AccueilBarrières, murs et frontières : état d’insécurité ou insécurité de l’État ?

Barrières, murs et frontières : état d’insécurité ou insécurité de l’État ?

Fences, Walls and Borders: States of Insecurity or Insecurities of State?

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Publié le mardi 21 septembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

Plus de vingt ans après la chute du Mur, ce colloque international permettra de poser la question du retour du mur/barrière en relations internationales et, le cas échéant, d'analyser les facteurs qui ont conduit à cette résurgence, sinon dans les faits, du moins dans les discours. L'événement, organisé par la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques en collaboration avec l’Association for Borderlands Studies, aura lieu à l'université du Québec à Montréal, Québec, Canada les 19 et 20 mai 2011. Twenty years after the fall of the Berlin Wall, the question still remains “Do good fences still make good neighbours”? Since the Great Wall of China, construction of which began under the Qin dynasty, the Antonine Wall, built in Scotland to support Hadrian's Wall, the Roman "Limes" or the Danevirk fence, the "wall" has been a constant in the protection of defined entities claiming sovereignty, East and West. But is the wall more than an historical relict for the management of borders? In recent years the wall has been given renewed vigour in North America, particularly along the U.S.-Mexico border, and in Israel, where the old Green line has been transformed into a wall separating Arab from Israeli. But the success of these new walls in the development of friendly and orderly relations between nations (or indeed, within nations) remains unclear. What role does the wall play in the development of security and insecurity? Do walls contribute to a sense of insecurity as much as they assuage fears and create a sense of security for those ‘behind the line’? Exactly what kind of security is associated with border walls?

Annonce

Colloque international organisé par la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques en collaboration avec l’Association for Borderlands Studies

Université du Québec à Montréal

Montréal, Québec, Canada

19 et 20 mai 2011

Vingt ans après la chute du mur de Berlin, la question de Robert Frost demeure entière : « les bonnes barrières font-elles les bons voisins? ». En effet, depuis la Grande muraille de Chine, amorcée au IIIe siècle avant J.-C. par la dynastie Qin, le mur d'Antonin érigé en Écosse par les Romains pour appuyer le mur d'Hadrien, le Limes romain, ou la barrière du Danevirk, le « mur » est une des constantes - en Orient comme en Occident - qui ont marqué les frontières infra et inter-étatiques. Le « mur » est-il plus qu’un reliquat historique de la gestion des frontières? Dans les années récentes, les murs frontaliers ont proliféré autant le long de la frontière mexicano-américaine, en Israël où la ligne verte a été transformée en un mur de séparation ou en Inde ou la barrière de délimitation avec le Bangladesh vient d’être terminée. Pour autant, la question de la capacité de ces nouveaux murs à redéfinir des relations inter-nationales (voir intra-nationales) pacifiques et ordonnées demeure entière. Quel rôle le Mur joue-t-il dans le développement de la sécurité/insécurité ? Les murs alimentent-ils un sentiment d’insécurité proportionnel au sentiment de sécurité qui se dessine pour ceux qui vivent « derrière la ligne » ? Quel type de sécurité est associé aux murs frontaliers?

Organisateurs

  • Charles-Philippe David, Titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et professeur au département de science politique, UQAM
  • Élisabeth Vallet, professeure associée au département de géographie et directrice de recherches en géopolitique à la Chaire Raoul-Dandurand, UQAM
  • Heather Nicol, Professeure de géographie – Trent University et présidente (2011-2012), de l’Association for Borderlands Studies

Thème principal

Alors que, durant les années 1990, l’heure était à la mondialisation et aux dividendes de la paix, la notion même de frontière semblait devenir illusoire. Du déclin du rôle de la frontière à leur non-pertinence voire à leur disparition annoncée dans l’avènement d’un monde sans frontières, la littérature s’est appuyée sur le mouvement de contestation du monde stato-centré pour enterrer les bornes étatiques. Les frontières paraissaient appartenir un ordre mondial suranné et déclinant.

Pourtant, ce sont près de 26 000 kilomètres de nouvelles frontières politiques qui ont été créées après 1991 (Foucher 2009) tandis que les États proclamaient leur volonté de s’emmurer derrière des clôtures, des barrières ou des ouvrages maçonnés. Plus encore ils marquaient ainsi leur volonté de contrôler les flux migratoires et, au besoin, de limiter l’entrée sur leur territoire de biens et de migrants.  Alors que certains y voyaient « la fin de l’Histoire » ou même « la fin de la Géographie », en réalité, ce monde sans frontières ne s’est jamais véritablement matérialisé.

