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Commerce et discontinuités

Retail and borders

Quand la frontière et la discontinuité structurent le commerce

When borders and boundaries build up retail business

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Publié le lundi 29 mars 2010 par Karim Hammou

Résumé

Le laboratoire Dynamique des réseaux et des territoires (EA 2468 DYRT) de l’université d’Artois accueille, avec le soutien de la CCI d’Arras, le colloque international de la commission Géographie du commerce du Comité national français de géographie. La thématique retenue pour cette édition est : « Commerce et discontinuités. Quand la frontière et la discontinuité structurent le commerce ». Cette manifestation scientifique a vocation à rassembler universitaires, doctorants, acteurs et praticiens de l’urbanisme commercial et acteurs du développement territorial.

Annonce

Argumentaire :

L’objectif principal de ce colloque consiste à mieux comprendre le rôle structurant de certaines limites spatiales, qualifiées alors de discontinuités (cf. *) , dans la mise en place, le fonctionnement et la pratique des espaces commerciaux. Ces discontinuités peuvent être politiques (on parle alors de frontière), administratives, culturelles, socio-identitaires, etc.

La discontinuité peut être présente à toutes les échelles de l’analyse du territoire : la nation, la région, l’intercommunalité, le quartier... Elle renvoie tantôt à des logiques de pouvoir, tantôt à des perceptions, tantôt à des pratiques de mobilité. Elle peut avoir un rôle de séparation brutale ou graduée entre des territoires aux logiques différenciées, mais peut tout aussi bien générer de réelles particularités du fonctionnement marchand des espaces de part et d’autre (régions frontalières ou toute autre forme d’interfaces). Sachant que les discontinuités sont des objets géographiques en perpétuelles évolutions (en terme de tracé, de perméabilité, de symbolique, etc.), les logiques marchandes associées vont s’en trouver affectées : facilité de communication renforcées entre pays de l’espace Schengen ou à l’inverse fermeture progressive de la frontière Etats-Unis / Mexique à l’échelle internationale, limites communales devenant des limites d’EPCI à l’échelle locale, etc. sont autant de facteurs qui peuvent modifier les modalités d’adaptation de la fonction commerciale.

Rapporté aux logiques de localisation et de fréquentation des commerces de détail, le rôle de la discontinuité est plus ou moins prononcé. Ainsi, certaines logiques économiques éprouvées (prenant en compte l’accessibilité et permettant notamment d’établir des aires de chalandise) se trouvent mises à mal par des effets de limites ou de barrières, au point de provoquer des comportements marchands de prime-abord illogiques (implantations doublons de part et d’autre d’une limite communale, localisation déportée en un lieu moins accessible, etc.). Par ailleurs, certaines formes commerciales sont spécifiquement liées à l’existence d’une discontinuité et ne sauraient exister sans elle : c’est le cas de certaines activités marchandes frontalières.

Ce colloque propose d’étudier les formes et pratiques marchandes spécifiques directement induites, générées, modifiées, amplifiées ou annihilées par la présence même d’une frontière ou d’une discontinuité.

Nous proposons d’étudier ces formes marchandes, non pas en fonction de leur seule localisation, mais en fonction de la nature de la discontinuité :

  • La discontinuité géopolitique : c’est la frontière d’Etat mais aussi la frontière entre régions dans les pays fédéraux
  • La discontinuité gestionnaire : c’est la discontinuité au rôle principalement institutionnel et administratif qui vise à une bonne gouvernance des territoires, aux échelles infranationales.
  • La discontinuité sociale et culturelle : c’est la discontinuité parfois invisible générée par les comportements individuels et collectifs, qui affecte les pratiques de mobilités des individus au quotidien et reflète la configuration de leur espace vécu.

