Accueil« Vivre ensemble par le sport en Europe ». Approches croisées en sciences humaines et sociales

« Vivre ensemble par le sport en Europe ». Approches croisées en sciences humaines et sociales

“Living together through sport in Europe”. Cross-disciplinary approaches in social sciences

Journée d’études européennes « jeunes chercheurs »

European Study Day - Young Researchers

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Publié le lundi 31 mai 2010 par Marie Pellen

Résumé

L’équipe de recherche en sciences sociales du sport (EA 1342) de l’Université de Strasbourg en partenariat avec l’Agence pour l’Education par le Sport organisent, le 7 avril 2011 à Dunkerque (France), une Journée d’études européennes « Jeunes Chercheurs » sur le thème : « Cohésion sociale par le sport en Europe : processus et acteurs de terrain ». Cette journée d’études est ouverte à tous les étudiants de master, doctorants et jeunes docteurs membres d’un laboratoire de recherche et/ou d’une université en Europe.

Annonce

Face aux transformations structurelles récentes des sociétés contemporaines et à l’émergence de nouvelles fractures sociales, le sport a été très largement sollicité pour lutter contre les nouvelles formes de vulnérabilité qui touchent des populations exclues, telles que les filles en situation précaire, les minorités, les personnes déficientes, les personnes handicapées, les chômeurs, ou encore les personnes âgées. En ce sens, le sport incarne un modèle d’« intégration » pour différentes populations exclues et constitue un instrument au service de politiques locales et nationales visant la cohésion sociale et le « vivre ensemble ».

Largement répandue, cette idée d’un sport « intégrateur » et « fédérateur » s’est vue progressivement confirmée par les institutions européennes. Pour le Conseil de l’Europe, le sport apparaît en effet comme un « facteur d’insertion, de participation à la vie sociale, de tolérance et d’acceptation des différences » (mai 2003). Cette pétition de principe a été relayée en 2004 par le Comité européen pour la cohésion sociale qui rappelle le rôle actif du sport dans la construction d’une société cohésive où la diversité est plus une source d’enrichissement mutuel qu’un facteur de division et de conflit. Enfin, avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, les principales intentions de cet universalisme sportif européen se voient une nouvelle fois entérinées. L'article 149 du Traité indique que « L'Union contribue à la promotion des enjeux européens du sport, tout en tenant compte de ses spécificités, de ses structures fondées sur le volontariat ainsi que de sa fonction sociale et éducative ». Le traité ouvre ainsi la voie à l'introduction d'une nouvelle dimension éducative et sociale attribuée au sport en Europe.

Or, la réalité sociale n’est pas toujours à la mesure des principes et des intentions. L’analyse scientifique impose donc une mise à distance des croyances et des idéologies nationales pour saisir, dans la confrontation au terrain et à partir de la comparaison européenne, la variation des dispositifs, le sens de la pratique sportive pour les populations que l’on dit « à intégrer » et sa contribution réelle au « vivre ensemble ».

Par l’intermédiaire d’une recherche nourrie d'enquêtes et de données empiriques, il s’agira d’analyser le quotidien des pratiques sportives et de leurs institutions pour saisir la capacité du lien sportif à tisser ou à retisser le lien social dont on prétend généralement qu’il se distend. Dans quelle mesure les pratiques sportives contribuent-elles à la participation active de chaque homme et de chaque femme comme citoyen à part entière ? Comment « vivre ensemble » par les pratiques sportives avec nos différences ? Comment les pratiques sportives peuvent-elles créer des solidarités ? Loin de tout parti pris idéologique, c'est donc cette question fondamentale de la cohésion sociale par le sport que notre journée d'études souhaite affronter et confronter aux regards des jeunes chercheurs européens.

