AccueilLes imaginaires urbains en recomposition : connaissances, cultures et vécus

Les imaginaires urbains en recomposition : connaissances, cultures et vécus

Urban Imaginative Universes in recomposition: knowledge, cultures and real-lives

L'exemple des métropoles et des régions de Bordeaux et de Québec

The example of metropolises and regions of Bordeaux and Quebec

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Publié le mercredi 21 avril 2010 par Marie Pellen

Résumé

Les sociétés urbaines occidentales connaissent des changements en profondeur de leur économie générale de structuration et de fonctionnement. Associée à une recomposition des dispositifs productifs, une économie que certains qualifient de « résidentielle », d’autres de « quaternaire » ou encore de « créative », se profile avec une force croissante. Chacun pressent que des modifications importantes affecteront le « vivre urbain ». Que ce soit l’actuelle globalisation (S. Sasken, 2008) et ses effets localisés, au-delà de ce qui affecte la sphère économique proprement dite, pour les structurations et régulations sociopolitiques, ou que ce soit la métropolisation en cours, qui brouille les repères habituels, par exemple de ce qui est de l’urbain et de ce qui du rural, la conjugaison de telles grandes évolutions tend à induire des recompositions des activités, des populations et des représentations que l’on peut s’en faire. L’actuelle recomposition des agglomérations et des régions souligne l’émergence d’un modèle urbain valorisant l’économie de la connaissance et une urbanité plus innovante par ses formes et ses desseins plus participatifs, plus cosmopolites, plus écologiques. Cette économie et cette urbanité deviennent moteur de développement et de compétition des villes.

Annonce

18 et 19 mai 2010

Université de Bordeaux

Maison des sciences de l’homme (MSHA)

Campus universitaire

UMR ADES du CNRS

Les sociétés urbaines occidentales connaissent des changements en profondeur de leur économie générale de structuration et de fonctionnement. Associée à une recomposition des dispositifs productifs, une économie que certains qualifient de « résidentielle », d’autres de « quaternaire » ou encore de « créative », se profile avec une force croissante. Chacun pressent que des modifications importantes affecteront le « vivre urbain ». Que ce soit l’actuelle globalisation (S. Sasken, 2008) et ses effets localisés, au-delà de ce qui affecte la sphère économique proprement dite, pour les structurations et régulations sociopolitiques,    ou que ce soit la métropolisation en cours, qui brouille les repères habituels, par exemple de ce qui est de l’urbain et de ce qui du rural, la conjugaison de telles grandes évolutions tend à induire des recompositions des activités, des populations et des représentations que l’on peut s’en faire. L’actuelle recomposition des agglomérations  et des régions souligne l’émergence d’un  modèle urbain valorisant l’économie de la connaissance et une urbanité plus innovante par ses formes et ses desseins plus participatifs, plus cosmopolites, plus écologiques. Cette économie et cette  urbanité  deviennent moteur de développement et de compétition des villes.

L’émergence d’une économie de la connaissance

 Le conseil de l’Europe lors du sommet de Lisbonne en 2000 a proposé que l’économie de la connaissance définisse le dynamisme européen en termes d’emploi, de ressource, de croissance et de cohésion sociale. Pour certains (Querrien et Mattei, 2006), les résultats ne sont pas ceux qu’ils auraient dû être et riment le plus souvent avec un transfert des compétences du secteur public vers le secteur privé, même si cette économie participe à la revitalisation des activités traditionnelles et à la création de nouveaux réseaux socioculturels qui transforment la classique économie de la production.

Dans cette perspective, le territoire, confronté à l’économie de la connaissance, se comprend dans une économie d’archipel (Veltz, 1996) faite de pôles de compétitivité qui polarisent les services aux personnes et aux entreprises, les emplois, la culture, les loisirs. Autour de ces pôles existent des marges qui se construisent dans un  jeu de dépendance entre centre et périphéries. Dès lors, l’urbain n’est plus seulement l’espace où l’on travaille, il devient celui des savoirs où l’économie résidentielle (Davezies, 2009) offre de nouveaux services, usages et pratiques définissant la quotidienneté et la modernité. Ces éléments  infléchissent  les trames spatiales de la ville qui valorisent les centralités historiques et patrimoniales, mais aussi les périphéries émergentes. Renouvellement urbain, organisation de sites, création de centres polyvalents, aménagements périphériques proposent aussi bien des produits que des services sous la forme de programmes événementiels,  de culture et de patrimoine, de compétence universitaire et  d’emplois dont le fruit du travail est souvent immatériel.

