AccueilVille et nature 2010 : vers une nouvelle alliance entre ville et nature

Ville et nature 2010 : vers une nouvelle alliance entre ville et nature

City and Nature 2010: towards a new alliance between the city and nature

Journées d'études urbaines 2010

Urban Planning study days 2010

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Publié le mercredi 05 mai 2010 par Karim Hammou

Résumé

Ces deux journées d'études questionnent le rapport de la ville à la nature, en particulier dans le contexte de projets d'aménagement à différentes échelles. Quels sont les rôles de la nature en ville ? Comment promouvoir la biodiversité dans l'aménagement urbain ? Pour quelles pratiques sociales faut-il repenser la place de la nature en milieu urbain ? Quelles « natures » pour un urbanisme durable ? Infos sur : http://www.unil.ch/ouvdd/page74649.html La participation à ces journées est gratuite. Elles sont organisées conjointement par l'Institut de géographie de l'université de Lausanne, la Fédération suisse des urbanistes, et Urbanistes des territoires (F).

Annonce

La ville a toujours tissé des relations ambiguës avec la nature: perçue de tout temps au mieux comme ressource pour la production agricole, au pire comme risque, la nature s’est vue promue depuis la Renaissance au rang de valeur esthétique et paysagère, du moins dans les jardins de l’aristocratie. Puis les humanistes du XIXe siècle, relayés par les modernistes du XXe, ont vanté les vertus hygiéniques des espaces verts pour des classes ouvrières étouffant sous la pression d’une urbanisation mal contrôlée. Le XXIe siècle verra-t-il une révolution du rapport entre ville et nature? La nature passera-t-elle du statut d’espace asservi et domestiqué à celui de véritable partenaire pour le développement d’une ville durable? Notre siècle sera-t-il l’occasion d’un véritable retour de la nature en ville, elle qui n’y était réduite trop souvent qu’à ses plus pauvres expressions?

Il est aujourd’hui beaucoup attendu de la nature en ville, notamment de devenir un acteur clé d’une nouvelle urbanité, d’une nouvelle qualité urbaine. Comment encourager les familles à renoncer à la villa périurbaine? Quelle qualité urbaine peut faciliter l’acceptation de la densité préconisée par tous mais à laquelle il est répondu par «not in my backyard»? L’urbanité de demain découlera de processus d’aménagement et de typologies urbaines qui créeront des synergies entre le bâti et le végétal, entre le logement et le jardin, dans un jeu kaléidoscopique des ambiances et des fonctions, naturelles ou urbaines, aux différentes échelles. A la diversité des demandes des usagers – demandes de loisirs, exigences esthétiques et paysagères, quête d’une nature préservée ou jardinage – peuvent répondre les multiples figures de la nature en ville: arbres d’ornement et espaces forestiers, jardins de poche et agriculture urbaine, parcs publics et couloirs à faune, toitures végétalisées et trames vertes d’agglomération...

Quels rôles sociaux, environnementaux et économiques pour la nature en ville? Comment lui donner sa juste place dans les projets d’aménagement aux différentes échelles ? Quelles «natures» pour un urbanisme durable? Telles sont les questions qui orienteront les réflexions de ces deux journées qui seront aussi l’occasion d’une rencontre originale entre les milieux académique et professionnel: la première journée est pilotée par les étudiants du MAS en urbanisme durable de l’Université de Lausanne et la seconde constitue la désormais traditionnelle «Rencontre franco-suisse des urbanistes» organisée chaque année sur les rives lémaniques par Urbanistes des territoires et la Fédération suisse des urbanistes. 

Organisation

Public-cible :

Membres des associations partenaires, étudiants et enseignants UNIL/EPFL/HES, professionnels et chercheurs de l'architecture et de l'urbanisme suisse et français, ainsi que toute personne intéressée.

