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Les souvenirs d’Henri Bosco : entre autobiographie et fiction

Septième colloque international Henri Bosco

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Publié le mardi 27 avril 2010 par Marie Pellen

Résumé

En 1961 Henri Bosco fait paraître Un oubli moins profond, premier titre d’une trilogie de Souvenirs d’enfance comprenant Le chemin de Monclar (1962) et Le Jardin des Trinitaires (1966). Avec Mon Compagnon de songes (1967), il complète ce cycle par un récit sur son adolescence, ou plutôt sur une adolescence « imaginé[e], à son goût, sans doute celle des désirs profonds » comme il le précise sur le rabat de la première de couverture.

Annonce

Université de Nice-Sophia Antipolis, UFR Lettres, Arts et Sciences Humaines, Site de Carlone - Bibliothèque universitaire des Lettres

Jeudi, vendredi 19 et 20 mai 2011

Colloque organisé par Alain Tassel, soutenu sur les plans logistique et financier par le laboratoire CIRCPLES,  l’UFR Lettres, Arts et Sciences Humaines, le département de Lettres Modernes, la bibliothèque de l’UFR L.A.S.H.,  l’Université de Nice-Sophia Antipolis, et  l’Amitié Henri Bosco.

En 1961 Henri Bosco fait paraître Un oubli moins profond, premier titre d’une trilogie de Souvenirs d’enfance comprenant Le chemin de Monclar (1962) et Le Jardin des Trinitaires (1966). Avec Mon Compagnon de songes (1967), il complète ce cycle par un récit sur son adolescence, ou plutôt sur une adolescence « imaginé[e], à son goût, sans doute celle des désirs profonds » comme il le précise sur le rabat de la première de couverture.

Les Souvenirs ne se présentent pas comme un récit chronologique, linéaire, allant de la naissance du narrateur à l’époque de la rédaction. Au sein d’une période de son enfance située majoritairement entre l’âge de six ans et de douze ans, et complétée par quelques références à la prime adolescence (« j’avais alors atteint mes quatorze ans, et chez nous c’est déjà l’adolescence »), Henri Bosco opère une série de coupes, en brassant les scènes relatées. L’ordre chronologique globalement effacé, l’axe de la synchronie prime sur l’axe de la diachronie. Par ailleurs, l’auteur des Souvenirs nous installe dans une zone d’incertitude entre souvenir et fiction. La mémoire n’est-elle pas fécondée par l’imaginaire, comme le suggère cette réflexion insérée dans Un oubli moins profond : « […] je ne sais plus si j’ai ou non inventé cette scène et si ce personnage attentif aux oiseaux de nuit est une fiction ou moi-même en songe. Car le souvenir n’est qu’un songe où l’on est un peu ce qu’on fut et beaucoup plus ce que l’esprit en imagine » (p. 49) ?

Le colloque de Nice propose une première exploration de ces quatre volumes de Souvenirs.

La réflexion pourra s’articuler notamment autour des axes suivants :

1-La question générique :

si l’on considère que la figure de l’enfant n’accède au statut de personnage principal que de manière intermittente, quelle place occupent les Souvenirs dans l’espace autobiographique ? Dans quelle mesure l’absence de datation précise, de narration suivie et l’inclusion d’une part de fiction dans la reconstitution de l’enfance – (« ce qu’on aime, on l’aime tant qu’on le romance, et ainsi j’ai un peu romancé Tante Martine », Un oubli moins profond, p. 222) conduisent-elles aux frontières de l’autobiographie, vers une forme de métissage générique ?

