AccueilLes recompositions de l’enseignement et de la formation en Belgique francophone

Les recompositions de l’enseignement et de la formation en Belgique francophone

Reconstruction in Teaching and Training in Francophone Belgium

Contribution scientifique au débat sur les enjeux politiques et sociaux du Cadre européen des certifications

An academic contribution to the debate about political and social issue in the European certifications framework

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Publié le lundi 19 juillet 2010 par Marie Pellen

Résumé

Dans le système belge d’enseignement et de formation, le « rapport social complexe entre certaines opérations techniques et l’estimation de leur valeur sociale », que Pierre Naville désigne sous le vocable de qualification (1956, p. 129), prend des formes très variées et leur interpénétrabilité n’est pas systématisée. Sous l’effet des politiques menées ces quinze dernières années, certaines recompositions sont cependant à l’œuvre. L’objectif de cette journée d’étude est d’explorer, dans des contextes locaux précis, comment se forment les mécanismes de collaboration et les dispositifs d’interaction existants entre acteurs. Bien plus, il s’agit de rendre compte des dynamiques de changement se produisant dans le domaine de l’enseignement et de la formation à partir de trois entrées : les acteurs, les modes de régulation et les objectifs poursuivis.

Annonce

 

Appel à communication pour la

Journée d’études en sciences humaines et sociales de l’Unité Emploi, Qualification et Identités professionnelles (EQuIp) du CIFoP

« Les recompositions de l’enseignement et de la formation en Belgique francophone »

Contribution scientifique au débat sur les enjeux politiques et sociaux du Cadre européen des certifications

26 novembre 2010

FUNDP Namur

Comité scientifique

  • Pierre Desmarez (ULB),
  • Bernard Francq (UCL),
  • Jean-François Husson (CIFoP),
  • Céline Mahieu (CIFoP),
  • Philippe Scieur (FUCaM),
  • Marc Zune (UCL).

Modalités d’organisation pratique

Les propositions de communication (1 à 2 pages) sont à adresser à Céline Mahieu (mahieu.celine@cifop.be) pour le 24 septembre au plus tard. Elles mentionneront le nom de l’auteur, son affiliation, le titre et le résumé de sa proposition de communication. Les propositions seront examinées par le comité scientifique et le programme définitif arrêté dans le courant du mois d’octobre.

Descriptif

En Belgique francophone, les voies d’enseignement et de formation sont nombreuses et diversifiées car les différents opérateurs (enseignement, organismes de formation tournés vers les demandeurs d’emploi, organismes d’insertion, centres de formation sectoriels, opérateurs privés ou associatifs) se sont historiquement construits en référence à des principes, à des publics et à des modalités organisationnelles qui les singularisaient. Par ailleurs, les apprentissages qu’ils délivrent font l’objet d’une reconnaissance de dimension et de qualité variable : selon qu’ils soient certifiés, attestés, validés, valorisés ou labellisés, ils sont pourvus (ou non) d’effets de droit, sont reconnus sur le marché de l’emploi et par d’autres opérateurs ou ne servent que de balises à un parcours contingenté au sein de l’un de ces organismes. Le « rapport social complexe entre certaines opérations techniques et l’estimation de leur valeur sociale », que Pierre Naville désigne sous le vocable de qualification (1956, p. 129), prend donc des formes très variées dans notre système d’enseignement et de formation et leur interpénétrabilité n’est pas systématisée.

Sous l’effet des politiques menées ces quinze dernières années, certaines recompositions sont cependant à l’œuvre. L’objectif de cette journée d’étude est d’explorer, dans des contextes locaux précis, comment se forment les mécanismes de collaboration et les dispositifs d’interaction existants entre acteurs. Bien plus, il s’agit de rendre compte des dynamiques de changement se produisant dans le domaine de l’enseignement et de la formation à partir de trois entrées détaillées ci-dessous : les acteurs, les modes de régulation et les objectifs poursuivis.

Ces trois entrées devraient permettre de s’interroger sur les transformations en cours afin de répondre à la question : quels sont les effets de ces dynamiques sur les modalités de production de nouvelles normes de qualification (au sens de Naville) ?

Les réponses apportées par les chercheurs en sciences sociales et humaines à cette question serviront à mettre en perspective le débat entre décideurs politiques et sociaux qui clôturera la journée d’étude. Ceux-ci seront invités à exprimer leur point de vue sur l’avenir de notre système de qualification au regard des transformations et des injonctions actuelles, notamment l’encouragement à la mobilité des parcours entre opérateurs dont le Cadre européen des certifications est l’une des instrumentations les plus récentes.

Les acteurs : élargissement du système d’acteurs et multipolarisation des lieux de construction de la qualification

Les acteurs légitimes à participer à la production des certifications ne se cantonnent plus seulement aux acteurs institutionnels, le panel des acteurs impliqués dans l’élaboration des systèmes de formation et d’enseignement a tendance à s'élargir. Il comprend des acteurs mais aussi des acteurs associatifs et économiques privés, plus ou moins structurés et institutionnalisés. Dans certaines configurations actuelles, les pouvoirs publics deviennent des acteurs "partenaires" parmi d'autres de la qualification. Outre le nombre croissant d'intervenants, la multipolarité des configurations d'acteurs tient également à l'autonomisation croissante d'acteurs-individus : intermédiaires, médiateurs, généralistes, évaluateurs, experts… Dans quelle mesure ces phénomènes participent-t-ils d’une personnalisation renforcée de l’action publique en matière ce qualification ? Quels sont les effets d’un élargissement des systèmes de décision qui rompt avec la superposition entre les contours des configurations d'acteurs et ceux d'organisations publiques ou privées ?

