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Périurbanisation, créativité & durabilité

Urban Outer-Limits, Creativity and Sustainability

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Publié le mercredi 21 avril 2010 par Marie Pellen

Résumé

À partir d'une réflexion pluridisciplinaire menée sur la périurbanisation en Alsace et pilotée par l'Association de Prospective Rhénane, le colloque Périurbanisation, créativité et durabilité (Strasbourg, 22 novembre 2010) se propose de réfléchir au phénomène de la périurbanisation en général. Le colloque se propose de revisiter la relation centre-périphérie qui semble débordée par de nouveaux aspects systèmiques. Il s'intéresse aux formes spatiales en émergence et aux jeux d'acteurs qui les animent. Il prévoit deux sessions, dont l'une pour les jeunes chercheurs.

Annonce

Lundi 22 novembre 2010, MISHA Strasbourg

Appel à communications

En septembre 2009, l’Association de Prospective Rhénane (APR) a commencé une recherche prospective à propose de la périurbanisation en Alsace. Cette recherche s’inscrit dans le programme du PREDAT qui, en France, se répartit sur une douzaine de pôles régionaux (http://www.predat.net/). A son niveau, l’APR fait ainsi intervenir des spécialistes de toutes origines, universitaires ou praticiens, dans une série de stammtischs (conférence-débat) autour du cas de l’Alsace. Leurs comptes-rendus, ainsi qu’un état des lieux, sont disponibles en ligne (http://www.apr-strasbourg.org).

En ouvrant la réflexion à d’autres travaux, tous domaines confondus, le colloque Périurbanisation, créativité & durabilité permettra de prendre du recul par rapport aux éléments qui sont en train d’apparaître en interne, avec du reste une question sous-jacente : jusqu’à quel point l’espace alsacien est-il conforme aux dynamiques des autres régions françaises ? Peut-on envisager divers « modèles » régionaux de croissance périurbaine ?   

De nombreuses recherches et publications abordent la problématique de la périurbanisation. L’INSEE fournit une information statistique riche autant par le recul chronologique que par la diversité des indicateurs. Dans la littérature, le phénomène lui-même est encore évoqué sous forme de suburbanisation (un terme un peu désuet, renvoyant plutôt à la banlieue pavillonnaire britannique), rurbanisation (au-delà de la banlieue, l’imbrication du monde agricole et de populations de migrants vers les villes), déruralisation (après une impulsion urbaine initiale, les campagnes s’autonomisent dans leur croissance) ou encore paraurbanisation (para, à côté de ; péri, autour). Mais les définitions du terme « périurbanisation » montrent à elles seules l’inachèvement de la connaissance sur le sujet :
  • Le terme de « périurbain » est apparu semble-t-il dès les travaux du Ve Plan en 1966. Il entre dans l’édition de 1990 du dictionnaire de Pierre George sous la plume de Henri Nonn ; il s’agit alors d’un « espace rural situé en périphérie d’une ville et de sa banlieue et qui est l’objet de profondes transformations paysagères, fonctionnelles, démographiques, sociales, culturelles, voire politiques » (George, Verger 1990). Vingt ans plus tard, que peut-on dire à propos de ces transformations ? Quels sont les axes fondateurs pour la compréhension du phénomène périurbain ?
  • Pour le Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, le périurbain apparaît comme une sorte de ville appauvrie et distendue. Il s’agit d’un « géotype urbain situé à une certaine distance d’une agglomération, caractérisé par une discontinuité territoriale vis-à-vis de cette agglomération ainsi que par une densité et une diversité faibles » (Lévy, Lussault 2003).
  • Mais pour Beaucire et Saint-Gérand (2001), il n’est pas certain que cette « diversité » soit défaillante : « Le périurbain apparaît comme le produit territorial d’un système dans lequel la vitesse est un moyen alternatif à la densité, pour assurer le volume de rencontres de toutes sortes sur lesquelles repose au quotidien l’interaction sociale urbaine ». Le périurbain serait-il une ville aux fonctionnalités complètes mais aux métriques distendues?
En arrière-plan semble vouloir se poser la question du centre et de la périphérie. Le périurbain est-il seulement une périphérie dépendante des dynamiques du centre urbain ? Ou bien explique-t-il pour une part les dynamiques de la zone centrale ? Dans les deux cas, quelles sont les formes spatiales en construction dans le périurbain ? Avec la métropolisation, les fonctions supérieures se concentrent-elles en ville ou bien sont-elles redistribuées pour une part au moins dans le milieu périurbain, ce que Joël Mirloup (2002) dénomme la périmétropolisation ? C’est bien la créativité qui est interpellée : selon Howkins (2001), l’importance croissante de l’économie créative serait due à la conjonction et à l’interpénétration de deux facteurs, la mondialisation et la connectivité, qui bouleversent les modèles de production, les modes de consommation et de distribution, et invitent à réinterpréter en profondeur les liens entre culture et technologie. Sur cette base, à travers une réflexion prospective dans des espaces sous tensions multiples, la périurbanisation devrait raisonnablement aller vers le développement durable. Elle constitue l’une (des) réponse(s) à des besoins (ou aspirations) pouvant compromettre les besoins ou aspirations des générations à venir, et cela dans l'ensemble des champs du développement durable (l'éco-environnement, l'économique, le social, la cohérence territoriale, le patrimonial, les gouvernances multi-niveaux...). Ainsi, l’idée générale est celle d’une territorialisation sous tension avec d’innombrables connexions systémiques. Le but du colloque est d’essayer de progresser sur la compréhension de ces phénomènes, en prenant en compte les catégories de processus, les déclinaisons chronologiques et les modalités d'extension et de régulation.

