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Habitats précaires, vulnérabilités et politiques publiques

Fragile Habitats, Vulnerability and Public Policy

Pertinence et perspectives d'une approche comparative

Relevance and perspectives for a comparative approach

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Publié le lundi 21 juin 2010 par Karim Hammou

Résumé

Dans le cadre du programme des Journées A Sud (Architecture et situations urbaines de développement), un colloque sur le thème « Habitat précaire et politiques urbaines », se tiendra la journée du mercredi 23 juin de 9h30 à 19h à l'école d'architecture de Paris La Villette. Autour de chercheurs et professionnels du développement, seront mises en débat différentes expériences et problématiques liées aux questions de développement urbain et d’amélioration de l’habitat. Plus largement, nous questionnerons la pertinence et les perspectives qu’offrent l’approche comparative Nord-Sud et Sud-Sud, dans un contexte mondial où la précarité urbaine devient majoritaire. La journée se termine par la projection à 18h du film « Villa el Salvador. Les bâtisseurs du désert », du réalisateur, Jean-Michel Rodrigo. Pour poursuivre le débat, une exposition collective « Villes et quartiers de création populaire, habitats précaires » se tiendra à l’ENSAPLV au deuxième semestre 2010.

Annonce

A l’échelle mondiale, urbanisation accélérée et changements des périmètres institutionnels ont favorisé une reprise et une diversification des formes d’habitat précaire et de mal-logement. On prend comme point de départ le constat fait par le dernier rapport de l’ONU : « Les habitants des bidonvilles constituent 78,2% de la population urbaine des pays les moins développés et un tiers des citadins de la planète. (…) 85% des habitants des villes du tiers-monde ne possèdent aucun titre de propriété légal ».

La médiatisation poussée du phénomène « taudis », bidonville ou slum, avec l’ouvrage récent de Mike Davis faisant suite aux rapports de Un-habitat ou le récent forum urbain de Rio, doit amener à réinterroger les catégories habituelles par lesquelles l’architecture et les sciences de l’urbain questionnent et analysent l’habitat précaire. La génération d’architectes formés par John Turner n’a guère trouvé de disciples dans les années 1990 et 2000, et le vocabulaire de l’intervention publique oscille entre régularisation, politique du bulldozer ou du déni, et le vocabulaire de l’urgence et du jetable. La conception de solutions adaptées suppose tout au moins une évaluation en amont, qui peut être déclinée en réinterrogeant les programmes classiques de restructuration urbaine et les programmes d’intervention basés sur la résorption de l’habitat insalubre.

  • Dans ce contexte, quels sont et peuvent être les apports des professionnels de la ville et de l’espace habité : architectes,urbanistes ? Comment réfléchir à des formes alternatives d’habitat tenant compte de la diversité des besoins, des modes de vie et des ressources existantes ? Comment intégrer la logique de la survie et de l’immédiateté dans les projets ? Comment intégrer aux processus en place des innovations sur le montage, les matériaux, les programmes ?
  • Comment est utilisée la connaissance des formes d’habitat populaire non-aidées : auto-construction, occupations temporaires, logements très sociaux, expériences de squats, logements locatifs privés, aides à l’autopromotion, coopératives, détournement de bâtiments ? La production aidée de logement à destination des classes populaires s’inspire-t-elle de ces initiatives « d’en bas » et, si oui, comment ?
  • Dans les pays qui tentent de réduire la production de l’habitat sous-équipé et précaire (l’Inde, le Brésil, le Vénézuela, le Maroc, ...), les montages d’opérations, les types de financements mobilisés et même les formes de participation engagées n’ont rien à envier à la démocratie participative à la française. Comment donc relire les expériences de résorption de camps, de quartiers précaires, de zones d’insalubrité en France en fonction de ce capital d’expériences au sud ?

In fine, alors que les politiques de lutte contre l’habitat précaire apparaissent souvent comme des impasses, on s’interrogera sur les vertus du comparatisme pour dégager des enseignements relatifs tant aux succès et pistes d’innovation qu’aux difficultés rencontrées. Le comparatisme est-il d’aucun secours pour comprendre des situations contrastées et influer sur les politiques publiques ? Comment les gouvernements locaux, les coopérations internationales, les mouvements sociaux s’emparent-ils des savoirs et quelles mutualisations se sont construites ces dernières années pour forger de nouveaux cadres de pensée ou modes opératoires ? Quels sont les réseaux actifs sur ces questions, comment sont-ils entendus ? Enfin, cette journée interrogera la place respective des productions
d’étudiants, des initiatives habitantes et de l’expertise dans l’adoption de cadres institutionnels, de programmes ou de projets mettant en oeuvre le droit à la ville et la prévention des vulnérabilités dans le logement.

