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Les territorialités rurales des Suds en question

Rural Territories in the South in Question

Journées de géographie tropicale, mars 2011

Tropical Geography Workshop, March 2011

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Publié le mercredi 29 septembre 2010 par Karim Hammou

Résumé

Deuxième appel à participation aux prochaines journées de géographie tropicale, qui se tiendront à Toulouse en mars 2011, sur le thème « Les territorialités rurales des Suds en question ». L’objectif de ces journées est de réinterroger les cadres de l’analyse territoriale dans un contexte d’accélération des mobilités et de recomposition des territoires ruraux et de leurs unités socioéconomiques.

Annonce

JOURNÉES DE GÉOGRAPHIE TROPICALE

TOULOUSE  16-19 MARS 2011 UTM  INP-ENSAT, ENFA  

Ces Journées sont organisées autour de plusieurs événements :

  • Un colloque, prévu sur trois journées
  • Une Journée des Doctorants et Jeunes Chercheurs 

LES TERRITORIALITÉS RURALES DES SUDS EN QUESTION

Objectif général du colloque

L’objectif de ces Journées est de réinterroger les cadres de l’analyse territoriale dans un contexte d’accélération des mobilités et de recomposition des territoires ruraux et de leurs unités socioéconomiques. 

Les années 1980-1990 ont marqué une rupture dans les modes de développement des territoires ruraux des Suds. Les structures productives ont été fragilisées sous l’effet de changements internes (dynamisme démographique, pression et blocage foncier, problèmes de fertilité des sols et d’accès à l’eau, recherche de nouveaux marchés, exacerbation des compétitions pour l’accès aux ressources qui s’épuisent et logiques d’extraction prédatrices renouvelées par l’entrée de nouveaux acteurs) et externes (libéralisation de l’économie et ses effets sur la fluctuation des prix et l’effondrement des rentes agricoles, politiques d’ajustement et crise financière des Etats avec ses effets économiques - notamment sur la précarité des revenus urbains et l’informalisation des rapports économiques – mais aussi sociaux avec conjointement des « diffractions sociales » et l’émergence de nouveaux acteurs).

Le dualisme urbain-rural, construit idéologiquement et accompagnant le paradigme du développement, a longtemps marqué les études et les politiques dans les Suds. Pourtant, dès les années 1980, dans un certain nombre de territoires ruraux, l’accélération des mobilités spatiales facilitées parfois par l’amélioration des réseaux de communications, dévoile l’importance des liens à la ville dans le contexte d’émergence de territoires multipolaires à différentes échelles, y compris à l’international. Conjointement, la densification du réseau urbain et l’accroissement des villes ont rapproché physiquement mondes ruraux et urbains, créant un nouveau moment dans l’histoire des espaces ruraux. Cependant, les études ont montré qu’il faut aller au-delà de cet accroissement des flux et de ce changement dans la nature de ce qui s’échange, pour comprendre qu’est en jeu la construction d’un nouveau modèle de développement, voire un nouveau mode d’existence, et de nouveaux territoires de référence, entre urbain et rural.

Le modèle de développement des campagnes, défini dans le rapport que les sociétés entretiennent avec leurs environnements proches et lointains, s’est longtemps défini par une référence privilégiée à la centralité des terroirs, même s’il impliquait détours et déplacements vers d’autres lieux (la ville) et d’autres sphères de la vie sociale. Les campagnes n’ont jamais été des mondes clos et l’analyse des ruralités contemporaines doit prendre la mesure de la « multiplicité sociale : des identités, des allégeances, des autorités et des normes ». Les territoires aujourd’hui sont investis par des forces et des enjeux dont les déterminants marginalisent la notion même de ruralité et surtout d’une ruralité se définissant par le travail de la terre, même si les situations sont diversifiées et paradoxales.

La « frontière », aussi bien géographique (fronts pionniers, croissance urbaine) que sociale (nouvelles catégorisations) dont les horizons, idéologiques et économiques, alimentent le dynamisme et consolident l’identité des territoires ruraux est aujourd’hui à géométrie variable. Le contexte des crises plurielles actuelles pose pourtant la question de la capacité de résistance des modèles de territorialités circulatoires auxquelles ont eu recours de nombreuses sociétés rurales et agricoles, surtout depuis les années 1980.