Centres et périphéries innovantes

Ce colloque a pour objet d’analyser comment les centres et les périphéries s’inscrivent dans la créative urbaine porteuse d’innovations technologiques, de renouvellements identitaires et de croissances économiques dans une conjoncture d’échanges mondialisés. Si les villes-centre concentrent les attentions aménagistes et urbanistiques en termes de valorisation, les périphéries méritent attention. Depuis le début des années 1990, les municipalités ne cessent de répéter que l’aire d’influence de leur centre s’est diluée dans une marée périphérique. Ce constat a donné lieu à de grands aménagements urbains dont le but était de redonner du sens aux centralités polarisantes. Pour attester de leur réussite, Bordeaux a été classé en 2007 au patrimoine mondial de l’UNESCO en réaménageant ses quais en espaces publics qui attirent les regards, mais aussi en relançant des pratiques urbaines centrales jusque-là disparues. De son côté, Québec capitalise son inscription à l’UNESCO plus ancienne (1985) en portant attention aux secteurs qui bordent le prestigieux périmètre intra-muros (Saint-Roch, Montcalm, Limoilou) après avoir valorisé son accès au fleuve dans le cadre des activités du 400e anniversaire de sa fondation. Ces efforts ont redessiné la carte des logiques urbaines en délaissant quelque peu les périphéries. Les textes de planification des deux villes (Plan local d’urbanisme à Bordeaux et Plan directeur d’aménagement et de développement à Québec) continuent d’exprimer leur volonté de centralité, mais ces  périphéries, proches ou lointaines, regroupent de plus en plus d’activités économiques et culturelles, ont un poids démographique conséquent et leurs perspectives d’avenir laissent croire que cette dynamique exocentrée/centrifuge n’a pas fini de s’essouffler.

Le colloque invite à explorer comment, parmi d’autres, les cultures urbaines de Bordeaux et de Québec, peuvent être modulées par leurs périphéries et à interroger la pertinence d’une cité créative élargie, de son positionnement face à ses marges afin de savoir comment se constitue un avenir pour l’urbanité du XXIe siècle. Le colloque  d’octobre 2009 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) intitulé : L’imaginaire géographique et l’urbain, un contrepoint à la réalité ? Perspectives, pratiques et devenirs en périphérie,  a posé les premiers jalons de ce questionnement. Celui de mai 2010 à Bordeaux propose une réflexion comparative sur la territorialisation en périphérie de l’économie urbaine de la connaissance, de la culture et des imaginaires qui s’y rattachent.

PROGRAMME 

Le 18 mai : La ville réflexive : ville de savoir et savoirs urbains

8h30 accueil des participants : hall de la Maison des sciences de l’homme, campus universitaire

9h Ouverture du colloque par

Madame Anne-Marie Cocula, Vice Présidente du Conseil Régional, Présidente honoraire de l’Université Michel de Montaigne

Monsieur Patrick Baudry, Vice Président recherche de l’Université Michel de Montaigne

Monsieur Guy Di Méo, Directeur de l’UMR ADES du CNRS

Monsieur Christophe Bouneau, Directeur de la MSHA

 Introduction du colloque par Jean-Pierre Augustin (U Bordeaux), Mario Bédard (UQAM) et Richard Desnoilles (U Bordeaux – UQAM)

10h-13h Axe 1 : La constellation des savoirs urbains : économie de la connaissance et économie quaternaire. Quels nouveaux paradigmes urbains ?

Présidents : Jean Dumas (U. Bordeaux) et Corinne Siino (U. Toulouse le Mirail)

Ce premier axe a pour ambition de préciser ce que serait la ville de demain ou, au moins, la cerner et saisir ce qui la différencie de celle d’hier. Autrement dit, quelle ville faut-il espérer voir se dessiner avec l’incursion de  l’économie de la connaissance et des savoirs urbains dans la sphère politique et sociale ? Que faut-il attendre de l’urbain de demain ? Quels en seront les enjeux centraux ? Sont-ils souhaitables ?

