AccueilLe paysage comme lieu de transfert des pratiques artistiques entre l’Irlande, l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne

Le paysage comme lieu de transfert des pratiques artistiques entre l’Irlande, l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne

Landscape as the locus for artistic transfers between Ireland, Northern Ireland and Great Britain

De 1968 à nos jours

From 1968 to the present day

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Publié le lundi 28 juin 2010 par Marie Pellen

Résumé

Le paysage serait-il au cœur des échanges entre les artistes intéressés par la représentation de l’Irlande et le Royaume-Uni au-delà de la période 1968-1998 ? Comment les artistes, les galeristes, les institutions et les œuvres d’art contemporaines s’approprient et interrogent-ils la représentation du paysage au Royaume-Uni et en Irlande ?

Annonce

Colloque international au Centre Culturel Irlandais, Paris, jeudi 25 novembre 2010

Les Troubles et les événements meurtriers qui ont sévi de la fin des années soixante à la signature du Good Friday agreement en 1998 ont bien souvent servi d’ancrage aux pratiques artistiques en Irlande du Nord, en République d’Irlande, et en Grande-Bretagne. Inversement, les études sur les arts irlandais et les institutions culturelles ont naturellement privilégié les travaux sur la situation politique en Irlande du Nord avant, pendant et après les Troubles. Récemment, la Holden Gallery de la Manchester Metropolitan University accueillait l’exposition Archiving Place and Time: Contemporary Art Practice in Northern Ireland since the Belfast Agreement (2009) . Le contexte politique et institutionnel de l’Irlande du Nord a favorisé notamment la séparation radicale des spécificités artistiques et plus largement culturelles de cette triangulaire République d’Irlande, Irlande du Nord et Grande-Bretagne sans évoquer de possibles connexions . L’affirmation d’une identité plastique spécifique, de pratiques artistiques très distinctes et indépendantes les unes des autres semblaient nécessaires. Les différents conseils des arts d’Irlande du Nord, de Grande-Bretagne, le British Council, et les institutions culturelles de la Republique d’Irlande reconnaissent plus aisément les déplacements des artistes, leurs expériences et leurs œuvres comme empreintes des échanges culturels entre les régions et pays à partir de 1998, voire, elles les admettent comme facteurs d’initiation de ces croisements culturels. L’exposition 0044 organisée par la Crawford Municipal Gallery de Cork en 1999 montre comment les artistes irlandais vivant en Grande-Bretagne partagent une expérience, non pas celle d’appartenir à une identité nationale commune mais plutôt celle de vivre le déplacement, la migration et la rencontre avec une histoire personnelle et une histoire collective. Des accords de paix et du développement économique dans la région découlent des changement significatifs dans les politiques culturelles, les lieux d’expositions et les pratiques artistiques. Le Tigre Celtique, allié à l’accessibilité accrue au transport abordable, a modifié le champ des possibilités.
Les échanges artistiques entre l’Irlande, l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne reposent souvent sur des parcours individuels d’artistes venant compléter une formation dans les écoles d’art britanniques (Elizabeth Magill à la Slade School of Art, Kathy Prendergast au Royal College of Art, Declan Clarke au Chelsea College of Art, Daphne Wright, à Newcastle-Upon-Tyne, Dorothy Cross à Leicester), ou encore des volontés de galeries telles que la Orchard Gallery à Derry ou la Kerlin Gallery à Belfast puis Dublin – pour ne citer que quelques exemples.