La recherche scientifique doit accompagner l’analyse des contextes d’action qui oblige à se départir d’une approche trop sectorielle (qu’elle soit naturaliste ou sociale) et particulariste pour intégrer ces espaces dans des dynamiques territoriales plus larges, où les aires qui leur sont proches ou lointaines (villes, aires de marché) prennent une dimension nouvelle et déterminante pour leur avenir, les insérant dans des logiques complexes et discontinues de pluri-localisation.

Sans pour autant se dégager des formes de dépendance, les agriculteurs et les agricultrices démontrent leurs capacités d’innovation non seulement techniques mais aussi et surtout sociales. Ce sont les agriculteurs et les agricultrices eux-mêmes – et plus largement les habitants des campagnes encore fortement inscrits dans des logiques sociales familiales -, trop souvent encore dans des logiques de survie, qui, par l’accélération d’une mobilité précaire entre des territoires multiples, entre campagne et ville, tentent de construire ou de reconstruire des liens sociaux et économiques aux échelles régionale, nationale voire internationale. Les territoires ruraux doivent aujourd’hui intégrer les conditions de leur fertilité, agronomique et économique dans ces nouvelles complémentarités à plusieurs échelles.

La globalisation bouleverse le rapport établi entre les territoires dans la mesure où le niveau d’intégration et de concurrence s’établit prioritairement à l’échelle mondiale. Comme le développement s’était appuyé sur la flexibilité et la mobilité du travail, il suppose également une certaine flexibilité des territoires, libérés du poids du contrôle étatique. Entre valorisation des caractéristiques propres à tel ou tel territoire et de l’architecture des relations qui les structurent et déterminent leur niveau de compétitivité d’un côté, et intégration dans des réseaux (d’information, de circulation des techniques, de marchés,…) qui transgressent les limites de ces espaces spécifiques, d’un autre, entre inscription au lieu et ouverture vers de nouvelles frontières, comment peut se penser l’avenir des sociétés et des territoires ruraux désormais engagés pour la plupart dans un moment (espace-temps) à intensité et géométrie variables. 

Ateliers :

1.      Quels territoires de référence ?

Le libéralisme contemporain imposerait un nouveau « jeu territorial » à plusieurs échelles géographiques, l’accumulation et le profit se fondant sur la séparation des espaces en fonction de leur niveau de compétitivité territoriale, ce qui traduirait leur capacité à produire du développement. Vu sous un autre angle, les individus et groupes locaux investissent de multiples lieux. L’interaction entre ces lieux multiples, lieux d’activités économiques ou d’investissement social, est propre à chaque trajectoire individuelle ou collective et permet à chacun de définir son espace, sinon son territoire, de référence. Comment s’articulent ou  non ces différentes projections sur l’espace ? Cette conception renouvelée de la construction des territoires est-elle en mesure de donner du sens à la complexité des situations et de définir de nouveaux cadres spatiaux pour le développement ?  

  1. Revisiter l’approche « terroir » dans le cadre de territorialités multiples (session d’hommage à Paul Pélissier et Gilles Sautter)

« …Si les terroirs s’imposent comme le cadre d’étude par excellence, des structures agraires, c’est pour deux raisons. De tous les niveaux géographiques auxquels peut être étudié l’espace rural, depuis le champ jusqu’au domaine couvert par une civilisation agraire, il est le premier qui englobe une réalité suffisamment riche, complexe et autonome pour donner un image valable de situations qui se répètent, de proche en proche  ou ailleurs, jusqu’à englober un grand nombre d’hommes ou de kilomètres carrés. […) à suppose que rien, ni du côté des hommes, ni dans le cadre naturel offert à leurs activités, ne vienne guider le dessin de l’espace de référence et que la recherche doive se satisfaire de limites arbitraires, voire géométriques  il resterait derrière ce mot « terroir », une échelle privilégié : assez large pour y saisir déjà les relations les plus significatives qui définissent un système agraire ; assez restreinte encore pour se prêter à une étude rigoureuse couvrant la totalité du « fait « rural ». Ces considérations montrent à quel point les études de terroirs doivent être conçues comme une méthode. La délimitation, la définition même des certains espaces qui leur servent de support peuvent prêter à discussion : ils n’en gardent pas moins alors leur valeur de révélateur » (Paul Pélissier et Gilles Sautter, Bilan et Perspectives d’une recherche sur les terroirs africains et malgaches (1962-1969). Etude rurales 37-38-39, Janvier septembre 1970 pp.24-25). 

