AccueilConcurrences pour l'accès aux ressources rurales : avenir des petites paysanneries et souveraineté alimentaire

Concurrences pour l'accès aux ressources rurales : avenir des petites paysanneries et souveraineté alimentaire

Competition for access to rural resources: the future of small peasantries and nutritional sovereignty

Rencontres doctorales

Doctoral debates

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Publié le vendredi 09 avril 2010 par Karim Hammou

Résumé

La crise alimentaire qui a touché de nombreux pays dans le monde a eu « l’avantage » d’attirer les regards sur les questions qui touchent directement ou indirectement les sociétés et les espaces ruraux. Cette crise a eu aussi le « mérite » de mettre le doigt sur le lien direct – c’est du moins notre hypothèse – entre concurrences locales sur les ressources et souveraineté alimentaire « nationale ». La marginalisation de l’agriculture paysanne au profit de l’agrobusiness peut constituer un risque sur la souveraineté alimentaire. En effet, cette crise alimentaire est intervenue alors même que les espaces irrigués dans le monde atteignaient des records en surface et surtout en progressions annuelles.

Annonce

RENCONTRES DOCTORALES – Djerba – Sud-Est Tunisien

Organisateurs

Habib Ayeb et Frédéric Landy

Ecole doctorale : Milieux, Cultures et Sociétés du Passé et du Présent (Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense)

 La crise alimentaire qui a touché de nombreux pays dans le monde a eu « l’avantage » d’attirer les regards sur les questions qui touchent directement ou indirectement les sociétés et les espaces ruraux. Cette crise a eu aussi le « mérite » de mettre le doigt sur le lien direct – c’est du moins notre hypothèse - entre concurrences locales sur les ressources et souveraineté alimentaire « nationale ». La marginalisation de l’agriculture paysanne au profit de l’agrobusiness peut constituer un risque sur la souveraineté alimentaire. En effet, cette crise alimentaire est intervenue alors même que les espaces irrigués dans le monde atteignaient des records en surface et surtout en progressions annuelles. On compte aujourd’hui environ 290 millions d’hectares irrigués dans le monde, et l’agriculture irriguée ponctionne entre 70 et 80 % des eaux douces disponibles. Pour la seule Egypte, les cinquante dernières années ont vu la création d’environ 2 millions d’hectares de périmètres irrigués grâce à la construction du barrage d’Assouan. Ceci a permis à l’Egypte de produire des céréales vivrières, mais aussi de compter parmi les grands exportateurs agricoles (primeurs de fruits, légumes et fleurs). En 2008 la crise alimentaire s’y est soldée par la mort d’une quinzaine de personnes selon les autorités, et beaucoup plus selon des sources indépendantes.

Que s’est-il passé ? L’explication de ce paradoxe se cache derrière la politique de pays qui favorisent les exportations agricoles au détriment d’une souveraineté alimentaire qui permettrait de nourrir de façon autonome, notamment en céréales, la population. Sur le terrain, cette politique se traduit par l’exaspération de la concurrence pour les ressources entre les petites paysanneries, qui pratiquent d’abord une agriculture vivrière plus ou moins de subsistance, et les agro-investisseurs, préférant travailler prioritairement pour le marché international avec le soutien matériel du gouvernement à la recherche de devises étrangères.

Au-delà de la crise alimentaire de 2008 et de la fragilisation de la souveraineté alimentaire des pays du Sud et des « communautés » locales, cette compétition acharnée provoque une dégradation accélérée des ressources disponibles, notamment de la terre et de l’eau, et un appauvrissement rapide de la biodiversité. Plus grave encore, la concurrence inégale sur les ressources favorise fortement des dynamiques continues d’appauvrissement et d’exclusion des millions de familles de petits paysans dont les sources de revenu se voient brutalement réduites et dépourvues de toutes formes de sécurisation sur le moyen terme.

Nous proposons par ces rencontres doctorales une étude de terrain et des échanges, en Tunisie méridionale, sous l’angle de cette problématique. En quoi le cas tunisien peut-il être comparé avec l’Egypte ? D’autres exemples internationaux confirment-ils notre hypothèse ? Comment se manifeste localement la concurrence sur les ressources, dans la société paysanne et au delà ?