Organisation :

  • Urbanistes des Territoires (UT)
  • Fédération suisse des urbanistes, section romande (FSU)
  • Observatoire universitaire de la ville et du développement durable (OUVDD)
  • Etudiants du MAS en urbanisme durable de l’UNIL

Inscriptions et renseignements :

Par e-mail jusqu'au 30 juin 2010 auprès de :

Jean-Philippe Dind, OUVDD : jean-philippe.dind@unil.ch

Personnes de contact :

France : Bernard Lensel, UT : blensel@yahoo.fr

Suisse :  Thierry Merle, FSU/ UT : thierry.merle@vd.ch & Magali Henry, UNIL – Coordinatrice MAS : magali.henry@unil.ch

Inscription :

Participation gratuite sur inscription pour une journée ou les deux, restauration sur place, repas à charge des participants.

Localisation :

Université de Lausanne, bâtiment Anthropole, salle 1129

Informations et inscriptions sur: http://www.unil.ch/ouvdd/page74649.html

Informations complémentaires :

  • www.urbanistesdesterritoires.com
  • www.unil.ch/ouvdd

Jeudi 8 juillet 2010 : Les ateliers de la ville durable.

La nature invitée. Pratiques sociales - Biodiversité

Les concepts de « nature en ville » et d’ «urbanisme végétal » font partie intégrante du vocabulaire de l’urbanisme contemporain, et la question de la place du végétal dans la ville s’exprime au travers d’une riche tradition urbanistique : en réponse à l’insalubrité des villes, on constate dès la fin du XVIIIe siècle que le courant hygiéniste va chercher au travers des espaces verts des réponses aux problématiques sanitaire des villes en croissance. Le projet d’assainissement de la ville industrielle fait naître plusieurs mouvements urbanistiques, qui promeuvent l’implantation du végétal dans la ville, dont le concept anglais de garden-city, théorisé par Ebenezer Howard. L’assainissement des villes passe également par la création de grands parcs urbains, espaces de loisirs et de détente où la nature est largement domestiquée.

Le mouvement Moderniste poursuit cette visée d’hygiénisme vert en posant ses immeubles-barres dans de vastes parcs. Toutefois, cette façon de faire la ville est mise à mal dès l’après-guerre, les espaces verts étant réduits à des surfaces engazonnées, pauvres en termes d’usages sociaux et de valeur écologique. Enfin, corrélativement au phénomène de périurbanisation, la distinction entre la ville et la campagne s’estompe et l’émergence de vastes agglomérations induit un changement d’échelle en termes de réflexions et d’interventions.

A la lumière de cette évolution historique et culturelle, l’objectif général de la journée d'ateliers sera donc de s'interroger sur la continuité et/ou la rupture de la pratique actuelle avec cet héritage.

Deux axes de réflexions seront proposés :

  • le jardin en ville, appropriation et pratiques sociales ;
  • la biodiversité et la ville, enjeux, conservation et stratégies d’aménagement.

Programme

9h00 - 9h30 Arrivée des participants - Café croissants

09h30 – 9h45 Mot de bienvenue par le Prof. Antonio Da Cunha, UNIL – OUVDD

Présentation de la journée par les étudiants du MAS « Urbanisme durable »

9h45 – 12h00 Conférences plénières

  • Emmanuel Boutefeu, Ingénieur d’études (CERTU) « Des citadins en quête de nature en ville »
  • Caroline Mollie, Architecte-paysagiste « Le végétal comme structure de la ville »
  • Joëlle Salomon Cavin, Dr., Géographie-urbanisme, Uni. Lausanne et Neuchâtel « La ville vue par les défenseurs de la nature »

12h00 – 13h30 Pause – Déjeuner en commun organisé sur place à charge des participants

13h30 – 15h15 Atelier 1 : « Le jardin en ville : typologies et pratiques sociales »

15h15 – 15h45 Pause - Café croissants

15h45 – 17h30 Atelier 2 : La biodiversité et la ville : enjeux, conservation et stratégie

17h30 – 17h45 Synthèse de la journée par les étudiants du MAS

17h45 – 18h30 "Safari urbain" autour de l'uni ou en ville de Lausanne avec Françoise Hoffer – Apéritif

Conférences pléniaires

« Des citadins en quête de nature en ville »

  • Emmanuel Boutefeu, Ingénieur d’études, Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU)

