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À qui appartient le tourisme ?

Tourism belongs to whom?

Les savoirs du tourisme entre pratiques et instruments d’analyse

Exploring tourism in theory and practice

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Publié le lundi 29 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Nous entendons considérer le tourisme comme un véritable observatoire privilégié pour réfléchir sur le monde contemporain, sur des phénomènes complexes tels que la globalisation et la mobilité et, en même temps, sur les fondements des théories aptes à le saisir en soi et comme représentation (des transformations) du « social » et du « culturel ». Ainsi repensé comme ensemble de pratiques qui configurent des formes de savoirs sur l’homme, le tourisme engage indistinctement des disciplines diverses telles que l’anthropologie, la sociologie, la sémiotique, la géographie, l’histoire, etc. Si, naturellement, le tourisme appartient de droit au touriste et à ceux qui le pratiquent, le chercheur a le devoir de se questionner sur la signification que ces pratiques prennent et sur les instruments théoriques capables de traduire ces pratiques en connaissances explicites.

Annonce

A qui appartient le tourisme ? Les savoirs du tourisme entre pratiques et instruments d’analyse 

Colloque international

Université de Palerme, les 17 et 18 juin 2010 

Date limite d’envoi des propositions : le 30 avril 2010 

Dans ce colloque nous entendons considérer le tourisme comme un véritable observatoire privilégié pour réfléchir sur le monde contemporain, sur des phénomènes complexes tels que la globalisation et la mobilité et, en même temps, sur les fondements des théories aptes à le saisir en soi et comme représentation (des transformations) du ‘social’ et du ‘culturel’. Ainsi repensé comme ensemble de pratiques qui configurent des formes de savoirs sur l’Homme, le tourisme engage indistinctement des disciplines diverses telles que l’anthropologie, la sociologie, la sémiotique, la géographie, l’histoire, etc. Quels sont les points de vue appliqués par ces disciplines et quelles méthodologies peut-on mettre en œuvre afin de saisir le tourisme ? Étant donné que les seuls éléments statistiques ou économiques ne permettent pas de saisir l’ordre symbolique qui régit le phénomène du tourisme, on doit se demander quels instruments d’analyse sont à considérer comme les plus efficaces. Y-a-t-il des instruments d’analyse privilégiés par rapport à d’autres ? Le déplacement et le voyage peuvent-ils contribuer à renouveler les modèles d’investigation des sciences sociales ou bien ceux qui existent déjà sont-ils suffisants ? Le tourisme doit-il dépasser les compartimentations disciplinaires rigides ou la différenciation du savoir en disciplines différentes aide-t-elle à appliquer des optiques spécialisées ? Si, naturellement, le tourisme appartient de droit au touriste et à ceux qui le pratiquent, le chercheur a tout de même le devoir de se questionner sur la signification que ces pratiques prennent et sur les instruments théoriques capables de traduire ces pratiques en connaissances explicites. A titre d’exemple, nous proposons des axes de recherche généraux que nous entendons explorer avec les participants au colloque :  

I. Les concepts des sciences sociales et le tourisme

Cette section a pour fonction d’offrir un cadre épistémologique à l’intérieur duquel on pourra situer les concepts, les théories et les pratiques utiles pour repenser le monde contemporain et les notions de touriste et de voyageur. Parmi tant d’autres, le tourisme met en lumière l’opposition, souvent latente, entre ce qui serait de l’ordre de l’‘exotique’ (et de l’extraordinaire) et ce qui serait de l’ordre du ‘quotidien’ (et de l’ordinaire). Cette opposition est-elle – encore – pertinente aujourd’hui ? Est-il possible de faire une anthropologie non-exotisante, c’est-à-dire une anthropologie qui conjugue ensemble l’‘ordinaire’ et l’‘extraordinaire’ ? Qu’est-ce qu’on entend plus exactement par ordinaire et par extraordinaire ? Et quelles différences démarquent-elles le rayon d’action de l’anthropologie et de la sociologie dans le domaine du tourisme ? De quelle manière, par exemple, les instruments d’analyse de la socio-sémiotique découpent-ils le savoir des sciences sociales ? 

II. Les ethnographies du tourisme

Dans cette section, l’investigation portera sur les ethnographies du tourisme et on pourra focaliser l’attention sur des questions aussi centrales pour le monde contemporain que le voyage et sa textualisation, l’interaction interindividuelle et sa signification, l’interprétation et la codification des cultures, les (non-)lieux et l’identité, la construction de l’altérité et le natif, la globalisation et les processus de migration, etc. Une réflexion spécifique pourra concerner les rapports qui s’établissent entre l’expérience vécue par le touriste et la mise en forme discursive et narrative qu’il en peut faire. Les émotions ont souvent un rôle prépondérant dont on pourrait explorer la portée théorique en accord (ou en désaccord) avec les perspectives offertes par les sciences sociales d’aujourd’hui. 

