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La vie des autres

Others' Lives

Histoire, prosopographie, biographie dans l'Empire Romain

History, prosopography, and biography in Roman Empire

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Publié le vendredi 24 septembre 2010 par Marie Pellen

Résumé

La prosopographie permet de découvrir le prosopon, c’est-à-dire le visage, le masque sous lequel se cache chaque personnage recensé. Selon la définition donnée par André Chastagnol, la recherche prosopographique a pour but « de constituer des notices individuelles regroupant les renseignements biographiques de toute sorte fournis par des personnages ayant entre eux un lien commun ». Elle s’applique à n’importe quelle catégorie d’individus (sénateurs, chevaliers, notables, etc.) et elle est valable que ce soit pour l’Antiquité classique ou l’Antiquité tardive et même pour toute période de l’histoire.

Annonce

DESCRIPTION DE LA MANIFESTATION

La prosopographie permet de découvrir le prosopon, c’est-à-dire le visage, le masque sous
lequel se cache chaque personnage recensé. Selon la définition donnée par André Chastagnol, la recherche prosopographique a pour but « de constituer des notices individuelles regroupant les renseignements biographiques de toute sorte fournis par des personnages ayant entre eux un lien commun ». Elle s’applique à n’importe quelle catégorie d’individus (sénateurs, chevaliers, notables, etc.) et elle est valable que ce soit pour l’Antiquité classique ou l’Antiquité tardive et même pour toute période de l’histoire.
Pour la période classique, l’impulsion a été donnée par le grand savant allemand Theodore
Mommsen. Une première concrétisation s’est traduite par la publication de la Prosopographia Imperii Romani réalisée par l’Académie allemande de Berlin (PIR saec. I, II, III, E Klebs et H. Dessau, première édition 1897). Elle fut suivie par une seconde édition par E. Groag et A. Stein, puis L. Petersen à partir de 1966 jusque 1998, ensuite Kl. Wachtel dès 1998, rejoint par M. Heil (PIR2), commencée en 1933 et qui se poursuit actuellement (la lettre S est parue en 2006 et la lettre T vient de paraître [2009]). Sur le site de la PIR, les chercheurs considèrent réaliser une sorte de « Who’ s who » de l’Empire romain, en tout cas « ein Personenlexikon » des personnes attestées entre 31 av. J.-C. et le règne de Dioclétien (284-305 ap. J.-C.). On doit compter aussi des études exhaustives sur certaines catégories sociopolitiques comme pour l’ordre sénatorial, les travaux de M. Christol pour le IIIe siècle, on encore une «prosopographie des femmes de l’ordre sénatorial (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)» de M.-Th. Raepsaet-Charlier (Louvain, 1987), ou pour l’ordre équestre les travaux de Claude Nicolet
(fin de la république) et ceux de Ségolène Demougin (dynastie julio-claudienne) et nous pourrions multiplier les exemples.
En ce qui concerne la période tardive, ce sont les chercheurs britanniques qui, dans les trois
volumes parus en 1971 (A.H.M. Jones et J.R. Martindale), 1980 et 1992 (J.R. Martindale), de la Prosopography of Later Empire (PLRE), ont présenté l’appareil administratif de l’Empire en
reconstituant le cursus honorum de ses dignitaires, tandis qu’une équipe de recherche française dans la Prosopographie chrétienne du Bas-Empire (PCBE) sous la direction d’Henri-Irénée Marrou s’est attachée essentiellement aux chrétiens et d’une façon plus générale aux personnages ayant eu un rapport quelconque avec l’Église. Le premier volume paru sous la direction d’André Mandouze, en 1982, est consacré à l’Afrique ; le second, dirigé par Luce Pietri, sur l’Italie, est paru en deux parties en 1999 et en 2000, les troisième et quatrième volumes, consacrés à la Gaule et à l’Espagne, sous la direction respective de Luce Pietri et de Josep Vilella, sont en voie d’achèvement.
Il conviendra donc de dresser un bilan des études prosopographiques en insistant sur les
opérations en cours.

OBJECTIFS DE LA MANIFESTATION

La prosopographie s’appuie sur les sources et à partir de là, les chercheurs ont développé des
méthodes spécifiques.
Pour le Haut-Empire, si les sources sont effectivement mises en avant, elles sont suivies de
références bibliographiques plus ou moins développées. L’intérêt est de mettre en évidence les liens familiaux par la constitution de stemmata, qui permettent d’enrichir nos connaissances sur les destinées politiques ou sur l’évolution sociale de telle ou telle catégorie.
Pour l’Antiquité tardive, la prosopographie s’appuie exclusivement sur les sources, ce qui en
fait son caractère novateur. Celles-ci se révèlent très diverses : les textes littéraires, épigraphiques, juridiques, l’archéologie, la numismatique ainsi que les lettres pontificales, les actes conciliaires, les vies de saints, etc. Le dépouillement des sources en utilisant les éditions critiques est essentiel. Même si la prosopographie se contentait de présenter le matériel documentaire concernant chaque individu, elle rendrait d’immenses services, car elle constitue un instrument de travail de portée interdisciplinaire. Mais, elle apporte plus que cela – il paraît simple de dire que chacune des notices présentera tout ce que l’on possède de sources nous documentant sur un personnage donné. En fait, elle amène l’historien qui doit les interpréter, à des recherches d’ordre critique, différentes de ce que l’on trouve dans des livres ou encyclopédies qui sont un mélange de faits et de déductions. Cette enquête fait sortir de l’ombre à la fois des personnages importants mais aussi, selon l’expression d’Henri-Irénée Marrou, des « fantassins de l’histoire » connus par une brève apparition, c’est-à-dire par une seule mention dans les sources. À partir des exemples proposés dans ce colloque, on pourra
présenter de manière précise la méthode prosopographique dont il ne faut pas dissimuler le caractère novateur.