La chute du mur de Berlin n’a pas consacré la fin de l’architecture de sécurité, et moins encore des infrastructures de sécurité comme les frontières fortifiées, et ce même sous l’empire de la mondialisation. En réalité, elle a été le point de départ d’une nouvelle ère de Sécurité centrée sur les frontières et les lignes de démarcation. Ainsi, plus de vingt ans après la chute du Mur, ce colloque permettra de poser la question du retour du mur/barrière en relations internationales et, le cas échéant, d'analyser les facteurs qui ont conduit à cette résurgence, sinon dans les faits, du moins dans les discours. Il s’agira de mener une analyse globale du rôle, des fonctions des barrières et murs frontaliers au 21e siècle et de la relation entre les nouveaux agendas de sécurité et les nouvelles formes de gestion des frontières et de pratiques frontalières.

Il s’agira également de voir dans quelle mesure ce retour des murs et barrières pourrait être symptomatique d'une nouvelle ère des relations internationales. Sera privilégiée une perspective multidisciplinaire sur diverses problématiques incluant : la récurrence ou le déclin des murs, la sémantique et sémiologie des murs, le droit applicable au mur, l'industrie des murs, les stratégies de contournement du mur, les no man's lands générés par les murs, la sociologie des murs, les symboles qu'ils représentent, les objectifs qu'ils servent et ceux qu'ils atteignent. Dans ce contexte, il s'agira d'aborder des études de cas qui permettront de jeter un regard tant sur les facteurs systémiques qui expliquent l'érection des murs que sur la nécessité de tenir compte des spécificités propres à chacun d'entre eux.

Les étudiants de deuxième et troisième cycles sont invités à proposer une communication.

Autres thèmes

Thème 1. Murs et barrières en relations internationales : retour ou déclin?

  • Discours globalisant, retour des frontières
  • Hypothèses globales sur le retour du mur en relations internationales
  • Études de cas sur le retour du mur en relations internationales

Thème 2. Barrières/murs frontaliers et identités

  • Identités nationales et identités locales
  • Théorie de la limologie, murs et épistémologie
  • Anthropologie de la barrière/du mur frontalier
  • Murs/barrières et sociologie des régions frontalières

Thème 3. Aspects légaux

  • Séparer pour légitimer ?
  • Les barrières et murs frontaliers: succès ou échec ?
  • Droit international, droit local, droits humains ?
  • La production de normes et les murs

Thème 4. Impacts des murs et barrières

  • Impacts économiques des murs et barrières
  • Les stratégies de contournement des murs
  • Impacts environnementaux et sociaux
  • Le complexe sécuritaro-industriel

Date limite de soumission: 15 octobre 2010

La proposition de communication devra comporter les éléments suivants (300 mots)

  • Nom et le prénom du ou des auteurs / contributeurs
  • Titres, fonctions et institutions
  • Coordonnées : adresse postale, téléphone, fax, courrier électronique
  • Résumé : Titre, question centrale de la communication, cadre empirique, angle d'analyse
  • Langues : les soumissions peuvent être effectuées en anglais et en français

Veuillez transmettre votre proposition (par courriel, en document joint, format Word) à Élisabeth Vallet à l’UQAM: vallet.elisabeth@uqam.ca 

Calendrier:

  • 15 octobre 2010 : date limite d’envoi des propositions de communication
  • décembre 2010 : sélection des propositions et réponse aux auteurs
  • 15 mars 2011 : remise des textes par les auteurs pour transmission aux commentateurs
  • 19-20 mai 2011 : Tenue du colloque à Montréal

Pour plus d'information : www.dandurand.uqam.ca

Annonce

Organizers

  • Charles-Philippe David, Raoul-Dandurand Chair and Full Professor of Political Science, UQAM
  • Élisabeth Vallet, Adjunct Professor, Department of Geography and Research director of Geopolitics at the Raoul-Dandurand Chair UQAM
  • Heather Nicol, Professor of Geography, Trent University, President (2011-2012), Association for Borderlands Studies

Main Theme

In the 1990s, when the talk was of globalization and peace dividends, walls, as such, seemed to be becoming redundant. Analysts observed the declining importance of the border and its growing irrelevance; indeed, some foresaw its disappearance and the advent of a borderless world. The globalization literature posited a growing challenge to the state-centred world order which would wipe away the perimeters of the state. Borders were believed to be artefacts of an old, and rapidly disappearing world order, and would surely be seen as such by states and state governments.

