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Mythe(s) : construction, traduction, interprétation

Constructing, translating and interpreting the myth(s)

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Publié le jeudi 29 avril 2010 par Marie Pellen

Résumé

Ce colloque a pour projet d’aborder la question du mythe par des perspectives aussi critiques que possible, afin d’aller à rebours de l'idéalisme et de l'universalisme qui entourent souvent ce qui s'écrit sur la question. Notre approche tâchera donc avant tout de redonner son lest historique, politique et linguistique au mythe, tout en l’abordant comme un ensemble de modes opératoires (sur le réel, la pensée et la vision du monde, le corps collectif) davantage que comme un objet stable et clos. De fait, plus que de proposer une théorie ou un système du mythe, nous souhaitons examiner, au travers de cas concrets, la manière dont la mythographie ou l'effort mythologique engagent de concert idéologie, pensée politique et conception de la langue, tout en rendant compte des efforts de démantèlement des effets de mythe et de la manière dont la littérature s’entend à les contrecarrer.

Annonce

Jeudi 27, vendredi 28 et samedi 29 mai 2010

Université Paris Diderot – Paris 7

5, rue Thomas Mann, 75205 Paris Cedex 13.

Jeudi 27 mai : salle 165 E  – Halle aux Farines, entrée E, 1er étage.

Vendredi 28 et samedi 29 mai : salle Pierre Albouy – Grands Moulins, aile C., 6ème étage.

Sous la responsabilité de Mathias Kusnierz et Lucie Lagardère.

 

« Je vais droit au but. J’affirme que notre poésie manque de ce centre qu’était la mythologie pour les Anciens, et que tout l’essentiel en quoi l’art poétique moderne le cède à l’antique tient en ces mots : nous n’avons pas de mythologie. Mais j’ajoute : nous sommes sur le point d’en avoir une, ou plutôt il est temps pour nous de contribuer sérieusement à la produire. » (F. W. Schelling, Athenaeum, cité dans P. Lacoue-Labarthe, J.-L. Nancy, L’absolu littéraire, Paris : Seuil, 1978, 311-312.)

C’est ainsi que Schelling nous invite à considérer l’importance – et les risques éventuels – d’un mythe au présent. Il suggère surtout que la pensée mythique ou mythologique doit être traduite selon l’époque, le contexte, la société civile, dans une forme de reprise sécularisée de ce qui jadis avait valeur rituelle ou religieuse. De manière paradoxale, il laisse entendre qu’il ne saurait y avoir de modernité ou d’avenir pour une littérature qui refuserait de (re)passer par le truchement classique, antique du mythe. Selon cette double perspective philosophique et sociologique, classique et contemporaine, la refondation d’une pensée mythique doit d’abord passer par une critique radicale, une table rase féconde dont il conviendrait d’identifier les formes contemporaines.

Ce colloque s’emploiera donc à saisir la question du mythe selon ses deux faces indissociables, l’une critique et destructrice, l’autre fondatrice et constructrice. Il s’agira de penser l’interprétation et la réception des mythes et des effets de mythe, tout comme la question plus fondamentalement littéraire de leur production. Avec, à l’origine de ce colloque, la volonté de retrouver ce que cette production de formes engage sur les plans politique, idéologique et linguistique, autant que de rendre compte de l’acharnement des marges artistiques les plus fécondes à saper les effets de mythe lorsqu'elles entrent dans ces "grandes irrégularités de langagage" dont parle Bataille. Notre méthode et notre horizon sont donc simples : partant de l’axiome selon lequel toute littérature formellement neuve et/ou inventive engage une idée, au besoin inouïe, de la langue, qui à son tour porte avec elle une certaine conception de la polis, nous voulons retrouver, à travers l’examen concret des textes et de leurs formes, la poussée historique, idéologique et linguistique qui agit au sein des œuvres qui engagent une pensée mythique.

Dans ses trois volets (construction, traduction, interprétation), ce colloque auscultera l’articulation entre mythe, langage (langue, style, genre…) et idéologies, dans la mesure où le mythe est ce qui soude la communauté par le truchement essentiel d’une langue propre. A partir de cette donnée première, nous tâcherons d’élargir la réflexion à un spectre plus large de problèmes théoriques soulevés par la question, que nous aborderons à travers l’examen des productions des romantismes anglais, français ou allemand, de la poésie chinoise ancienne, des théoriciens de la Renaissance, du roman victorien et du théâtre au vingtième siècle, de l’art conceptuel américain ou d’auteurs tels que Coleridge, Hölderlin ou encore Philip Roth.

