AccueilLa viticulture grecque de l’époque hellénistique à l’époque byzantine

La viticulture grecque de l’époque hellénistique à l’époque byzantine

Greek Winegrowing, Hellenistic Period to the Byzantine Period

Une approche interdisciplinaire des techniques viticoles grecques

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Publié le jeudi 16 septembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Colloque pluridisciplinaire consacré à la viticulture grecque de l'époque hellénistique à l'époque byzantine.

Annonce

Dans le sillage d’André Tchernia, auteur d’un ouvrage remarquable sur le vin et les amphores dans le monde romain, François Salviat et Jean-Pierre Brun ont étudié de façon rigoureuse et nuancée le vin grec, ses usages, son commerce. Mais, si les fouilles archéologiques de vignobles des kléroi de Chersonèsos en Chersonèse Taurique ou de la chôra de la cité de Marseille ont permis d’en savoir un peu plus sur la conduite de la vigne dans le monde grec, l’histoire des techniques viticoles grecques reste à écrire, malgré quelques travaux pionniers.
Les recommandations de Xénophon et de Théophraste sur les plantations, le travail des sols, le choix des plants ou la sélection des boutures montrent que l’art de la viticulture avait atteint un haut degré de perfectionnement chez les Grecs. Aux époques archaïque et classique, les Grecs distinguaient deux modes de conduite de la vigne : la vigne montée sur hautains et la vigne échalassée. Néanmoins, si la vigne montée sur hautains apparaît notamment dans l’iconographie vasculaire, elle semble avoir été très rare dans le bassin égéen. La conquête, par Rome, de la Méditerranée orientale à l’époque hellénistique, a-t-elle eu une incidence sur les modes de conduite de la vigne dans le bassin égéen ? Il est souvent admis que l’on voit s’imposer, dans tout le monde dominé par Rome, un même système de culture dont les agronomes latins (Caton, Columelle, Palladius) donneraient une image fidèle et dont le monde byzantin aurait hérité. Toutefois, l’horizon premier des agronomes latins se limitait aux régions les plus romanisées d’Italie. Si les Grecs sont les promoteurs d’une expansion viticole en Campanie, la région devint, à l’époque tardo-hellénistique et à l’époque augustéenne, le laboratoire d’une viticulture latine qui s’est émancipée des leçons grecques, avant de s’exporter au dehors de l’Italie, en Sicile, en Bétique ou en Gaule. Il se peut qu’à de rares endroits dans le monde grec, comme en Bithynie, la vigne sur hautains ait été, à l’époque de la domination romaine, préférée aux modes de conduites traditionnels, mais ce phénomène semble – mais cela reste à démontrer – être resté exceptionnel. Dans ces conditions, et quoi qu’il en soit de ce dernier point, il n’apparaît pas légitime d’étudier, à partir des seuls agronomes latins, les techniques viticoles en usage dans le bassin égéen aux époques hellénistique et romaine.
Pour entreprendre à nouveaux frais une étude de la viticulture grecque sur le temps long, il semble nécessaire de reprendre l’étude des pratiques culturales, en associant, dans une démarche résolument pluridisciplinaire, archéologues, historiens, géographes, agronomes, ampélographes, pédologues, écophysiologues et œnologues. Ce colloque se propose de jeter les bases d’une telle collaboration et d’en livrer les premiers résultats. Les rapports de fouilles et de prospection offrent des données irremplaçables sur la viticulture et les procédés de vinification, et permettent une approche précise et nuancée des relations entre techniques culturales et caractéristiques du milieu, enrichie par des explorations de terrain. Il importe ensuite de croiser les informations recueillies avec les sources littéraires. L’une d’entre elles, jusqu’à présent négligée, mérite une attention toute particulière : les Géoponiques, compilation byzantine du Xe s. d’agronomes des époques hellénistique et romaine, et d’auteurs qui se situent dans le sillage de la tradition agronomique hellénistique et romaine. Les livres consacrés à la viticulture et aux vinifications (un quart de l’ensemble) montrent que la viticulture byzantine est héritière de deux traditions, l’une grecque, l’autre latine, irréductibles. Une étude serrée des strates de rédaction devrait permettre de préciser dans le temps, de l’époque hellénistique à l’époque byzantine, les processus d’innovation et de transformation, en prenant soin de distinguer une viticulture de qualité, très exigeante et coûteuse, et une viticulture simplifiée, « populaire ». Des études de cas devraient par ailleurs permettre de dessiner une géographie des techniques viticoles.
Depuis les travaux fondateurs de Roger Dion, on sait que la composition d’un sol ne suffit plus à expliquer la qualité d’un vin. Il importe de considérer avec attention les facteurs géographiques et historiques qui ont présidé à l’établissement de vignobles de qualité : la nécessité de trouver des lieux favorables à la vente des vins produits, la proximité de grands centres de consommation, mais aussi la possibilité d’entreprendre de coûteuses opérations humaines afin d’améliorer l’état naturel des terrains (amendements, drainages) et enfin l’ingéniosité de ceux qui ont inventé de nouveaux vignobles dans des milieux a priori moins favorables, par exemple en sélectionnant ou en adaptant de nouveaux plants.