Conçues à partir de ces considérations essentielles pour la compréhension des enjeux sportifs européens, les communications sont attendues autour de quatre grands axes de questionnement :
  • Les politiques et idéologies au service du « vivre ensemble » par le sport

La cohésion sociale s’inscrit au cœur des politiques et des organisations structurelles des Etats européens. Elle se décline en une multitude de dispositifs et de recommandations à destination des exclus ou des populations vulnérables. Sous la forme de modèles assurantiels qui visent à lutter contre les inégalités et les exclusions, ces politiques publiques s’appuient sur des fondements idéologiques privilégiant – parfois complémentairement – la discrimination positive, la non discrimination, l’égalité ou l’équité. Quels sont les dispositifs politiques et sociaux mis en place par les pays européens pour développer les fonctions sociales du sport ? Comment sont-ils construits ? Sur quels présupposés s’appuient-ils ?
  • La contribution des activités physiques et sportives à la qualité de vie : santé, bien-être et estime de soi

Pour le Conseil de l’Europe, la cohésion sociale est la capacité d’une société à assurer le bien-être de tous ses membres. Dans un contexte d’allongement de l’espérance de vie et d’accélération des pathologies de la modernité (obésité, diabète, risques cardiovasculaires, etc.), l’activité physique et sportive est souvent convoquée dans le cadre de projets visant à favoriser la santé, le bien-être et l’estime de soi. Il conviendra donc d’analyser précisément la contribution des pratiques sportives à l’amélioration de la qualité de vie notamment des personnes handicapées, âgées, des malades chroniques ou des inadaptés sociaux. Au-delà des principes et des intentions, qu'en est-il de la réalité des situations sportives vécues par les populations vulnérables ? Quel peut être le rôle des activités physiques et sportives dans la préservation de la santé mentale et sociale ? Comment s’organisent, pour ces populations, les pratiques sportives de plein air, les loisirs sportifs et le tourisme ?
  • Les pratiques sportives et la participation sociale des populations minoritaires ou vulnérables

Les dispositifs de développement de la cohésion sociale par le sport concernent plus particulièrement certains groupes sociaux référencés comme populations minoritaires ou vulnérables, tels que les personnes handicapées ou malades, les personnes âgées, les filles en situation précaire, les chômeurs, les « minorités ethniques » (ou les populations issues de l’immigration), les personnes homosexuelles, etc. Comment ces publics participent-ils à la vie sociale par le sport ? Quelles sont leurs pratiques ? Quelles significations socioculturelles accordent-ils à leurs activités physiques ? Ces interrogations mettent également en évidence des enjeux liés à l’interculturel, l’intergénérationnel, la coéducation, etc. Quel « vivre ensemble » par le sport : entre soi ou avec les Autres ?
  • Le développement de la cohésion sociale par l’éducation physique et sportive scolaire

A travers la construction d’un citoyen lucide, responsable et autonome, l’école s’intéresse particulièrement à la construction du « vivre ensemble ». En Education Physique et Sportive, la socialisation relève non seulement d’un apprentissage des règles de vie en collectivité, d’une culture et de codes communs facilitant les interrelations sociales, mais aussi de la nécessité de l’altérité dans la construction de soi. « Vivre ensemble » ne consiste pas seulement à accepter les différences (tolérance) mais à se construire grâce à l’Autre. Le « vivre ensemble » dépasse en EPS le niveau des finalités pour devenir un véritable instrument d’apprentissage. Dans cette optique, on peut se demander si les Activités Physiques et Sportives ont des vertus socialisantes et lesquelles ? L´éducation physique et sportive peut-elle contribuer, par exemple, à la promotion de la compétence interculturelle ? Les pratiques sportives offrent ainsi des situations de socialisation différentes. Il s’agira de se donner des cadres d’analyse pour les reconnaître à travers les situations d’apprentissage proposées. On pourra également étudier la manière dont le dispositif d’enseignement reconstruit la nature des relations sociales dans le groupe-classe, l’établissement scolaire et, de manière plus générale, dans l’environnement urbain de proximité.