3.      Territorialités et construction des systèmes de ressources 

Les territoires ruraux sont souvent considérés comme ayant reçu en héritage des « ressources » naturelles très individualisées,  menacées aujourd’hui par une longue exploitation minière. Le modèle du développement a toujours été fondé sur cette surexploitation et cette sectorisation de la ressource. L’adjonction contemporaine de l’épithète « durable » atténue sans doute la force du paradigme mais n’enlève rien à la façon dont on le décline. D’où l’ambiguïté à laquelle doivent faire face les espaces ruraux confrontés à une pression accrue sur les multiples usages de la ressource – toujours justifiés par le « développement » et dont certains sont contradictoires – et à la dégradation de leur environnement. On est dans un système complexe, où la matière (l’eau, la forêt, le sol, la biodiversité et y compris l’agrobiodiversité…) est transformée en ressource (c’est-à-dire prend de la valeur) au terme d’un processus social au sens large, lui-même complexe et inégal. L’analyse classique du développement évacue ce processus de transformation et considère une  « ressource naturelle » per se, c’est-à-dire préexistante à la venue des hommes, et immédiatement disponible à qui sait la prendre ou la consommer. L’approche « conservationniste » s’inscrit au revers de la même logique : la « ressource naturelle » est inviolable. L’une et l’autre créent l’affrontement entre des intérêts contradictoires et des images dogmatiques par définition non négociables, dont il est difficile de sortir. Comment les différentes catégories de ruraux construisent-ils aujourd’hui leur système de ressources, en ayant accès, grâce en particulier à leur dynamique circulatoire, à la fois aux matières naturelles et à d’autres moyens de production tels que l’information, le crédit, la formation, etc. ?  

  1. Solidarités, clivages et identités des sociétés rurales

L’enjeu est ici la définition de la localité et du qualificatif de « société locale ». Les processus de construction des identités sociales et territoriales contemporaines remettent en question les homologies façonnées historiquement et idéologiquement entre communauté et lieu. La déconstruction scientifique de cette association est engagée et se réfère à la complexification vécue  de ces constructions identitaires par l’inclusion non seulement de ceux qui sont là, mais aussi de ceux qui y sont ponctuellement, ceux qui reviennent provisoirement ou non, ceux qui sont ailleurs et ici à la fois, etc. Une des questions est de savoir si  ces mobilités spatiales continuent de s’inscrire dans des logiques communautaires familiales, lignagères et/ou villageoises ? Comment notamment les solidarités, les dispositifs familiaux, la dynamique de construction des identités de genre (masculinité et féminité) et les relations intergénérationnelles continuent-ils de régir les pratiques de transmission des héritages (statuts, places et biens) ?  

  1. Un atelier sur le film-recherche

Comment l’audio-visuel peut-il contribuer à l’analyse territoriale ? Comment les dynamiques socio-territoriales se dévoilent-elles à travers le film-recherche ? Comment avec des images et des sons se construit un autre langage scientifique ?

L’atelier accueillera des communications avec des films (20 à 30 mn) ou des extraits de films : les contenus écrits et/ou filmiques questionneront les thèmes des journées et les fonctions du film comme écriture scientifique particulière. 

Journée des Doctorants et Jeunes Chercheurs  (le 16 mars) 

Thème : Aller en campagne... de recherche sur un terrain de la zone intertropicale

Trois questions seront abordées :

  • La création/structuration de données
  • Aller sur le terrain de l’Autre
  • Partenaires et réseaux 

Comité d’organisation 

  • Bernard CHARLERY de la MASSELIERE, PR de Géographie, UMR Dynamiques Rurales, Univ. Toulouse II-Le Mirail
  • Virginie DUVAT-MAGNAN, PR de Géographie, UMR LIENS, Univ. La Rochelle, Présidente de la Commission de Géographie des Espaces Tropicaux et de leur Développement
  • Hélène GUETAT, MCF de Géographie - HDR, UMR Dynamiques Rurales, Univ Toulouse II-Le Mirail
  • Stéphanie LIMA, MCF de Géographie, UMR Dynamiques Rurales, Univ. Albi
  • Awa SARR RIVET, Doctorante, UMR Dynamiques rurales, Univ. Toulouse II le Mirail
  • Bénédicte THIBAUD, MCF de Géographie, UMR PRODIG / EA ICOTEM, Univ. Poitiers, Secrétaire de la Commission de Géographie des Espaces Tropicaux et de leur Développement