La tradition du paysage est un autre élément de partage, de discussion, entre l’histoire de l’art britannique et l’histoire de l’art irlandais. En 1996, à l’occasion d’un grand festival sur l’imaginaire irlandais, Luke Gibbons publie un article dans lequel il établit un rapport entre l’art contemporain, le mythe de la terreur et les écrits d’Edmund Burke à propos du sublime au XVIIIe siècle. La tradition irlandaise serait donc nourrie d’une difficulté à représenter le visible, qui s’accompagne d’une préférence pour le langage, construite dès le XVIIIe en opposition à la tradition du paysage anglais ; une tradition qui se retrouve toutefois de manière très similaire dans l’art britannique. Le paysage serait-il au cœur des échanges entre les artistes intéressés par la représentation de l’Irlande et le Royaume-Uni au delà de la période 1968-1998 ? Comment les artistes, les galeristes, les institutions et les œuvres d’art contemporaines s’approprient et interrogent-ils la représentation du paysage au Royaume-Uni et en Irlande ? Ou bien est-ce que, en effet, ce sont là des clichés qui méritent d’être intérrogés.
Willie Doherty est l’un des artistes qui témoignent de cette relation entre paysage, terreur et langage, dans la lignée de l’Anglais Hamish Fulton. Plus récemment Anne Tallentire exposait une page agrandie de P.W. Joyce (The Gap of Two Birds, 1989) sur les toponymes irlandais (Irish Local Names explained, 1870). La transmission culturelle entre les artistes de part et d’autres des frontières très longtemps contestées est néanmoins indéniable. Les travaux du Britannique Paul Graham (Troubled Lands, 1987) et de son élève irlandais Paul Seawright, (Sectarian Murders, 1988) participent de ces échanges à partir de la confrontation au genre documentaire et photographique dans leur double traitement des assassinats politiques et de la violence intrinsèque aux paysages d’Irlande du Nord dans les années 1970. Le paysage est-il abordé de la même manière en Irlande ? Il serait, pour cela, intéressant d’envisager une définition très étendue du terme ‘paysage’ aux frontières floues. Rhona Byrne, par exemple, traite de relation avec un lieu en initiant des promenables urbaines thématiques ou en créant des sculptures fonctionnelles en tissu pour un parc.
Si la question du paysage irlandais est parfois posée par les spécialistes « irlandistes » en France (Conférence Ireland, Landscape, Nantes, Mars 2010 ) et en Grande-Bretagne, elle est bien souvent traitée dans le cadre de la création littéraire, ou bien dans la tradition picturale des années 1950 ou encore associée à l’émergence du féminin comme territoire dans l’art visuel irlandais depuis le début du XXe siècle en opposition au paysage anglais . Ce colloque se propose d’interroger les points de vue des historiens de l’art, anglicistes, irlandistes sur les transferts culturels entre l’Irlande et la Grande-Bretagne à l’époque contemporaine. Le paysage sera considéré dans son acception la plus large – du traditionnel au conceptuel. La situation historique de l’Irlande du Nord ne sera pas le point nodal de cette journée, mais l’une des possibilités de réponses concernant le va-et-vient entre culture irlandaise et culture britannique.