III. Le touriste comme figure de la médiation et de la traduction

Une partie de la recherche concernera la figure du touriste comme médiateur de cultures et comme figure sociale ‘seuil’ : homme, natif de sa propre culture, étranger, migrant, théoricien, personne commune, voyageur, etc. On pourrait, par exemple, essayer de répondre aux questions suivantes : quelle forme de médiation s’instaure-t-elle entre le touriste et son Autre ? Quels types de textes visuels et écrits le situent dans l’action et dans la narration ? Quelles formes spatiales s’imposent-elles comme parcours obligés (ou libres) pour le tourisme ? On peut considérer cette section comme une réflexion plus spécifique sur le concept de médiation interindividuelle et intertextuelle à partir de la figure du touriste et de son activité de traducteur de cultures. 

IV. Les pratiques et les savoirs du touriste

Dans le passé, les chercheurs ont souvent mis l’accent sur le couple guests/hosts et sur le changement qui se produit comme effet de la rencontre touriste/natifs. Sans nécessairement négliger la valeur de ces concepts, on peut en outre focaliser l’attention sur le touriste en tant que ‘figure complexe de la compétence’, c’est-à-dire un individu qui possède des compétences avant son voyage, les met en acte pendant le voyage et, éventuellement, les transforme grâce à l’interaction avec les autres. Voici par exemple certaines questions que les participants pourraient se poser : que fait le touriste ? Comment se configurent ses compétences avant, pendant et après le voyage ? Quelles formes d’apprentissage particulières lui demande le voyage ? Quelle signification prend le temps libre et le divertissement pendant les vacances ? 

V. Les géographies du tourisme et de la culture

Le tourisme attire l’intérêt des chercheurs justement parce qu’il met au centre de l’attention la figure complexe du touriste et l’analyse des formes de savoir qui le caractérisent. Une question qui se pose de manière symétrique concerne les géographies du tourisme et des espaces qui lui sont corrélés. Dans cette perspective, on pourrait se demander : quelles valeurs véhiculent, potentiellement et en acte, les territoires ? De quelle manière se configure l’utilisation d’un site par le touriste ? Comment pourrait-on valoriser les espaces touristiques en accord avec ceux de la culture ? Quelles typologies d’espace se conforment mieux à l’utilisation touristique et aux formes différentes de tourisme ? De quelle manière et selon quelles formes le tourisme se révèle-t-il utile à la promotion du développement d’un territoire ? Par quels nouveaux canaux le tourisme est-il réinterprété au XXIe siècle ? 

Ce ne sont que quelques-uns des axes de recherche complémentaires que, pour des raisons d’exposition, nous proposons dans des sections distinctes. Les participants sont invités à laisser interagir librement les perspectives et les sections proposées avec les méthodologies et les instruments qu’ils considèrent comme les plus adéquates à leurs fins. Outre l’anthropologie (du présent, du tourisme, etc.), on invite les participants à utiliser les modèles d’analyse et les réflexions qui proviennent de la sociologie, de la linguistique, de la géographie, de la sémiotique textuelle et de la sémiotique de la culture.  

Organisation :

Dipartimento di Beni Culturali, Storico-Archeologici, Socio-Antropologici e Geografici

Université de Palerme

Viale delle Scienze, 90128, Palerme 

Envoi des propositions et autres renseignements :

Stefano Montes (montes.stefano@tiscalinet.it) 

Informations pratiques :

Date limite de soumission des propositions : 30 avril 2010.

Résumé de la proposition : 250-300 mots.

Langues de travail : italien, français et anglais.

Durée des communications : 30 minutes.

La participation au colloque est gratuite.

Les frais de voyage et de logement, ainsi que les repas sont à la charge des intervenants.

Les actes du colloque seront publiés. 

Lieux

  • Italie), Université de Palerme, Viale delle Scienze
    Palerme, Italie

Dates

  • vendredi 30 avril 2010

Mots-clés

  • tourisme, culture, texte, anthropologie, sémiotique, connaissance, ethnographie

Contacts

  • Stefano Montes
    courriel : stefano [dot] montes [at] unipa [dot] it

Source de l'information

  • Stefano Montes
    courriel : stefano [dot] montes [at] unipa [dot] it

Pour citer cette annonce

« À qui appartient le tourisme ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 29 mars 2010, http://calenda.org/200689