AccueilDe la mémoire aux mémoires des villes moyennes : perceptions, enjeux et politiques publiques, Europe et France méridionale

De la mémoire aux mémoires des villes moyennes : perceptions, enjeux et politiques publiques, Europe et France méridionale

From Memory to the Memories of Towns: Perceptions, Issues, and Public Policy in Europe and Southern France

*  *  *

Publié le jeudi 15 avril 2010 par Karim Hammou

Résumé

La ville moyenne, « l’objet réel non identifié » de Roger Brunet, ou la ville intermédiaire telle qu’elle tend à être appelée désormais est un objet d’étude singulier qui mérite une attention particulière. Ce colloque international s’inscrit dans un contexte de patrimonialisation à l’œuvre dans de nombreuses villes qui portent une attention renouvelée à leur histoire particulière, au carrefour d’enjeux mémoriels, sociaux, économiques et politiques.

Annonce

La mémoire, ou plutôt les mémoires des villes moyennes (hors métropoles européennes) sont un élément structurant d’une identité locale qui se complexifie dans une époque marquée par des phénomènes de glocalisation, alors que  la décentralisation semble réactiver les logiques locales. Devant un futur indéterminé, et dans un présent instable aux modifications rapides, les sociétés et les politiques semblent se saisir avec passion des repères du passé. Il convient donc de réexaminer les rapports entre mémoires et territoires autour du cas des villes moyennes afin de questionner les ressorts contemporains de leur production et de leur valorisation.

Dès les Lieux de Mémoires de Pierre Nora, les Sciences Humaines de façon générale se sont emparées de la mémoire comme objet d’étude. Les nombreux travaux issus de cette recherche renouvelée démontrent que, à l’échelle des villes comme des groupes qui les composent, le passé n’est pas univoquement clos et révolu. C’est à cette pratique sociale et politique de construction des liens entre passé (refabriqué, idéalisé…), présent (qui se vit) et un à venir (qui se prépare) que nous souhaitons nous intéresser ici, tant du point de vue de leur implication dans la construction des politiques publiques de la ville que de leurs résonnances sociales.

Néanmoins, ce questionnement contemporain n’est pas exclusif d’approches s’inscrivant dans des temporalités plus anciennes et qui permettraient de mieux cerner les « régimes d’historicité » des mémoires urbaines et de la conversion patrimoniale.

Trois grands axes structurent cette réflexion qui se veut collective et interdisciplinaire :

  • L’esprit des lieux : les mémoires comme élément structurant d’identités urbaines territorialisées, la place et le rôle des mémoires dans la patrimonialisation...
  • Mémoires et passés recomposés : jeux de mémoire, les paradoxes urbains ou la reconstruction de la mémoire, les mythes fondateurs réactivés, les mémoires oubliées…
  • Valorisation et politiques publiques : la production des images des villes, la place et le rôle de ces mémoires dans les politiques publiques patrimoniales et mémorielles, d’aménagement et de requalification….

 De la mémoire aux mémoires des villes moyenne : la question de la transition posée ici ne se résume donc pas à un simple postulat épistémologique. Elle recouvre des enjeux urbains, politiques, sociaux et culturels dont l’analyse doit se situer au carrefour des configurations territoriales et des temporalités sociales des villes moyennes. Pour ce faire, l’approche interdisciplinaire retenue croise les analyses des chercheurs de différentes disciplines, historiens, géographes, anthropologues, urbanistes ou architectes.

S’emparer de l’objet de façon interdisciplinaire devrait permettre de rendre compte de la multiplicité des trajectoires et des processus mémoriels urbains. De fait, ces approches mettent aussi en évidence les temporalités urbaines, entre transformations sociopolitiques et reconfigurations spatiales. En effet, ces mémoires s’ancrent et marquent le territoire urbain à travers diverses formes de matérialité. Du monument remarquable au « lieu de mémoire », ces espaces concrets indissociables des formes de mémorisation, constituent la ville autant qu’ils participent à une certaine représentation qu’elle a et/ou qu’elle donne d’elle-même.

Deux grandes entrées thématiques ont été retenues pour organiser les journées du colloque :

  1. La mémoire des villes : entre mythe des origines et fondations patrimoniales entretenues
    1. Mythes et fondations : mise en perspective historique
    2. Mythes et fondations (2) : (re)constructions contemporaines
    3. Un patrimoine assumé : images et représentations de la ville
  2. Les mémoires urbaines et l’esprit des lieux en questions
    1. Pour une géographie sensible de la mémoire et des sociabilités urbaines : des mémoires patrimoniales
    2. La mémoire culturelle entre patrimoines immatériels et  filiations intellectuelles, idéologiques

Ce colloque entend ainsi prendre en compte les relations, les tensions qui peuvent exister entre les mémoires multiples, les patrimonialisations en cours comme les politiques patrimoniale, urbanistique (aménagement, requalification…) qui depuis le XIXème siècle marquent les esprits, les pratiques et les imaginaires, au-delà de l’espace et des lieux. Ces  fondations ou refondations à l’œuvre peuvent prendre des formes de métissage culturel, qui, s’il peut être facteur de tensions, peut aussi être une ressource porteuse d’enjeux socio-économiques et politiques majeurs qui réconcilieraient enfin les villes et leurs mémoires.

