niches de particularismes et de communautarismes ethno-religieux pas nécessairement compatibles avec les espaces publics européens. Ce qui est indéniable toutefois, c’est que les Églises « africaines » sont aujourd’hui au cœur de transformations à la fois des imaginaires de l’Europe dans les mondes africains, et des imaginaires de l’Afrique en Europe.

Annonce

Les Eglises ‘africaines’ en Europe
Le travail des imaginaires

Colloque international à l’Université libre de Bruxelles

Bruxelles, 8-10 décembre 2010

Des Eglises ‘africaines’ sont présentes en Europe depuis quelques décennies à présent, mais leurs développements ont pris une nouvelle dimension avec l’intensification des migrations africaines vers l’Europe dans les années 1980 et 1990. Au-delà de leur diversité et de leurs divergences doctrinales et institutionnelles, ces Eglises ont aujourd’hui en commun d’être portées par des populations africaines qui restent trop souvent marginalisées sur le plan social, politique et juridique. Simultanément toutefois, ces Eglises entrent aujourd’hui explicitement en concurrence avec les Eglises missionnaires historiques, et attirent une proportion importante des Africains installés en Europe.

Selon les perspectives, ces Eglises peuvent aujourd’hui être considérées comme une contribution africaine globalisée et particulièrement dynamique à l’édification des christianismes contemporains, ou comme les niches de particularismes et de communautarismes ethno-religieux pas nécessairement compatibles avec les espaces publics européens. Ce qui est indéniable toutefois, c’est que les Eglises ‘africaines’ sont aujourd’hui au cœur de transformations à la fois des imaginaires de l’Europe dans les mondes africains, et des imaginaires de l’Afrique en Europe. En effet, elles constituent simultanément de nouvelles figures de l’Afrique installées au cœur des villes européennes et de leurs banlieues, qui questionnent les déconnexions européennes contemporaines du politique et du religieux, tout en étant aussi des lieux de réinterprétations significatives des valeurs et des pratiques sécularistes européennes. En tant que sites clés dans la refonte à la fois des représentations européennes de l’Afrique, et des paradigmes africains de l’Europe, ces Eglises jouent aujourd’hui un rôle d’intermédiaire crucial dans les relations entre les deux continents.

En prenant comme point de départ et comme fil conducteur cette position d’intermédiaire qu’occupent aujourd’hui les Eglises ‘africaines’, le colloque s’organisera autour de quatre axes de recherche :

[a] Identités en débat: L’entremêlement d’identités religieuses, raciales et ethno-nationales dans les assemblées africaines d’Europe a déjà généré une série de débats académiques dans la dernière décennie. Quelles formes de (dé)connexion entre affiliations religieuses et ethno-nationales se donnent aujourd’hui à voir dans les Eglises africaines d’Europe ? Quels rôles les identités religieuses jouent-elles dans les vies des chrétiens africains en Europe ? Quelle place faut-il faire à ces identités religieuses dans l’appréhension sociologique ou anthropologique des populations d’origine africaine en Europe ?

[b] Réseaux et circulation des acteurs religieux: Les Eglises africaines s’inscrivent souvent en Europe dans différentes formes de réseaux transnationaux où les identités ethno-nationales s’enchevêtrent avec les affiliations religieuses. Quelles sont les logiques de circulationdes élites ecclésiales en Europe ? Comme les relations entre pasteurs, et entre Eglises, se (dé)font-elles ? Quelles formes d’organisation transnationale se donnent-elles à voir dans les réseaux religieux, et selon quels principes les logiques de centralisation diffèrent-elles entre les Eglises ?

[c] Le rapport au politique et à l’espace public: Les Eglises africaines sont souvent considérées sous l’angle de l’abus et de l’incivilité. Cependant, les assemblées africaines se trouvent aussi régulièrement engagées dans des activités visant à une meilleure reconnaissance publique ou politique de leur existence, tout en se montrant par ailleurs capables de prendre leurs distances à l’égard d’autorités politiques européennes trop séculières à leurs yeux. Quelles sont les différentes dimensions du rapport à l’espace ou à la sphère publique dans ces Eglises ? Réciproquement, quels espaces sont-ils faits aux Eglises africaines dans les pays européens ?

[d] Questions de genre(s): Les rapports entre identités de genre et identités religieuses constituent un domaine de recherche important depuis des décennies en sciences sociales. Dans les Eglises africaines européennes, comment se posent les questions de la masculinité et de la féminité, et en quels termes ? Les rapports de genres sont-ils condamnés à reproduire dans ces Eglises les formes de « domination masculine » à l’œuvre dans les sociétés africaines de manière plus générale ? Quelles formes de pouvoir religieux féminin sont observables dans ces assemblées ?

A partir de ces différentes problématiques – questions d’identité, réseaux et circulations des acteurs religieux, relation au politique, et rapports de genre –, les contributions chercheront à problématiser la façon dont les mondes chrétiens africains d’Europe sont aujourd’hui situés au cœur de dynamiques de reconfiguration à la fois des imaginaires africains de l’Europe, mais aussi des imaginaires européens de l’Afrique.

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Le colloque sera subdivisé en quatre sessions thématiques d’une demi-journée, qui reprendront les axes de l’appel à contributions, et sans sessions parallèles. Les auteurs des propositions retenues seront invités à soumettre une version préliminaire de leur contribution avant le 1er novembre, en vue d’une pré-circulation des textes parmi l’ensemble des participants au colloque. Une sélection des papiers présentés sera publiée dans un volume collectif.

Le colloque est reconnu comme activité scientifique de l’Ecole doctorale thématique « Migrations et diversité culturelle » de la Communauté française de Belgique.

Les propositions de communications d’une page maximum, en français ou en anglais, sont à envoyer

avant le vendredi 30 avril

sous la forme d’un fichier attaché (word, open office ou pdf) à Maïté Maskens (mmaskens@ulb.ac.be) et Joël Noret (jnoret@ulb.ac.be).

Lieux

  • Université libre de Bruxelles
    Bruxelles, Belgique

Dates

  • vendredi 30 avril 2010

Mots-clés

  • Églises, Afrique, Europe, imaginaires, migrations, transnationalisation, identités, genre, espace public

Contacts

  • Joël Noret
    courriel : jnoret [at] ulb [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Joël Noret
    courriel : jnoret [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Les Églises « africaines » en Europe. Le travail des imaginaires », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 12 mars 2010, http://calenda.org/200524