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Publié le mercredi 14 avril 2010 par Karim Hammou

Résumé

La communauté des chercheurs est invitée à participer à un échange scientifique sur les relations qui se sont tissées entre les infrastructures, l’architecture, la ville et le territoire et continuent à travailler la théorie et la production de l’urbanisme contemporain. L’infraville suggère plus précisément de resserrer l’étude de ces relations autour des acceptions qui ont été ou pourront être données à l’association des deux termes infra/ville : infra pour ce qui est sous la ville, invisible ou enfoui, ou la sous-ville, la ville en sous-développement dans son rapport aux infrastructures – défaillantes, vieillies, source d'enrichissement des grandes entreprises des pays développés ; l’infraville pour désigner les infrastructures du tourisme, sous exploitées, temporaires, ou partagées ; l’infraville des données, des écrans et des mobilités qui déplace notre définition de la ville et l’oriente en sous-jeu ; l’infraville ou la ville comme une infrastructure généralisée.

Annonce

LIAT. LABORATOIRE INFRASTRUCTURE ARCHITECTURE TERRITOIRE

Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais
14 rue Bonaparte 75006 Paris
http://www.paris-malaquais.archi.fr/laboratoire-liat-84-1.html 

COLLOQUE INTERNATIONAL, 15 et 16 octobre 2010 

L’INFRAVILLE 

APPEL A COMMUNICATIONS

Date limite pour soumettre une proposition : 16 avril 2010 

La communauté des chercheurs est invitée à participer à un échange scientifique sur les relations qui se sont tissées entre les infrastructures, l’architecture, la ville et le territoire et continuent à travailler la théorie et la production de l’urbanisme contemporain. L’infraville suggère plus précisément de resserrer l’étude de ces relations autour des acceptions qui ont été ou pourront être données à l’association des deux termes infra/ville : infra pour ce qui est sous la ville, invisible ou enfoui, ou la sous-ville, la ville en sous-développement dans son rapport aux infrastructures – défaillantes, vieillies, source d'enrichissement des grandes entreprises des pays développés – ; l’infraville pour désigner les infrastructures du tourisme, sous exploitées, temporaires, ou partagées ; l’infraville des données, des écrans et des mobilités qui déplace notre définition de la ville et l’oriente en sous-jeu ; l’infraville ou la ville comme une infrastructure généralisée.

Ces questions s’inscrivent dans une évolution historique qu’il s’agit de retracer et de mettre en perspective afin de mieux saisir les enjeux auxquels devront répondre les infrastructures du futur. 

Le colloque international L’infraville, organisé par le laboratoire LIAT, propose quatre thèmes pour rendre compte des recherches abouties et en cours, débattre du rôle de la recherche dans la compréhension des infrastructures dans leur rapport à l’architecture et à la ville, et porter l’attention sur des thèmes parfois insuffisamment développés.

D'autres formulations aux questions esquissées ici sont attendues, elles auront toute leur place dans le colloque. 

  1. Futur et infrastructure
  2. L’infrastructure est-elle en crise ?
  3. Infrastructures urbaines et villes en sous-développement
  4. Les infrastructures du tourisme et des données.

Thème 1 : Futur et infrastructure 

La réapparition du futur des villes dans les années 90, après avoir été banni des discours sur l’urbain pendant deux décennies, a remis en évidence le lien entre futur et infrastructure, comme si le futur semblait ne pas pouvoir se penser en deçà d’une échelle infrastructurelle. Pourtant le futur, tel qu’il existait encore dans les années 60, a changé : il est passé d’un projet positif à une « stratégie » d’action, un projet communicable et commercialisable. Quelle place joue dès lors l’infrastructure dans ce futur qui répond autant à une éthique mondialisée qu’à un jeu de simulation enivrant ?

