AccueilLes artistes face à l'institution muséale, fin des années 1960 - années 1970

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Publié le vendredi 16 avril 2010 par Marie Pellen

Résumé

La journée d’étude organisée par le laboratoire d’histoire de l’art contemporain INteractions, Transferts, RUptures (INTRU) de l’Université François Rabelais de Tours se propose de réunir des contributions traitant de la façon dont les artistes se confrontent à l’institution muséale à la fin des années 1960 et pendant les années 1970.

Annonce

« Il devient évident que limiter le discours de l’art à un seul des éléments de celui-ci […] c’est continuer l’art dans son habitude, les uns s’attaquant au problème du matériau, les autres à celui de la forme, les autres à celui de la couleur, les autres encore à celui de la figuration, etc., c’est encore et toujours considérer l’œuvre comme un champ clos préservé de toutes contingences. Ceux qui considèrent comme seule question importante l’œuvre elle-même, et ce qui s’y inscrit ou ce qui s’y cache, oubliant par exemple l’endroit où elle est montrée, se confinent dans les questions partielles qui toujours aboutissent à des solutions acceptables (soit l’histoire de l’art). »[1].

     Par ce réquisitoire, Daniel Buren participe au mouvement de la fin des années 1960 et des années 1970 qui entérine la fin de l’autonomie de l’œuvre moderniste. Désormais, l’œuvre ne peut plus se penser comme une entité globale déliée de tout rapport avec ce qui excède son support matériel, sans pouvoir pour autant se satisfaire d’un simple retour à la représentation du réel. De la même façon, l’histoire de l’art ne peut plus s’écrire hors de tout contexte social, économique ou politique. En effet, le musée, support privilégié de l’élaboration de ce discours historique, est lui-même devenu l’objet sur lequel se focalise la majeure partie des questionnements et des critiques des jeunes artistes. Longtemps considéré comme un sanctuaire supposé neutre pour l’œuvre d’art, son fonctionnement est analysé et remis en cause par certaines pratiques artistiques, ainsi que dans de nombreux textes. On pense d’emblée à Fonction du musée[2] de Daniel Buren et aux articles de Brian O’Doherty regroupés dans Inside the White Cube: The Ideology of the Gallery Space[3] qui constituent sans doute les jalons théoriques les plus importants. On pense aussi aux séries d’actions et performances du Guerrilla Art Action group de Jean Toche et Jon Hendricks ou aux manifestations de Carl Andre à New York tendant à mettre en valeur les rigidités d’un système dépassé. Ainsi, alors que certains artistes décident de quitter l’enceinte du musée, tel que le font majoritairement ceux qu’on identifie au Land art, d’autres tentent de créer leurs propres espaces d’exposition, espaces alternatifs, galeries co-ops ou ateliers collectifs. La floraison de ces nouveaux espaces atteste, à partir de la fin des années soixante, d’un désir croissant de la part des artistes de se réapproprier les modalités d’exposition et de diffusion de leurs œuvres, ainsi que le discours critique adjacent. Pour autant, si le musée s’inscrit dans un réseau plus large de lieux comprenant galeries, espaces alternatifs et territoires du dehors, il reste un cadre d’action majeur pour des artistes qui défient son hermétisme aux questions économiques, sociales et politiques qui traversent la société ; des événements comme ceux qui accompagnent l’exposition 72-72 en France, l’engagement des artistes contre la guerre du Vietnam, la création de l’Art Workers Coalition,  et les actions de l’Art Strike menées par Robert Morris aux Etats-Unis en témoignent notamment.

[1] Daniel Buren, « Limites critiques », dans Les écrits (1965-1990), T. 1, Bordeaux, Capc - Musée d’art contemporain, 1991, p. 189.

[2] Idem, p. 169-173.

[3] Brian O’Doherty, Inside the White Cube: The Ideology of the Gallery Space, Santa Monica, The Lapis Press, 1986.

Programme :

09h30 : Accueil des participants

09h45 - 10h15 : Introduction : "De la crise du musée à la critique institutionnelle : les circonstances de l'analyse de l'institution muséale au tournant des années 1960 - 1970" Frédéric Herbin (InTRu, Université François Rabelais)

10h15 - 10h45 : "Muséologie critique : du musée au texte, les 'emballages' de l'art selon Daniel Buren" Laurence Corbel (Centre de philosophie de l'art, Paris I - Panthéon Sorbonne)


11h - 11h30 : "Cadere ex-situ" Laurent Buffet (Centre de philosophie de l'art, Paris I - Panthéon Sorbonne)

Déjeuner

14h15 - 14h45 : "Du musée écrin au musée comme forme communautaire" Nathalie Simonnot (CERMA, Ecole nationale supérieure d'architecture de Nantes)

15h - 15h30 : "Les artistes Chicanos face au musée américain" Cristina Castellano (CRICC, Paris I - Panthéon Sorbonne)

15h45 - 16h15 : "Décembre 1969 - Mars 1970, Spaces : l'art de l'installation à l'épreuve du MoMA" Cristelle Terroni (Laboratoire Triangle, Université Lyon 2)

16h30 - 17h : Conclusion : "Territoires de lutte et pratiques hors-cadre : quelles limites à l'externalisation du musée ?" Pauline Chevalier (InTRu, Université François Rabelais)

Chaque intervention sera suivie d'une discussion.

Lieux

  • Université François Rabelais, 3 rue des Tanneurs, 5ème étage de la Bibliothèque universitaire
    Tours, France

Dates

  • vendredi 23 avril 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • musée, art, 1970, artiste

Contacts

  • Frédéric Herbin
    courriel : frederic [dot] herbin [at] univ-tours [dot] fr
  • Pauline Chevalier
    courriel : pauline [dot] chevalier [at] univ-fcomte [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Frédéric Herbin
    courriel : frederic [dot] herbin [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les artistes face à l'institution muséale, fin des années 1960 - années 1970 », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 16 avril 2010, http://calenda.org/200888