Sur ces bases méthodologiques, ce colloque se propose donc de mener une approche diachronique des techniques viticoles des vignerons du bassin égéen, qui autorisera une étude plus serrée de la gestion technique des vignobles et des rendements, les connaissances développées sur la nature des sols, sur la conduite des vignobles (le choix des cépages, le travail des sols, l’architecture de la végétation, le complantage, le provignage, les densités de plantation), sur les effets du régime hydrique sur le comportement de la vigne, etc.

Colloque international organisé par l’équipe Mondes Anciens du CeRMAHVA et l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation (IEHCA)

12-13 novembre 2010

Date et lieu

Le colloque aura lieu les 12 et 13 novembre 2010 à l’Université François-Rabelais de Tours.

Comité d’organisation 

  • Ilias Anagnostakis (Institut de Recherches Byzantines d’Athènes)
  • Thibaut Boulay (Université de Tours, Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation, EA CeRMAVHA)

Vendredi 12 novembre 2010

9h15 Accueil des participants

9h45 Ouverture du colloque et introduction générale

  • Marc de Ferrière le Vayer, Président de l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation
  • Thibaut Boulay (Université de Tours)

Introduction.

Thème 1 : À la recherche des cépages antiques

Présidente de séance : Jocelyne Pérard (Université de Bourgogne, responsable de la Chaire UNESCO « Culture et Traditions du Vin »)

10h00 Jean-Frédéric Terral (Maître de conférences à l’université Montpellier 2, UMR 5059 - Centre de Bio-Archéologie et d’Ecologie) et Laurent Bouby (carpologue, Ingénieur d’Etudes CNRS, UMR 5059)
Domestication de la vigne et origines de cépages : apport de l’archéobiologie.

10h30 Jean-Michel Boursiquot (Maître de conférences, Montpellier SupAgro, directeur scientifique et technique de l’Établissement National Technique pour l’Amélioration de la Viticulture [ENTAV]), Thierry Lacombe (Ingénieur d’Etudes INRA, UMR 188 Diversité et Adaptation des Plantes Cultivées), Valérie Laucou (INRA, UMR 188) et Konstantinos Bakasietas (pépiniériste et ingénieur agronome)
La vigne de Pausanias : mythe et ADN

11h00 Ilias Anagnostakis (Senior Researcher à l’Institut de Recherches Byzantines d’Athènes)
Les noms de vignes et de raisins à Byzance. Continuité et rupture avec la viticulture de l’antiquité tardive.

11h30 Discussion

12h30 Déjeune

Thème 2 : La gestion technique des vignobles

Président de séance : Alain Carbonneau (Montpellier Supagro)

14h30 Yvan Moënne-Loccoz (Professeur à l’Université de Lyon I, responsable de l’équipe Rhizosphère, Directeur-adjoint UMR CNRS 5557 Ecologie Microbienne)
Culture de la vigne et micro-organismes des sols.

