AccueilQue nous apprend l’analyse du milieu scolaire sur la citoyenneté et le vivre-ensemble ?

Que nous apprend l’analyse du milieu scolaire sur la citoyenneté et le vivre-ensemble ?

What Does the Analysis of School Environments Tell us about Citizenship and Living Together?

Section thématique 13 - Congrès international de l'Association belge de Science politique (ABSP-CF)

Theme section 13, the international conference of the Association belge de Science politique (ABSP-CF)

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Publié le mercredi 12 mai 2010 par Marie Pellen

Résumé

Cette section thématique examine les compositions et recompositions du lien social intervenant à l’école et mis en œuvre par l’école, notamment au travers des programmes d’éducation à la citoyenneté, à la multiculturalité et au vivre-ensemble. Cette réflexion intervient dans une société contemporaine marquée par de nouvelles tensions sociopolitiques autour de la religion, d’une part, et de la mémoire, d’autre part. Analyser l’articulation entre école et citoyenneté permet de poser la question du « sens » de l’éducation, notamment dans sa dimension politique, en termes de transmission de la mémoire ou de tolérance, mais également de revenir sur la philosophie politique de l’enseignement en corrélation avec la démocratie et l’éducation.

Annonce

Organisateurs :

  • Grégory Piet (Université de Liège),
  • Geoffrey Grandjean (Université de Liège),
  • Valérie Amiraux (Université de Montréal),
  • Bernard Fournier (Université de Liège),
  • François Foret (Université Libre de Bruxelles),
  • Xabier Itçaina (IEP Bordeaux).
Cette volonté de composer ou recomposer le lien social au niveau scolaire n’est pas sans créer des tensions au sein même de l’institution scolaire. Celles-ci sont, en fait, le reflet de controverses sociétales qui se sont récemment manifestées notamment autour de la réactivation des manifestations d’appartenance identitaire, de la reconnaissance du fait religieux, de la considération de la diversité culturelle ou encore de la mobilisation du passé. Ces tensions peuvent, dans certains cas, prendre des formes violentes.
Face à cela, le politique tergiverse bien souvent quant aux solutions à apporter que ce soit sur le voile à l’école, les cours de religions et les cours de citoyenneté, la place du devoir de mémoire à l’école, etc. Dans tous les cas, la question qui se tisse en toile de fond renvoie à la prise en compte du « sens » de l’enseignement/instruction et à la socialisation, notamment politique qui en découle. Est-il possible de créer ou recréer un lien social à partir de l’arène scolaire ? L’instauration d’un cours sur la citoyenneté, à l’instar du modèle espagnol, constitue-t-elle une voie en ce sens, permettant de produire du lien social et de travailler au vivre-ensemble ? Toujours à partir d’études de cas, les politiques mémorielles mises en place dans les écoles sont-elles aptes à retisser des liens sociaux dont on admet qu’ils sont distendus ?

Faire entrer la citoyenneté à l’école soulève de nombreuses questions. L’école est-elle le lieu légitime de l’éducation à la citoyenneté ? Si oui, par quels moyens et sous quelles contraintes peut-elle le faire ? Ces dernières sont-elles imposées par la société ou par l’agenda politique ? Peut-on dès lors encore considérer l’école comme simple lieu d’instruction ? Où s’arrêtent, où commencent l’instruction, la socialisation ? La socialisation peut-elle se faire par l’instruction (connaissances, valeurs, savoir-vivre, etc.) ? La combinaison des termes « école » et « citoyenneté » renvoie également à une confrontation autour du modèle de société que l’autorité publique souhaite instituer.

L’éducation à la citoyenneté est aujourd’hui présente dans les différents programmes européens de manière transversale (la citoyenneté se retrouve dans différents cursus : histoire, géographie, entre autres). Cette présence n’est pas sans susciter des conflits lorsque la visée citoyenne prend le pas sur la dimension pédagogique. Des tensions ont ainsi pu émerger en Espagne suite à la substitution du modèle de cours de religion par un cours sur la citoyenneté. On pense aussi aux débats actuels en Belgique sur les propositions de suppression des cours de religions au profit de cours de philosophie ou de citoyenneté. Par ailleurs, la manière dont certains faits historiques sont abordés dans le milieu scolaire dépasse souvent la simple transmission de la mémoire de ces faits.
Finalement, la question sous-tendant l’analyse du milieu scolaire sur cette thématique permet de s’interroger sur les transformations et enjeux qui se manifestent dans nos sociétés contemporains et qui se cristallisent au niveau de l’institution scolaire. L’école est donc devenue une scène particulièrement riche pour appréhender les obstacles du vivre-ensemble et la reformulation du rapport entre le « nous » et le « eux ».