« En 2002 , une enquête réalisée auprès des habitants de la Communauté urbaine de Lyon  a permis de cerner la demande sociale en lieux de nature en ville. Si les citadins plébiscitent les squares de proximité les jours ouvrés, ils aiment se promener dans les espaces naturels et ruraux en fin de semaine. Une meilleure connaissance de leurs attentes et de leurs représentations concernant la nature apporte quelques enseignements utiles. Dans les parcs urbains ou en pleine nature, les citadins recherchent la même chose : calme, paix, détente. »

« Le végétal comme structure de la ville »

  • Caroline Mollie, Architecte-paysagiste

« Le couple ville/nature a généré des siècles durant des modèles de structures urbaines qui ont évolué selon ce que l’on attendait du végétal : subsistance puis confort, délassement, embellissement, hygiène, biodiversité.

Aujourd’hui l’objectif de décor immédiat prédomine au détriment d’une vision éclairée et d'une gestion raisonnable, de l’arbre notamment, alors que les enjeux contemporains de cette relation ville/nature s’élargissent aux campagnes périurbaines dans de nouvelles perspectives de production de biens. »

« La ville vue par les défenseurs de la nature »

  • Joëlle Salomon Cavin, Dr., Géographie-urbanisme, Chargée de cours Uni. de Lausanne et Neuchâtel           

« La ville n'est pas un terrain traditionnel d'intervention pour les défenseurs de la nature. Pourtant, ils s'investissent de plus en plus ces dernières années dans des projets urbains comme les quartiers durables, la reconversion de friches ou la  re-naturation de la ville. Cette intégration de la ville modifie sensiblement leur stratégie globale de défense de la nature mais également leur représentation de la ville. La ville n'est plus seulement considérée comme un milieu hostile mais peut-être aussi considérée comme une alliée de la nature. » 

ATELIER 1  – LE  JARDIN EN VILLE : TYPOLOGIES ET PRATIQUES SOCIALES

Modérateurs : Bart Daniels, Magali Moreillon, Veronica Sarjanovic et Nicolas Wisnia

Problématique :

Vivre en ville peut paraître bien éloigné de l’idéal social d’habiter une maison immergée dans la nature en zone périurbaine. Il existe cependant une multitude de possibilités pour recréer une forme de nature en ville qui réponde aux attentes de tout-un-chacun. Une de ces possibilités requiert toute notre attention, puisque, considérée comme une évidence, un idéal par les particuliers et souvent réinterprétée par les aménagistes de l’espace public, elle interpelle tout le monde : le jardin. Ses multiples aspects permettent à chacun de s’y projeter selon ses envies et attentes, selon sa façon de vivre. Il s’adapte à toutes les parcelles et à tous les besoins, des bacs à fleurs des immeubles aux jardins publics occupant les vides de la ville. Cependant, l’utilité du jardin ne se résume pas à ce que l’on y fait, même s’il répond aux fonctions de détente, de regroupement social, de loisirs ou même de tourisme. Sa fonction est aussi psychologique : dans l’inconscient collectif, il véhicule un certain symbolisme, une image de salubrité et de santé. En ville plus particulièrement, il définit l’identité des quartiers et sert de repère spatial. Comment et sous quelle forme recréer le jardin en ville pour qu’il intègre toutes ces fonctions. La société et les besoins évoluent, entre jardin potager en ville et jardin paysager minimaliste, quel est le rôle social du jardin dans l’urbanisme durable de demain?

Cet atelier cherchera à comprendre quels sont les enjeux de pratiques sociales qui gravitent autour du jardin pour en dégager des pistes d’action en vue d’un développement urbain durable.

Intervenants

1) Des espaces résiduels aux « Jardins de poche » : redonner vie aux espaces verts délaissés, Hélène Gaillard et Basile Barbey, Collaborateurs Equiterre, responsables du projet Jardins de poche

« A condition d’être distribuée équitablement sur le territoire d’une ville, d’être accessible à tous et d’être qualitative, la nature en ville a un impact social, environnemental et économique favorable. Partant de ce constat, et du fait que les villes sont constituées de nombreux espaces délaissés ou résiduels  (espaces sans affectation ni usages définis, souvent à prédominance minérale et pouvant être source de nuisances), equiterre a imaginé son projet de Jardin de poche pour tous. Il s’agit d’un petit espace public de qualité qui prend la place de ces espaces inutilisés. Ce jardin doit être constitué de végétation et d’un banc pour permettre aux gens de se rencontrer, de se reposer. Par ailleurs, différents critères de durabilité contenus dans « la charte des Jardins de poche » doivent être respectés par les collectivités partenaires qui souhaitent réaliser ce projet sur leur territoire. »