2- La poétique narrative propre aux Souvenirs ;

  • les stratégies d’écriture : une impression de discontinuité (produite par la succession de textes segmentés, par l’exercice d’ambiguïté qu’induit l’émergence du personnage de Pascalet dans Mon Compagnon de Songes) compensée par des effets de convergence thématique (« un souvenir attire l’autre », Le Chemin de Monclar), par des récurrences, par l’insertion de jalons structurants ; le recours fréquent à une intertextualité restreinte ; l’intégration des Souvenirs dans l’ensemble de l’œuvre : références à Antonin, renvois au cycle de Pascalet
  • l’art de la scène ( les « escapades clandestines », les mercredi chez les « dames Mathilde »  et l’art du portrait  (Julie, la nourrice-cuisinière ; le père Brun, Dame Gude ; Isabelle et Thérèse, le père Jouve, etc.) ;
  • les raccords et les interférences entre le temps de l’enfance et le temps de l’écriture : « […] j’ai éprouvé le besoin – un besoin vital- de mêler à cette aventure secrète et l’enfant qui s’y engagea il y a longtemps, et l’homme d’aujourd’hui qui, devenu trop sage, n’oserait plus s’y engager », Le Jardin des Trinitaires, p.268.
  • l’insertion d’un métadiscours dans les textes préfaciels et péritextuels (4ème de couverture, rabat de 1ère de couverture), et au sein même du texte sur les modalités de sélection des souvenirs, sur leur insertion plus ou moins aléatoire dans la trame narrative : « […] je ne raconte pas une suite bien enchaînée d’événements. Je présente des souvenirs tels qu’ils sont revenus au hasard des retours de fond de ma mémoire. Ils n’occupent donc pas une exacte situation chronologique dans mon passé » ( Le Jardin des Trinitaires, p. 11) ;
  • le recours aux digressions, aux récits adventices, aux dérives ( « de fil en aiguille je me suis perdu, loin de mon sujet. J’y reviens […] Tout ceci qui est une digression, mais n’en faut-il pas , », Un oubli moins profond, p. 140 et 263) ; (« me voici de nouveau porté à la dérive […] c’est un plaisir », Le Chemin de Monclar, p.251).
  • la singularité de Mon Compagnon des Songes : comment ce récit, centré sur le personnage de Pascalet, s’inscrit-il dans les Souvenirs ?
  • le pouvoir du mot, sa force d’attraction, d’aimantation : le mot magique « Seul un tel mot peut soulever et propager au loin ces échos qui tirent les dormeurs de leur sommeil mental dans les lieux les plus assombris de la mémoire » (Le Chemin de Monclar p. 9).

3-L’élaboration d’archives familiales :

la grand-mère Louise, le grand-père Marcel, exilé politique et républicain, « rouge de la tête aux pieds » ; la figure de Tante Martine, « pas une tante mais une cousine lointaine » ; les figures de la mère et du père.

4-Le traitement des moments topiques :

le récit de sa naissance ; les débuts à l’école ; la naissance de la vocation d’écrivain « J’ai écrit mon premier roman à l’âge de sept ans » (Un oubli moins profond, p. 259) ; la bibliothèque du jeune Bosco, les premières lectures ; les premières amours (Rosalie Garcin, Mélanie).

5-Les enjeux des Souvenirs

  • les éléments d’un autoportrait : le goût du secret et de la solitude ; l’enracinement dans la ruralité « j’ai le même sang que mes arbres » (Un oubli moins profond, p. 3) ; le fleuve, objet de peur et de fascination .
  • un enjeu mémoriel, la transmission d’une culture familiale (« Après moi, le dernier de la famille, plus personne au monde ne saura les rites et les mots naïfs de ces antiques exorcismes » Le Chemin de Monclar, p. 38) ; la célébration de l’enfance, « viatique », « âge d’or », « seul véritable âge du rêve ».

Les propositions de communication adopteront la présentation suivante : un titre, un résumé d’une dizaine de lignes, le nom et la qualité de l’auteur, son institution de rattachement et ses coordonnées.

Elles seront envoyées à l’adresse suivante : Alain.Tassel@wanadoo.fr avant le 1er octobre 2010.

Catégories

Lieux

  • Université de Nice Sophia-Antipolis UFR LASH 98 boulevard Edouard Herriot BP 3209
    Nice, France

Dates

  • vendredi 01 octobre 2010

Mots-clés

  • synchronie, fiction, espace autobiographique, poétique narrative, archive

Contacts

  • Alain TASSEL
    courriel : Alain [dot] Tassel [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Solen Cozic
    courriel : cozic [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les souvenirs d’Henri Bosco : entre autobiographie et fiction », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 27 avril 2010, http://calenda.org/200979