  • Jean-Pierre Saez (L’Observatoire) : « Villes de demain, une affaire culturelle ? »
  • Georges Viala (Institut des Deux Rives) : « Les villes créatives ? »
  • Patrick Baudry (U. Bordeaux) : « La ville joueuse ? »

Pause café

  • Michel Favory (U. Bordeaux) : « La ville cognitive ? »
  • Annick Germain (INRS-Montréal) : « La mixité sociale et ethnique ou les vertus de la ville réflexive ? »
  • Claude Sorbets (IEP Bordeaux) : « La ville quaternaire, à propos du charme discret de la sophistique »

14h30-17h30 Axe 2. Les lieux réinvestis : sociétés du savoir et universités L’université dans la ville ou la ville dans l’université ?

Présidents : Denis Retaillé (U. Bordeaux) et Jean-Marc Offner (AURBA)

Depuis le début des années 1990, la Charte des villes éducatrices intime l’ordre à chaque ville, petite, moyenne et grande, de mettre en avant sa puissance éducatrice, c’est-à-dire son savoir, au service de ses habitants. Cette charte explique aussi que ces villes éducatrices doivent se développer en étroites relations avec ses fonctions urbaines plus traditionnelles (économiques, sociales, …). Ce second axe propose d’étudier en quoi les lieux réinvestis de la ville participent à cette économie du savoir et de montrer en quoi l’université en est l’un des plus grands symboles.

  • Jérome Goze (U. de Bordeaux) : « L’opération campus de Bordeaux »
  • Richard Martel (U. Laval) : « Les universités sœurs, Bordeaux Québec »
  • Didier Paquelin (U. Bordeaux) : « Les universités de la formation continue »
  • Marina Duféal (U. Bordeaux) : « Les universités virtuelles »

Pause café

  • Olivier Ratouis (U. de Bordeaux) : « Universités : le devenir des espaces fonctionnels »
  • David Giband (U. de Perpignan) : « La ville « éducante » »
  • Gérard Baudet (U. de Montréal) : « L’Université de Montréal : la fin du splendide isolement ? »

Le 19 mai : L’urbain en (re)construction : l’imaginaire en action

9h -12h Axe 3 : L’imaginaire opérationnalisé

Derrière la ville éducatrice se cache la ville sticto sensus. La ville du savoir ne va donc pas sans créer des imaginaires urbains foisonnants. Cependant, ces imaginaires seraient vains s’ils ne participaient en premier chef à l’élaboration de la ville et de l’urbain. Cet axe s’attachera donc à comprendre comment la ville se construit aujourd’hui en discutant des enjeux et des valeurs que Bordeaux et Québec doivent défendre et mettre en acte. Comment rendre ces vertus opératoires ? Comment faire des cultures et des savoirs urbains une réalité tangible et opérationnelle ? Faut-il enfin se réjouir de cette opérationnalité ?

Présidents : Maurice Goze(U. Bordeaux) et Gérard Beaudet (U. de Montréal)

  • Florence Paulhiac (U. de Grenoble) : mobilités et temporalités urbaines
  • Elodie Portelli (Institut des Deux Rives) : « Des racines et des ailes  : les contrats de co-développement de la CUB »
  • Mayté Banzo (U. Bordeaux) : « Espaces ouverts dans l’agglomération bordelaise : l’eau, les pins et le vin pou une identification de la périphérie ? »

Pause café

  • Richard Desnoilles (UQAM et U. de Bordeaux) : « La ville du patrimoine touristique »
  • Richard Morin (UQAM) : « Des savoirs produits par des actions collectives conflictuelles »
  • Guy Mercier (U. Laval) : « Le quartier Saint-Roch à Québec »
  • Lisa Pignot (L’Observatoire) : « Créativité et développement des territoires » 

14h- 17h Axe 4 : Les réseaux culturels et les vécus urbains : quelle urbanité pour demain ?

