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Les élites en Asie du sud

Elites in South Asia

Dizième séminaire jeunes chercheurs de l’AJEI

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Publié le vendredi 02 juillet 2010 par Marie Pellen

Résumé

Chaque année, l’Association jeunes études indiennes organise un séminaire en France, destiné aux étudiants en sciences sociales de niveaux master, doctoral ou post-doctoral, travaillant sur l’Asie du Sud. La dixième édition de ce séminaire interdisciplinaire aura lieu avec le soutien renouvelé du Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud (EHESS - CNRS) et grâce au quadruple concours du Laboratoire territoires, villes, environnement et société (TVES - Lille 1), du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (LESC - Paris 10 Nanterre), du Centre de recherche de géographie comparée des Suds et des Nords (GECKO - Paris 10 Nanterre) et de l’École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent. Le séminaire se déroulera le mardi 16 novembre 2010 à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et portera sur « les Élites en Asie du Sud ».

Annonce

Chaque année, l’Association Jeunes Etudes Indiennes organise un séminaire en France, destiné aux étudiants en sciences sociales de niveaux master, doctoral ou post-doctoral, travaillant sur l’Asie du Sud. La dixième édition de ce séminaire interdisciplinaire aura lieu avec le soutien renouvelé du Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud (EHESS - CNRS) et grâce au quadruple concours du Laboratoire territoires, villes, environnement et société (TVES - Lille 1), du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (LESC - Paris 10 Nanterre), du Centre de recherche de géographie comparée des Suds et des Nords  (GECKO - Paris 10 Nanterre) et de l’Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent. Le séminaire se déroulera le mardi 16 novembre 2010 à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et portera sur « les  Élites en Asie du Sud ».

Que ce soit la richissime royauté moghole au XVIIIe, les marchands et industriels prospères au XIXe ou les dirigeants politiques issus des hautes castes au XXe siècle, les élites nationales ont fortement contribué aux dynamiques d’émergence en Asie du Sud. Depuis environ deux décennies, les transformations économiques interrogent le réagencement des relations sociales au sein des frontières nationales. Dans ce nouveau contexte, la question des oubliés d’un modèle de croissance peu inclusif occupe une place dominante dans le débat scientifique, mais peu d’études sont consacrées aux élites, dont la définition n’est pas aisée et l’appréhension souvent confondue ou réduite à la notion ambigüe et discutable de « classes moyennes ».

Fort de ce constat, le 10e séminaire pluridisciplinaire de l’AJEI portera sur les dynamiques à l’œuvre au « sommet de la société ». Plus précisément, son ambition est à la fois de contribuer à la redéfinition des traits caractéristiques de ce groupe hétérogène défini par les sociologues, les anthropologues et les politologues comme dominant, mais aussi d’appréhender les changements structuraux intervenus chez les élites sud-asiatiques au cours de l’histoire, et enfin d’apporter un éclairage nouveau sur les enjeux – politiques, juridiques, territoriaux, économiques, environnementaux et culturels – liés à la sociologie, aux pratiques et aux représentations des classes dominantes passées et présentes en Asie du Sud. Une attention particulière sera portée à la « politique de terrain » mobilisée pour la production de données sur les élites traditionnelles et renouvelées de l’Asie du Sud.  

Trois dimensions d’analyse – dans lesquelles pourraient s’inscrire les communications – sont privilégiées, sachant que le champ d’étude reste délibérément ouvert pour inclure des réflexions originales sur des facettes (in)explorées des « élites de l’Asie du Sud ».

Définitions et dynamiques d’un groupe hétérogène

Il paraît essentiel d’aborder en premier lieu les critères qui permettent de définir les élites en insistant sur leur diversité et leur évolution au cours du temps. En effet, les classes dominantes de l’Asie du Sud semblent se trouver au carrefour de plusieurs réalités qui rassemblent les couches les plus privilégiées de la société et exercent une influence sensible sur les discours, les actions et la distribution des territoires. Si ce concept fait sens, tant il se rapporte à la notion théorique de dominance, les études de terrain diachroniques, ne permettent-elles pas de mettre en évidence d’autres caractéristiques, liées par exemple à la condition socioprofessionnelle, la richesse ou la caste ?

On pourra aussi analyser la contribution des régimes politiques au renouvellement ou au renforcement des élites en place (administration coloniale, système républicain, Congrès tantôt conservateur, tantôt progressiste, ère des « réformes libérales »). Une question sous-jacente porte sur la volonté et la capacité des élites politiques en place à organiser le renouvellement régulier des « manageurs sociétaux » en favorisant la méritocratie aux échelles nationales et régionales. Cela sous-entend d’étudier l’existence d’ascenseurs sociaux donnant le droit d’entrée pour les « plébéiens » aux plus prestigieux Instituts de l’enseignement supérieur d’où sortent technocrates, hauts fonctionnaires et PDG d’entreprises florissantes, leur mode de fonctionnement et les limites visibles de leurs actions (maintien des anciennes élites issues des hautes castes vs recrutement des basses castes dans les formations d’ingénierie).

Cette dernière interrogation conduit vers une nécessaire identification des « fabriques » des élites – qu’elles soient instituées ou informelles - avec si possible des comparaisons sud-asiatiques et internationales sur les trajectoires des personnes (origines et parcours). Cela permettrait de faire apparaître les points communs et les dissemblances dans l’évolution et la transformation des « hiérarchies » au sein des sociétés.

Enfin, on pourra observer les changements en cours chez les élites religieuses – du haut fonctionnaire brahmane de la période coloniale aux prêtres hindous qui officient aujourd'hui de par le monde auprès de la diaspora.