Il s’agira alors d’interroger les liens comme les contextes, tous ces temps forts qui unissent mémoires, patrimoines et territoires urbains. L’analyse des rapports qui existent entre les mémoires des villes, des quartiers, des centres historiques… et  sociétés urbaines, autorisant la mise en perspective les jeux et enjeux des politiques publiques de valorisation ou de médiation patrimoniales et mémorielles, ainsi que les processus sociaux identifiables.

Programme

Mercredi 26 mai

Après-midi, 14h-18h

Ouverture officielle

Introduction et présentation du colloque : Christian Thibon (Historien, Université de Pau et des Pays de l’Adour) et Julie Boustingorry (Historienne/Urbaniste, Université de Pau et des Pays de l’Adour)

1          La mémoire des villes : entre mythe des origines et fondations patrimoniales entretenues 

1.1       Mythes et fondations : mise en perspective historique

Président de séance : Jean François Soulet (Historien, Université de Toulouse)

Modérateur : Véronique Duplan-Lamazou (Historienne, Université de Pau et des Pays de l’Adour)

14h-15h45 : approche comparative

  • Cécile Dufau (Historienne de l’Art/Archéologue, Université de Pau et des Pays de l’Adour) : « La monumentalisation de deux villes-frontières au Moyen Âge. Programmes constructifs de Sanguesa et Sos del Rey Católico (XIIe – XIVe) »
  • Xabier Alberdi Lonbide et Iosu Etxezarraga Ortuondo (Historiens, Universidad del País Vasco) : « El mito de origen en el proceso de fundación de las primeras villas del litoral guipuzcoano: justificación legal para la sanción de iniciativas locales (siglos XIIe-XIIIe) »
  • Thierry Issartel (Historien) : « Recherche historique, polémique érudite et identité urbaine : le cas singulier de la ville d'Orthez (XVIe-XIXe) »

16h-18h : autour de Pau

  • Jean-Pierre Barraqué (Historien, Université de Pau et des Pays de l’Adour) : « Pau, de village à capitale »
  • Christian Desplat (Historien, Professeur émérite de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour) : « Pau et le mythe henricien »
  • Frédéric Bidouze (Historien, Université de Pau et des Pays de l’Adour) : « Un Parlement « séant à Pau » : la construction d’une identité (XVIIe-XVIIIe s) »
  • Christian Thibon (Historien, Université de Pau et des Pays de l’Adour) : « Le mythe impossible : la ville pyrénéenne »

18h : présentation de l’exposition de l’architecte Pierre Marsan  

Jeudi 27 mai

Matinée, 9h-12h30

1.2       Mythes et fondations (2) : (re)constructions contemporaines

Président de séance : Jean-Pierre Barraqué (Historien, Université de Pau et des Pays de l’Adour)

Modérateur : Bruno Henri Vayssière (Historien urbaniste, Université de Chambéry)

  • Ioana Iosa (Architecte/Urbaniste, ENSA Paris-Val de Seine) : « Reconstructions mémorielles et patrimonialisation à l’Est de l’Europe : le cas du Centre civique de Bucarest »
  • Nassima Dris (Sociologue, Université de Rouen) : « « La réactivation mémorielle dans une opération de valorisation patrimoniale : le cas d’une ville moyenne en Ile-de-France »
  • Vincent Flauraud (Historien, Université de Clermont 2) : « Avignon : ville moyenne / mémoire de capitale »
  • Clémentine Thierry (Géographe, Université de Franche-Comté) : « Villes moyennes et fortifications : de l’héritage à la production du territoire urbain »
  • Bruno Henri Vayssière (Historien/urbaniste, Université de Chambéry) : « Les politiques d'équipements publics préfectoraux, enjeu idéal-typique de la "moyennitude" urbaine »

Après midi, 14h-18h

1.3       Un patrimoine assumé : images et représentations de la ville

Président de séance : Didier Guyvarc’h (Historien, Université de Rennes 2)

 Modérateur : Vincent Veschambre (Géographe, ENSA Lyon)

  • Jean-Claude Vigato (Historien, ENSA Nancy, Laboratoire d'histoire de l'architecture contemporaine) : « Nancy, ville classique, ville moderniste »
  • Véronique Biau (Urbaniste, ENSA Paris-Val de Seine) : « Les politiques architecturales « emblématiques » : aspirations High Tech et valorisation patrimoniale »
  • Magdalena Eggers (Architecte/Urbaniste, Université de Buenos Aires) : « Parque Chas: el paisaje que promueve identidad »
  • Anne Pedron (Historienne, St Cyr) : « La cité de la Muette à Drancy, du lieu du souvenir au patrimoine urbain (1959-2001) »
  • Denis Martouzet (Aménageur/Urbaniste, Ecole Polytechnique de l’Université de Tours) et Emilie Destaing (Aménageur/Urbaniste, Université de Tours, doctorante CITERES) : « Le regard de l’individu sur l’objet urbain : entre permanence et déjà-détruit, la place du patrimoine »
  • Patricia Heiniger-Casteret (Ethnologue, Université de Pau et des Pays de l’Adour) : « A Pau qu'ei e qu'ei a Pau »