Comité scientifique  

  • Benoît ANTHEAUME, Géographe, DR IRD
  • François BART, PR de Géographie, UMR ADES, Univ. Bordeaux III 
  • Chantal BLANC-PAMARD, Géographe, DR CNRS/EHESS
  • Patrick CARON, Directeur du Département « Environnement et Sociétés » du CIRAD 
  • Jean-Louis CHALEARD, PR de Géographie, UMR PRODIG, Univ. Paris I/Panthéon-Sorbonne
  • Geneviève CORTES, MCF de Géographie-HDR, Art-Dev, Univ. Montpellier III
  • Olivier DESLONDES, PR de Géographie, Univ. Lyon II
  • Alain DUBRESSON, PR de Géographie, UMR GECKO, Univ. Paris X
  • Benoît HAZARD, Anthropologue, CR  CNRS/EHESS
  • Philippe JOUVE, D R émérite, IRC Montpellier
  • Evelyne MESCLIER, Géographe,  DR IRD
  • Hervé RAKOTO RAMIARANTSOA, PR de Géographie, IRD
  • Bernard TALLET, PR de Géographie, UMR PRODIG, Univ. Paris I/Panthéon-Sorbonne
  • Laurien UWIZEYIMANA ,PR de Géographie, UMR Dynamiques rurales, Univ. Toulouse II- Le Mirail.
  • Yvette VEYRET, PR de Géographie, Univ. Paris X

Modalités de participation 

Les propositions de communication doivent être soumises sous la forme d’un résumé de  6000 caractères   (espaces non compris). Elles devront mentionner le titre, le nom de l’auteur (ou des auteurs),  son statut et son institution de rattachement ainsi que l’atelier envisagé.

Nouveau calendrier récapitulatif

  • Appel à communication : 1 juin 2010
  • Réception finale des propositions de communication (résumés) : 15 octobre  2010

  • Réponse aux auteurs : 01 Novembre 2010
  • Admission des inscriptions : à partir du 01 Janvier 2011
  • Réception des communications (15 pages maximum, en conformité avec la charte éditoriale) : 15 Janvier  2011

La durée des communications est fixée à 20 minutes (textes acceptés en français et en anglais). 

En vue de la publication des actes du colloque, des normes éditoriales seront communiquées aux auteurs après réception et évaluation des résumés. Le comité scientifique validera les communications retenues.

Contacts

Les formulaires d’inscription et les propositions de communication et/ou poster doivent être adressés à : awa.rivet@univ-tlse2.fr

Doctorante, UMR Dynamiques Rurales / JGT.

 Pavillon de la recherche, Bureau R 207

Université Toulouse2-Le Mirail

31058 TOULOUSE CEDEX 02

En copie à : thibaud.b@wanadoo.fr et charlery@univ-tlse2.fr

Fiche d’inscription 

Nom : --------------------------------------------------------------------------------------------------------

Prénom : ----------------------------------------------------------------------------------------------------

Organisme de rattachement : ---------------------------------------------------------------------------

Profession : -------------------------------------------------------------------------------------------------

Adresse professionnelle : --------------------------------------------------------------------------------

Adresse personnelle : -------------------------------------------------------------------------------------

Téléphone : -------------------------------------------------------------------------------------------------

Télécopie : --------------------------------------------------------------------------------------------------

Courriel (mail) : -------------------------------------------------------------------------------------------

Participera au colloque :

□ Avec communication, atelier n°

□ Avec poster, atelier n°

□ Sans communication

Frais d’inscription de 70,00 euros pour les chercheurs et enseignant-chercheurs et de 35,00 euros pour les étudiants

Catégories

Lieux

  • Université Toulouse II Le Mirail
    Toulouse, France

Dates

  • vendredi 15 octobre 2010

Mots-clés

  • espaces tropicaux, rural, territoire

Contacts

  • Awa SARR
    courriel : awa [dot] rivet [at] univ-tlse2 [dot] fr

Source de l'information

  • Bénédicte Thibaud
    courriel : thibaud [dot] b [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les territorialités rurales des Suds en question », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 29 septembre 2010, http://calenda.org/201934