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Les nouvelles formes de solidarité dans un monde en mutation

New forms of solidarity in a changing world

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Publié le mardi 23 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Le département de sociologie de la faculté des lettres et des sciences humaines de Sfax organise les 18, 19 et 20 novembre 2010 son quatrième colloque international qui aura pour thème les nouvelles formes de solidarité dans un monde en mutation. Ce colloque se propose de traiter des changements des formes de solidarité dans les sociétés contemporaines, mais surtout de mettre la lumière sur les expériences locales ou globales de mouvements solidaires qui s'élargissent de plus en plus, ainsi que sur la façon d'approcher de tels phénomènes dans les sciences sociohumaines.

Annonce

Université de Sfax
Faculté des lettres et des Sciences Humaines de Sfax
Département de Sociologie

18-19 et 20 novembre 2010 

"Les nouvelles formes de solidarité dans un monde en mutation" 

- " Aujourd’hui, aucun indice ne permet de voir la sortie du tunnel, ni à l’Ouest, ni à l’Est, ni au Sud " Samir Amin. 

« Solidarité »  est l’un des concepts les plus mis en œuvre ces dernières décennies. S’il trouve sa première formulation ancrée dans le domine du droit et de la législation renvoyant à la solidarité de tout un chacun avec sa communauté en ce qui relève de sa responsabilité, sa mise en œuvre opérationnelle dans les études sociologiques ou autres recherches en sciences sociales et humaines ne s’en est pas moins enrichie en polysémie pour dépasser largement ses contextes initiaux.  

Nombreuses sont en effet les études sociologiques qui mettent le doigt sur le rôle de la solidarité sous ses différentes formes et manifestations au sein des sociétés traditionnelles, d’autres ont pu construire une typologie classificatrice de ses formes évoluant au sein des différentes sociétés tant traditionnelles que  modernes. Les chercheurs ont ainsi pu appréhender les types d’entraide sociale et les formes solidaires et leurs métamorphoses dans les grandes sociétés autant que parmi les groupes restreints d’appartenance et leurs réseaux communicationnels. Ce fut aussi de même pour les institutions et les mouvements qui ont pris naissance interpellant adhérents et supporters. La recherche sociale a pu y voir des  axes de réflexion et d’analyse qui se sont transformés en véritables thèmes de recherches ayant su assoir leur indépendance. On y compte les études sur les mouvements sociaux, ou les réseaux d’entraide et de communication liant individus et groupes sociaux.    

 Le contexte du choix des « nouvelles formes de solidarité » comme thème pour le quatrième colloque international du département de sociologie de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sfax (Tunisie) est celui des grands changements et transformations qui ont touché le monde à partir des années quatre-vingt. Les recherches en ont pu signaler des manifestations  saillantes parmi lesquelles on peut citer la victoire du néolibéralisme  faisant prévaloir, dans le domaine économique essentiellement, ses thèses libérales corrélatives de la domination qu’il exerce depuis  sur les différentes formes d’organisation de la vie commune individuelle et collective d’une part, et du rétrécissement du champ d’action du "welfare state" et des institutions indépendantes gérant la , de l’autre.  Les alternatives qui ont pris naissance se sont distinguées par l’apparition et la mise en exercice de formules d’organisation, de gestion et de gouvernance bien spécifiées. Les chercheurs en sciences sociales et humaines  y ont constaté des signes poussant à croire que la mondialisation néolibérale serait moins le fruit d’un plan savamment préétabli qu’une conséquence qui aurait découlé d’une planification économico-politique visant la création d’un maximum de circonstances favorisant le gain le plus élevé et la prédominance la plus réussite contre les tenants de positions économiques et politiques adverses. De ce point de vue, elle ne serait qu’un effet pervers et non voulu de la démarche poursuivie et l’objet d’influences non recherchées qui ont interagit.  

Ces bouleversements de nature structurale ont été corrélatifs de l’apparition de nouveaux mouvements sociaux scandant des slogans guidant vers des formules de solidarité qui paraissent distinguées de celles à quoi les sociétés étaient habituées. Le concept de solidarité s’y voit amené à se décharger de ses anciennes significations bienfaisantes et caritatives l’aidant à gagner en opérationnalité sur la base de présupposés théoriques non usuels et dans de nouveaux domaines.   

Dans ce processus, les sociologues, d’une part, jouaient donc un rôle essentiel dans la mise en œuvre opérationnelle du concept hors de son champ paradigmatique juridique qui prenait  l’individu pour axe du rapport solidaire, tandis que, de l’autre, ces nouveaux mouvements parvenaient à formuler de nouvelles plateformes pour la mise en exercice du concept faisant usage de variables parfois harmonieuses et parfois contradictoires.  

Les nouveaux mouvements sociaux, d’envergure internationale, se sont formés pour contrecarrer la mondialisation qui prédominait « par le haut » en lui opposant  « une mondialisation par le bas » cherchant à s’ouvrir de nouveaux horizons pour le traitement des problèmes de la pauvreté, de l’oppression, de la guerre, de la destruction de l’environnement et de l’échange inégal. Sur le plan de la pratique sociale, ces mouvements ont pu regrouper un réseau dans lequel se sont enchevêtrés des groupes, organisations et individus à obédiences politiques et idéologiques différentes et à appartenances sociales, culturelles ethniques et raciales diverses. Les actions menées ont été  marquées par la mise en exergue de la nécessité de la solidarité et le rejet de toute forme de discrimination et d’inégalité entre les ethnies, les nations, les peuples, les pays, les classes, les genres, et pour l’arrêt de toutes les guerres et agressions. Le leadership de ces mouvements est diversifié allant chercher appui dans des terreaux sociaux aux orientations et buts diversifiés et aux revendications multiples. Cela n’a pas empêché que  leur action ait pour axe l’instauration de nouvelles bases pour les transactions sur les différents niveaux se fixant comme objectif la protection des catégories sociales les plus fragilisées et les plus démunies contre les effets négatifs corrélatifs de la mondialisation. 

