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Industrie et monde rural en France de l'Antiquité au XXIe siècle

Industry and the rural world in France from Antiquity to the 21st century

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Publié le mardi 16 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Depuis les temps protohistoriques, l’industrie a été une composante importante des espaces ruraux. Elle s’y est développée car elle y trouvait les ressources nécessaires à ses activités mais également parce que l’exploitation de ces ressources a elle-même nécessité la mise en place d’activités de type industriel. L’industrie a eu aussi des impacts très importants sur le monde rural, qu’il s’agisse des conséquences environnementales de ses activités ou des transformations économiques, techniques et sociales des campagnes. La notion d’industrie est ici retenue dans son acception la plus large. Le colloque entend s’inscrire dans une démarche pluridisciplinaire, réservant une large place à la géographie, l’archéologie, la sociologie, l’ethnologie. Il a pour objet la mise en lumière des interactions entre campagne et industrie, ce depuis les temps protohistoriques jusqu’à aujourd’hui.

Annonce

INDUSTRIE ET MONDE RURAL EN FRANCE DE L’ANTIQUITÉ AU XXIe SIÈCLE

Limoges (Faculté des Lettres et des Sciences humaines)

& Saint-Léonard-de-Noblat

30 septembre, 1 & 2 octobre 2010

Ce colloque est organisé par l’Université de Limoges (UMR 6042 GEOLAB / EA 4270 GERHICO-CERHILIM / Institut universitaire de France / EA 3815 GRESCO) et les associations Histoire & Sociétés rurales et Rencontre des Historiens du Limousin. 

Depuis les temps protohistoriques, l’industrie a été une composante importante des espaces ruraux. Elle s’y est développée car elle y trouvait les ressources nécessaires à ses activités (air, eau, bois, matériaux extraits du sol et du sous-sol, productions végétales et animales) mais également parce que l’exploitation de ces ressources a elle-même nécessité la mise en place d’activités de type industriel. L’industrie a eu aussi des impacts très importants sur le monde rural, qu’il s’agisse des conséquences environnementales de ses activités ou des transformations économiques, techniques et sociales des campagnes. La notion d’industrie est ici retenue dans son acception la plus large. On exclura l’artisanat en tant qu’activité individuelle regroupant les différentes étapes de la production pour retenir tous les types de production en quantité de biens faisant appel à une organisation particulière et à une spécialisation des tâches. La manufacture dispersée y a donc naturellement sa place. Les activités d’extraction (carrières et mines) pourront être l’objet de communications notamment lorsqu’elles génèrent d’importantes activités de traitement des productions en aval. Elles pourront également être étudiées dans leurs relations avec les industries qu’elles pourvoient en énergie et/ou matière première.

Le colloque entend s’inscrire dans une démarche pluridisciplinaire, réservant une large place à la géographie, l’archéologie, la sociologie, l’ethnologie. Il a pour objet la mise en lumière des interactions entre campagne et industrie, ce depuis les temps protohistoriques jusqu’à aujourd’hui. Certaines de des activités sont assez bien connues (forges, verrerie, textile, petite métallurgie). Beaucoup d’autres n’ont guère été étudiées. Le colloque, sans exclure les premières s’intéresse davantage aux secondes. Le cadre géographique est celui de la France.

Toutefois, des communications portant sur d’autres espaces pourront être retenues, si elles s’inscrivent dans les perspectives du colloque et offrent des points de comparaison  intéressants.

Plusieurs thématiques seront privilégiées :

Thématique 1 : Industrie & Ruralité

L’association de la notion d’industrie à celle de monde rural ne va pas sans susciter des questionnements. La ruralité est-elle compatible avec la présence de l’industrie ? En d’autres termes, l’activité industrielle génère-t-elle des espaces singuliers au sein des campagnes, des mondes exogènes, principalement tournés vers le monde urbain (qu’il s’agisse des techniques, des capitaux, des débouchés) ou est-elle une forme de développement endogène des campagnes à travers la valorisation des ressources d’un territoire et l’utilisation de la main d’oeuvre disponible ? Quelle est la part de l’initiative urbaine dans le développement des industries rurales ? Les campagnes ne sont-elles que des lieux de production, la ville contrôlant techniques, capitaux et circuits de commercialisation ? Existe-t-il des effets de seuil au niveau industriel qui feraient basculer le monde rural dans l’espace urbain ? Quel rôle joue l’industrie dans la naissance de la rurbanité ? Ici, une réflexion sur la notion même d’espace rural semble nécessaire.

