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Philosophie de Rousseau

Rousseau’s Philosophy

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Publié le lundi 12 juillet 2010 par Marie Pellen

Résumé

Ce colloque voudrait perdre la mesure du renouvellement interprétatif dont la philosophie de Rousseau a été l'objet ces dernières années : mieux comprise dans sa cohérence, mieux située dans son rapport polémique avec son temps, elle apparaît plus pertinente pour le nôtre. Les propositions de contributions se situeront à la fois par rapport à cette problématique d’ensemble et en référence à l’un des pôles autour desquels s’organisera le colloque : 1° « Théorie de l’homme » et « histoire de la morale ». 2° Théorie du langage et esthétique. 3° Philosophie politique. 4° Philosophie de la connaissance et métaphysique.

Annonce

Colloque international organisé dans le cadre de l’UMR 5037, Lyon, 6 – 9 Juin 2012

Communications en français ou en anglais

2012, année du tricentenaire de sa naissance, sera l’occasion de marquer, de multiples manières et en divers lieux, la présence de Rousseau dans notre horizon intellectuel. Dans ce cadre, il a paru opportun d’organiser, en France où il a passé l’essentiel de son existence, et particulièrement dans la région où il a vécu tant de moments décisifs pour lui, un colloque international consacré à la philosophie de Rousseau. Si, en effet, sa stature de philosophe a été très tôt reconnue (à commencer par Kant et Hegel), c’est au cours du XXe siècle (Ernst Cassirer a initié ce mouvement) que l’on a pris la mesure de l’ampleur, de la cohérence, et de la puissance problématique de sa pensée.

Ce renouveau interprétatif s’est développé dans trois directions principales

1° Prenant au sérieux l’affirmation de Rousseau selon laquelle sa pensée a, en un sens qui lui est propre, la cohérence d’un système, on a cherché à cerner les liens qui unissent sa théorie de l’homme, sa pensée politique, sa philosophie du langage et son esthétique, sa philosophie de l’existence, plus récemment sa philosophie de la connaissance et ce qu’il faudrait peut-être appeler sa métaphysique. Le second Discours, le Contrat social et l’Émile, sont ainsi progressivement apparus comme autant de centres à partir desquels s’organise, de façon spécifique mais concertante, l’unité de sa pensée.

2° Un important travail de contextualisation a montré que la profonde originalité de ses thèses se nourrit aussi bien de la tradition antique (Platon, Aristote, le stoïcisme, mais aussi l’épicurisme) que moderne (Machiavel, Hobbes, le jusnaturalisme, Descartes et Malebranche, Locke). Surtout, on a mieux reconnu le dialogue serré, parfois véhément, qu’il conduit avec les penseurs de son temps (Voltaire, d’Alembert, d’Holbach, Helvétius, Diderot…). Plus récemment, on a souligné l’importance de son rapport avec Condillac et plus largement avec l’empirisme. Par les questions qu’il se pose et par son univers de référence (moral, politique, économique, scientifique), Rousseau appartient pleinement à l’horizon des Lumières,  à raison même de la contestation radicale qu’il entend en produire.

3° L’intérêt renouvelé que la pensée de Rousseau suscite aujourd’hui s’explique aussi par la position singulière qu’il occupe dans la modernité : en un moment où la crise du lien social nous oblige à repenser les conditions de possibilité de la communauté politique et la validité du système représentatif, au moment où les effets du développement technique et économique nous contraignent à interroger à nouveaux frais notre rapport à la nature, ce qui faisait de lui un marginal au regard du main stream de la modernité le ramène au centre des préoccupations contemporaines.

Le but de ce colloque sera, en premier lieu, d’articuler ces trois lignes interprétatives, et ainsi de dresser une sorte d’état des lieux des recherches sur la philosophie de Rousseau. En second lieu, il devra permettre de rendre manifeste que, loin de se borner à des interventions polémiques sur tel ou tel problème déterminé, à défendre des paradoxes dont la fonction serait seulement réactive, il constitue une perspective cohérente qui peut être appréhendée comme une philosophie. Une philosophie à laquelle le moment contemporain donne une nouvelle pertinence et une nouvelle fécondité.
Les propositions de contributions chercheront à se situer à la fois par rapport à cette problématique d’ensemble et en référence à l’un des quatre pôles autour desquels s’organisera le colloque (ils ne désignent pas des domaines séparés mais des points de vue autorisant des lectures complémentaires et globales de l’œuvre entière de Rousseau) : « Théorie de l’homme » et « histoire de la morale ». Théorie du langage et esthétique. Philosophie politique. Philosophie de la connaissance et métaphysique.