Tout ce qui a précédé  paraît légitimer un appel à revisiter les lieux pour un réexamen  actualisant des plateformes paradigmatiques et des systèmes théoriques pris pour présupposés pour les analyses classiques des sociétés. Cet appel touche tout aussi bien les hypothèses de travail que l’appréhension des changements survenus.  

Les circonstances et les faits saillants qui ont aidé à donner corps au contexte dans lequel nous plaçons cet appel interpellent une formulation problématique qui les engloberaient tous : Les nouvelles formes de solidarité seraient elles une simple subversion contre la mondialisation ou une tentative d’en instaurer des alternatives ?   

Trois axes de réflexions peuvent être mis en examen : 

Seront scrutés surtout les systèmes philosophico-idéologiques qui servent de soubassement à la théorisation de la solidarité comme action sociale. 

Les concepts corrélatifs et ayant une certaine parenté sémantique  y trouveront aussi leur part d’examen explicatif et/ou critique. 

  • Sont-ils vraiment nouveaux ? 
  • Est-il légitime d’y voir des mouvements de solidarité? 
  • Où vont-ils chercher leurs origines politiques, idéologiques et morales ? 
  • Pourrait-on en avoir des antécédents dans le lègue des peuples et des groupes sociaux à patrimoine subversif et contestataire ?
  • En quoi les sciences sociales peuvent elles aider à mettre en lumière ces affiliations ?

Troisième axe : dans lequel on s’intéressera aux études de cas : mettant en exergue expériences, trames, bases empiriques, buts visés, stratégies…et ce  sur les niveaux :

  • Economique : les formes de solidarité économique tels l’économie solidaire, les banques des pauvres, les banques de solidarité, les échanges de dons, les revenus citoyens, les associations d’entraide et de développement local
  • Social : les expériences des banques de temps, les comités de quartier, l’accompagnement des catégories à besoins spécifiques,…
  • Culturel : les aspects culturels de la solidarité, le dialogue des religions, des cultures, l’acculturation, l’échange culturel et scientifique, la gestion des ressources culturelles…

Les propositions sont à envoyer au comité d’organisation qui les fera lire par des spécialistes et des experts. Seules les propositions retenues seront invitées à participer au colloque

Le texte final de l’intervention devra être inédit.

Les langues des propositions et des interventions peuvent être l’arabe le français et l’anglais. Tout participant sera appelé à donner un résumé de son intervention dans les deux langues autres que celle de son intervention, avec une longueur maximum de 200 mots. Les objectifs, la méthodologie et les mots clés doivent apparaître. Les résumés doivent inclure le nom complet, l’université et les coordonnées requises pour tous contacts ultérieurs.

Les résumés doivent être envoyés :

  • Par voie postale à : Guebsi Moncef (coordonnateur du colloque de sociologie) ; Faculté des lettres et des sciences humaines de Sfax, B.P.1168- Sfax-Tunisie 3000
  • Par courriel au: moncefsocio@gmail.com Ou moncef.gabsi@flshs.rnu.tn Ou aussi mounisai@yahoo.fr

Les supports audio-visuels aidant à l’exposé des interventions seront fournis sur demande préalable. Les participants désirant s’en aider le signaleront dans une note qui accompagnera leurs textes finaux.

Le temps imparti à chaque intervention sera de vingt minutes

Echéances :

Envoi des résumés avant le 23 mai 2010 

  • Réponses aux propositions présentées au plus tard le 27 juin 2010
  • L’envoi des interventions prêtes pour l’évaluation et la publication avant le 30 septembre 2010

La ville

Le colloque est organisé à Sfax, ancienne Taparura, deuxième ville et centre économique de Tunisie, c’est une ville portuaire de l'est du pays située à environ 270 kilomètres de Tunis. La ville est riche de ses industries et de son port, elle joue un rôle économique de premier plan avec l'exportation de l'huile d'olive et du poisson frais ou congelé. Elle est bordée à l'est par la mer Méditerranée et l'amorce du golfe de Gabès.

En plus de son site et ses côtes, la ville est aussi un pôle universitaire important. Pour les participants au colloque, ils peuvent y accéder soit par l’aéroport Tunis-Carthage, soit par l’aéroport Habib Bourguiba de Monastir (120 Km)

Comité d’organisation :

Professeurs : Guebsi Moncef (coordinateur)/ Rekik Fethi (chef de département)/ Barouni Ben Sedrine Fethia/ Arbi Béchir/ Saidani Mounir/ Mehouachi Moncef/ Abdmouleh Ridha/ Mighri Imed

Adresse postale :

Route de l’aéroport Km 4.5 – 3029- B.P.1168- Sfax 3000
Tél :00 216 74.670.558 –00216.74 670.557 –00 216.670.544 
Fax : 216.670.540

Lieux

  • Sfax (Tunisie)
    Sfax, Tunisie

Dates

  • dimanche 23 mai 2010

Mots-clés

  • solidarité, mondialisation, mouvements sociaux, changement social, économie solidaire et sociale, équité

Contacts

  • Moncef Guebsi
    courriel : moncefsocio [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Moncef Guebsi
    courriel : moncefsocio [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les nouvelles formes de solidarité dans un monde en mutation », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 mars 2010, http://calenda.org/200606