Les propositions de communications devront dès lors s’inscrire dans un des trois axes suivants :

Axe 1 : Quand les discontinuités géopolitiques génèrent le commerce

Du fait principalement de différentiels économiques, fiscaux, juridiques, voire socio-culturels, les formes et les présences marchandes des espaces frontaliers peuvent être affectées par la frontière. Il convient d’étudier l’ensemble des formes prises par ces commerces, mais aussi les mobilités transfrontalières et les pratiques d’achat générées par le voisinage et la proximité d’offres commerciales différenciées. Nous ne devons pas oublier que certaines formes commerciales ont été pensées en fonction de ces espaces (aires de transit des points de connexions aux réseaux de transports internationaux, micro-états et commerce détaxés, etc.) ou en fonction des faiblesses de ces espaces (trafics et commerces informels). A l’inverse, il convient de voir quelles sont les conditions pour qu’une discontinuité géopolitique génère des modifications notables des paysages marchands adjacents, alors que certaines frontières semblent disparaître.

Quelques questionnements possibles :

Quelles formes marchandes spécifiques trouve-t-on dans les espaces frontaliers ? Quelles logiques d’acteurs territoriaux ou marchands se mettent en place ? En quoi les formes marchandes dans les espaces frontaliers sont-elles affectées par la nature de la frontière ? En quoi la « disparition » des frontières entre membres de l’espace Schengen a-t-elle affecté le commerce dans les espaces frontaliers ? Quelles formes prend le commerce de détail des espaces frontaliers de part et d’autre d’une frontière jugée sensible (discontinuités entre pays du Sud et pays du Nord par exemple) ?

Axe 2 : Quand les discontinuités gestionnaires génèrent le commerce

Les découpages gestionnaires des territoires institutionnels ont généré des choix d’implantation marchande souvent en contradiction avec les logiques économiques d’accessibilité. En France, CDEC et CNEC n’ont que partiellement régulé les implantations, alors que se juxtaposent encore des concentrations marchandes issues de logiques concurrentes de part et d’autre de limites administratives. La LME et la disparition de la taxe professionnelle vont vraisemblablement créer de nouvelles discontinuités rendant obsolètes les discontinuités préexistantes. Par ailleurs, d’autres compétences des intercommunalités peuvent directement agir sur le commerce en renforçant l’impact des discontinuités administratives : ainsi, les réseaux de transports urbains ne sortent pas du territoire des AOTU, tant bien même un espace commercial se situe au-delà. L’accès à certaines zones de commerces et services par les métriques pédestres (marche, transports en communs) devient dès lors périlleux, fastidieux voire impossible. L’étude de situations étrangères permettrait d’en apprendre davantage sur les choix possibles liés à la gestion de ce type de discontinuités.

Quelques questionnements possibles :

Quels sont les impacts de la discontinuité administrative dans les logiques d’implantations ? Quelles limites administratives sont amenées à être structurantes pour la fonction commerciale ? Les différentes législations d’implantation marchande peuvent-elles éviter cet écueil ? Les comportements d’achats du consommateur s’en trouvent-ils vraiment modifiés ? Comment les acteurs commerciaux s’adaptent-ils à ces évolutions ? En quoi les expériences étrangères permettent-elles de mieux appréhender la gestion des discontinuités administratives ?

Axe 3 : Quand les discontinuités sociales et culturelles génèrent le commerce

L’appropriation individuelle ou communautaire des espaces commerciaux s’affranchit de barrières physiques ou se heurte à des barrières invisibles qui mettent à mal les logiques de proximité. Le consommateur ciblé ne se reconnaît pas toujours, malgré des études d’impact souvent fines, dans l’offre marchande proposée, non parce que celle-ci serait inadaptée, mais parce que les logiques d’appropriation des espaces commerciaux sont mises à mal par des discontinuités socio-identitaires de prime-abord invisibles. Pratiques de mobilité, chaînage des déplacements et attractivité marchande s’en trouvent dès lors modifiés. A l’inverse, la recherche de dépaysement ou d’offre alternative peut inciter le consommateur à « s’aventurer » hors des territoires urbains auxquels on voudrait parfois l’identifier.