Ce colloque, que nous avons souhaité ouvert, interdisciplinaire et plurilingue, accueillera des perspectives littéraires, linguistiques, philosophiques, sociologiques, anthropologiques. Franco Nasi, professeur à l’université de  Modène et Reggio Emilia et Dario Gentili, de l’université Roma 3, prendront la parole, aux côtés de Paule Petitier, de Claude Millet et de Martin Rueff, tous trois membres de l’université Paris Diderot. Enfin, le poète Jacques Demarcq (traducteur de Cummings, membre de la revue TXT) nous fera l’amitié de clôturer ce colloque par un entretien sur le lien qui noue avant-garde, mythologie et expériences de langue, suivi d’une lecture.

Programme

Jeudi 27 mai 2010 – salle 165 E – Halle aux Farines, entrée E, 1er étage.

14h : Accueil des participants et du public

Ouverture : Nathalie Piégay-Gros (Paris 7)

Présentation : Mathias Kusnierz et Lucie Lagardère

I. Poétiques et défigurations du mythe

Présidence : Carole Boidin (Paris 7)

14h30 : Lucie Lagardère (Paris 7) : Mythologies romantiques au futur : improviser l’histoire en prose 

14h50 : Filippo Silva (Paris 7) : La mythologie en abyme d'Albert Samain, symboliste 

 

15h10 : Sonya Laborie (Paris 7) : L'ironie moderne : un processus de passage du mythe à la fable (R. Pinget, A. Robbe-Grillet)

16h15 : Claude Millet (Paris 7) / Paule Petitier (Paris 7) : Le mythe au XIXe siècle (mise en perspective autour d'Edgar Quinet)

Vendredi 28 mai 2010 – salle Pierre Albouy  – Grands Moulins, aile C., 6ème étage.

9h15 : Accueil des participants et du public

II. Langue du mythe, mythe de la langue

Présidence : Lucie Lagardère (Paris 7)

9h30 : Céline Sangouard (Paris 7) : La Terreur comme mythe de l’écriture, de Breton à Blanchot

9h50 : Keren Gitai (Paris 7) : Anastylose de l’hébreu moderne : ruine(s) de Babel

10h10 : Mathias Kusnierz (Paris 7) : Hölderlin traducteur : mythos, mutisme

11h15 :  Franco Nasi (Modena e Reggio Emilia ): Sisyphus, the rocks and the rivers : on the happy-melancholy of the translator

III. Ce mythe qui n’est pas un récit

Présidence : Carole Boidin (Paris 7)

14h30 : Tristan Mauffrey (Paris 7) : Propositions pour une approche anthropologique du mythe en Chine 

14h50 : Rachel Darmon (Paris 8) : Collecter des fragments dispersés : l'enquête mythographique au temps des humanistes

15h10 : Hatouma Sako (Paris 7) Des pratiques inuit aux mythes des ethnologues et anthropologues 

16h15 : Martin Rueff (Paris 7) : Anthropologie du mythe et de la littérature

Samedi 29 mai 2010 – salle Pierre Albouy  – Grands Moulins, aile C., 6ème étage.

9h15 : Accueil des participants et du public

IV. Le mythe contre le mythe / usures, violences et nouveaux usages du mythe

Présidence : Mathias Kusnierz (Paris 7)

9h30 : Nurit Levy (Paris 7) : La déconstruction du mythe moderne du self-made-man (P. Roth)

 

9h50 : Cécile Bertrand (Paris 7) : Le mythe de la transgression dans les récits de crime à l'époque victorienne 

10h10 : Sébastien Baudoin (Clermon-Ferrand 2) : René et le Juif errant : réécriture et variations mythiques

11.15 : Dario Gentili (Roma 3) : Origine et fin du mythe de la ville

V. In-opérativité du mythe / À quoi bon le mythe en temps modernes ?

Présidence : Lucie Lagardère (Paris 7)

14h30 : Auriane Bel (Paris 7) : L’art conceptuel, ou l’antimythe de l’art ?  

14h50 : Arnaud Maïsetti (Paris 7) : Confrontation du mythe - une lecture de Grotowski

15h30 : Jacques Demarcq (poète et traducteur) : Poésie et primitivisme : mythologie, avant-garde [Entretien avec Mathias Kusnierz, suivi d'une lecture]


Lieux

  • Université Paris 7 - Paris-Diderot – 5 rue Thomas Mann - salle 165 E Halle aux Farines - salle Pierre Albouy, Grands Moulins
    Paris, France

Dates

  • jeudi 27 mai 2010
  • vendredi 28 mai 2010
  • samedi 29 mai 2010

Mots-clés

  • mythe, formes, langue, politique, idéologie

Contacts

  • Mathias Kusnierz
    courriel : mathiaskusnierz [at] hotmail [dot] com
  • Lucie Lagardère
    courriel : lucie [dot] lagardere [at] ens-lyon [dot] fr

Source de l'information

  • Mathias Kusnierz
    courriel : mathiaskusnierz [at] hotmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Mythe(s) : construction, traduction, interprétation », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 29 avril 2010, http://calenda.org/200999