Vendredi 28 mai

Matinée, 9h-12h30

2          Les mémoires urbaines et l’esprit des lieux en questions

2.1       Pour une géographie sensible de la mémoire et des sociabilités urbaines : des mémoires patrimoniales

Président de séance : Jean-Pierre Allinne (Historien du droit, Université de Pau et des Pays de l’Adour)

Modérateur : Denis Martouzet (Aménageur/Urbaniste, Ecole Polytechnique de l’Université de Tours)

  • Julie Roland (Historienne, Casa Velasquez/Université de Paris IV) : « La Casa Bloc : "récupérons" le patrimoine républicain à Barcelone »
  • Maurizio Cohen (Architecte, Ecole d’Architecture de Bruxelles, Liège et Milan) : « Mémoire des lieux, avenir des cultures : la politique architecturale de la Communauté française de Belgique »
  • 'Ada Acovitsioti-Hameau (Anthropologue, ASER du Centre-Var), Philippe Hameau (Anthropologue, Université de Nice), Marcel Morel (Historien, ASER du Centre-Var). : « Traces et tracés de l’identité brignolaise de 1900 à nos jours »
  • Dominique Dussol (Historien de l’Art, Université de Pau et des Pays de l’Adour) : « La mémoire des villes et l’éternel présent : le cas de Bordeaux »
  • Jean-Pierre Allinne (Historien du droit, Université de Pau et des Pays de l’Adour) et Jean-Loup Gazzurelli (Historien, Université de Pau et des Pays de l’Adour): «Une mémoire ouvrière impossible : Pau et son industrialisation »
  • Christian Bouché (Architecte, CAUE 64) : « Le Rouge et le Noir : ardoises et tuiles dans l’expression des identités mauléonaises »
  • Sabine Péré (Destination Patrimoine) : « Du patrimoine à la mémoire, quelle sensibilisation ? »

Après-midi, 14h-18h

2.2       La mémoire culturelle entre patrimoines immatériels et  filiations intellectuelles, idéologiques

Président de séance : Sylvaine Lorinet (Historienne, Université de Pau et des Pays de l’Adour)

Modérateur : Joël Candau (Anthropologue, Université de Nice-Sophia Antipolis)

  • Jean Yves Puyo (Géographe, Université de Pau et des Pays de l’Adour) : « Les premiers temps de la planification urbaine paloise : l'héritage méconnu des années 1920 à 1950 »
  • Chloé Rosati-Marzetti (Anthropologue, Université de Nice, doctorante LASMIC) : « Promotion de patrimoine et enjeux identitaires : l'exemple de la ville de Grasse »
  • Thierry Sauzeau (Historien, Université de Poitiers, chercheur au GERHICO (EA 4270) / IEAQ) : « Rochefort/Moncton, villes nouvelles des temps modernes : une identité entre mémoire et patrimoine »
  • Nathalie Torrejon (Architecte, Destination Patrimoine) : « Du patrimoine à la mémoire : quelle sensibilisation ? »
  • Grégory Robert (Historien de l’Art, Université de Haute Bretagne) : « La reconstruction des églises en Bretagne à la fin du XIXe siècle et la question de la continuité historique et patrimoniale »
  • Laurent Convert (Droit, Membre de l'Association des Amis du Vieux Salies, Paris II Panthéon-Assas) et Nelly Hissung-Convert (Historienne du droit) : « La conservation de la mémoire à Salies de Béarn : sa mémoire et les difficultés de récupération des fonds privés en déshérence »

Catégories

Lieux

  • Campus Universitaire, Amphithéâtre de la présidence (mercredi), Salle Chadefaud bâtiment IRSAM (jeudi et vendredi)
    Pau, France

Dates

  • mercredi 26 mai 2010
  • jeudi 27 mai 2010
  • vendredi 28 mai 2010

Mots-clés

  • mémoires, villes moyennes, patrimoine, politiques culturelles

Contacts

  • Julie Boustingorry
    courriel : julie [dot] boustingorry [at] etud [dot] univ-pau [dot] fr
  • Clémentine Isoard
    courriel : clementine [dot] isoard [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Julie Boustingorry
    courriel : julie [dot] boustingorry [at] etud [dot] univ-pau [dot] fr

Pour citer cette annonce

« De la mémoire aux mémoires des villes moyennes : perceptions, enjeux et politiques publiques, Europe et France méridionale », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 15 avril 2010, http://calenda.org/200846