2) Catherine Creuze, Passe Jardin, Lyon ---> titre et résumé à finaliser

3) Olivier Lasserre, Paysagestion --> titre et résumé à finaliser

4) Jean-Christophe Aguas, Chef de cabinet de Seybah DAGOMA, Adjointe au Maire de Paris, Chargée de l'économie sociale et solidaire, atelier Ecole nationale supérieure de création industrielle ---> titre et résumé à finaliser 

ATELIER 2 : LA BIODIVERSITÉ ET LA VILLE : ENJEUX, CONSERVATION ET STRATÉGIE

Modérateurs: Myriam Baumeler, Cheikh Oumar Dieng, Alessia Guerrieri, Filippo Sala

Problématique

Le minéral et le bâti imperméabilisent les sols et s’étendent toujours davantage avec des limites incertaines dans un paysage naturel qui abrite une grande variété d’espèces animales et végétales, ce qui crée d’importantes barrières. Un des buts de l’urbanisme durable est de coordonner au mieux densification urbaine et biodiversité. En effet, la diversité biologique est nécessaire aux écosystèmes pour fournir nombreux biens et services essentiels à la survie et au développement de l'humanité comme la régulation du climat et du régime des eaux, l’absorption du bruit, des polluants, des radiations, etc. Elle joue un rôle primordial pour l’équilibre écologique à grande échelle. À cause de l’étalement urbain, la nature en ville est toutefois très réduite, contrôlée, morcelée ou détruite. Ceci a d’importantes conséquences sur la biodiversité qui en est appauvrie ou, dans le pire des scénarios atteinte de façon irréversible.

Jusqu'à récemment, la biodiversité ne constituait pas un sujet de préoccupation majeur et ne faisait débat qu'au sein d'un cercle restreint de spécialistes. La nature dans la ville a été longtemps négligée ou ignorée parce que l’on considérait que « la vraie nature » résidait seulement en dehors la ville. Toutefois, aujourd’hui il y a une prise de conscience par rapport au fait que la nature fait partie intégrante du parc bâti et qu’elle implique des enjeux sociaux, économiques et écologiques qui doivent être maîtrisés par l'ensemble des acteurs concernés. L’année 2010 de la biodiversité offre une bonne occasion aux villes suisses pour évoluer vers une conscience et une compréhension publique de la nature en ville. Avec des actions spécifiques et en mobilisant des forces locales les communes participent à la conservation et la revalorisation d’éléments et de structures écologiques.

En se penchant sur la problématique de la densification urbaine et de la préservation de la (bio)diversité, en traitant des valeurs écologiques de la nature en ville, et en montrant une démarche innovantes de la pratique, cet atelier vise à fournir des pistes à suivre pour une meilleure conduite et compréhension de l’écologie urbaine.

Intervenants

1) La fragmentation du paysage : conséquences et enjeux pour l’aménagement urbain, Nicolas Petitat, Responsable de projets, Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage (FP)

« En Suisse, l'espace urbain s'étend à un rythme élevé au détriment des terres agricoles et des zones naturelles. Une gestion peu rigoureuse en matière d'aménagement entraîne un étalement urbain et un morcellement du territoire. Les espaces périurbains se développent souvent de façon peu structurée, générant un paysage fragmenté. Cette fragmentation a des conséquences écologiques en réduisant la surface et la qualité des habitats proches de l'état naturel et en créant des barrières entre ceux-ci. En outre, elle rend floue la transition entre ville et campagne et entraîne une banalisation et une perte de qualité du paysage, compromettant ses fonctions culturelle, identitaire et de délassement. Il est urgent de freiner cette dynamique et de favoriser un développement vers l'intérieur du milieu bâti visant à créer un paysage urbain cohérent et de qualité. »