Comité scientifique :

  • Blaise Bachofen,
  • Bronislav Baczko,
  • Jacques Berchtold,
  • Bruno Bernardi,
  • André Charrak,
  • Florent Guénard,
  • Antony McKenna,
  • Pierre-François Moreau,
  • John Scott,
  • Jean Starobinski,
  • Raymond Trousson

Comité d’organisation :

  • B. Bachofen,
  • B. Bernardi,
  • A. Charrak,
  • F. Guénard

Les propositions de communication seront reçues jusqu’au 30 avril 2011.

Pour toute correspondance :
Bruno Bernardi
bruno-bernardi@wanadoo.fr
37, rue Barthélemy F-13001 Marseille

International Conference: Rousseau’s Philosophy Lyon, France, June 6-9, 2012

    The tricentennial of Jean-Jacques Rousseau’s birth in 2012 will be the occasion for many celebrations of the continuing intellectual force exerted by the philosopher’s work.  In this context, it seems particularly important for us to devote an international colloquium to the question of Rousseau’s philosophy, which we propose to organize in Lyon, France, where so many decisive episodes of his life took place.  Indeed, whereas Rousseau’s stature as a philosopher was recognized at an early date (by Kant and Hegel, for example), it was only in the 20th century that philosophers have taken the full measure of the depth, coherence, and productive force of his thought.

    This renewal in the interpretation of Rousseau’s philosophy has occurred along three major axes:

1.    Serious consideration of Rousseau’s affirmation that his thought has the coherence of a system (in the particular sense he gives to this term) has led to an examination of the links uniting his theory of human nature, political thought, philosophy of language, aesthetics, and philosophy of existence.  More recently his philosophy of knowledge and what we might even call his metaphysics have been added to this constellation.  The Discourse on Inequality, the Social Contract, and Emile have each in turn appeared as centers around which the unity of his thought can be organized, in distinct yet concerted ways.

2.    Historically oriented scholarship has improved our understanding of the context in which Rousseau wrote.  The profound originality of his core propositions draws on the traditions of both ancient and modern philosophy: Plato, Aristotle, and stoicism as well as Epicureanism in the former; Machiavelli, Hobbes, the natural right school, Descartes, Malebranche, and Locke in the latter.  Above all, we now have a clearer view of his close if often polemical dialogue with contemporary thinkers such as Voltaire, d’Alembert, d’Holbach, Helvétius, and Diderot.  Rousseau’s radical contestation of Enlightenment philosophy can only be understood against the background of a shared horizon of questions and references.

3.    The renewed interest today in Rousseau’s thought can also be explained in terms of the unique position he occupies within modernity.  Today, when the crisis of the social bond forces us to rethink the conditions of possibility of political community and the validity of the representative system, and when the effects of technological and economic development require us to question anew our relation to nature, everything that once made Rousseau appear a marginal figure with respect to the “mainstream” of modernity now places him firmly at the center of contemporary preoccupations.

The colloquium will have two primary goals.  The first is to articulate these three interpretive axes with one another, and thus draw up a sort of balance sheet of the research concerning Rousseau’s philosophy.  More generally, the different perspectives brought together should make abundantly clear that, far from being limited to polemical interventions on various specific problems, Rousseau’s thought constitutes a coherent perspective that can be seen as a philosophy.  The current situation gives this philosophy new pertinence and fruitfulness.
Proposals should attempt to situate contributions with respect both to this general problematic and to one of the four poles around which the colloquium will be organized (which do not designate separate domains but rather viewpoints allowing complementary global readings of Rousseau’s work): “Theory of Human Nature” and the “History of Morals”; Theory of Language and Aesthetics; Political Philosophy; Philosophy of Knowledge and Metaphysics.

Comité scientifique:

  • Blaise Bachofen,
  • Bronislav Baczko,
  • Jacques Berchtold,
  • Bruno Bernardi,
  • André Charrak,
  • Florent Guénard,
  • Antony McKenna,
  • Pierre-François Moreau,
  • John Scott,
  • Jean Starobinski,
  • Raymond Trousson

Comité d’organisation:

  • B. Bachofen,
  • B. Bernardi,
  • A. Charrak,
  • F. Guénard
Proposals (and papers) may be made in either French or English.

Proposals must be received by April 30, 2011.

Address all correspondence to:
Bruno Bernardi
bruno-bernardi@wanadoo.fr
37, rue Barthélemy, F-13001 Marseille FRANCE

Lieux

  • École Normale Supérieure
    Lyon, France

Dates

  • samedi 30 avril 2011

Contacts

  • Bruno Bernardi
    courriel : bruno-bernardi [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Bruno Bernardi
    courriel : bruno-bernardi [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Philosophie de Rousseau », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 12 juillet 2010, http://calenda.org/201590