AccueilLa restructuration territoriale des universités : quel potentiel d’attractivité par la culture ?

La restructuration territoriale des universités : quel potentiel d’attractivité par la culture ?

The Territorial Restructuration of Universities: the Potential Appeal of Culture

Comparaisons internationales

International comparisons

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Publié le jeudi 03 juin 2010 par Marie Pellen

Résumé

Ce séminaire pose la question de l’évaluation des actions des politiques pour l’attractivité qui s’appuient sur la culture et les savoirs, en questionnant plus particulièrement la place occupée par les universités notamment franciliennes dans la « fabrication de nouveaux territoires ».

Annonce

Préambule

 La thématique de l’attractivité territoriale a fait l’objet d’une première série de séminaires (février-juillet 2007), coordonnées par Patrizia Ingallina pour le PUCA, qui avait surtout pour objectif de démontrer la complexité de la notion d’attractivité, au croisement de différents domaines tels que l’économie, l’histoire, l’architecture (par les projets dits /flagship/), la science politique, la sociologie et l’ethnographie, le développement durable, etc… Ces séminaires ont été suivis d’un colloque international sur deux journées (17-18 novembre 2008), qui a questionné de manière plus fine les liens entre attractivité, culture et /branding/ territorial;  la place des pratiques spontanées dans les stratégies pour l’attractivité d’un territoire et la gestion des équilibres territoriaux dans les aires métropolitaines, les plus attractives mais aussi, à certains égards, les plus répulsives.

Ces deux activités ont permis de réunir  des experts (chercheurs et praticiens) internationaux parmi les plus représentatifs dans ce domaine qui ont apporté leur contribution.  Ce dialogue se poursuit dans le cadre d’un network international qui se réunira deux fois par an pour traiter de thématiques plus spécifiques qui intéresseront des territoires précis.

Une des conclusions du colloque de 2008 consistait à dire qu’il était nécessaire une évaluation des actions issues des politiques dites « culturelles » (Pratt, 2008), aussi bien en termes de leur retombées, au plan économique et social que dans leur relation au territoire métropolitain. Le développement des industries culturelles et, plus généralement, des actions basées sur l’économie de la connaissance, associant l’art, les aménités et la recherche scientifique (R&D) et les NTC posent, en effet, le problème de leur structuration territoriale.

S’il est vrai  que le développement économique s’appuie sur une culture de l’action collective qui donne le primat à l’innovation sociale et à la créativité, il n’en reste pas moins qu’il est difficile de gérer les articulations entre culture/économie/territoire (territoire au sens aussi bien physique que social). Par ailleurs, Andy Pratt souligne que dans la majorité des cas les acteurs économiques, en quelque sorte aidés par les architectes et les urbanistes, partagent une vision instrumentale de la « culture » : la construction d’un Opéra ou d’une galerie d’art constitue souvent l’offre culturelle d’un lieu qui est garant de la qualité de vie demandée aussi bien par les entreprises internationales que par l’élite culturelle. Le même auteur nous fait aussi réfléchir sur  le caractère subsidiaire accordé à la culture lorsqu’on veut lui attribuer un rôle social. Quid des universités dans ce contexte qui met en avant la culture, la créativité et aussi l’innovation comme des objectifs pour le développement territorial ?

Ce séminaire s’inscrit dans le programme « Universités et territoires »[1], dirigé par Pierre Bernard, chargé de mission au PUCA. Il pose la question de l’évaluation des actions des politiques pour l’attractivité qui s’appuient sur la culture et les savoirs, en questionnant plus particulièrement la place occupée par  les universités notamment franciliennes dans la « fabrication de nouveaux territoires ».

La recomposition des universités autour de PRES d’intégration et de coopération, parfois localisés dans des campus périphériques (nouveaux ou restructurés),  témoigne de cette difficulté à formuler un véritable projet territorial capable de rendre plus visibles et attractifs ces lieux « producteurs de culture », afin de pouvoir  diffuser et partager cette culture avec un large public.

Sachant que l’économie culturelle (OCDE, 2005 ; Scott et Leriche, 2005) s’appuie à la fois sur des produits culturels mobiles qui utilisent des structures globalisées (gamme d’objets à la fois matériels et immatériels) et immobiles (permanents -monuments, musées etc..- et temporaires  –événements, salons, etc..), et eu égard aux différents enjeux présents dans les différentes régions (dans la métropole Lilloise par exemple,  et en Ile de France, notamment concernant le Grand Paris), serait-il possible de concevoir ces nouveaux territoires universitaires comme des territoires culturels à part entière, sans pour autant les isoler du reste de la ville ?

Dans quelle mesure la concentration dans des pôles périphériques, peut-elle permettre de structurer un territoire : peut-on fabriquer de nouveaux territoires garants d’urbanité à partir de ces pôles ?

Comment formuler un véritable « projet territorial » qui considère les universités à l’intérieur du système d’équipements culturels offert par la ville ? Plus généralement : quelle place occupe-t-elle l’université dans les stratégies pour l’attractivité et la compétitivité territoriale?

Quel est le potentiel de l’université en termes d’offre culturelle (artistique etc..) ?  Peut-on envisager que ces lieux soient appropriés par les habitants ? Qu’ils soient attractifs (plus que pour les étudiants et les chercheurs) autant pour des visiteurs occasionnels que pour des touristes ? Quelles pourraient être les retombées économiques, sociales, spatiales de cette nouvelle conception des universités ?

L’exemple du Cône Sud de l’Innovation francilien illustrera une tentative de fabriquer un territoire attractif et compétitif, en dépassant « le modèle entre économie de la connaissance et tissu urbain ordinaire » et en essayant de « renouveler le rapport science/économie/ville (pour) devenir un attracteur mondial » (D.Béhar). Des exemples d’aménagement universitaires à l’étranger (Italie, Corée du Sud) seront illustrés pour permettre de dégager des éléments de comparaison et d’identifier des facteurs-clé.

INTERVENANTS

Patrizia Ingallina, Jean-Paul Blais, Pierre Bernard « L’aménagement universitaire: fabriquer de nouveaux territoires entre attractivité et compétitivité»

Daniel Béhar, « Economie de la connaissance et territoire : le « cône sud de l'innovation »

Hyunchan Bahk, « L’aménagement universitaire à Séoul »

Romeo Farinella, « Le projet d’aménagement de l’université de Ferrare : une stratégie basée sur l’image d’une ville d’art et de culture »

Marcel Roncayolo, « La ville doit-elle rester le lieu même de l’université ? »

ENTREE LIBRE


[1] En particulier dans les axes 3 et 4:

3- «La fabrique de nouveaux territoires universitaires et urbains.

4- Espaces universitaires et modes de vie étudiants : transformation des pratiques et usages de l’espace.

 

Catégories

Lieux

  • Espace culture de l'Université Lille 1 - Sciences et Technologies, Métro Cité scientifique (L1)
    Villeneuve-d'Ascq, France

Dates

  • mercredi 16 juin 2010

Mots-clés

  • universités, culture, attractivité des territoires

Contacts

  • Mme Habane
    courriel : anissa [dot] habane [at] univ-lille1 [dot] fr

Source de l'information

  • Anissa Habane
    courriel : anissa [dot] habane [at] iae [dot] univ-lille1 [dot] FR

Pour citer cette annonce

« La restructuration territoriale des universités : quel potentiel d’attractivité par la culture ? », Séminaire, Calenda, Publié le jeudi 03 juin 2010, http://calenda.org/201354