Références : http://www.sl-fp.ch/ 

2) BiodiverCity - Valeurs écologiques et sociales de la nature en ville (PNR 54), Dr. Marco Moretti, Institut national de recherche WSL, Bellinzona

Les effets des villes sur la biodiversité sont contradictoires et les attentes des 75% de citoyens Suisses qui y vivent méconnues. BiodiverCity, un projet trans- et interdisciplinaire, a révélé une haute biodiversité appréciée des citadins et le rôle potentiel des espèces charismatiques dans la relation ‘homme - nature’ en ville. Quelles mesures proposer pour maintenir la biodiversité en ville et pour satisfaire les exigences des résidentes? Quelles initiatives pourrait-on envisager? Est-ce que les gens seraient prêts à changer leurs attentes? Comment affronter les prochains défis (p.ex. densification urbaine)?

Références : www.wsl.ch/forschung/forschungsprojekte/BiodiverCity

3) La gestion des espaces verts dans la ville de Lausanne : densification urbaine et préservation de la (bio) diversité sociale et naturelle, Philippe Curdy, Ing.-dipl. Architecte paysagiste HES, Ecologue ENSAR, adjoint technique, délégué à la nature, Ville de Lausanne, direction de la sécurité sociale et de l’environnement, service des parcs et promenades

« Dans le contexte actuel de densification urbaine, construire la ville sur la ville tout en préservant la biodiversité, est un défi majeur que la ville de Lausanne veut relever. Pendant longtemps, la ville fut considérée comme un désert de béton. Depuis une dizaine d’années, des chercheurs découvrent, au coin de nos rues, une richesse biologique insoupçonnée. La moitié des oiseaux nicheurs et le quart de la flore se partagent notre cité lausannoise. Malgré cette diversité, la biodiversité urbaine reste très fragilisée par la pression humaine, le fractionnement des habitats et la pollution atmosphérique. Depuis 1991, le service des parcs et promenades opte pour une stratégie à plusieurs échelles. Un suivi floristique et faunistique accompagne les travaux d’entretien des espaces verts lausannois. Un mode de gestion plus extensif à l’échelle de la ville favorise le retour de plusieurs espèces disparues. Enfin, la mise en réseau des espaces verts garantira une connectivité des milieux entre eux, grâce des trames vertes et bleues à l’échelle de l’agglomération du « grand Lausanne ». En somme, une densification urbaine menée avec les bons outils et les bons acteurs est une chance pour la biodiversité milieu urbain. C’est le cas pour la ville de Lausanne. »

Références : http://www.lausanne.ch/view.asp?DocId=22433

4) Des espaces pour les espèces, cas d’une ville suburbaine, ONEX (GE), René Longet, Maire de la Ville d’Onex

« Face aux menaces pesant sur la biodiversité, délimiter des réserves naturelles ne suffit de loin plus. Les besoins des espèces végétales et animales indigènes doivent trouver une réponse sur l’ensemble du territoire quel que soit son statut juridique et il s’agit en fait de créer des espaces pour les espèces sur tout le territoire.

Même des sites industriels font l’objet de programmes de renaturation (Fondation Nature & Economie, plusieurs centaines de réalisations). L’avenir de la biodiversité se joue en réalité dans les zones bâties, les zones agricoles et de loisirs, en fonction de l’aménagement que nous y réalisons.

La Ville d’Onex (17500 habitants, zone périurbaine dans l’agglomération genevoise) offre l’intérêt de présenter une dense zone d’habitat collectif, une ceinture d’habitat individuel, une forêt, plusieurs parcs et espaces de loisirs, de nombreux arbres et autres éléments végétaux urbains.

Les autorités municipales ont aujourd’hui défini une politique pour chacune de ces configurations, comprenant un monitoring à travers le suivi de l’avifaune et des actions de sensibilisation.