La journée d’études se déroulera sous l’égide d’un comité scientifique composé d’universitaires et de jeunes chercheurs :

Comité scientifique universitaire :

Antonio Da Silva Costa (Pr. en Sciences du sport, Université de Porto, Portugal, -sous réserve-), Gilles Bui-Xuân (Pr. en Sciences du sport, Université du Littoral Côte d’Opale, France), Joseph Dovalil (Pr. en sciences du sport, Université Charles de Prague, République Tchèque), William Gasparini (Pr. en Sciences du sport, Université de Strasbourg, France), Petra Giess-Stueber (Pr. en Pédagogie et Sciences du sport, Université de Fribourg, Allemagne), Ian Henry (Pr. de politiques des loisirs et de management, Université de Loughborough, Grande-Bretagne), Michel Koebel (Dr. en sociologie, Université de Strasbourg, France), Aggée-Célestin Lomo Myazhiom (Dr. en histoire, Université de Strasbourg, France), Catherine Louveau (Pr. en Sciences du sport, Université de Paris 11 Orsay, France), Anne Marcellini (Pr. en Sciences du sport, Université de Montpellier, France), Christelle Marsault (Dr. en sciences du sport, Université de Strasbourg, France), Nicola Porro (Pr. de Sociologie, Institut des sciences motrices et de la santé, Université de Cassino, Italie), Uwe Pühse (Pr. en Sciences du sport, Université de Bâle, Suisse), Otto Schantz (Pr. en Sciences du sport, Université de Coblence-Landau, Allemagne), Swantje Scharenberg (Pr. en Histoire, Université de Karlsruhe, Allemagne).

Comité scientifique jeunes chercheurs :

Guillaume Erckert, Johanne Geiger, Frédéric Reichhart, Clotilde Talleu, Pierre Weiss (Docteurs et doctorants de l’Equipe de recherche en sciences sociales du sport, Strasbourg), Natalie Barker-Ruchti (docteure, Université de Bâle), Simone Digennaro (Ph.D., Université de Rome II, Italie), Kajsa Gilenstam (Dr., Université d’Umeå, Suède), Sabrina Granata (Dr., Université de Catania, Italie), Elke Grimminger (Dr., Université de Fribourg, Allemagne), Isolde Reichel (Ph.D., Université de Berne, Suisse), Christiane Reuter (Dr., Université de Würzburg, Allemagne), Astrid Schubring (Ph.D., Université de Tübingen, Allemagne), Haifa Tlili (Dr., Université Concordia Montréal, Canada).

Normes et transmission des documents

Les projets rédigés en français ou en anglais (300 mots maximum) devront être inclus au formulaire de candidature ci-joint et envoyés par courrier électronique à jejc2010@gmail.com  

Ils devront impérativement spécifier la problématique soumise à discussion, ainsi que le terrain sur lequel s’appuie l’enquête.

Echéances

Date limite d’envoi des propositions : 30 septembre 2010

Les communicants seront informés vers le 15 novembre 2010 des projets retenus après double expertise du comité scientifique.

Ces derniers devront également transmettre leur support de communication au plus tard pour le 15 janvier 2011 afin de faciliter la traduction simultanée lors de la journée d’études.

Informations pratiques

Les droits d’inscription à la journée d’études sont gratuits.

Les frais d’hébergement et de restauration des communicants sont pris en charge par l’organisation.

Les communicants seront également invités à la seconde journée de cet événement  intitulée « Développer le sport comme outil social et éducatif en Europe ».

Deux prix d’une valeur de 1500 € récompensant les meilleures communications scientifiques seront décernés par l’Agence pour l’éducation par le sport lors de la seconde journée de conférences.

Contacts :

Clotilde Talleu
Equipe de recherche en sciences sociales du sport
Université de Strasbourg
clotilde.talleu@unistra.fr

Pour toute demande liée au caractère scientifique de la journée d’étude, contacter :
jejc2010@gmail.com

Lieux

  • dunkerque, France

Dates

  • jeudi 30 septembre 2010

Mots-clés

  • sciences humaines et sociales, sport, Europe, politique, santé, minorités

Contacts

  • Clotilde Talleu
    courriel : clotilde [dot] talleu [at] unistra [dot] fr

Source de l'information

  • Clotilde Talleu
    courriel : clotilde [dot] talleu [at] unistra [dot] fr

Pour citer cette annonce

« « Vivre ensemble par le sport en Europe ». Approches croisées en sciences humaines et sociales », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 31 mai 2010, http://calenda.org/201329