AccueilLe conflit, vecteur d'identité nationale en Méditerranée

Le conflit, vecteur d'identité nationale en Méditerranée

Conflict, a Vector of National Identity in the Mediterranean

1945 à nos jours

1945 to the present day

*  *  *

Publié le vendredi 16 avril 2010 par Karim Hammou

Résumé

La Méditerranée, dans la seconde moitié du XXe siècle, offre plusieurs exemples d’identités nationales accouchées par la guerre et retravaillées par les États et la société civile. Ce rapport entre conflictualité et identité dans l'espace méditerranéen est au cœur de la journée d'études organisée par le Centre de recherches des écoles de Saint-Cyr Coetquidan en décembre 2010, qui privilégie une démarche pluridisciplinaire, en faisant appel à la sociologie de la mémoire, à l’analyse des politiques publiques, à l’histoire des pratiques mémorielles et identitaires.

Annonce

 (La Méditerranée, dans la seconde moitié du XXe siècle, offre plusieurs exemples d’identités nationales accouchées par la guerre. A la Toussaint 1954, en Algérie, le FLN appelle « tous les patriotes algériens » à « s’intégrer dans la lutte de libération » contre la domination française ; le conflit israélo-palestinien met aux prises, dans des affrontements meurtriers, l’Etat hébreu nouvellement constitué et un peuple qui revendique, sur la même terre, le droit à l’existence ; les années 1990 sont celles de la conflagration yougoslave : les crispations et les élans nationaux font éclater la Fédération yougoslave qui sombre dans un chaos de violences, d’où finissent par émerger de nouvelles entités étatiques ou pré-étatiques.

Dans le même théâtre méditerranéen, d’autres conflits ont également mobilisé des nations plus anciennement constituées et réveillé d’anciens antagonismes. On peut évoquer la guerre du canal qui voit s’affronter, en 1951, les Egyptiens et les forces britanniques qui stationnent encore sur la base de Fayed en bordure du canal de Suez ou la crise cypriote, en 1974, qui oppose la communauté turque de l’île, soutenue par le gouvernement d’Ankara, à la composante grecque de l’île.

Les conflits, dont l’espace méditerranéen est la scène à partir de 1945, relèvent donc de deux logiques : une logique de guerre civile, qui conduit à la fragmentation étatique, formalisée ou non et une logique de guerre « traditionnelle » entre deux Etats. Dépassant le cadre institutionnalisé de la conflictualité politique, que ce soit dans le domaine interne (élections et compétition politique) ou dans le domaine externe (diplomatie), ils font entrer les sociétés méditerranéennes dans un espace de violence dérégulée, touchant les populations civiles ou militaires et produisant une déstructuration sociale, qui met en danger une identité nationale existante ou en construction et conduit à formuler de nouvelles idéologies identitaires.

La guerre, qu’elle constitue la matrice de l’identité nationale ou qu’elle contribue à cimenter des nations, est toujours un moment capital dans le récit national. Il s’agit d’aborder le rapport entre conflictualité et identité nationale à travers le prisme de la mémoire : mémoire collective des sociétés civiles, qui se structure autour d’un certain nombre de représentations, d’institutions et d’actions ; mémoire politique promue par l’Etat, à travers un ensemble d’outils législatifs et de commémorations publiques. Il apparaît que les communautés entretiennent des rapports complexes avec leurs guerres qu’elles ont besoin de se réapproprier, de réécrire pour s’y mettre en scène ou s’y retrouver. Ces deux démarches mémorielles peuvent se rencontrer, s’ignorer, s’enrichir mutuellement pour dessiner les contours d’une identité nationale dont il convient de voir si elle fait ou non consensus dans l’espace public, ou si elle produit elle-même de la conflictualité au sein de la société.

La journée d'études adoptera donc une démarche pluridisciplinaire, en faisant appel à la sociologie de la mémoire, à l’analyse des politiques publiques, à l’histoire des pratiques mémorielles et identitaires. En comparant les différents espaces méditerranéens, marqués à la fois par une opposition entre rive Nord et Sud et Méditerranée orientale et occidentale, la journée tentera de voir si la production ou le renforcement d’identités nationales à travers le conflit présentent des similitudes à l’échelle de cette mer intérieure et de discerner s’il existe des logiques similaires dans les stratégies d’identification nationale.

Des communications sont  attendues de la part de chercheurs de différentes disciplines de Sciences Humaines (histoire, sciences politiques, communication, anthropologie...). Elles pourront concerner l'espace méditerranéen dans sa globalité ou s'attacher à l'analyse d'un des conflits qui a marqué cet espace sur la période.

Les propositions de communication d'une page, ainsi qu'un court CV scientifique de l'auteur sont attendus

pour le 21 juin 2010

COMITE SCIENTIFIQUE

  • Samia El-Méchat, Professeur des Universités, Historienne, Université de Nice-Sofia-Antipolis
  • Stéphane Baudens, Maître de conférences en Histoire du droit
  • Anne-Claire de Gayffier-Bonneville, Maître de conférences en Histoire contemporaine
  • Anne Pédron-Moinard, Doctorante en Histoire contemporaine

Lieux

  • Ecoles de Saint-Cyr Coetquidan, CREC
    Guercif, Maroc

Dates

  • lundi 21 juin 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Méditerranée, conflit, représentations, identité

Contacts

  • Anne-Claire de Gayffier-Bonneville
    courriel : anne-claire [dot] bonneville [at] st-cyr [dot] terre-net [dot] defense [dot] gouv [dot] fr
  • Anne Pédron
    courriel : anne [dot] pedron [at] st-cyr [dot] terre-net [dot] defense [dot] gouv [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Anne Pédron
    courriel : anne [dot] pedron [at] st-cyr [dot] terre-net [dot] defense [dot] gouv [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le conflit, vecteur d'identité nationale en Méditerranée », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 16 avril 2010, http://calenda.org/200884