Parmi les problématiques repérées et non-limitatives, on peut citer :

  • La gouvernance. Les maires gèrent les permis de construire et de manière générale, beaucoup de décisions sont prises au sein de petits territoires alors que les périmètres des intercommunalités et les SCOT sont souvent trop petits quand il s’agit de maîtriser l’espace. In fine, quelle peut être la communauté  de travail agissant dans le périurbain ?
  • La structuration économique. Quel est le rôle des petites villes et des bourgs centres dispersés dans le milieu périurbain ? Celui de l’économie résidentielle ? Quels sont les impacts de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) avec le retour en ville de nombreux services publics ?
  • La question sociale. Comment lutter contre la fracture socio-spatiale avec des lotissements socialement monochromes, à opposer au brassage des populations en ville ? Comment réfléchir à partir de la taille des familles et de l’importance relative de l’emploi féminin ? Assistons-nous à la fin du havre rassurant et protecteur de la « campagne » ? Les campagnes sont-elles fragilisées par la pauvreté grandissante des agriculteurs et des populations résidentes à faible pouvoir d’achat ?
  • La question environnementale et patrimoniale. Les risques « naturels » augmentent du fait de l’urbanisation de terres marginales (cf. les inondations ou les coulées de boue). Dans la nature comme dans les artefacts, que faut-il préserver ? Sanctuariser ? L’agriculture doit-elle rester productiviste dans le périurbain ? Faut-il lutter contre les pics de pollution ou éliminer le « bruit de fond » pourtant admis par les normes ?
  • mobilités. Jusqu’à quel point les transports en commun s’opposent-ils à l’étalement urbain ? Quid des mailles larges où les Transports en Commun en Site Propre (TCSP) ne pénètrent pas ? Faut-il les favoriser les TCSP et l’autopartage, ce qui permet de réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), mais ce qui favorise finalement l’étalement urbain ? Faut-il créer un opérateur ou en tout cas une billetterie unique pour les TCSP ?
  • Les couronnes. Jusqu’à quel point la représentation par cercles concentriques est-elle valide ? On irait vers une typologie des formes prises par le périurbain, ce qui pourrait constituer une aide à la décision pour les acteurs concernés.
  • Les frontières. Discontinuités institutionnelles, sociales, paysagères… Le cas échéant, les frontières nationales introduisent un facteur supplémentaire de territorialisation.
  • La question électorale. Les populations propriétaires les moins aisées résident de plus en plus loin des villes et tendent à produire de l’auto-enfermement.
Le colloque aura lieu à Strasbourg le lundi 22 novembre 2010. Merci de faire parvenir votre proposition le 31 mai au plus tard pour sa lecture par le comité scientifique, en l’adressant à raymond.woessner@wanadoo.fr. Une session est prévue pour la présentation des travaux des doctorants et jeunes chercheurs. Le texte définitif de la communication sera remis le jour du colloque en format word, 30.000 signes maximum, avec iconographie noir et blanc en pdf.

Raymond Woessner, Strasbourg 19 avril 2010.

Ouvrages cités :

-  Beaucire F., Saint-Gérand T. (2001), « Les déplacements quotidiens, facteurs de différenciation socio-spatiale ? La réponse du périurbain en Ile-de-France » Quel périurbain aujourd’hui ?, Lyon Géocarrefour 76-4.

-  George P., Verger F. (1990), Dictionnaire de la géographie, 6e édition, Paris PUF, 500 p.

-  Howkins J. (2001), The Creative Economy : How People Make Money From Ideas, Penguin, 288 p.

-  Lévy J., Lussault M. (2003).  Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Paris Belin 1034 p.

-  Mirloup J., dir. (2002), Régions périmétropolitaines et métropolisation, CEDETE Presses Universitaires d’Orléans, 303 p.

 

Lieux

  • MISHA, arrêt de tram Observatoire, côté Esplanade
    Strasbourg, France

Dates

  • lundi 31 mai 2010

Mots-clés

  • périurbanisation, créativité, durabilité

Contacts

  • Raymond Woessner
    courriel : raymond [dot] woessner [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Raymond Woessner
    courriel : raymond [dot] woessner [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Périurbanisation, créativité & durabilité », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 21 avril 2010, http://calenda.org/200905