Quelques questionnements possibles :

En quoi les discontinuités socio-identitaires mettent à mal les logiques de proximité ou d’appropriation des espaces marchands ? La standardisation des centres commerciaux, par ses excès, contribue-t-elle au repli sur des micro-territoires communautaires, ce qui irait dans le sens d’un renouveau de formes marchandes de proximité ? Quel avenir pour les espaces marchands qui ignorent les discontinuités socio-identitaires ? Dans quelle mesure le commerce prend-il en compte ces discontinuités socioculturelles ? Comment les intègre-t-il ? Y a-t-il des différences selon les formes de commerce ? Le commerce contribue-t-il à faire évoluer, en retour, ces discontinuités ?

Nota (*) : Pour singulariser la frontière par rapport à des notions voisines, J.-P. Renard (2002) suggère une gradation conceptuelle que nous faisons nôtre entre les notions de limite « qui circonscrit deux ensembles spatiaux dont on souligne les différences » sans nécessairement être structurante, la discontinuité qui suppose des structures d'organisation de l'espace, et enfin la frontière, séparation structurante qui exprime ou révèle l'exercice d'un pouvoir. » (http://www.espacestemps.net/document842.html).

Organisation :

Comité scientifique du colloque :

  • Yao Télesphore BROU (Professeur, Université d’Artois, Arras)
  • René-Paul DESSE (Professeur, Université de Bretagne Occidentale, Brest)
  • Arnaud GASNIER (Maître de conférences, Université du Maine, Le Mans)
  • Nicolas LEBRUN (Maître de conférences, Université d’Artois, Arras)
  • Nathalie LEMARCHAND (Professeure, Université Paris 8)
  • Sophie LESTRADE (Maître de conférences, Université Paris 12)
  • Marie-Carmen MACIAS (Chercheure, CEMCA, Mexico)
  • Bernadette MERENNE-SCHOUMAKER (Professeure, Université de Liège)
  • Jean-Pierre RENARD (Professeur, Université d’Artois, Arras)
  • Jean SOUMAGNE (Professeur, Université d’Angers)

Comité d’organisation :

  • Nathalie CABIRAN (Ingénieure de recherche, Université d’Artois, Arras)
  • Nicolas LEBRUN (Maître de conférences, Université d’Artois, Arras)
  • Sylvie LETNIOWSKA-SWIAT (Maître de conférences, Université d’Artois, Arras)

Coordination :

Nicolas LEBRUN (Maître de conférences, Université d’Artois, Arras)

Déroulé de la manifestation :

Date : 23 au 25 mars 2011

Sites : Université d’Artois (site d’Arras) et Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Artois (site d’Arras) + une demi-journée de sortie de terrain (équipements commerciaux de Calais Coquelles)

Modalités de soumission des propositions :

Format des propositions :

Les propositions doivent être adressées à Nicolas LEBRUN (par voie électronique à l’adresse nicolas.lebrun@univ-artois.fr au format .rtf, .doc ou .docx) qui en accusera réception.
Outre le nom, les coordonnées et l’institution du ou des auteurs, elles devront comporter un titre et un résumé de 2 000 signes environ ainsi que la référence de l’axe de réflexion pressenti. Le document portera votre nom sous la forme « initiale du prénom.nom » (exemple j.martin.doc)

Calendrier d’analyse des propositions :

Remise des propositions pour le 4 octobre 2010 au plus tard

Décision du comité scientifique : 4 novembre 2010

Lieux

  • Université d'Artois, site d'Arras et CCI de l'Artois, Site d'Arras
    Arras, France

Dates

  • lundi 04 octobre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • commerce de détail, discontinuité, frontière, urbanisme commercial, consommation, géographie du commerce

Contacts

  • Nicolas Lebrun
    courriel : nicolas [dot] lebrun [at] univ-artois [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Nicolas Lebrun
    courriel : nicolas [dot] lebrun [at] univ-artois [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Commerce et discontinuités », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 29 mars 2010, http://calenda.org/200693