Il s’agira ici de questionner, dans une visée critique dépassant l’étude de cas, cette double présence de l’infrastructure dans les projets, discours, et recherches sur le futur de l’urbanisme et de l’architecture. Tantôt l’infrastructure y fait profil « bas », elle répond à un futur très concret, celui des grandes questions de l’heure : eau, sécurité, santé, catastrophes naturelles, respect de l’environnement, etc. ; tantôt, et à l’opposé, l’infrastructure apparaît, de nouveau, comme une présence marquante, une organisation visible de la complexité de l’organisme urbain. On perçoit un nouvel essor et intérêt pour les « grands » équipements du territoire (aéroports, gares, universités, stades, bibliothèques, etc..), que les villes de ce début du XXI° siècle auraient la nécessité d’afficher dans leur projet du futur, face à la compétitivité mondiale qu’elles se livrent. Quelles comparaisons établir entre ces programmes et projets et ceux qui furent emblématiques de la visibilité des villes du XIX° et XX° siècles, façons pour la société industrielle d’exprimer alors sa croyance dans un futur, certain ?  

Thème 2 : L’infrastructure est-elle en crise ? 

Les infrastructures de la ville contemporaine sont pour une bonne part héritées d’une époque moderne marquée par le sceau du progrès, du long terme, de la conquête territoriale et de la croissance économique et industrielle. A l’heure où les cycles de renouvellement urbain s’accélèrent, où l’entièreté du territoire a été colonisée, où la décroissance s’installe et les aéroports se voient progressivement transformés en villes commerciales et les usines en « artfactories », on peut se demander si la figure de l’infrastructure n’est pas à l’aube d’une profonde redéfinition et réinvention pour répondre à la volatilité des contextes urbains qui évoluent constamment.

Comment les infrastructures héritées de l’ère industrielle parviennent-elles à se métamorphoser après avoir été conçues pour être permanentes ? Comment sont-elles recyclées, augmentées ou diminuées, actualisées et domestiquées pour se plier davantage aux logiques urbaines existantes, aux contextes environnants ?

Comment également, à l’heure de la stabilisation des frontières physiques, voire même de leur dissolution, les infrastructures de communication et de transport nées avec l’invention des frontières linéaires, changent-elles de rôle ? Contribuent-elles à effacer les frontières qu’elles ont travaillé à établir ? Ou contribuent-elles plutôt à redéfinir ces frontières, ou à en créer de nouvelles qui ne seraient plus strictement physiques ou nationales, mais d’un autre ordre, comme entre la frontière globale entre nord et sud, entre ghettos riches et ghettos pauvres, entre territoires connectés et déconnectés ?  

Thème 3. Infrastructures urbaines et villes en sous-développement 

Si les infrastructures conditionnent pour une bonne part le développement social, économique et urbain, leur présence, leur entretien et leur renouvellement sont très inégaux selon les régions du monde et l'état des nations. Pourtant l'alimentation en eau, en électricité, les réseaux d'égouts, les moyens de transport des personnes et des biens sont des conditions fondamentales à la vie urbaine, à la santé, à la disponibilité pour le travail, au développement culturel, technique et économique, au droit à vivre dignement. Leur conception est le plus souvent directement importée, sans souci des conditions et des moyens locaux, sans égard pour les formes de ville et de sociabilité qu'elles emportent avec elles.

Plusieurs questions peuvent dès lors être évoquées :

  • qu'en est-il des infrastructures réalisées sous l’empire colonial, qui sont parfois les seules encore en place ? Quel est leur état, comment gèrent-elles les nouvelles conditions de la vie urbaine, la surpopulation, l'extension du territoire urbanisé, le développement des transports mécaniques ? Quelles significations leur sont attachées ?
  • que sait-on de la relation entre modèles d'infrastructures et situations locales ? Les réseaux de distribution de l'eau, de l'électricité, des transports ... engendrent-ils, dans le contexte du sous-développement et des conditions géographiques particulières, des formes urbaines déterminées ? 
  • quels sont les modèles d'infrastructures alternatifs à l'héritage et à la domination que l'on peut observer aujourd'hui ? Quelles leçons en tirer ?
  • dans des contextes où l'appropriation des techniques d'usage est encore peu répandue, comment utilise-t-on, détourne-t-on, annihile-t-on les réseaux et ouvrages ?