Cette politique doit permettre d’instaurer le réflexe biodiversité à tous les niveaux de la population et de gestion. »

Références :  http://www.onex.ch/downloads/Infrastructure/PRINCIPES_DE_GESTION-24-09-08.pdf

Vendredi 9 juillet 2010, 7ème rencontre franco-suisse des urbanistes

Nature de ville

De quelle Nature sera fait l'avenir de la ville ? La ville fermée la repoussait, la ville ouverte l'a découverte, la ville étalée l'enserre, la ville de demain s'en inquiète et s'y projette. La Nature est présente en ville. Toujours. Chaque société l'a cependant transformée, maîtrisée ou encensée en fonction de ses propres valeurs. Aujourd'hui, quels sens allons-nous donner à cette Nature de ville redécouverte ?

Des praticiens et des chercheurs suisses et français de l'urbanisme, du vivant, de la nature et du paysage échangeront leurs expériences et leurs conceptions de la Nature de la ville de demain.

A partir d'un premier regard sur la Nature de notre histoire, nous nous projetterons dans la Nature du futur de nos agglomérations et de grands projets urbains. L'enjeu de la Nature nourricière, désormais aux portes des villes, sera abordé à travers une approche expérimentale du périurbain ainsi que par l'interrogation de ses formes en limite d'urbanité. La Nature vivante, bien campée sur ses pattes ou portée par ses ailes, nous interrogera également sur le concept de cohabitation. Actrice de Nature imprévue, l'économie nous proposera une réconciliation environnementale. Enfin, la Nature sociale, conviviale, pratiquée et partenaire de processus d'aménagement se montrera sous de nouveaux atours pour nous faire ressentir des ambiances urbaines renouvelées.

Programme

9h00 - 9h30 Arrivée des participants - Café croissants

09h30 - 10h00 Accueil

Les mots des présidents

  • Bernard Lensel – Président – Urbanistes des Territoires
  • Sandra Robyr – Membre du comité – Fédération suisse des urbanistes – Section romande

10h00 – 12h30

  • Manon Gardiol, géographe, MA « Etudes Urbaines », Institut de géographie, Université de Lausanne. Nature de ville : reflets d’une société ?
  • Geneviève Bernardin, Chargée de Mission Grand Lyon, Mission Animalité Urbaine. LeVIVANTenVILLE
  • Alain Stuber,  Géographe, Fondation Nature & Economie, Responsable du bureau pour la Suisse romande. Densification et nature en ville; les entreprises à la rescousse des antagonismes ? Retour d’expériences de la fondation Nature & Economie
  • Marjorie Musy, Chercheur, CERMA / Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes, IRSTV (Institut de Recherche des Sciences et Techniques de la Ville). Quelle végétation urbaine pour la ville de demain ? 

12h30 – 14h00 Pause – Déjeuner en commun organisé sur place à charge des participants

14h00 – 17h00

  • Sébastien Beuchat, Chef de projet nature, paysage et agriculture, Projet d'agglomération franco-valdo-genevois, Frédéric Josselin, Chargé de mission, Projet d’agglomération franco-valdo-genevois. Agglomération franco-valdo-genevoise - Charte de la Voie verte
  • Marie-Laure Benoit Merle, Directrice du Syndicat mixte du SCoT du Grand Besançon, Bernard Lensel, Urbanistes de Territoires. Du rôle de la planification dans la nouvelle alliance à instaurer entre nature et ville : les approches aux différentes échelles
  • Jean Marly, Urbaniste. Limites stratégiques, stratégie des limites: la limite comme élément majeur du projet
  • Jean-Marie Petiau, Agronome & Urbaniste, Consultant Indépendant en Projet de Territoire, Urbanisme et Paysage. ECOSYS. Un outil pour Protéger et mettre en valeur les espaces Agricoles Et Naturels périurbains : l'expérimentation d'un PAEN en Roussillon

Interventions

Nature de ville : reflets d’une société ?

  • Manon Gardiol, géographe, MA « Etudes Urbaines », Institut de géographie, Université de Lausanne.

La notion de nature en ville est une conception en perpétuelle évolution que l’on peut en particulier illustrer par l’histoire des parcs et jardins urbains. Le rôle et la forme de ceux-ci dans la ville sont de précieux révélateurs de la société qui les conçoit, les crée, les aménage, les gère et les pratique. Quelques exemples permettront de percevoir comment différentes sociétés se sont projetées dans l'aménagement de leurs parcs et comment la végétation urbaine en général reflète les préoccupations d'une époque.

