AccueilHeidegger : la tradition et l'oubli

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Publié le lundi 13 septembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Appel à contributions pour une table ronde sur « Heidegger : la tradition et l’oubli »

Annonce

« Tout le travail que j’ai fait dans mes cours et mes séminaires durant les trente dernières années n’a rien été d’autre principalement qu’une interprétation de la philosophie occidentale. La remontée aux points de départ de l’histoire de la pensée, la patience à penser les questions qui n’avaient pas encore fait question depuis la philosophie grecque, ce n’est pas se détacher de la tradition » (GA 16, 674) affirme Heidegger en 1966. Cela manifestement, le penseur allemand ne le voulait pas, lui qui, en 1928, après le succès de Sein und Zeit, prévenait déjà qu’il ne désirait pas « faire table rase de deux mille ans de tradition et s’installer soi-même à la place » (GA 26, 197).

Plus que quiconque, Heidegger s’est donc voulu le penseur de la tradition philosophique, tradition par lui qualifiée de métaphysique, pensée en termes d’onto-théologie et jugée à la fois victime et coupable d’un oubli, celui de la question de l’être, pis, de l’oubli de cet oubli puisque, « bien loin de rendre accessible ce qu’elle "transmet" », la tradition non seulement « le recouvre d’abord et le plus souvent », mais « va même jusqu’à plonger complètement dans l’oubli une telle provenance » et « supprime jusqu’au besoin de seulement comprendre un tel retour en sa nécessité propre ». D’où une relation essentiellement critique de Heidegger à la tradition qu’il ne thématise, semble-t-il, qu’en tant qu’il convient de la détruire (Destruktion), à tout le moins de la déconstruire (Abbau), de la dépasser (Überwindung), de la renverser (Umkehrung) – ce qui implique avant toute chose de la ressaisir, de la répéter (Wiederholung), afin de parvenir à la penser. En ce sens, « la découverte de la tradition » peut bien « être conçue comme une tâche à part entière » (GA 2, 27-28).

Désireux de tirer de l’oubli un oubli qui s’oublie en somme, Heidegger n’oublie jamais de se remémorer la tradition qu’il estime oublieuse, quitte, pour ce faire, à renouer avec des traditions oubliées – celle des penseurs présocratiques par exemple – ou à emprunter à d’autres – ainsi celle, hégélienne, de l’étude systématique de l’histoire de la philosophie et de la philosophie comme histoire. Dès lors, Heidegger s’excepte-t-il de la tradition ou lui appartient-il encore ? Mais qu’est-ce, d’abord, que la tradition ? Mieux, qui est la tradition ? Et quid de son oubli, comme de cette nouvelle tradition en philosophie qui consiste en la réminiscence de ce que la tradition a oublié ?

Cette table ronde aura lieu dans le cadre de la rencontre annuelle de la société de Théorie et culture existentialistes et phénoménologiques (TCEP/EPTC), elle-même ayant lieu dans le cadre du Congrès de la Fédération canadienne des sciences humaines et sociales, qui se tiendra aux Universités du Nouveau-Brunswick et St. Thomas, à Fredericton (Canada), du 31 mai au 3 juin 2011.

Les propositions de communication sont à envoyer par voie électronique à Christophe Perrin, ch-pe@orange.fr, au plus tard le 15 janvier 2010. Il doit s’agir d’un document en format Word, d’un maximum de 5000 mots, comprenant un résumé du propos de l’auteur sans aucun renseignement permettant de l’identifier.

Catégories

Lieux

  • Fredericton, Canada

Dates

  • samedi 15 janvier 2011

Mots-clés

  • Heidegger, tradition, oubli

Contacts

  • Christophe Perrin
    courriel : ch-pe [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Christophe Perrin
    courriel : ch-pe [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Heidegger : la tradition et l'oubli », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 13 septembre 2010, http://calenda.org/201809