Programme

9:00  Accueil

9:15  Présentation

Agnès Deboulet (Ensa Paris La Villette) : Quand dire n’est pas faire : un demi-siècle de propositions sur l’habitat précaire.

09:45-11:15  Pertinence et usage de la comparaison et du comparatisme (nord-sud, sud-sud)

Jean-François Tribillon (Juriste, urbaniste, Act-consultants) : Proposition de quelques hypothèses de travail pouvant servir en toutes circonstances (ou presque) dans le champ de l’habitat et de la ville, au Sud.
Diana Mitlin (IEED, Londres) : Citizen-led upgrading: lessons from experience (south africa, india and slum dwellers mouvements in perspective).

11:15-12:45  Question foncière, croyances dans la régularisation : un retour sur expériences

Véronique Dupont (Directrice de recherche IRD, U.M.R. Développement et Sociétés) : Politiques d’éradication des slums à Delhi et Mumbai : démolition, relocalisation et réhabilitation.
Licia Valladares (Professeur de Sociologie, Université Lille I) : Les différents programmes de transformation des favelas en quartiers. Quoi de neuf ?

Président de séance : Victor Brunfaut (Ecole d’Architecture de la Cambre, Bruxelles)
Discutants : Luis Lopez (Ensa Paris La Villette), Agnès Deboulet (Ensa Paris La Villette)

12:45-14:00  Pause

14:00-15:15  Le programme Villes sans Bidonvilles au Maroc

Julien Le Tellier (Géographe, chargé de mission, Plan Bleu, PNUE/PAM) : Stratégie de développement humain, politiques du logement et instruments d’ingénierie sociale au Maroc.
Marta Pappalardo et Emmelyne Perot, (Architectes, Ensa Paris La Villette), avec Jean-François Tribillon (Juriste, urbaniste, Act-consultants) : L¹intégration de l¹habitat informel dans les politiques urbaines au Maroc, l¹exemple du SDAU d¹Oujda. 15:15-15:30  Pause

15:30-17:00  La production d’habitat social comme alternative

Virginie Rachmuhl (Responsable de programmes de développement urbain, GRET), Christophe Hennart (Responsable du pôle Accès aux services essentiels, GRET), Armelle Choplin (Maitre de conférences, Univ. Marne la Vallée) : Agir par projet pour fabriquer la ville ? Retours sur l’expérience du programme Twize en Mauritanie.
Président de séance : Phillippe Revault (Architecte, Act-consultants, Ensa Paris La Villette)
Discutants : Monique Bertrand (Géographe-urbaniste, directrice de recherche IRD, UMR Développement et Sociétés), Virginie Rachmuhl (Responsable de programmes de développement urbain, GRET)

17:00-18:00  TABLE RONDE : Que peut l’architecture pour la ville précaire?

Victor Brunfaut (Ecole d’Architecture de la Cambre, Bruxelles), Mina Saidi, (Institut Français de Recherche en Iran), Marc Bourdier, Phillippe Revault, Merril Sinéus, Varinia Taboada (Ensa Paris La Villette).

18:00  Projection du film de Jean-Michel Rodrigo : « Villa el Salvador. Les bâtisseurs du désert », 2009.

En présence de Alexis Sierra (Géographe, U.M.R. Prodig, Univ. Saint Quentin)

Comité d’organisation :

A. Deboulet, Ensa-Paris la villette, H. Béguin, Lab’urba, B. Deluc, Ensa-Paris la Villette, P. Garcia Sanchez, Université de Nanterres, R. Hoddé, Ensa-Paris Malaquais, K. Mamou, Ensa-Paris la Villette, A. d’Orazio, Ensa Paris-la Villette,
Réalisation graphique : M. Sinéus, Ensa Paris la Villette, A. Landon, Ensa-Paris la Villette

Lieux

  • à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette - 144, avenue de Flandre M° Corentin Cariou ou Crimée - AMPHI 11
    Paris, France

Dates

  • mercredi 23 juin 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • habitat, précaire, bidonville, slums, politiques publiques, vulnérabilités, urbanisation, taudis, occupations, squats, UN - Habitat, forum urbain, Rio

Contacts

  • Agnès Deboulet
    courriel : deboulet [at] gmail [dot] com
  • Aurélie Landon
    courriel : landon [dot] aurelie [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Aurélie Landon
    courriel : landon [dot] aurelie [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Habitats précaires, vulnérabilités et politiques publiques », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 21 juin 2010, http://calenda.org/201488