À l’heure du développement urbain durable et de la tendance écologique, il est plus que jamais essentiel de comprendre l’importance que revêt la vaste notion de végétation urbaine et ce que la nature en ville représente aujourd’hui. Actuellement, de multiples perceptions cohabitent et engendrent autant d'interventions "vertes" dont certaines sont parfois inattendues, voire provocatrices.

LeVIVANTenVILLE

  • Geneviève Bernardin, Chargée de Mission Grand Lyon, Mission Animalité Urbaine

Cohabitation des humains avec les non-humains, végétaux et animaux. Partage et appropriation des espaces publics, des squares, des parcs et des jardins pour une VIE en VILLE. Des concepts à concrétiser et à développer aujourd'hui pour construire la ville de demain.

Comme l'ont rappelé Vinciane Despret et Gilles Clément lors du Symposium International d'octobre 2009 à Lyon intitulé « LeVIVANTenVILLE »: "Pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains. C'est là un tout nouvel usage du monde, du moins pour nous, citadins européens du XXIe siècle. Les villes, à cet égard, constituent des terrains d'expérimentation aussi impératifs que privilégiés. Il est urgent d'apprendre à connaître de nouvelles manières d'être ensemble, de cohabiter, de nouvelles façons de créer des liens entre les humains et avec d'autres que les humains dont la survie dépend de ces derniers, mais dont notre survie commence de plus en plus à dépendre."

Densification et nature en ville; les entreprises à la rescousse des antagonismes ? Retour d’expériences de la fondation Nature & Economie

  • Alain Stuber,  Géographe, Fondation Nature & Economie, Responsable du bureau pour la Suisse romande

Au sein des agglomérations, les objectifs de l’aménagement du territoire ainsi que la pression foncière amènent à optimiser et artificialiser la surface du sol. Ainsi, la disparition des surfaces vertes, des friches et des espaces résiduels en ville peut conduire à la diminution de la biodiversité, à la perte de la qualité de vie des habitants et au renforcement de certains problèmes environnementaux.

Depuis plusieurs années, la Fondation Nature & Economie encourage les acteurs économiques privés à s'engager volontairement au renforcement de la nature autour des entreprises. Aussi, soutient-elle les initiatives dont l'objectif est l'aménagement naturel des parcs d'activités et des aménagements extérieurs des entreprises.

La démarche de la Fondation Nature & Economie sera présentée et illustrée à l’aide d’exemples concrets, en particulier par le "Programme nature en ville du Canton de Genève", initié et soutenu par la collectivité locale publique.

Quelle végétation urbaine pour la ville de demain ?

  • Marjorie MUSY, Chercheur, CERMA / Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes, IRSTV (Institut de Recherche des Sciences et Techniques de la Ville)

De nouveaux procédés de végétalisation apparaissent sur les murs et les toitures de nos villes. Pour les justifier, on leur prête des intérêts énergétiques, climatiques, hydrologiques...

Qu'en est-il ? Quelle est la performance de ces solutions techniques par rapport aux surfaces fonctionnelles qui émergent également (noues paysagées, bassins filtrants, parkings poreux..) ou par rapport à la nature plus "classique" de nos villes (parcs, jardins, arbres d'alignement...). Comment comparer ces solutions de végétalisation dans leur diversité et dans leurs multiples interactions avec avec le système urbain, en termes de climat, de qualité de l'air, d'hydrologie, de perception, d'écologie, de gestion, etc ?  Comment projeter et évaluer la ville dense de demain ?

Le projet ANR Villes Durables VegDUD tente d’apporter des réponses à ces questions par des approches typologiques, expérimentales et numériques.

Agglomération franco-valdo-genevoise - Charte de la Voie verte

  • Sébastien Beuchat, Chef de projet nature, paysage et agriculture, Projet d'agglomération franco-valdo-genevois 
  • Frédéric Josselin, Chargé de mission, Projet d’agglomération franco-valdo-genevois

Le projet de la Voie verte s'inscrit dans la mise en oeuvre du Projet d'agglomération franco-valdo-genevois. Conçue comme un parc linéaire de 22 km environ, la Voie verte accueillera un itinéraire en site propre dédié à la mobilité active, c’est-à-dire réservé aux piétons et aux cyclistes. Elle sera également un lieu de rencontre, de détente et de loisirs pouvant accueillir des animations ponctuelles et variées. La Voie verte sera « la place publique » de l’agglomération franco-valdo-genevoise et mettra en scène les paysages du bassin genevois.