Au delà de ces questionnements, les ateliers débattront de questions plus méthodologiques, et en particulier :

  • dans quelle mesure une enquête au niveau local peut-elle apporter des informations ou valider une hypothèse portant sur le niveau international ?
  • dans quelle mesure la recherche en sciences sociales peut-elle et doit-elle intervenir dans le débat politique ?

Dans le cadre de l’Ecole doctorale Milieux, Cultures et Sociétés du Passé et du Présent de l’Université de Paris Ouest-Nanterre, Habib Ayeb (chercheur HDR) et Frédéric Landy (professeur de géographie) organisent des « rencontres doctorales » ouvertes aux doctorants inscrits en thèse à Nanterre ou dans toute autre institution universitaire du Nord et du Sud, et travaillant sur des problématiques et des questions liées à la concurrence sur les ressources et ses conséquences, à la fois sur l’avenir des petites paysanneries et sur la souveraineté alimentaire aux différentes échelles d’analyse.

1)      Etudiants  concernés :

Rencontres ouvertes aux doctorants en sciences sociales dont la recherche est directement liée à la thématique définie dans l’appel à participation (ci-dessus) et porte, de préférence, sur des terrains situés dans des pays du Sud :

  • accès et compétitions sur les ressources,
  • milieu rural ou périurbain,
  • petites et moyennes paysanneries et investisseurs agricoles ;
  • marchés alimentaires et accès à l'alimentation ;
  • agriculture, environnement et biodiversité ;
  • rôles de l'Etat et politiques agricoles et alimentaires ;
  • problématique de l’eau (disponibilité, gestion, politique, accès.... ).

Doctorants en début comme en toute fin de thèse sont les bienvenus.

2)      Universités concernées :

Universités françaises et européennes, tunisiennes et maghrébines, égyptiennes … Les candidatures provenant d’autres pays seront étudiées.

3)      Calendrier :

  • 20 Mars 2010 : Lancement de l’appel à participation
  • 1er mai 2010 : Date limite pour l’envoi des candidatures.

Le dossier inclura le projet de thèse, la situation actuelle du doctorant (financement ou pas, degré d’avancement dans la recherche prévue), les informations administratives (directeur de recherche, Université et école doctorale, nombre d’années d’inscription), plus un CV détaillé.

  • 1er juin 2010 : Résultat de la sélection des candidatures.
  • 15 juin 2010 : Confirmation des participations par les candidats retenus.
  • 13 – 19 ou 20 – 26 Septembre 2010 : Rencontres doctorales.

4)      Prise en charge et frais de participation :

Les participants seront partiellement pris en charge. Une participation personnelle ne dépassant pas 150 € par personne sera demandée aux participants. Le montant exact sera fixé ultérieurement en fonction du budget réuni.

5)      Organismes partenaires

  • l’ Université de Paris Ouest-Nanterre (Ecole doctorale Milieux, Cultures et Sociétés du Passé et du Présent, et laboratoire GECKO) ;
  • l’Institut de Recherches sur le Maghreb Contemporain (IRMC) ;
  • Social Research Center (SRC) – American University in Cairo (AUC)
  • l’Institut Universitaire de France

6)      Organismes Potentiellement Partenaires (A contacter)

  • L’INRAT (Institut National de Recherches Agronomique de Tunis)
  • L’Institut de l’Eau à Gabes
  • L’IRA (Institut des Régions Arides de Medenine)

7)      Contact

Pour toute information ainsi que pour les envois de candidatures, écrire à Valérie Le Toux : valerie.letoux@wanadoo.fr

Lieux

  • Djerba (Tunisie)
    Houmt Souk, Tunisie

Dates

  • samedi 01 mai 2010

Fichiers attachés

Contacts

  • Valérie Le Toux
    courriel : valerie [dot] letoux [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Hayet Naccache
    courriel : hayet [dot] naccache [at] irmcmaghreb [dot] org

Pour citer cette annonce

« Concurrences pour l'accès aux ressources rurales : avenir des petites paysanneries et souveraineté alimentaire », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 09 avril 2010, http://calenda.org/200802