AccueilQu’est-ce que les musées font à l’histoire des guerres ?

Qu’est-ce que les musées font à l’histoire des guerres ?

What do museums do to the history of wars?

Numéro thématique de la revue Culture et musée (parution 2011)

Theme issue of the Culture et Musée journal (publication 2011)

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Publié le mercredi 17 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Appel à contribution pour un numéro thématique de Culture et musée. Le musée d’histoire est devenu un lieu où s’élabore à la fois une nouvelle fabrique du musée et une nouvelle fabrique de l’histoire. L’histoire sensible des guerres, du colonialisme, des camps semble y trouver un lieu d’élection pour rencontrer des publics. Mais qu’arrive t-il à cette histoire quand elle est muséographiée ?

Annonce

Appel à proposition d’articles
pour un numéro thématique de la revue Culture et musée (parution 2011)

sous la direction de Sophie Wahnich
Chercheur HDR, Laios, IACC, CNRS-EHESS
sophiw@club-internet.fr
tel 0142550956

Thème : Qu’est ce que les musées font à l’histoire des guerres ?

Les musées d’histoire ont longtemps été considérés comme les parents pauvres des musées ne pouvant rivaliser du point de vue des collections avec les musées d’art. Ce temps est révolu et les investissements publics montrent que le musée d’histoire est devenu un lieu où s’élabore à la fois une nouvelle fabrique du musée et une nouvelle fabrique de l’histoire. Depuis des travaux pionniers (en particulier ceux de Dominique Poulot en France), les musées d’histoire sont devenus des champs d’étude jouant un rôle important au sein des museum studies en Europe et dans le monde.

L’histoire des guerres, du colonialisme, des camps trouve au musée un lieu d’élection renouvelé pour rencontrer des publics. Le musée contemporain d’histoire des guerres s’il sert encore à montrer des armes, des uniformes et la geste de soldats, est bien éloigné des classiques militaria. Les commanditaires lui demandent en fait d’accomplir la difficile transmission de questions qui restent sensibles pour des publics souvent scolaires mais pas seulement (Annette Becker 1998 ; Sophie Wahnich, 2003).

Il y a là un paradoxe, car le musée doit sur un espace et un temps restreints, opérer là où les questions traitées supposent un art de la nuance, de la complexité, du débat propre aux travaux des historiens d’histoire contemporaine. Qu’arrive t-il alors à cette histoire quand elle est muséographiée ? Quels déplacements subissent les processus ordinaires d’accréditation de l’historien ? Quels rôles jouent les collections entre illustration d’un point de vue, prétexte à l’enquête, ou énigme maintenue de l’objet silencieux ?

Quels rôles jouent les acteurs politiques locaux plus soucieux bien souvent de promouvoir des lieux de mémoires que des lieux d’histoire? Comment se rejoue le partage entre histoire et mémoire des guerres au musée ?

Les scénographes sont devenus des professionnels clés de l’espace muséal. Comment leurs objectifs se concilient t-ils avec ceux des historiens ? Comment fabriquer une histoire de musée qui puisse répondre des contraintes du visiteur disposant d’environ une heure et vingt minutes de visite, et de celle de l’historien qui travaille dans la complexité de débats irrésolus ?

En décrivant, en analysant les expositions des musées d’histoire des guerres, du colonialisme et des camps, les articles de ce numéro poseront à ces musées des questions épistémologiques sur l’histoire déplacée au musée et interrogeront les effets idéologiques produits par ces déplacements. Il s’agit en effet de penser les discours produits par les musées comme idéologiques en tant qu’ils produisent une nouvelle formation discursive spécifique pour l’histoire.

Il s’agira en effet d’appréhender les musées non seulement comme des projets institutionnels décidés dans le cadre de politiques publiques par des concepteurs, mais encore comme des objets empiriques qui permettraient de comprendre ce que « visiter un musée de guerre » veut dire. En conséquence, si cherchera à comprendre les ambitions des concepteurs fussent-elles d'ailleurs ou non réalisées, ce sont bien les réalisations qui retiendront l'attention. Les dimensions esthétiques et pédagogiques des musées seront ainsi particulièrement analysées. Il s' agit de savoir comment le musée se présente au public en termes de trajets, de scénographies, de choix d'objets, de savoir ainsi ce qu'il dit au public non seulement dans son discours explicite et verbalisé mais encore dans son discours proprement muséal qui s'apparente à celui de l'installation artistique.

Qu’est ce que cette formation discursive (le musée d’histoire) peut dire et ne peut pas dire ? Qu’est ce qu’elle montre et qu’est ce qu’elle cache ? Quand produit t-elle des arrangements avec l’histoire des historiens ? Qu’est-ce que l’histoire y perd mais aussi qu’y gagne-t-elle ? Quelles nouvelles règles déontologiques faut-il convoquer pour que cette muséification de l’histoire ne soit pas mystificatrice voire falsificatrice ?

En s’appuyant sur des exemples de musées précis en France ou en Europe, les textes répondront à ces questions ou du moins à certaines d’entre elles, de manière à montrer comment se joue et se rejoue dans chaque cas, l’arrangement entre des savoirs historiques et des pratiques muséales.

Merci d’adresser vos propositions d’articles de 3000 signes maximum à Sophie Wahnich

avant le 30 mars 2010, sophiw@club-internet.fr

Les articles sollicités après sélection des propositions par le comité de rédaction de la revue, seront d’une longueur de 35000 à 40 000 signes.

Date limite : 15 avril 2010.

Contact
Sophie Wahnich
sophiw@club-internet.fr
Laios
EHESS-CNRS
54 bld Raspail
75006 Paris

Dates

  • mardi 30 mars 2010

Mots-clés

  • guerre, résistance, fascisme, shoah, camp, épistémologie de l’histoire, idéologie, histoire, mémoire, politiques publiques

Contacts

  • sophie wahnich
    courriel : sophiw [at] club-internet [dot] fr

Source de l'information

  • sophie wahnich
    courriel : sophiw [at] club-internet [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Qu’est-ce que les musées font à l’histoire des guerres ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 17 mars 2010, http://calenda.org/200563