AccueilAutour des Cent Nouvelles nouvelles : sources et rayonnements, contextes et interprétations

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Publié le mardi 22 juin 2010 par Marie Pellen

Résumé

Les Cent Nouvelles nouvelles, œuvre anonyme rédigée à la cour de Bourgogne aux alentours de 1462, se distinguent à la fois par leur caractère précurseur et par leur ancrage profond dans la littérature européenne du Moyen Âge flamboyant. De fait, il s’agit là du premier recueil de nouvelles en langue française, conçu dans le cadre de la prestigieuse cour de Philippe le Bon, sur le modèle du déjà célèbre Décaméron de Boccace. L’un des objectifs prioritaires de ces rencontres internationales sera de mettre à l’honneur cette œuvre phare à laquelle aucun colloque scientifique n’a été consacré jusqu’à ce jour. Ces rencontres se voudraient par surcroît un espace de réflexion sur les origines et le rayonnement de la nouvelle à travers l’Europe médiévale et moderne.

Annonce

Dunkerque, 20 et 21 octobre 2011

Comité scientifique 

  • Jean Dufournet (Université de Paris III – Sorbonne Nouvelle),
  • Danielle Quéruel (Université de Reims – Champagne Ardenne),
  • Jelle Koopmans (Université d’Amsterdam),
  • Graeme Small (Université de Glasgow)

Organisateurs

Université du Littoral – Côte d’Opale, Unité de recherche sur l’Histoire, les Langues, les Littératures et l’Interculturel (H.L.L.I.)Centre de Recherche « Modalités du fictionnel »

Responsables

  • Jean Devaux, Professeur de langue et de littérature françaises à l’Université du Littoral – Côte d’Opale (Jean.Devaux@univ-littoral.fr Département Lettres et Arts – Centre Universitaire de la Citadelle – 220, avenue de l’Université – BP 5526 – 59379 Dunkerque CEDEX 1
  • Alexandra Velissariou, ATER en langue et littérature françaises à l’Université du Littoral – Côte d’Opale (Alexandra.Velissariou@wanadoo.frDépartement Lettres et Arts – Centre Universitaire de la Citadelle – 220, avenue de l’Université – BP 5526 – 59379 Dunkerque CEDEX 1

 

Description du projet

Les Cent Nouvelles nouvelles, œuvre anonyme rédigée à la cour de Bourgogne aux alentours de 1462, se distinguent à la fois par leur caractère précurseur et par leur ancrage profond dans la littérature européenne du Moyen Âge flamboyant. De fait, il s’agit là du premier recueil de nouvelles en langue française, conçu dans le cadre de la prestigieuse cour de Philippe le Bon, sur le modèle du déjà célèbre Décaméron de Boccace. L’un des objectifs prioritaires de ces rencontres internationales sera de mettre à l’honneur cette œuvre phare, qui appartient de plein droit au patrimoine littéraire de la région Nord – Pas de Calais et à laquelle aucun colloque scientifique n’a été consacré jusqu’à ce jour. Ces rencontres se voudraient par surcroît un espace de réflexion sur les origines et le rayonnement de la nouvelle à travers l’Europe médiévale et moderne. Aussi s’articuleront-elles autour de trois axes transversaux, qui permettront d’appréhender dans ses multiples aspects cette esthétique littéraire située à la frontière des genres et des cultures.

Axe 1 : Contextes et interprétations

Il conviendra tout d’abord d’invoquer le contexte historique et littéraire de l’œuvre afin de déterminer en quoi elle constitue par essence un recueil bourguignon, appelé à se fondre, dès la fin du XVe siècle, dans le paysage de la littérature française. Cette œuvre narrative, si novatrice soit-elle, n’est en effet que l’une des manifestations multiples de la vaste production littéraire qui fleurit dans l’orbite de la cour de Bourgogne. L’esthétique cultivée par le nouvelliste, confrontée à d’autres textes contemporains, devrait ainsi permettre de dégager les fondements d’un genre promis à un bel avenir. Il serait également intéressant de s’interroger sur la réception de l’œuvre, aussi bien au Moyen Âge et au XVIe siècle qu’à l’époque moderne. En effet, qu’il s’agisse d’études scientifiques ou d’allusions au cœur d’autres textes littéraires, les Cent Nouvelles nouvelles n’ont cessé de faire réfléchir leurs lecteurs. Cet axe de recherche amènera en outre à se pencher sur l’abondante iconographie du recueil et sur sa riche tradition éditoriale.

