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Anthropologie comparative des sociétés insulaires de l'océan Indien occidental

Comparative anthropology of the island societies of the Western Indian Ocean

Terrain et théorie

Ethnographies and theories

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Publié le mercredi 19 mai 2010 par Marie Pellen

Résumé

Ce colloque international est organisé par le Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC), CNRS - université de Paris Ouest Nanterre La Défense (Maison de l’archéologie et de l’ethnologie), et par le département de la recherche et de l’enseignement du musée du quai Branly, Paris. Il s’agira de discuter, comparer, et en définitive établir un état des lieux critique des travaux ethnologiques (mais aussi historiques, sociologiques, archéologiques et géographique pour peu qu’ils contribuent au projet d’anthropologie générale), récemment conduits sur les sociétés insulaires de l’océan Indien occidental (Madagascar, Comores, Zanzibar, La Réunion, Maurice, Rodrigues, Chagos, Seychelles…).

Annonce

27, 28, 29 avril 2011

Ce colloque international est organisé par le Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC), CNRS - Université de Paris Ouest Nanterre La Défense (Maison de l’archéologie et de l’ethnologie), et par le Département de la Recherche et de l’enseignement du musée du quai Branly, Paris.

Comité scientifique

  • Laurent Berger, Chargé de la recherche, Département de la recherche et de l’enseignement, musée du quai Branly.
  • Sophie Blanchy, Directeur de recherches au CNRS, Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.
  • Christian Ghasarian, Professeur d'anthropologie, Directeur de l'Institut d'ethnologie, Université de Neuchâtel, Suisse.
  • Michael Lambek, MSRC Professeur d'Anthropologie & Chaire de recherche du Canada, Université de Toronto, Scarborough, Canada.
  • Dominique Somda, Docteur en anthropologie, Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

Appel à propositions

La constitution des pratiques humaines et sociales en objets d’étude et d’analyse est indissociable du cadre méthodologique : dispositifs d’enquête utilisés, théories échafaudées, réflexions épistémologiques et critiques de l’époque. La demande sociale, influencée par les orientations politiques nationales ou internationales, peut également jouer sur cette construction, favorisant souvent l’interdisciplinarité. Certaines approches thématiques ou problématiques sont ainsi privilégiées, notamment quand elles sont soutenues par les débats publics et médiatisés, au nord comme au sud.

Il s’agit ici de discuter, comparer, et en définitive établir un état des lieux critique des travaux ethnologiques (mais aussi historiques, sociologiques, archéologiques et géographique pour peu qu’ils contribuent au projet d’anthropologie générale), récemment conduits sur les sociétés insulaires de l’océan Indien occidental (Madagascar, Comores, Zanzibar, La Réunion, Maurice, Rodrigues, Chagos, Seychelles…) : quels sont leurs objets de prédilection ? Quels sont les approches, méthodologies et débats théoriques dans lesquels ils s’inscrivent ? Quels espaces de discussion inaugurent-ils ? Quels sont éventuellement les champs d’application et d’utilisation des connaissances ainsi produites ?

La constitution de l’Océan indien occidental en aire culturelle et domaine de recherche à part entière se justifie par l’existence pluriséculaire de réseaux d’échanges entre et au sein même de ces sociétés insulaires, prises à l’interface des civilisations africaines et eurasiatiques. Les flux de populations (au travers de la traite esclavagiste, des migrations, des circuits matrimoniaux, de la diffusion des plantes et des animaux domestiqués), le commerce de biens et services, les transferts et circulations de savoirs et de techniques, la circulation des langues et des styles artistiques, l’acculturation et les reformulations adaptées des traditions religieuses et des imaginaires politiques, les alliances diplomatiques et les conflits armés, ont eu des effets structurants sur l’ensemble des sociétés et des cultures ainsi connectées. Mais ces dernières ont pu aussi se développer et se singulariser à partir de dynamiques propres, tenant autant d’un travail de réappropriation locale, que de circonstances historiques et de spécificités écologiques et politiques liées à l’enracinement territorial des populations et aux formes de transmission intergénérationnelle au sein de celles-ci. Le problème central est donc de savoir à quelle échelle d’interaction et de temporalité il est nécessaire de se référer pour comprendre ces multiples échanges (internes et externes), et pour élaborer une connaissance anthropologique des sphères d’activités sociales étudiées (de la cognition située aux rituels pratiqués, en passant par les musiques performées et le pouvoir politique exercé) : quelles « unités échangistes » dans ce cas privilégier (une île, un quartier, une agglomération, une région, une catégorie de population, une formation politique, un mouvement social, un programme de conservation de l’environnement, un groupe de parenté…) ? Quelles techniques d’investigation et de traitement des données peut-on mettre en œuvre de manière appropriée?

Les organisateurs encouragent la présentation de recherches novatrices sur le plan théorique et empirique, qui éclairent sous un angle original les problématiques de ce colloque. Ces contributions seront présentées et discutées en séances plénières (demi-journées). Les textes seront diffusées entre les participants avant la tenue du colloque, afin d’être simplement résumés pendant les présentations et plus longuement discutés (30 mn par papier).

