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Folksonomies et tagging

Des balbutiements du web 2.0 à nos jours, premiers bilans interdisciplinaires

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Publié le vendredi 19 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Sept ans après l'apparition du tagging et des folksonomies, emblème du web 2.0 à ses débuts, il reste à dresser un bilan des motifs et profits susceptibles d'expliquer l'émergence et le succès d'outils très tôt associés à la contestation du pouvoir supposé des autorités anciennes (incarnées, entre autre, par les bibliothécaires...). Et ce, au moment même où l'on voit apparaître de nouveaux acteurs en passe de réaliser une déstabilisation généralisée des arts du repérage. A travers ce premier séminaire, nous souhaitons amorcer un questionnement et un dialogue entre différentes communautés scientifiques pour créer des passerelles entre les approches : par delà la convergence des intérêts, existe-t-il des pistes communes d'exploration scientifique sur ces sujets ?

Annonce

L'activité d'étiquetage des contenus par les internautes est devenue partie prenante de l'écriture-lecture pendant la consultation de sites web. Les collections d'étiquettes - communément dénommées « tags » - réalisées par les internautes les associant à des ressources ou des situations dans l'objectif de les médiatiser ou de les thésauriser, ont été nommées « folksonomies ».

Les interprétations diverses du terme « folksonomies » laissent entrevoir les polémiques qui accompagnèrent le lancement de techniques visant à transformer les mots des usagers en des leviers organisationnels, désertant en cela les méthodes de classification des professionnels de l'information et de l'organisation des connaissances fondées sur des vocabulaires contrôlés. Son appropriation devint rapidement, dans la période qui suivit la crise dite de « la bulle Internet », l'enjeu, voire le prétexte, d'une contestations de formes d'autorités réelles ou supposées.

Ces nouvelle formes d'auto-organisation censées traduire l'adaptation des systèmes à la diversité des classements réalisables par les internautes ont stimulé l'intérêt de différentes communautés professionnelles et scientifiques.

Aussi bien les responsables de la pérennité des formes de classements bibliothéconomiques (des thésaurus aux classifications type Dewey) que les acteurs des ontologies documentaires, informatiques et philosophiques se sont intéressés à ces pseudo-rangements qui constituent un défi lancé aux spécialistes de l'organisation des structures innervant les savoirs, toujours tentés de réorganiser ce chaos, fût-ce silencieusement, en arrière-plan ou a posteriori.

Insérées jusque dans les Opac par les professionnels des bibliothèques et des centres de documentation, les folksonomies inventent de nouveaux chemins d'accès aux stocks de connaissances et améliorent l'exploration des catalogues. De nouveaux services de gestion de références (SRM) comme Zotero tentent ainsi d'asseoir la construction collective de bibliographies. De la recherche en histoire à l'IST, quels rapports les professionnels du monde académique, à partir du spectre des positions qu'ils occupent, entretiennent-ils à ces nouveaux outils et aux usages qu'ils autorisent désormais ?

La communauté informatique a constamment développé de nouveaux algorithmes de traitement et d'analyse des résultats du tagging collaboratif et cherché à capturer la sémantique des tags. Depuis la tag ontology de Newman, première du genre, aux modèles actuels, un véritable parcours interprétatif a vu le jour cherchant à saisir de manière toujours plus précise les linéaments de son objet, le tag, à mesure qu'elle le constituait et l'enrichissait - à la manière dont les modèles informatiques décrivent les artefacts numériques.

Au plan politique, au sens le plus large du terme, il reste à dresser un bilan des motifs et profits de la contestation du pouvoir supposé des autorités anciennes (incarnées par les bibliothécaires...) à l'heure où l'on voit émerger de nouveaux acteurs en passe de réaliser une déstabilisation généralisée des arts du repérage. Quelle place accorder, dans ces conditions, aux discours ayant accompagné les outils du Web 2.0 et, singulièrement, les folksonomies ? A l'heure où l'innovation perpétuelle chasse l'invention, il s'agit de se pencher à nouveau frais sur un contexte qui paraît déjà ancien.

Peut-on affirmer aujourd'hui d'un point de vue socio-cognitif que la recherche d'informations en est améliorée ? Existe-t-il un usage possible de ces systèmes sans complexifier la tâche des utilisateurs ou s'agit-il, au contraire, de prendre le contre-pied de l'injonction à faire toujours plus simple en amont quitte à perdre de vue tout traitement critique de l'information en aval. Avec, comme seul horizon, la nécessité, découlant d'un impératif caractérisant l'économie de l'attention, d'attirer un utilisateur réduit à une fonction de flux ?

Objectifs de la journée : à travers ce premier séminaire, nous souhaitons amorcer un questionnement et un dialogue entre différentes communautés scientifiques pour créer des passerelles entre les approches : par delà la convergence des intérêts, existe-t-il des pistes communes d'exploration scientifique ?

Programme

9h30 Introduction de la journée

9h45-10h15 Fabien Gandon (INRIA) : Web sémantique et folksonomies : état de l'art

10h30-11h Freddy Limpens (INRIA) : Approche collaborative et assistée à l'enrichissement des folksonomies: entre algorithmie et ergonomie.

11h15-11h45 Alexandre Monnin (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : La spécifité du tagging et sa dimension philosophique.

12h-12h30 Manuel Zacklad (Cnam) : Web socio-sémantique et recherche ouverte d'information : le SI entre participation et contrôle.

14h-14h30 Alexandre Gefen (Université de Bordeaux 3) : Fabula ou l'expérience d'une folksonomie collaborative.

14h45-15h15 Patrick Peccatte (Soft Experience) : Les Machine tags de Flickr et folksonomies catégorisées.

15h30-15h45 Dominique Besagni, Cécilia Fabri, Claire François (INIST), Evelyne Broudoux (UVSQ) : Étude comparative du partage de références scientifiques (CiteUlike, Bibsonomy, 2Collab, Connotea).

16h-16h30 Olivier Le Deuff (Université de Bretagne) : Folksonomies et hypomnemata numériques.

16h45 Conclusion de la journée

Lieux

  • CNAM : amphi Z Robert-Faure accès 1-1 (Escaliers devant l'entrée principale)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 26 mars 2010

Mots-clés

  • Tagging, Folksonomies, Métadonnées, Web, Internet, Ingénierie des connaissances, Sciences de l'information, Web 2.0, Social Web, Read-write Web, Collaboration, Inscriptions, Traces, Annotations

Contacts

  • Evelyne Broudoux
    courriel : evelyne [dot] broudoux [at] cnam [dot] fr
  • Alexandre Monnin
    courriel : alexandre [dot] monnin [at] iri [dot] centrepompidou [dot] fr

Source de l'information

  • Alexandre Monnin
    courriel : alexandre [dot] monnin [at] iri [dot] centrepompidou [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Folksonomies et tagging », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 19 mars 2010, http://calenda.org/200578