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Médium dans l'ère des médias

Revue Proteus n°1

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Publié le lundi 21 juin 2010 par Marie Pellen

Résumé

Le médium en art est métaphore ; il désigne le moyen, le matériau palpable ou intellectuel, à travers lequel s'exprime le sens. Entre les conditions requises par l'expérience artistique et le modèle de discursivité élaboré par l'œuvre, quelles sont les chances d'une prise en charge réflexive aujourd'hui ? Le concept de médium est-il toujours opératoire pour comprendre l'art contemporain ? De la distinction des Beaux-arts, jusqu'à son ouverture à tous les possibles, la notion conserve-t-elle sa pertinence ? Ce sont les questions que ce premier numéro de Proteus se propose de soulever.

Annonce

Le médium est une notion qui, appliquée à l'art, remplit deux objectifs contradictoires.

Le premier est critique, il réside dans l'appréciation des enjeux spécifiques d'une œuvre en fonction de son support d’expression. Il en va ainsi par exemple du modernisme, défendu par Clement Greenberg dans les années 1950, d’après lequel la peinture exprime la pureté de son médium dans la planéité.

L'autre est utilitaire, puisque le recours au médium servait à la classification plus ou moins raisonnée des œuvres dans les institutions muséales. Par là il semble que la notion porte un regard sur les œuvres d’art par le biais de leur constitution matérielle, laquelle départage les artistes non pas selon leur façon d’être mais selon leurs façons de faire. Il y aurait donc plusieurs arts parce que les métiers d’arts travaillent chacun un matériau différent.

Or, ces objectifs se trouvent bouleversés par des pratiques artistiques indifférentes aux cadres théoriques et pratiques préétablis. Le projet romantique allemand d’exécuter une œuvre d’art totale (Gesamtkunstwerk) provoque un bouleversement de l’unité de médium en prétendant représenter l’unité de la vie par la stimulation de plusieurs sens. À l’inverse, si l’on peut dire, l’apparition de l’art conceptuel à partir de la fin des années 1960 marque le début d’une rupture, diversement consommée entre l’idée d’art et sa matérialisation physique quelle qu’elle soit. L’œuvre se livrerait au spectateur sur un mode indiciel, par un ensemble d’informations permettant de se faire une idée de l’œuvre plus que de la scruter. En outre, on remarque que cette forme d’art se prête assez bien à l’ekphrasis, l’évocation médiane d’une œuvre par la description.

On voit par là combien la frontière entre médium et média peut être à la fois mince et problématique. Mais il convient de l'interroger plus en détail, à une époque dite « médiatique », où nos moyens de communication modifient notre compréhension de l'art, ancien ou actuel, et questionnent sa mission de préservation.

Sensibles à ces changements, bon nombre d'artistes jouent sur les problèmes associés à la valeur d'exposition benjaminienne à travers ces questions : qu’exposer ? et est-il possible de penser une œuvre sans médium spécifique ?

Peut-être l’infiltration de l’art dans les médias traditionnels (presse écrite, télévision, radio) et moins traditionnels (Internet) répond-elle à la question.

Celle-ci demeure : et si l’exposition devenait en soi un médium ?

Paradoxalement, ce sont peut-être des considérations liées au marché de l'art qui permettraient de mieux cerner les enjeux de ces créations. En tout état de cause, si le concept de médium peut rester opératoire pour comprendre l'art contemporain, il apparaît important de reconsidérer l'extension du concept et sa pertinence relative à un projet artistique.

Ces quelques interrogations sur le médium en art et bien d'autres – sous forme d’axes de réflexions rassemblés ci-dessous – formeront la matière de ce numéro 1 de la revue Proteus.

  • Exposer les médias
  • Le paragone, parallèle des arts selon leur médium
  • L’intermédialité (dessins sculpturaux, texte pictural, etc.)
  • Usurpation du médium (ces photographies qui sont des sculptures, ces sculptures qui sont des peintures, etc.)
  • L’ekphrasis
  • Le langage dans l’art conceptuel
  • Les artistes et les médiums (voyantes, marabouts)
  • L’art virtuel / Net art

Nous attendons vos propositions d'article d'une page environ avant le 1er septembre, en pièce jointe anonyme, ainsi qu'une brève présentation de l'auteur située dans le corps du mail.
La revue Proteus accueille également des articles hors-thèmes que vous pouvez envoyer en dehors des dates limites fixées pour les articles sur thème. Pour participer au numéro 1, veillez cependant à nous communiquer vos travaux avant le 1er novembre.

La revue Proteus accueille également des articles hors-thèmes que vous pouvez envoyer en dehors des dates limites fixées pour les articles sur thème.

Le comité scientifique

  • Karin Badt (Université de New York)
  • Patrick Barrès (Université Toulouse II)
  • Omar Calabrese (Université de Bologne)
  • Dominique Chateau (Université Paris I)
  • Tom Conley (Université de Harvard)
  • Marc Jimenez (Université Paris I)
  • Milani Raffaele (Université de Bologne)
  • Pere Salabert (Université de Barcelone)
  • Olivier Schefer (Université Paris I)
  • Ronald Schusterman (Université Bordeaux III)
  • Karl Sierek (Université de Jena)

Le comité de rédaction

  • Evangelos Athanassopoulos
  • Amandine Cha-Dessolier
  • Gary Dejean
  • Sarah Leperchey
  • Paul Magendie
  • Cécile Mahiou
  • Benjamin Riado
  • Bruno Trentini

 

Dates

  • mercredi 01 septembre 2010

Mots-clés

  • Revue, Proteus, numéro un, médium, médias, esthétique, philosophie, arts

Contacts

  • Gary Dejean
    courriel : gary [dot] dejean [at] revue-proteus [dot] com

Source de l'information

  • Gary Dejean
    courriel : gary [dot] dejean [at] revue-proteus [dot] com

Pour citer cette annonce

« Médium dans l'ère des médias », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 21 juin 2010, http://calenda.org/201480