Thème 4 : Les infrastructures touristiques

Les relations entre pratique touristique et conception des infrastructures n’ont pas encore été pleinement explorées alors que le tourisme, dès son origine et de manière plus forte encore avec l’avènement du tourisme de masse, a généré la réalisation d’infrastructures, parfois inédites et en nombre – chemins de fer, funiculaires, routes, autoroutes, aérodromes, aéroports, ports, marinas ... Ces infrastructures sont déterminantes pour comprendre, concevoir, transformer les espaces du tourisme. Elles conditionnent même souvent leur existence.

Certaines de ces infrastructures sont partagées : utilisées par les touristes, elles assurent aussi le fonctionnement des villes et des territoires. Les stations touristiques doivent entretenir toute l’année des infrastructures utilisées pendant une période de temps limitée quand parfois les besoins spécifiques de leurs habitants ne sont pas satisfaits. Comment la fonction touristique d’un territoire est-elle intégrée dans la conception des infrastructures?

Observe-t-on une évolution des infrastructures en relation avec l’expansion géographique du tourisme, son intensification, ses nouvelles pratiques (“tourisme médical” par exemple avec la demande d’équipements médicaux, ou leur multiplication) ?

Parfois très discrètes, comme les autocollants qui permettent de se repérer dans une visite téléchargée sur iphone, ces infrastructures organisent les flux et les occupations permanentes ou temporaires. Les infrastructures numériques transforment- elles l’impact du tourisme sur l’environnement construit? Modifient-elles la perception de l’infraville ? 

Les langues du colloque sont le français et l’anglais, sans traduction. 

Il est attendu des communications originales en vue de la publication des actes.

Voir pour les colloques et séminaires de recherche organisés par le LIAT, les publications aux éditons L’Harmattan et Picard :

Infrastructures, Villes et Territoires, 2000 ; Mobilité et esthétique. Deux dimensions des infrastructures territoriales, 2001 ; Echelles et dimensions, 2003, Le Temps des infrastructures, 2007 ; La métropole des infrastructures, 2009 ; Imaginaires d’infrastructure, 2009.

http://www.paris-malaquais.archi.fr/laboratoire-liat-84-1.html

Direction scientifique :

Dominique Rouillard, Professeur ENSAPM, directrice du LIAT 

Conseil scientifique :

  • Finn Geipel, architecte agence LIN, directeur du Laboratory for Integrative Architecture LIA à la Technische Universität, Berlin.
  • André Guillerme, professeur d’histoire des techniques au Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam).
  • Hashim Sarkis, professeur en urbanisme et paysage, titulaire de la chaire Design et paysage, Université d’Harvard (USA)
  • Laurent Stalder, professeur en histoire et théorie de l’architecture, ETH Zurich.
  • Georges Teyssot, professeur à l’Ecole d’Architecture, Faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels, Université Laval, Québec, QC (Canada).

Comité d’organisation :

Gilles Delalex, Maître-assistant ENSAPM, Virginie Lefebvre, Maître-assistant ENSAPM, Claude Prelorenzo, Maître de conférence ENPC, Dominique Rouillard.  

Coordination :

Entrée libre, dans la limite des places disponibles 

MODALITES PRATIQUES 

CALENDRIER :

Date limite pour soumettre une proposition : 16 avril 2010.

  • Réponse sur les propositions sélectionnées : 31 mai 2010
  • Envoi de la communication rédigée : avant le 10 septembre 2010.

LIEU :

Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais

14 rue Bonaparte 75006 Paris

Salles à préciser. 

Pour toute information contacter Camille Mellin : camille.mellin@paris-malaquais.archi.fr

ou consulter notre site internet : http://www.paris-malaquais.archi.fr/index.php?module=rub&rub=actualite&id_news=236&l=1

Catégories

Lieux

  • Ecole Nationale Supérieure d'Architecture Paris-Malaquais 14, rue Bonaparte
    Paris, France

Dates

  • vendredi 16 avril 2010

Contacts

  • Camille MELLIN
    courriel : camille [dot] mellin [at] paris-malaquais [dot] archi [dot] fr

Source de l'information

  • Camille MELLIN
    courriel : camille [dot] mellin [at] paris-malaquais [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Infraville », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 14 avril 2010, http://calenda.org/200839