Initiée avec l'ensemble des partenaires concernés, la démarche comprend une étude de faisabilité ainsi qu'une charte d'engagement.

Du rôle de la planification dans la nouvelle alliance à instaurer entre nature et ville : les approches aux différentes échelles

  • Marie-Laure Benoit Merle, Directrice du Syndicat mixte du SCoT du Grand Besançon
  • Bernard Lensel, Urbanistes de Territoires

Résumé à suivre 

Limites stratégiques, stratégie des limites: la limite comme élément majeur du projet

  • Jean Marly, Urbaniste

Cartographier, ne pas cartographier… Délimiter ou localiser: deux notions juridiquement très différentes puisque la première conduit à l’obligation de « conformité » des documents de rang inférieur alors que la deuxième n’exige que la « compatibilité »… Cette question reste certainement une des principales difficultés de la construction et de l’écriture des Schémas de Cohérence Territoriale (ScoT).

Du côté de l’urbanisme opérationnel, les bonnes pratiques du traitement de la limite entre espaces urbanisés et espaces ouverts restent rares et force est de constater que peu de projets semblent prendre en compte à la fois le bâti et le non bâti. Formes urbaines et formes agraires du territoire sont encore pensées séparément.

Cependant, de nouveaux concepts clés comme « porosité verte », « intensité verte » qui ne sont encore qu’au stade de l’idée, permettent de penser qu’aujourd’hui, à l’échelle de l’intercommunalité voire de l’aire métropolitaine, émergeront des politiques publiques et des projets capables d’associer urbanisme opérationnel et mise en valeur de l’agriculture et des espaces ouverts.

Le propos présentera quelques « échantillons » de réponses à cette question mais s’attardera surtout sur une nouvelle notion qui est celle de la limite conçue comme élément de projet.

Un outil pour Protéger et mettre en valeur les espaces Agricoles Et Naturels périurbains : l'expérimentation d'un PAEN en Roussillon

  • Jean-Marie PETIAU, Agronome & Urbaniste, Consultant Indépendant en Projet de Territoire, Urbanisme et Paysage. ECOSYS          

En France, 74.000 hectares de terres agricoles et naturelles disparaissent chaque année. Depuis 2005, une nouvelle compétence a été confiée aux départements afin de créer des périmètres de Protection et de mise en valeur des espaces Agricoles Et Naturels périurbains (PAEN).

Deux communes périurbaines de la Plaine du Roussillon proches de Perpignan, Canohès et Pollestres, soumises à une forte pression démographique ainsi que par une déprise agricole importante ont décidé la mise en oeuvre d'un PAEN.

Avec Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération et le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, une démarche participative a été engagée afin de définir un périmètre d'intervention accompagné d'un programme d'actions. L'issue de cette première phase, actuellement en cours de finalisation, sera la mise en place d'un plan de gestion qui concentrera les moyens pour protéger et valoriser cet espace agricole et naturel. L'objectif est de réaliser un secteur modèle en matière de protection de l’environnement, de maintien de l’agriculture et de préservation de paysages de qualité.

Catégories

Lieux

  • Université de Lausanne, bâtiment Anthropole, auditoire 1129
    Lausanne, Confédération Suisse

Dates

  • jeudi 08 juillet 2010
  • vendredi 09 juillet 2010

Mots-clés

  • urbanisme, nature, aménagement, biodiversité, développement durable

Contacts

  • Jean-Philippe Dind
    courriel : jean-philippe [dot] dind [at] unil [dot] ch

Source de l'information

  • Jean-Philippe Dind
    courriel : jean-philippe [dot] dind [at] unil [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Ville et nature 2010 : vers une nouvelle alliance entre ville et nature », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 05 mai 2010, http://calenda.org/201055