JEUDI 18 NOVEMBRE 2010

9 h 00 Accueil des participants

9 h 30 Ouverture du symposium :
  • D. Devauchelle, directeur d’Halma-Ipel
  • S. Benoist, directeur adjoint d’Halma-Ipel
  • Ch. Hoët-van Cauwenberghe,
  • P. Jaillette (Lille3, Halma-Ipel), organisateurs du symposium
10 h 00
  • Stéphane Benoist (Lille3, Halma-Ipel), Usurper la pourpre ou la difficile vie de ces « autres » principes
  • Xavier Loriot (Paris IV-Sorbonne, ANHIMA ), Remarques sur quelques carrières sénatoriales et équestres du IIIe siècle
Pause

11 h 15
  • Sabine Lefebvre (Université de Bourgogne, ARTeHIS ), Les procurateurs ad mausolios
  • Maria-Luisa Bonsangue (Université de Picardie, ANHIMA), Prosopographie des chevaliers romains connus à Narbonne
13 h 00 Déjeuner

14 h30
  • Anthony Alvarez Melero (Université Libre de Bruxelles), Perspectives et limites d’une prosopographie de femmes. L’exemple des épouses d’officiers équestres
  • Françoise Van Haeperen (Université de Louvain-la-Neuve), Pour une prosopographie des dévots d’Ostie sous l’Empire
Pause

16 h 30
  • Maria-Domitilla Campanile (Université de Pise), Pitodoride e la sua famiglia
  • Maria Kantirea (Université de Chypre), Les praesides de Chypre : prosopographie et histoire de l’île sous le Bas-Empire
18 h 00 Fin de la 1ère session

VENDREDI 19 NOVEMBRE 2010

8 h 45 Accueil des participants
9 h 00
  • Ch. Hoët-van Cauwenberghe (Lille3, Halma-Ipel), Une prosopographe au service de l’Histoire : Janine Desmulliez
  • Josep Vilella (Université de Barcelone, GRAT), Osio en la politica eclesiastica de Constantino
  • Carles Buenacasa Perez (Université de Barcelone, GRAT), Les problèmes posés par la possession des richesses dans les biographies des moines dans l’Antiquité Tardive
  • Juan Antonio Jimenez Sanch ez (Université de Barcelone, GRAT), Le règne de Gesaleicus selon l’ainsi dite Chronica Caesaraugustana
Pause

11 h 15
  • Luce Pietri (Paris IV-Sorbonne, Centre Le Nain de Tillemont), Vitae sanctorum : miroir du saint ou de l’hagiographe ?
  • Françoise Prévot (Paris-Est Créteil), La construction de son image par Sidoine Apollinaire
12 h 45 Déjeuner
14 h 00
  • Raul Villegas Marin (Paris IV-Sorbonne, Centre Le Nain de Tillemont), Diuersae sunt uocationes : l’expérience personnelle du salut chez quelques auteurs provençaux du ve siècle et l’opposition à la théologie augustinienne de la grâce en Provence
  • Pere Maymo y Capdevila (Université de Barcelone, GRAT), Les postes militaires attestés dans l’épistolaire de Grégoire le Grand : recherche prosopographique
Conclusions

Ségolène Demougin (CNRS, EPHE, ANHIMA)

16 h 00 Départ en autocar pour le Lille métropole Musée d’Art Moderne, d’art contemporain et d’art brut de Villeneuve d’Ascq (LaM)

17 h 00 Visite guidée du Musée (réouverture le 25 septembre 2010 après 4 ans de travaux)

18 h 00 Apéritif au LaM, offert par la Mairie de Villeneuve d’Ascq

Lieux

  • Théâtre des Passerelles, Hall du bâtiment Extension, Université Lille 3
    Villeneuve-d'Ascq, France

Dates

  • jeudi 18 novembre 2010
  • vendredi 19 novembre 2010

Mots-clés

  • Histoire, Prosopographie, Biographie

Contacts

  • HOET-van CAUWENBERGHE Christine
    courriel : christine [dot] vancauwenberghe-hoet [at] univ-lille3 [dot] fr
  • FUCHS Marie-Pierre
    courriel : marie-pierre [dot] fuchs [at] univ-lille3 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Christine Aubry
    courriel : christine [dot] aubry [at] univ-lille3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La vie des autres », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 24 septembre 2010, http://calenda.org/201902