Les modes de régulation : la diffusion de la négociation, du projet, du contrat comme nouvelles normes d’action 

La logique contractuelle semble occuper une place de plus en plus décisive dans la manière de concevoir les dynamiques d’enseignement et de formation, avec une importance croissante des partenariats privé-public. Selon quelles modalités le pilotage des politiques de formation et de qualification se transforme-t-il ? À travers quels outils, quelles procédures et quelles règles ? Ces questions sont liées à la transformation du rôle des pouvoirs publics, au rapport au territoire et aux modalités de la gouvernance « multiniveaux » qui émerge. Quelles sont les principales catégories de scènes repérables dans le développement de l’éducation, de la formation et des qualifications ? Quel est en particulier leur degré de démocratisation ? Comment identifier les formes que prennent ces scènes et évaluer leur ordonnancement : forums où prédominent les débats et les controverses autour du sens des politiques ou arènes qui sont des scènes de négociation de compromis institutionnalisés et de leur révision ? L’attention se portera également sur les formes de concurrence que peuvent se faire de multiples chartes, contrats, conventions, portant sur les mêmes objectifs, les mêmes sites et les mêmes interventions. Comment décrypter les effets de ces concurrences multiples (doubles-emplois ou ajustements entre initiatives) ? Quelles sont les procédures qui rendent la négociation explicite et les engagements réciproques visibles ? Quelles procédures d’information et de communication sont mobilisées pour développer les formes de qualification ?

Les objectifs : l’emploi et la cohésion sociale comme schèmes cognitifs structurants

Les organismes d’enseignement et de formation existants incarnent, selon leur histoire et leur ancrage, différents équilibres entre les objectifs d’émancipation, d’insertion, de professionnalisation, de spécialisation et d’épanouissement personnel.  Nous pouvons faire l’hypothèse aujourd’hui d’une recomposition cognitive de ces objectifs autour de deux termes : la cohésion sociale et l’emploi. Dans quelle mesure l’affirmation d’une action en matière autour de la cohésion sociale contribue-t-elle au brouillage des frontières entre pauvreté, exclusion et précarité ? La recombinaison des politiques d’emploi et de formation participe-t-elle d’une logique adaptative (acquérir une formation pour accroître la capacité de s’adapter aux demandes du marché du travail) ou d’une logique d’émancipation par le travail (obtenir une qualification pour exercer un métier) ? Cette recomposition cognitive implique que l’on s’interroge sur la consistance de « l’intérêt général » et sur le glissement des frontières entre public et privé. En effet, le grand référent administratif et politique célébré tout au long des Trente glorieuses qu'a été « l'intérêt général » est aujour­d'hui l'objet de remise en cause. On peut y voir la conséquence de plusieurs évolutions contemporaines : l'intense développement de partenariats public-privé, mais aussi la multiplication de formes de gouver­nement "multi-niveaux", stimulés à la fois par la décentralisation et par l'intégration européenne. Il s’agit alors de se demander en quoi l’intérêt général continue ou non à être un référentiel d’action en matière d’enseignement et de formation. Quant aux frontières public/privé, y a-t-il développement des pratiques de décloisonnement ? Est-on en présence d'une généralisation de l'esprit de la négociation sociale ? S'agit-il plutôt d'une nouvelle gestion multi­niveaux (décentra­lisation), qui rapprocherait l'action publique multicentrée des formes négociées d’une gouvernance coopérative ? Ou, encore, est-ce une conception du pouvoir de l'État qui s'efface à présent devant des formes généralisées de régulation ?

Organisation de la journée du 26 novembre

8h30 : Accueil

9h-9h30 : Séance plénière d’ouverture

9h30-10h30 : Experts internationaux

10h30-10h45 : Pause

10h45-12h45 : Travaux en commissions

12h45-14h : Repas

14h-15h30 : Travaux en commissions

15h30-15h45 : Pause

15h45-16h30 : Conclusions des rapporteurs de travaux en commissions

16h45-17h45 : Table-ronde des décideurs politiques et sociaux et conclusions générales

17h45 : Cocktail de clôture

Lieux

  • FUNDP
    Namur, Belgique

Dates

  • vendredi 24 septembre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • qualification, emploi, formation, enseignement, reconnaissance, certification, action publique

Contacts

  • Céline Mahieu
    courriel : mahieu [dot] celine [at] cifop [dot] be

Source de l'information

  • Céline Mahieu
    courriel : mahieu [dot] celine [at] cifop [dot] be

Pour citer cette annonce

« Les recompositions de l’enseignement et de la formation en Belgique francophone », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 19 juillet 2010, http://calenda.org/201614