15h00 Stavroula Kourakou-Dragona (chimiste œnologue, présidente honoraire de l’Organisation internationale de la vigne et du vin)
Protection phytosanitaire dans les vignobles de la Mendè antique. (communication lue par I. Anagnostakis)

15h30 Discussion

15h45 Pause

16h00 Jacques Wéry (Professeur d’agronomie de Montpellier SupAgro, directeur de l’UMR 1230 SYSTEM, Fonctionnement et conduite des systèmes de culture tropicaux et méditerranéens, Président de la Société Européenne d'Agronomie) et Thibaut Boulay (Maître de conférences en histoire grecque à l’université de Tours, EA 4247 CeRMAHVA)
Viticulture et cultures intercalaires dans le monde égéen de l’époque hellénistique à l’époque byzantine. Bilan, rationalité scientifique, diversité et mise en oeuvre de ces pratiques.

16h45 Aline Lonvaud (Professeur d’œnologie à l’Université Victor Segalen-Bordeaux II, directrice de l’UMR 1219 Oenologie)
La diversité des flores indigènes, la sélection des souches par les praticiens, la dissémination des bonnes souches.

17h15 Discussion

18h00 Dégustation de vins du Val de Loire

Dîner.

Samedi 13 novembre 2010

9h15 Accueil des participants

Thème 3 : Conduite des vignobles antiques : nouvelles approches

Président de séance : Michèle Brunet (Université de Lyon)

9h30 Philippe Marinval (Carpologue, Chargé de Recherche 1ère Classe au CNRS - EHESS)
Viticulture dans le monde grec antique : les données de l’archéobotanique.

10h00 Philippe Boissinot (EHESS, Centre de Recherche sur la Préhistoire et la Protohistoire en Méditerranée/UMR 5608 Travaux et Recherches Archéologiques sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés [TRACES])
L’archéologie du vignoble grec.

10h30 Pause

10h45 Alain Carbonneau (Professeur de viticulture de Montpellier SupAgro, Directeur du Progrès Agricole et Viticole, Président du G/i/ESCO [(Group of international Experts in Vitivinicultural Systems and Cooperation])
Diversité des architectures de vigne dans le monde. Contraintes imposées par l’environnement. Racines historiques.

11h15 Discussion

12h30 Déjeuner

Thème 4 : Continuités et ruptures

Présidente de séance : Catherine Grandjean (Université de Tours)

14h30 Emmanuelle Vaudour (Maître de conférences, AgroParisTech, membre de l’UMR 1091 « Environnement et Grandes Cultures », INRA-AgroParisTech)
L’analyse spatiale des terroirs antiques : l’exemple d’Amos.

15h30 Michel Kaplan (Professeur d’histoire médiévale à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, directeur du centre de recherches d’Histoire et civilisation byzantines et du Proche-Orient médiéval)
La culture de la vigne en Grèce à l’époque byzantine d’après les archives de l’Athos.

16h00 Discussion

16h45 Conclusions du colloque

Jean-Robert Pitte (Professeur de géographie à l’Université Paris-Sorbonne, Académie des Sciences Morales et Politiques,) (sous réserve)

Lieux

  • 3 rue des Tanneurs (université de Tours)
    Tours, France

Dates

  • vendredi 12 novembre 2010
  • samedi 13 novembre 2010

Mots-clés

  • viticulture, monde grec, vigne, vin

Contacts

  • Thibaut Boulay
    courriel : thibaut [dot] boulay [at] univ-tours [dot] fr
  • Camille Prieux
    courriel : cethis [at] univ-tours [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Thibaut Boulay
    courriel : thibaut [dot] boulay [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La viticulture grecque de l’époque hellénistique à l’époque byzantine », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 16 septembre 2010, http://calenda.org/201849