Se pose aussi la question de la complémentarité ou de l’opposition entre l’activité agricole et l’activité industrielle. L’industrie fut-elle perçue comme une concurrente pour l’activité agricole ou, au contraire, un moyen de développer des campagnes ? Quelle place occupe l’industrie dans l’économie domaniale ? Peut-on appliquer le qualificatif d’industriel à certaines formes d’exploitations agricoles, notamment à partir du XIXe siècle, lorsque les méthodes, les techniques et les capitaux tirés de l’industrie ont été introduits dans l’agriculture ? L’industrie rurale est-elle un lien vers la ville, une ouverture du monde des campagnes vers une modernité extérieure ou a-t-elle freiné la modernisation des campagnes en maintenant des formes d’activité traditionnelle et en offrant à la petite paysannerie des revenus complémentaires ? Enfin, on pourra s’interroger sur les représentations de l’industrie rurale. L’ouvrier aux champs se perçoit-il comme un rural ? Le phénomène de la pluriactivité, si fréquent dans le cas des industries rurales, ne contribue-t-il pas à brouiller les repères ? Comment les ouvriers-paysans se définissent-ils ? Et comment sont-ils perçus ? Les sources de l’histoire sociale permettent-elles de saisir l’existence de ces ouvriers ? Il convient aussi de s’interroger sur les représentations que suscitent ces activités. Quels regards, quels discours les contemporains portaient-ils sur l’industrie à la campagne ? La considèrent-ils comme un fait industriel singulier ? Quelle importance lui donnent-ils ? Quelle lecture font-ils de ce phénomène pour le développement des campagnes et leur évolution tant économique que sociale et politique ?

Thématique 2 : Temps

L’ampleur de la période retenue invite à s’interroger sur les évolutions chronologiques de l’activité industrielle dans les campagnes françaises. Quelles périodisations peut-on proposer pour ces activités ? Quelles sont les données contextuelles favorables ou, au contraire, défavorables à l’industrie rurale ? Peut-on repérer des crises industrielles spécifiques au monde rural ? Quelles formes de reconversion peut-on observer dans le cadre des industries rurales ? Celles-ci se montrent-elles capables d’adaptations rapides ou se caractérisent-elles par des rigidités, des archaïsmes, des blocages face à l’innovation ? L’industrie à la campagne est-elle davantage sujette aux rythmes saisonniers, en raison de ses liens avec le cycle des travaux des champs et l’exploitation des richesses naturelles ? Différentes échelles peuvent être retenues pour ces analyses. L’étude d’un seul secteur d’activité peut s’avérer fort pertinent ici, voire même l’étude d’un site dans la longue durée. Il est également souhaitable que des enquêtes soient menées à l’échelle d’un territoire afin d’observer les évolutions d’un système économique global.

Thématique 3 : Hommes

La thématique 1 pose déjà la question des hommes dans la dimension des appartenances et des représentations sociales dans la perspective des relations qu’entretiennent les campagnes avec l’industrie. Il s’agit davantage ici d’étudier l’impact de l’activité industrielle sur les sociétés rurales. Qui sont les hommes – et les femmes – qui travaillent dans les industries rurales ? Quelle place occupent-ils dans les hiérarchies sociales ? Quelle place occupe l’activité industrielle dans le cycle de vie et la cellule familiale ? L’industrie favorise-t-elle la mobilité sociale et/ou géographique ? La présence d’ouvriers joue-t-elle un rôle dans l’évolution politique des campagnes ? Qui sont les propriétaires de ces activités industrielles ? Y a-t-il des formes spécifiques de capitalisme rural ? L’industrie renforce-t-elle le poids des notables ruraux ou estelle un élément de déstructuration des hiérarchies traditionnelles ? Le patronat rural présente-t-il des modes spécifiques de gestion de la main d’oeuvre ? Quel rôle joue dans les campagnes l’industriel « aux champs », figure classique du XIXe siècle avec le développement de la villégiature rurale au sein des élites urbaines. Est-il un simple résident ? Génère-t-il des transferts de capitaux de la ville à la campagne ? Devient-il lui-même un notable rural ?

