AccueilJustice et technologies. État des lieux, état des savoirs

Justice et technologies. État des lieux, état des savoirs

Justice and Technology: where we are and what we know

*  *  *

Publié le lundi 03 mai 2010 par Marie Pellen

Résumé

Appel à articles pour un dossier à paraître dans la revue Droit et cultures. Un des acquis du courant des science studies est d’avoir démontré que plus les technologies se banalisent, plus elles deviennent évidentes et intégrées aux activités, plus leurs effets de cadrage deviennent discrets, silencieux, presque imperceptibles. Les technologies sont des dispositifs socio-techniques, des condensés d’action collective ‘fossilisée’ qu’il faut déconstruire et analyser dans leurs genèses et leurs usages pour saisir en quoi elles contribuent à définir et donc à cadrer un espace des possibles. Ouvrir ces boîtes noires, interroger leurs effets de cadrage sur les activités équipées, s’intéresser aux recompositions qui ont lieu (ou pas) suite à l’utilisation de ces technologies, voilà ce à quoi vise ce dossier consacré à la thématique « Justice et technologies ».

Annonce

 Le temps nous semble venu en effet de considérer de façon transversale la façon dont des dispositifs technologiques pénètrent et éventuellement reconfigurent les activités policières, judiciaires et pénitentiaires. Les secteurs de la sécurité et de la justice ont en effet intégré – certes à des degrés divers – une grande pluralité d’outils qu’il s’agisse de technologies médicales, biologiques (empreintes génétiques, analyses de sang et d’urines…) et même biométriques (empreintes vocales, reconnaissance de l’iris…), de surveillance (bracelet électronique, vidéosurveillance…), d’information et de communication (cybertechnologies, visiophonie, environnements virtuels, production et utilisation de données visuelles et / ou audiovisuelles, de fichiers et bases de données informatisées éventuellement croisés entre eux ou bien avec d’autres techniques cf. le ‘data mining’…).

Ces technologies distinctes les unes des autres, dont certaines sont spécifiques au secteur de la justice (comme le bracelet électronique) et d’autres sont embarquées dans l’activité sans être spécifiquement conçue pour elle (cas de la vidéosurveillance ou des environnements virtuels) méritent d’être interrogées. Quels sont les effets produits par l’incorporation de ces technologies dans des activités, des pratiques et des organisations déjà fortement structurées et ritualisées ? Contribuent-elles à l’émergence de nouveaux métiers, de nouvelles fonctions ou au déplacement de certains métiers et fonctions existants, voire à la transformation de l’économie des relations entre professions d’une part et entre professionnels et profanes d’autre part ? Dans quelle mesure l’irruption de ces technologies recompose-t-elle non seulement les modes de fonctionnement établis, les habitudes et les routines mais peut-être aussi les objectifs des systèmes pénaux contemporains (de la sanction à la gestion des risques par exemple) ?
Est-il possible de repérer des régularités, des points de convergence d’une technologie à une autre, par exemple dans la façon dont elles s’accrochent à ces organisations et activités de justice et de sécurité ou bien dans la façon dont elles recomposent le monde autour d’elles (le rapport à l’espace et au temps, la mobilité, la place données aux corps, les frontières entre présence et distance aux autres…) ?

Le dossier ici proposé comporterait une douzaine d’articles lesquels visent à produire, par un effet de juxtaposition, une sorte d’état des lieux et d’état des savoirs sur la place et le rôle que les technologies tiennent actuellement dans la justice et la sécurité et sur la nature des effets qu’elles produisent. Bien entendu, les contributions pourront provenir de champs disciplinaires diversifiés (sociologie, science politique, sciences du langage, anthropologie…). Elles peuvent être écrites en anglais ou en Français et ne devraient pas comporter plus de 6 000 mots.

Calendrier :

5 Mai 2010: date limite de proposition
10 Mai 2010: sélection des propositions
15 Juillet 2010: date limite de rendu des textes pour une publication fin 2010

Les délais étant très cours, n'hésitez pas à contacter les coordinateurs à propos des délais, en part si vous prenez connaissance tardivement de cet appel à communications.

Directeurs du dossiers :

ENGLISH VERSION

Justice and Technology

 It seems timely to bring together different situations in which technological devices penetrate and reshape police-, judiciary- and penitentiary-related activities, and try to develop a broader transversal perspective. The law and security professional domains have incorporated many kinds of technologies to some degree (allowing for significant variations from one setting to another): medical and biological (genetic fingerprinting, biochemical analyses), biometrical (voice and iris recognition), surveillance (geolocation, video surveillance, etc.), informational (databases and data mining), and interactional (videoconference, augmented environments, etc.) technologies. .

These different technologies, some specifically designed for law enforcement (such as geolocation socio-technical networks based on electronic anklets), some transferred from other domains of use (such as videoconference technologies or virtual environments), deserve detailed empirical and theoretical analyses. How are highly formalized and ritualized activities “re-mediated” by the use of new technological systems? Do they lead to the displacement of well established work practices and professions, and to the emergence of new ones? How do they affect the interactions between professionals and laymen? How do they reshape mobilities, presence and routines? How can they be used as resources or constraints with respect to global penal policies as well as to the distribution of micropower within interactions occurring in law-related settings?

The special issue would include about a dozen papers coming from renowned international scholars from a variety of disciplines (sociology, political science, language sciences, anthropology, …). Articles may be written in French or in English and they should not exceed 6,000 words in length. All scholars, regardless of their professional status, may propose a contribution. Proposals not exceeding one page single spaced may be emailed as a .doc, .rtf. or .pdf attachment to either of the editors.

Schedule:

5 May 2010: deadline for proposals
10 May 2010: selection of the proposals
15 July 2010: deadline for written contributions

 Please contact editors if you need some more information, specially about the deadlines...

Editors:

Dates

  • mercredi 05 mai 2010

Mots-clés

  • sociologie, justice, technologies

Contacts

  • Laurence Dumoulin
    courriel : laurence [dot] dumoulin [at] isp [dot] ens-cachan [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Laurence Dumoulin
    courriel : laurence [dot] dumoulin [at] isp [dot] ens-cachan [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Justice et technologies. État des lieux, état des savoirs », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 03 mai 2010, http://calenda.org/201017