Merci d'envoyer un résumé de 500 mots et un CV aux organisatrices avant le 30 septembre 2010

Organisé par / Organised by:

  • Charlotte Gould,
  • Caroline Hancock (Independent Curator)
  • Sophie Orlando (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
Emails: so.orlando@gmail.com, c.gould@wanadoo.fr, carolinehancock8@gmail.com

Comité Scientifique:

  • Charlotte Gould,
  • Sophie Orlando,
  • Caroline Hancock,
  • André Topia,
  • Christine Savinel,
  • Wesley Hutchinson

Avec le soutien de / Supported by:

  • Centre Culturel Irlandais, Paris. www.centreculturelirlandais.com
  • Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • One Piece at a Time  (HICSA, CIRHAC Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • www.geiab.org

International symposium at the Centre Culturel Irlandais, Paris, Thursday 25 November 2010


The Troubles and violent events that occurred between the end of the 1960s and the Good Friday agreement in 1998 have often been a focal point in the artistic practices in Ireland, Northern Ireland and Great Britain. The study of Irish art and culture has privileged work based on the political situation in Northern Ireland before, during and after the Troubles. Recently, the Holden Gallery at Manchester Metropolitan University presented the exhibition Archiving Place and Time: Contemporary Art Practice in Northern Ireland since the Belfast Agreement (2009) . The political and institutional context in Northern Ireland encouraged a radical differentiation between artistic and cultural specificities in each country without suggesting possible connections . It appeared necessary to affirm specific visual identities, and distinct, independent artistic practices. The different arts councils in Northern Ireland, Great Britain, the British Council and the equivalent organisations in the Republic of Ireland have recognised the importance of the movement of artists more readily since 1998. The artists’ experiences and artworks are like imprints of cultural exchanges between these regions and countries. The exhibition 0044, organised by the Crawford Municipal Gallery in Cork in 1999, presented Irish artists living in Great Britain, not only sharing a common national identity, but more importantly experiencing displacement, migration and an encounter with personal and collective history. The Peace Process and the economic development in the region led to great shifts in cultural policies, exhibition venues and artistic practices. The Celtic Tiger, alongside the rise of cheap travel, has modified the field of possibilities.
Artistic exchanges between Ireland, Northern Ireland and Great Britain are often due to individual efforts such as artists travelling to train in art schools in the UK (Elizabeth Magill at the Slade School of Art, Kathy Prendergast at the Royal College of Art, Declan Clarke at Chelsea College of Art, or Daphne Wright in Newcastle-Upon-Tyne, Dorothy Cross in Leicester), and galleries like the Orchard Gallery in Derry or the Kerlin Gallery in Belfast and then Dublin – to cite just a few examples.
The landscape tradition is a shared subject in British and Irish history of art. In 1996, during the festival in France dedicated to Irish imaginary, Luke Gibbons published an article in which he established a direct link between contemporary art, the terror myth and Edmund Burke’s writing about the sublime in the 18th century. Language tends to be preferred as a construct to represent the visible initially in opposition with the British tradition. Is landscape at the heart of the representation of Ireland and the UK beyond 1968-1998? How do artists, gallerists, institutions and artworks appropriate and question the representation of landscape in the UK and in Ireland? Or is this all in fact a cliché to move away from?
Willie Doherty represents this relation between landscape, terror and language in a similar vain to the British artist Hamish Fulton. More recently, Anne Tallentire showed an enlarged page from P.W. Joyce (The Gap of Two Birds, 1989) on Irish toponyms (Irish Local Names Explained, 1870). Cultural exchanges between artists either side of the borders were contested for a long time but nevertheless they existed. The work of British artist Paul Graham (Troubled Lands, 1987) and of his Irish student Paul Seawright (Sectarian Murders, 1988) are exemplary in their confrontation of documentary and photographic genres in order to deal with political murders and the intrinsic violence in Northern Irish landscapes in the 1970s. Could it be said that landscape is treated somewhat differently in Ireland, that Irish artists have expanded the definition of this field, blurred boundaries? Rhona Byrne, for instance, deals with location in a relational manner initiating themed walks through the city of Dublin or making functional sculptures with tent material for a park.
This question is often addressed from a literary angle, or based on the painterly tradition of the 1950s, or associated with the emergence of the feminine at the beginning of the 20th century. This symposium aims to present various viewpoints. Landscape will be considered in the broadest sense possible from traditional to urban or conceptual. The Northern Irish context will not be the only focus but a starting point to discuss exchanges between Irish and British visual arts.

Please send an essay of 500 words and a biography to the organizers before September the 30th:

Organisé par / Organised by:

  • Charlotte Gould,
  • Caroline Hancock (Independent Curator)
  • Sophie Orlando (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
Emails: so.orlando@gmail.com, c.gould@wanadoo.fr, carolinehancock8@gmail.com

Comité Scientifique:

  • Charlotte Gould,
  • Sophie Orlando,
  • Caroline Hancock,
  • André Topia,
  • Christine Savinel,
  • Wesley Hutchinson

Avec le soutien de / Supported by:

  • Centre Culturel Irlandais, Paris. www.centreculturelirlandais.com
  • Paris 3 Sorbonne Nouvelle
  • One Piece at a Time  (HICSA, CIRHAC Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • www.geiab.org

Lieux

  • Centre Culturel Irlandais
    Paris, France

Dates

  • jeudi 30 septembre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • paysage, Irlande, Grande-Bretagne, arts

Contacts

  • sophie orlando
    courriel : orlandosophie [at] gmail [dot] com
  • Charlotte Gould
    courriel : charlotte [dot] gould [at] sorbonne-nouvelle [dot] fr
  • Caroline Hancock
    courriel : carolinehancock8 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • sophie orlando
    courriel : orlandosophie [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le paysage comme lieu de transfert des pratiques artistiques entre l’Irlande, l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 28 juin 2010, http://calenda.org/201523