AccueilLa figure du peintre divin. Portrait et autoportrait en démiurge

La figure du peintre divin. Portrait et autoportrait en démiurge

The divine painter figure. Demiurgical portrait and self-portrait.

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Publié le mercredi 12 mai 2010 par Marie Pellen

Résumé

La question de l’autoportrait à la Renaissance n’a pas ou peu fait l’enjeu d’études approfondies dans la perspective de son scénario de production, telle que l’entendrait Victor Stoichita. En impliquant l’idée d’un montage visuel savant établi par l’artiste, le scénario de production tient un discours qui lui est propre sur la peinture et sur la figure de l’artiste. Dans le contexte du nouveau statut de la peinture au Quattrocento comme art libéral, il serait intéressant de se demander comment le peintre met en scène picturalement sa propre nature de créateur. Qu’en est-il du peintre qui se regarde peindre, de celui qui joue de l’usurpation et du camouflage d’identité et se peint sous les traits de saint Luc ou d’autres personnages sacrés? Au sein de l’autoportrait, qu’en est-il de l’emphase placée sur un motif corporel, la main du peintre, laquelle renvoie inexorablement à la littérature artistique de l’époque et au lien indissociable entre concetto et componimento inculto, le dessin et l’esquisse informe ?

Annonce

Call for Papers : RSA Renaissance Society of America
24-26 mars 2011, Montréal

La figure du peintre divin. Portrait et autoportrait en démiurge
La question de l’autoportrait à la Renaissance n’a pas ou peu fait l’enjeu d’études approfondies dans la perspective de son scénario de production, telle que l’entendrait Victor Stoichita. En impliquant l’idée d’un montage visuel savant établi par l’artiste, le scénario de production tient un discours qui lui est propre sur la peinture et sur la figure de l’artiste. Dans le contexte du nouveau statut de la peinture au Quattrocento comme art libéral, il serait intéressant de se demander comment le peintre met en scène picturalement sa propre nature de créateur. On connaît, à ce titre, le christomorphisme de Dürer et sa stratégie qui consiste à utiliser les connotations très fortement marquées de l’imagerie religieuse. Mais qu’en est-il du peintre qui se regarde peindre, de celui qui joue de l’usurpation et du camouflage d’identité et se peint sous les traits de saint Luc ou d’autres personnages sacrés? Au sein de l’autoportrait, qu’en est-il de l’emphase placée sur un motif corporel, la main du peintre, laquelle renvoie inexorablement à la littérature artistique de l’époque et au lien indissociable entre concetto et componimento inculto, le dessin et l’esquisse informe ? Et en reprenant la phrase d’Aby Warburg, «le bon Dieu niche dans les détails», que peut nous réveler la micrographie intimiste des artistes du Nord sur leur position artistique dans la réalisation d’autoportraits au sein des miroirs peints ?
Particulièrement bienvenues sont les approches portant sur les modalités anthropologiques du portrait et de l’autoportrait en démiurge dans les arts visuels de la Renaissance. A travers les notions de ressemblance, d’identification, il s’agira d’analyser les dispositifs picturaux et les discours sur l’art afin de saisir les motivations esthétiques des artistes à se représenter comme l’alter-ego du dieu de la pensée judéo-chrétienne.

On pourra s’interroger notamment sur ces thématiques non exhaustives :

  • l’emploi littéraire ou philosophique de la métaphore démiurgique
  • le peintre et l’Imitatio Christi
  • l’autoportrait en saint et les variantes assimilant le peintre au divin
  • la mise en abyme de l’iconographie de saint Luc par les peintres
  • les légendes relatives au mandylion d’Edesse, au voile de Véronique, au vrai portrait du Christ
  • la notion de ressemblance et de ressemblance fictive
  • les avatars de l’analogie démiurgique dans l’icône ou dans les arts non occidentaux à l’époque moderne, voire le prolongement et la réception de ce paradigme jusqu’à la période contemporaine
Les propositions de communication (150 mots maximum, en anglais ou en français) accompagnées d’un C.V. (avec adresse mail et affiliation institutionnelle) sont à adresser simultanément aux deux adresses suivantes avant le 21 mai 2010 :
  • florence.chantoury@umontreal.ca
  • natachapernac@yahoo.fr

Organisatrices :

  • Florence Chantoury-Lacombe, Professeur invité, Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques, Université de Montréal
  • Natacha Pernac, Université Paris-Sorbonne / Université Lille 3
Les intervenants devront être membres de la RSA au moment du colloque.

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • vendredi 21 mai 2010

Mots-clés

  • portrait, autoportrait, représentation, peintre, démiurge

Contacts

  • Florence Chantoury-Lacombe
    courriel : florence [dot] chantoury [at] umontreal [dot] ca
  • Natacha Pernac
    courriel : natacha [dot] pernac [at] u-paris10 [dot] fr

Source de l'information

  • Florence Chantoury-Lacombe
    courriel : florence [dot] chantoury [at] umontreal [dot] ca

Pour citer cette annonce

« La figure du peintre divin. Portrait et autoportrait en démiurge », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 12 mai 2010, http://calenda.org/201140