Axe 2 : Au carrefour des genres

Quelle que soit, par ailleurs, leur originalité, force est de constater que la plupart des récits qui composent ce recueil appartiennent à une longue tradition littéraire. Cet axe de recherche permettra de mettre au jour les multiples échanges opérés au fil des siècles entre les genres – fabliaux, farces, nouvelles ou contes – qui véhiculent des thèmes ou des procédés communs. Dans cette optique, il serait certainement fort enrichissant d’offrir un aperçu global des textes dont les thèmes et les sujets ont inspiré le nouvelliste des Cent Nouvelles nouvelles ou qui appartiennent tout simplement au même fonds oral que le recueil bourguignon. Il conviendra pareillement de prendre en compte les œuvres des siècles postérieurs dont les auteurs ont repris les mêmes motifs. Cette confrontation intertextuelle contribuera de la sorte à définir les contours d’une culture française et européenne solidement enracinée dans les esprits des lecteurs du Moyen Âge et des Temps modernes. Elle amènera en outre à s’interroger sur les modalités et les raisons de ces échanges thématiques et formels.

Axe 3 : Au carrefour des cultures

En explorant, il y a plus de trente ans, le « carrefour des Rhétoriqueurs », Paul Zumthor a souligné le caractère sans doute le plus fascinant de la littérature bourguignonne : sa situation au croisement des espaces et des cultures, reflet de la réalité complexe des principautés réunies sous la houlette des ducs de Bourgogne de la maison de Valois. De par leur rayonnement à travers le royaume de France, les Cent Nouvelles nouvelles constituent, de ce point de vue, un témoignage incomparable sur l’interpénétration des milieux littéraires bourguignon et français, où s’affirme une conscience exacerbée de l’ambiguïté du langage, doué d’une aptitude infinie au mensonge et à la dissimulation.

Il serait particulièrement intéressant d’aborder les points suivants :

  • les échanges entre les Cent Nouvelles nouvelles et certains textes médiévaux français qui leur sont antérieurs : les fabliaux, les Nouvelles de Sens, Floridan et Elvide de Nicolas de Clamanges, la Chronique de George Chastelain (Livre IV)
  • les échanges entre les Cent Nouvelles nouvelles et le théâtre comique de la fin du Moyen Âge
  • la présence de sujets semblables dans certains recueils étrangers antérieurs à la rédaction des Cent Nouvelles nouvelles : Le Novellino, le Décaméron, les Trecento novelle de Franco Sacchetti, les Facecies de Pogge
  • les héritiers français des Cent Nouvelles nouvelles, du Moyen Âge à l’époque moderne : les Cent Nouvelles nouvelles de Philippe de Vigneulles, le Parangon des Nouvelles nouvelles de Nicolas de Troyes, l’Heptaméron de Marguerite de Navarre, le recueil de La Motte Roulant, les Contes et Nouvelles de La Fontaine
  • les recueils étrangers postérieurs au recueil bourguignon : le Novellino de Masuccio Salernitano, les Facétieuses Nuits de Straparole
  • la réception du recueil, du Moyen Âge au XXIe siècle

Date limite pour les propositions de communications :

15 juillet 2010

Nous demandons de fournir un titre provisoire, ainsi qu’un résumé de 5 lignes (environ 60 mots).

Courriel d’envoi : Jean.Devaux@univ-littoral.fr ; Alexandra.Velissariou@wanadoo.fr

Lieux

  • Département Lettres et Arts – Centre Universitaire de la Citadelle, 220, avenue de l’Université
    dunkerque, France

Dates

  • jeudi 15 juillet 2010

Mots-clés

  • nouvelle, Bourgogne, Moyen Âge

Contacts

  • Jean Devaux - Alexandra Velissariou ~
    courriel : Jean [dot] Devaux [at] univ-littoral [dot] fr

Source de l'information

  • Jean Devaux - Alexandra Velissariou ~
    courriel : Jean [dot] Devaux [at] univ-littoral [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Autour des Cent Nouvelles nouvelles : sources et rayonnements, contextes et interprétations », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 22 juin 2010, http://calenda.org/201483