Deux panels seront organisés pour cette section thématique :

1. Que nous enseigne la prise en compte du fait religieux à l’école sur le vivre-ensemble et la citoyenneté ?

Ces dernières années ont vu resurgir de nouvelles tensions, débats et controverses avec l’immixtion du fait religieux au sein de l’école, que ce soit concernant la mise en place de cours de religion et de leurs alternatives, l’organisation de l’école en tant qu’institution et la prise en compte du phénomène religieux en ses murs, notamment au travers de controverses relatives aux symboles religieux. La visibilité nouvelle du fait religieux, notamment par effet de la modification démographique de nos sociétés, de la déterritorialisation des religions et d’un pluralisme religieux accru, a conduit vers de nouvelles formes de prise en charge de la diversité culturelle, notamment par l’intégration de nouvelles minorités et par le développement d’une citoyenneté multiculturelle. L’école n’échappe pas à ce mouvement, en Europe mais également au Québec, conduisant à s’interroger sur les modifications profondes de nos enseignements et de l’institution.
Les contributions attendues pour cette première séance prendront en compte les évolutions récentes et les controverses actuelles autour du fait religieux à l’école, afin de comprendre les processus en cours, mais également de mettre en exergue les relations particulières qu’entretiennent les acteurs de la société civile, les autorités religieuses et l’État autour de cette institution particulière qu’est l’école. Le fil rouge de cette séance est comparatif et vise à mettre en perspective les différentes approches du fait religieux à l’école, que celle-ci soit le départ de la réflexion, ou qu’il s’agisse des réformes institutionnelles dont elle est le théâtre, soit à partir des acteurs intervenant au sein de l’institution. Une attention particulière pour l’analyse des transformations que ces controverses produisent sur la société (mise à l’agenda politique du fait social, récupération politique des controverses, etc.) sera appréciée.

2. Que nous enseigne la transmission à l’école de la mémoire de faits passés sur le vivre-ensemble et la citoyenneté ?

La mobilisation du passé suscite de plus en plus de tensions au sein de nos sociétés politiques. Des mémoires peuvent parfois s’opposer voire entrer en concurrence et aboutir à des conflits ouverts ou latents. Or la transmission de faits historiques occupe une place importante au niveau des institutions scolaires. Le conflit sociétal peut alors se déplacer et prendre une place importante à l’école. C’est par exemple le cas lorsqu’il s’agit de parler de génocide à des jeunes, pouvant venir d’horizons différents.
Les contributions attendues chercheront à éclairer la manière dont est conçue la transmission de faits historiques. L’accent sera particulièrement mis sur les dimensions politiques que peuvent revêtir la transmission de la mémoire de ces faits. Afin d’interroger le lien pouvant exister entre l’école et la citoyenneté, les contributions s’attacheront à analyser les voies qui peuvent être utilisées afin d’intégrer les élèves dans le système politique et social et le faire devenir un citoyen à part entière, enchâssé dans de multiples liens sociaux visant à assurer le vivre-ensemble propre aux systèmes étudiés.

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Ce Congrès comportera en outre 22 sections thématiques. Pour le détail des autres appels à communication : www.absp-cf.be ou www.sciencepolitique.be

ST 1. Campagnes et élections sub-nationales dans les systèmes multi-niveaux
ST 2. Citoyens, acteurs politiques et institutions démocratiques dans les sociétés plurilingues. Cohésion ou division ?
ST 3. Être gouverné hors du territoire national au 21e siècle : De nouveaux axes pour la recherche sur les migrations et les minorités ethniques au 21ème siècle : transnationalisme et culture
ST 4. Redimensionner l’action publique : participation, modernisation et jeux d’échelles
ST 5. Les salariés après 30 ans de « réformes sociales » : plus nombreux mais plus faibles ?
ST 6. Savoir, réception institutionnelle du genre et mouvements de femmes : politisation ou dépolitisation ?
ST 7. « Être gouverné en situation de gouvernance » : pour une analyse des « natures » politiques de la gouvernance contemporaine
ST 8. Analyse des crises et des conflits. Importance des logiques locales
ST 9. Systèmes électoraux et parlements en mutation : logiques institutionnelles et influences de la société civile
ST 10. Les systèmes d’aide au vote (SAV), nouveaux instruments de l’analyse politologique ? Défis et potentialités
ST 11. Être partisan. Loyauté, prise de parole et défection dans les partis politiques
ST 12. Les systèmes de clivages en Europe sous l’effet conjugué de la globalisation et de l’européanisation
ST 13. Que nous apprend l’analyse du milieu scolaire sur la citoyenneté et le vivre-ensemble ?
ST 14. La légitimation de l’acte de votation en Europe. Regards croisés sur les rapports représentants/représentés
ST 15. Être gouverné dans l'espace postsoviétique : singularités et convergences des trajectoires
ST 16. Les Etats fragiles et en reconstruction
ST 17. Le citoyen et la pratique sécuritaire de l’Union européenne : enjeux d’une nouvelle approche globale de la sécurité
ST 18. Militantisme et répression. Perspectives comparées
ST 19. Les rapports gouvernés/gouvernants troublés par le genre ?
ST 20. Gouverner et être gouverné par les idées en Europe
ST 21. Regards citoyens et parlementaires sur la représentation
ST 22. Être gouverné au XXIè siècle : Regards de la théorie politique

Lieux

  • Bruxelles, Belgique

Dates

  • mercredi 01 septembre 2010

Mots-clés

  • éducation, science politique, multiculturalisme, religieux, religion, État

Contacts

  • Grégory Piet
    courriel : fructis [at] ulg [dot] ac [dot] be
  • Geoffrey Grandjean
    courriel : geoffrey [dot] grandjean [at] ulg [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Grégory Piet
    courriel : fructis [at] ulg [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Que nous apprend l’analyse du milieu scolaire sur la citoyenneté et le vivre-ensemble ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 12 mai 2010, http://calenda.org/201133