Thématique 4 : Modernité & changement

Cette thématique englobe les différents types de nouveautés apportés par l’industrie dans les campagnes. Ici, on entend par modernité l’apparition et/ou le développement d’éléments exogènes de nature économique, technique ou culturelle entraînant des changements, sans qu’il y ait nécessairement ici une connotation positive, par opposition à un prétendu archaïsme des campagnes. On s’intéressera ici aux techniques introduites au sein des activités industrielles, à leur éventuelle diffusion hors du cercle étroit de l’industrie elle-même et à leur impact sur le monde rural. On s’intéressera aussi aux retombées économiques de l’activité industrielle : revenus complémentaires, débouchés pour les produits du sol, monétarisation accrue, fourniture de produits industriels pour l’activité agricole, désenclavement et équipement des campagnes. Enfin, on pourra envisager le rôle qu’a pu avoir l’industrie dans les transformations mentales des campagnes. Fut-elle un vecteur de techniques et de savoirs nouveaux ?

Thématique 5 : Traces

L’activité industrielle a marqué les paysages ruraux qu’il s’agisse des traces archéologiques résultant de l’exploitation des ressources naturelles (mines, excavations, remblais, résidus de combustion, etc.), des équipements nécessaires aux activités de production (voies de communication, aménagements hydrauliques), des moulins, des bâtiments industriels eux-mêmes, voire des réalisations annexes telles que logements ouvriers, châteaux de patrons, villas d’ingénieurs ou de contremaîtres, équipements collectifs... Il s’agit tout d’abord ici d’analyser ces marqueurs de l’activité industrielle dans leur dimension de documents historiques. En quoi nous renseignent-ils sur les activités économiques, sur les techniques mises en oeuvre, sur les éventuelles adaptations aux nouvelles technologies (passage de la force hydraulique à la vapeur et/ou à l’électricité par exemple) ? Mais il convient également de les étudier dans leur aspect patrimonial et environnemental. Quels usages aujourd’hui pour les friches industrielles à la campagne ? Quel rôle peut jouer le patrimoine industriel dans le développement touristique des campagnes ? Faut-il conserver ce patrimoine ? Quels enjeux économiques, sociaux, culturels, environnementaux et politiques représentent les anciens sites industriels dans le monde rural ?

Les propositions de communication devront parvenir avant le 15 avril 2010

sous la forme d’un titre et d’un résumé d’environ 2000 caractères à l’adresse électronique ci-dessous (en ficher attaché sous format word de préférence).

Comité scientifique

  • Philippe ALLEE (Université de Limoges, UMR 6042 GEOLAB)
  • Tiphaine BARTHELEMY DE SAIZIEU (Université de Limoges, EA 3815 GRESCO)
  • Dominique DANTHIEUX (RHL)
  • Philippe DEPREUX (Université de Limoges, EA 4270 GERHICO-CERHILIM, IUF)
  • Clotilde DRUELLE-KORN (Université de Limoges, EA 4270 GERHICO-CERHILIM)
  • Philippe GRANDCOING (RHL)
  • Corinne MARACHE (Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3, HSR)
  • Jean-Marc MORICEAU (Université de Caen, HSR)

Contact

bodinier.bernard@wanadoo.fr

Lieux

  • Université de Limoges - FLSH - 39 E rue Camille Guérin
    Limoges, France

Dates

  • jeudi 15 avril 2010

Mots-clés

  • industrie, ruralité, environnement, paysages

Contacts

  • Bernard Bodinier
    courriel : bodinier [dot] bernard [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Clotilde Druelle-Korn
    courriel : clotilde [dot] druelle-korn [at] unilim [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Industrie et monde rural en France de l'Antiquité au XXIe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 16 mars 2010, http://calenda.org/200556