Pratiques et représentations des élites

Ce deuxième thème cherche à nourrir la réflexion sur les systèmes d’opinions et d’attitudes dans lesquels les classes dominantes forgent leur action. Ainsi, il serait intéressant d’examiner de quelle manière les dignitaires politiques et religieux héritiers des traditionnelles hautes castes se distinguent socialement de la récente « upper middle class », considérée souvent comme « parvenue ». 

On peut aussi penser qu’en Asie du Sud les habitus des élites – logement, culture, alimentation, loisirs, tourisme, mariage, culte religieux, pratique de l’anglais et des langues régionales – varient selon l’époque de construction de leur capital économique, social et culturel, et sont le reflet d’une dichotomie du milieu (dominante rural vs dominante urbaine voire métropolitaine). L’analyse préalable du système de formation des élites aiderait à comprendre le poids des modèles occidentaux qui se reflètent dans la nature des capitaux culturels et sociaux d’individus cosmopolitains.

Enfin, l’appréhension de l’identité, de la mémoire et de la filiation des élites en Asie du Sud ainsi que l’appréciation des évolutions dans la transmission de la culture historique et politique des élites (littérature de référence, légendes, personnages clés, modèles, héros) peut-elle servir de base à l’analyse des processus d’ouverture, de fermeture et de reconnaissance des groupes sociaux dominants ?

Place, jeux et enjeux des classes dominantes dans le sous-continent indien

Les élites de l’Asie du Sud ne forment pas un groupe aux intérêts (politiques, économiques) nécessairement identiques. Durant ce séminaire, nous aimerions donc aller au-delà des processus de domination pour comprendre à quels cercles intellectuels influents et réseaux (exemple des think tanks aux intérêts idéologiques entendus ou divergents) appartiennent les élites, et par quels processus ces lieux de rencontre et d’intronisation influencent les orientations et les trajectoires prises par et pour la société (collusion et circularité des élites politiques, économiques, financières et parfois militaires).

On pourrait aussi mesurer l’influence des élites et de leurs réseaux aux niveaux régional, national et international. Des communications pourront porter sur les liens qu’entretiennent les élites au sein des entités administratives nationales (conventions symboliques, clubs de décideurs, entresoi mondain) ainsi que les rapports des classes « bourgeoises » à l’État (influence réciproque et modernisation). On pourrait aussi de se demander comment s’organisent les relations entre les élites nationales et transnationales (NRI et returnees) dans le cadre diasporique (« minorité modèle ») et celui des frontières du sous-continent indien. Par exemple, il serait intéressant de savoir comment communiquent les élites – utilisation des nouvelles technologies pour rendre compte d’une stratégie de réseau - que ce soit en temps de guerre ou de paix (géopolitique et géoéconomie internationale). Des contributions pourraient porter sur les perspectives liées à la circulation des élites cosmopolites et leur rôle et responsabilité dans les transformations des tissus économiques et sociaux. Des perspectives de comparaisons entre les États régionaux apporteraient des éléments significatifs sur le rapport des « champagne liberals » à l’échelle locale.

Sonder les classes dominantes, c’est aussi se demander quels sont leurs rapports au reste de la société. Dans quelle mesure les élites jouent-elles un rôle clé à la fois dans le maintien de l’unité des nations mais aussi dans l’accroissement des discontinuités socio-territoriales, observées aussi bien dans les villes que dans les campagnes ?

Dans un dernier temps, il semble essentiel d’engager une réflexion sur le discours produit par les élites elles-mêmes, afin de justifier de leur domination (notamment par rapport aux inégalités sociales ; méritocratie vs naissance). Cette question peut être un terrain d'analyse fructueux pour comprendre pourquoi les pouvoirs publics n’arrivent pas à remettre davantage en cause les inégalités (quid de la contestation des élites contre les mesures de discrimination positive ; sociologie des partis politiques).

Enfin, on pourrait emprunter une démarche de réflexivité et se demander dans quelle mesure la production du discours académique tend à se polariser soit dans une critique des élites et de leur domination sociale, soit dans une légitimation des élites et de leur rôle moteur dans le développement national.

PROPOSITION DE PARTICIPATION

Les propositions de communication devront être envoyées avant le 12 septembre 2010 à l’adresse suivante : seminaire@ajei.org. Le résumé (de 500 à 1000 mots) sera accompagné d’un titre et des informations suivantes concernant l’auteur(e) : coordonnées complètes, discipline, niveau d’étude, institution de rattachement, sujet et nom du directeur de recherche.

Après décision du comité d’organisation et processus de notification aux auteur(e)s – fin septembre 2010, il sera demandé aux auteur-e-s retenu-e-s de produire, au plus tard pour le 25 octobre 2010, un texte de 20 000 signes maximum, destiné aux discutant(e)s de chaque session, et qui pourra par la suite être mis en ligne sur le site de l’AJEI (www.ajei.org).

Chaque présentation durera 20 minutes, et sera discutée par un spécialiste.

ORGANISATION

  • Divya Leducq (Université Lille Nord de France – TVES) 
  • Julien Jugand (Paris Ouest Nanterre – LESC/EPHE) 

Catégories

Lieux

  • Université Paris Ouest Nanterre La Défense
    Paris, France

Dates

  • dimanche 12 septembre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • classes dominantes, élites, dynamiques sociales, Asie du Sud

Contacts

  • AJEI #
    courriel : ateliers2008 [at] ajei [dot] org
  • Divya Leducq
    courriel : divya [dot] leducq [at] univ-reunion [dot] fr
  • Julien Jugand
    courriel : julien [dot] jugand [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Divya Leducq
    courriel : divya [dot] leducq [at] univ-reunion [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les élites en Asie du sud », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 02 juillet 2010, http://calenda.org/201544