Nevertheless, some 26,000 kilometres of new political borders have been established since 1991 and states have declared their intention to dig in behind fences, barriers and built structures. Increasingly, these built structures include the means for forestalling and even refusing entry to migrants and goods. The post-Cold War and post-9/11 periods have seen the rise of border walls, symbols of separation which seemed to be on the way out in the wake of decolonization, and were believed to be entirely finished and done with after the fall of the Berlin Wall, a symbol for the end of the Cold War. While some saw in this “the end of history” or even “the end of geography”, the truth is that no such borderless world materialized.

The fall of the Berlin Wall did not mean the end of security arrangements, and security infrastructures like fortified borders, even in a highly globalized world. Instead it signalled the beginning of a new era of security arrangements focusing on borders and borderlines. Indeed, some twenty years after the fall of the Berlin wall, this conference proposes to raise the issue and to analyze the factors that have led to the resurgence of the fences and walls in a borderless world, if not in fact at least in discourse. Its goal is to conduct a broad analysis of the role, functions of border fences and walls in the 21st century, and the relationship between new security agendas and new forms of border management and practice. It will focus on both inter-state and inter-national walls. Clearly, infra-national walls are also becoming more common, but they cannot be classified in the same category, for they differ in purpose, applicable law, and political function.

The conference also intends to explore the issue of how the return of the border fences and walls as a political tool may be symptomatic of a new era in international relations. Hence, we favour a multidisciplinary approach to problems that could include the recurrence and/or decline of the wall in International Relations; wall discourses, legal approaches to the wall; the “ wall industry”, bypath strategies and “No man's lands”; and  the sociology of border walls and borderlands, as well as their symbolism, their role, objectives and efficiency. In context of developing these themes, the aim of the conference is also to examine case studies that shed light on both the systemic factors explaining the building of border fences and walls and the necessity to consider specific factors pertaining to each walls. Graduate students are especially invited to submit paper proposal.

Other Themes

Theme 1. Border fences and border walls in International Relations: Return or decline?

  • Globalizing discourse and the return of borders
  • Global hypothesis on the return of the wall in International Relations
  • Case studies on the return of the wall in International Relations

Theme 2. Border fences, walls and identities

  • Construction of national and local identities
  • Theoretical limology, walls and epistemology
  • Anthropological approaches to border walls and fences
  • Sociology of the walls/fences and their borderlands

Theme 3. Legal aspects of the walls

  • Separation and legitimation
  • Border walls: failure or success?
  • International, national and local
  • Legal aspects: Human rights and the wall, norms and the wall

Theme 4. Impacts of the walls

  • Economical impacts
  • Bypass strategies
  • Social and environmental impacts
  • Security industry and building border fences & walls

Deadline for abstract submission: October 15th, 2010

Proposal: please include the following information (300 words)

  • Name of authors/contributors
  • Institutional affiliations, titles
  • Contact: telephone, fax, email, mailing address
  • Title of the paper
  • Abstract: Subject, empirical frame, analytical approach, theme

Languages: Proposals can be submitted in French and English.

Send your proposals via email in Word format to Élisabeth Vallet at UQAM: vallet.elisabeth@uqam.ca

Conference Dates and Deadlines:

October 15th 2010 : deadline for submitting abstracts and proposals
December 2010 : proposals selection and notification sent to presenters
March, 15th 2011 : submission of papers to discussants
Third week of May, 2011: Conference to be held in Montreal.

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • vendredi 15 octobre 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Murs, frontières, barrières, relations internationales, géopolitique

Contacts

  • Véronique Bourbeau
    courriel : bourbeau [dot] veronique [at] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • Véronique Bourbeau
    courriel : bourbeau [dot] veronique [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Barrières, murs et frontières : état d’insécurité ou insécurité de l’État ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 21 septembre 2010, http://calenda.org/201888