Atelier A : Pratiques de la ville et vécus culturels

Présidents : André-Frédéric Hoyaux (U. Bordeaux) et Françoise Liot (U. de Bordeaux)

  • Christian Poirier : (INRS-Montréal) : « Villes et  constellation des organismes culturels »
  • Jean-Luc Richelle (U. Bordeaux-IUT Michel de Montaigne) : « La ville socioculturelle, de lieux en lieux »
  • Sylviane Leprun (U. Bordeaux) : « Esthétique urbaine et pratique de la ville »

Pause café

  • Alain Lefebvre (U. Toulouse) : « L’événement culturel entre simulation et stimulation territoriale »
  • Sylvain Lefebvre et Romain Roult (UQAM) : « Les villes sportives »
  • Anne Gilbert (U. d’Ottawa) : « Entre unité et diversité : Ottawa, le destin d’une capitale » 
  • Boris Grésillon (U. d’Aix en Provence) : « Le label  capitale européenne de la culture  : prestige ou prétexte ? »

Atelier B : Expérimentations culturelles et rythmes urbains

Présidents : Hélène Vélasco (U. Bordeaux) et Marc Lajugie (Président de l’Association des centres d’animation de quartiers de Bordeaux, ACAQB)

  • Olivier du Payrat (Institut des Deux Rives) : « L’offre et la demande culturelle au regard d’une économie du temps »
  • Richard Coconnier (chargé de mission urbanité-culture à la CUB) : « Culture et communauté urbaine »
  • Louis Dupont (U. Paris-Sorbonne) : « Imaginaire urbain et conceptions de la ville : continuités et discontinuités »
  • Florent Teulé (réseau aquitain des musiques actuelles, RAMA) : « Réseau culturel, coopération et innovation »

Pause café

  • Luc Greffier (U. Bordeaux-IUT Michel de Montaigne) et Jean-Marie Lafortune (UQAM) : « Les formations conjointes en animation culturelle à Bordeaux et Montréal) »
  • Jean-Luc Benguigui (Directeur de l’ACAQB) : « Coopération internationale et socioculture »
  • Christophe Arpaillange (Grand projet de ville, GPV), Sophie Trouillet GPV) et Amar Lakel (U Bordeaux) : « Le grand projet de ville (GPV) et les NTIC »
  • Sarah Montéro (U. de Bordeaux) : « Culture et médiations »

17h Conclusion du colloque par Jean-Pierre Augustin (U Bordeaux), Mario Bédard (UQAM) et Richard Desnoilles (U Bordeaux – UQAM)

Comité d’organisation

  • Jean-Pierre Augustin (U Bordeaux, ADES)
  • Mario Bédard (UQAM, CRISES)
  • Richard Desnoilles (U Bordeaux, ADES – UQAM, CRISES)
  • Arlette Akam-Turlet (CNRS-ADES)

Comité scientifique :

  • Annick Germain (INRS urbanisation, société, culture de Montréal)
  • Patrick Baudry (Université de Bordeaux)
  • Guy Di Méo (Université de Bordeaux, ADES)
  • Guy Mercier (Université Laval)
  • Sylvain Lefebvre (UQAM)
  • Denis Retaillé (Université de Bordeaux, ADES)
  • Claude Sorbets (Science-Po Bordeaux, SPIRIT-CNRS)

Partenaires du colloque (liste non exhaustive)

  • Conseil régional d’Aquitaine
  • Ville de Bordeaux
  • Ville de Québec
  • Agence d’urbanisme de Bordeaux Aquitaine
  • Agence d’urbanisme de Québec
  • Association des centres d’animation de Bordeaux
  • CNRS UMR 5185 ADES
  • Université de Bordeaux
  • CRISES
  • Université du Québec à Montréal
  • Université Laval
  • Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine

Catégories

Lieux

  • Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, 10, Esplanade des Antilles
    Pessac, France

Dates

  • mardi 18 mai 2010
  • mercredi 19 mai 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • urbanisme, périphérie, représentations, imaginaire, recomposition, Québec, Bordeaux

Contacts

  • Arlette Akam-Turlet
    courriel : a [dot] turlet [at] ades [dot] cnrs [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Richard DESNOILLES
    courriel : richarddesnoilles [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les imaginaires urbains en recomposition : connaissances, cultures et vécus », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 21 avril 2010, http://calenda.org/200914