Les contributions plus spécialisées sur le plan thématique et ethnographique, faisant état de travaux récents, seront également retenues et présentées en ateliers (demi-journées).

Les interventions des séances plénières et des ateliers s’inscriront dans les axes suivants :

1. L’épistémologie des travaux relevant d’une anthropologie comparative des sociétés insulaires de l’océan Indien occidental

2. La nature des échanges et des jeux d’échelle pertinents dans la description et l’analyse des sphères d’activités sociales étudiées

3. Les « effets de boucle » dus à l’application ou l’utilisation éventuelles dans la sphère publique des connaissances savantes ainsi produites dans le champ académique.

Dans ce cadre, l’ensemble des thèmes habituels pourront être abordés (parenté, économie, politique, religion, stratification et morphologie sociale, droit, santé, art, technologie, musique, cognition, médias, migrations, littérature orale, architecture et urbanisme, sport, tourisme et loisirs, langage, sexualité, développement, mouvements sociaux et intellectuels, etc.), pour être déclinés par exemple de la façon suivante :

  • L’idéologie et la pratique de l’ancestralité dans les relations sociales, économiques et politiques ; les catégories d’ancêtres, les représentations qui leur sont associées et les ontologies auxquelles elles participent.

  • Les hiérarchies et stratifications sociales : leurs justifications et leurs transformations. L’expression des discriminations présentes ; la rémanence et/ou la représentation des discriminations passées.

  • La construction des altérités et l’évolution des identités dans le contexte politique (origine géographique et ethnique, statuts sociaux) ; la formulation et la légitimation des frontières entre nous et les autres ; métissage, hybridité.

  • Les statuts personnels et collectifs, les droits et obligations (ceux des citoyens, autochtones, ou descendants) ; les entités d’appartenances ; les critères d’appartenance, les devoirs inhérents ; les tensions entre formes concurrentes d’appartenance.

  • Les catégories d’étrangers ; les positions de ceux-là ; les champs et modes d’interactions avec eux.

  • Les âges ; la catégorie « jeunes », les jeunes urbains et ruraux, les relations entre générations ; le rapport au statut et au genre ; les institutions en relation avec les jeunes (leurs formations, activités économiques, productions et expressions, loisirs).

  • La transmission sociale et culturelle, le mode d’acquisition du savoir de sens commun, l’éducation et le développement cognitif. 

  • La parenté : les discours locaux, les pratiques et les catégories ethnographiques. 

  • Les politiques de protection de la biodiversité : leurs effets sur les communautés rurales ; la communication entre acteurs étrangers et locaux de la conservation ; les formes d’organisation de sociabilité qu’elles suscitent.

  • Les politiques des agences internationales de développement : démocratisation, décentralisation, réforme de la gouvernance locale, promotion de l’égalité des genres.

  • Les migrations et diasporas, les mobilités contemporaines régionales, nationales ou internationales, notion de limites et de frontières.

  • L’Islam, ses réseaux et ses implantations. Les Eglises chrétiennes, nouvelles et anciennes. L’innovation rituelle ; la transmission des affiliations religieuses.

  • Les productions artistiques. Les performances et modes consommations ; les contextes et les techniques. Musique, littérature, arts plastiques.

  • La circulation des savoirs. L’écriture et cultures médiatiques.

  • Les politiques de régulation foncière et les droits autochtones.

  • Les formes de souveraineté à l’échelle des états, des cités-états, des chefferies, des royautés, des communes, etc.

  • La ville et ses usages.

Calendrier

Les propositions, sous forme d’un titre provisoire et d’un bref argumentaire, sont à adresser avant le 31 mai 2010 à l’adresse du colloque : ocean.indien@mae.u-paris10.fr

Sélection du comité scientifique : 31 juin 2010

Réception des résumés (400 mots environ) avant le 31 août 2010

Réception des textes sélectionnés pour les séances plénières, pour diffusion aux autres communicants, avant le 31 janvier 2011

Informations pratiques

Le colloque se tiendra à l’Université de Paris Ouest Nanterre et au musée du quai Branly, les mercredi 27, jeudi 28 et vendredi 29 avril 2011. Les présentations et discussions se feront en français ou en anglais.

L’inscription au colloque est gratuite. Les repas de midi seront offerts aux participants.

D’autres informations pratiques seront diffusées par la suite.

Organisation et contact

Sophie Blanchy, Ethnologue, Directeur de recherches au CNRS,

Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative

21 allée de l'Université

92 023 Nanterre Cedex

tel 01 46 69 26 05

fax 01 46 69 25 91

sophie.blanchy@mae.u-paris10.fr

 

Dominique Somda, docteur en ethnologie

Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative

dominique.somda@wanadoo.fr

Catégories

Lieux

  • Maison de l'archéologie et de l'ethnologie / Musée du Quai Branly
    Paris, France

Dates

  • lundi 31 mai 2010

Contacts

  • Sophie Blanchy
    courriel : sophie [dot] blanchy [at] mae [dot] u-paris10
  • Somda Dominique
    courriel : dominique [dot] somda [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Somda Dominique
    courriel : dominique [dot] somda [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Anthropologie comparative des sociétés insulaires de l'océan Indien occidental », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 19 mai 2010, http://calenda.org/201178